Comme le va et vient incessant de cette eau, Seigneur apprends-moi à aller vers le large pour rencontrer d’autres frères, sans oublier de revenir me recueillir devant toi pour reprendre force avant un nouveau départ.
Comme la mer rapporte sur la plage algues et coquillages, Seigneur apprends-moi à admirer les trésors glanés chez mes frères.
Comme le flux et le reflux, Seigneur apprends-moi à accepter les inévitables hauts et bas de l’existence qui sont sources de renaissance.
Comme le bouillonnement de cette eau, Seigneur apprends-moi à consentir qu’en moi ce soit souvent le tumulte, les remises en causes qui sont facteurs de vie nouvelle.
Comme le roc qui résiste à l’eau, Seigneur apprends-moi à lutter contre tout courant qui pourrait m’entraîner sur des chemins contraires à ta volonté.
Comme le roc qui se laisse polir, Seigneur apprends-moi à bien vouloir me laisser travailler par toi et par mes frères.
Comme le roc qui, enfin lisse, se laisse épouser par l’eau et peut ensuite témoigner de la force du courant.
Seigneur, apprends-moi à devenir ce réceptacle de ta parole que tu rêves de faire de moi depuis toute éternité pour que je puisse révéler ta puissance créatrice.
Comme le roc, tour à tour recouvert et découvert par l’eau, réapparaît plus beau, Seigneur, apprends-moi à accepter les périodes d’enlisement sans découragement en les considérants comme fécondes en me persuadant qu’il y aura résurgence et que mon nouveau visage reflétera peu à peu cet homme unique que tu souhaites façonner avec moi.
Toi qui a dit « laissez venir à moi les petits enfants », tu ne saurais rester sourd et indifférent à cette supplique « Seigneur, apprends-moi… » à devenir ce que tu souhaites que je sois.
Seigneur, que ta mer est belle, en même temps qu’effrayante !
O Dieu qui te meus dans les eaux basses et dans les eaux profondes, Seigneur des tempêtes et des calmes plats, Dieu des naufrages et des brides de joie, fais que je voie clair enfin en tes signes impénétrables.
Mets dans mon âme ta paix qui rayonne et se partage.