Lectures disponibles sur le site AELF (https://www.aelf.org/2020-11-22/france/messe)

Le Christ, roi de l’univers

L’année liturgique chrétienne s’achève cette semaine, et dimanche prochain nous entrerons dans le temps de l’avent qui nous prépare à célébrer la nativité de Jésus-Christ. Pour terminer en beauté, nous fêtons la solennité du Christ roi de l’univers. Ce titre attribué à Jésus peut nous troubler, et peut-être même nous choquer, quand nous connaissons la vie du Christ qui n’a jamais été dans la posture d’un roi telle que nous la concevons habituellement.

Il est né dans le dénuement et la précarité, c’est ce que nous allons célébrer à Noël, dans quelques semaines. Il a vécu dans une extrême sobriété, il n’avait pas de palais, pas d’armée, par de richesse, pas de gens à son service. Il a partagé la vie des gens ordinaires. Les trois années de sa vie publique ont été une existence de nomade, il s’est fait proche des plus petits et des plus méprisés. Sa mort a été ignominieuse. Comment comprendre le sens de cette fête ?

Le seul moment où Jésus accepte ce titre de Roi, c’est lors de sa passion : il a été arrêté, humilié, torturé, il va être exécuté comme un criminel, et il endosse ce rôle de roi. Cela nous aide à comprendre que cette fête n’a de sens que si nous acceptons de concevoir la royauté à la manière de Dieu, non comme un droit à être au-dessus des autres mais comme un service. Toute l’existence de Jésus en a été l’illustration. Et les textes de ce dimanche sont une manière de nous introduire à une nouvelle conception de la royauté.

La figure du bon berger qui est au service des brebis est magnifique. Nous l’approfondissons dans la première lecture et dans le psaume. Le bon berger veille sur chacune de ses brebis, il a une attention toute particulière pour les plus fragiles. Les brebis ne sont pas des objets de consommation ou de commerce, mais elles bénéficient de soins et d’attention de la part du berger. La figure du ressuscité, vainqueur contre le mal de la seconde lecture nous invite à découvrir que la manière d’être roi selon Dieu, c’est de venir prendre parti pour l’humanité afin de rétablir la justice et le droit. La dimension du jugement que l’on retrouve dans l’Évangile et à la fin de la première lecture est évocatrice de la mission du roi qui siège et exerce son rôle de juge suprême. Il lutte contre le mal et met en valeur le bien. Si les textes évoquent un tri entre des animaux ou des personnes, nous savons que le véritable tri se fait en chacun de nous : personne n’est totalement bon ni mauvais, nous sommes habités par des forces en combat et Dieu vient lutter avec nous pour que le bien l’emporte. Ce qui est plus étonnant dans cette page d’Évangile, c’est la façon dont le roi s’identifie aux petits, aux prisonniers, aux démunis, aux exilés, aux malades : il n’est pas sur un trône de gloire mais dans la peau des blessés de la vie !

Par le baptême nous sommes invités à nous découvrir prêtres, prophètes et rois. Il nous revient d’être rois à la manière de Dieu, en nous mettant au service de la justice, en nous abaissant aux pieds des plus petits pour prendre soin d’eux, en luttant contre le mal.

Olivier Passelac