Avec la grande fête de Pâques, nous célébrons la résurrection de Jésus, la victoire de la vie sur la mort, le salut de l’humanité. Mais qu’est-ce que le salut. De quoi sommes-nous sauvés ? Et comment sommes-nous sauvés ?
La vie éternelle
Le salut, pour les croyants, c’est la vie éternelle. Nous sommes donc sauvés de la mort. Ce qui implique que le projet de Dieu n’est pas de nous juger pour nous condamner mais de nous offrir la vie, la rédemption, le pardon. Dieu n’est pas un juge qui cherche à punir, mais un justicier qui vient lutter contre le mal. Il ne nous domine pas à distance pour peser nos vies à la balance et nous condamner selon nos mauvaises actions, mais il vient nous accompagner de son amour bienveillant pour que le bien l’emporte dans nos existences. Jésus, tout au long de sa vie terrestre, par ses gestes et ses paroles, n’a cessé de nous apprendre à mieux connaître Dieu : il s’est fait proche de toute personne humaine, sans considération de pureté, de classe sociale ou de perfection religieuse pour nous faire comprendre qu’il aimait de manière absolue et gracieuse tout le monde et que rien ne pouvait l’empêcher de nous considérer comme ses enfants, tout en respectant notre libre arbitre. Comme un parent avec ses enfants, il désire que nos vies soient belles, bonnes, justes, libres, tournées vers les autres. Et lorsque nous n’y arrivons pas, il ne baisse pas les bras, il continue à croire en nous, il nous relève, il nous offre son pardon et nous ouvre un avenir.
La liberté maintenant
Cette vie éternelle que Dieu désire pour nous n’est pas seulement une promesse pour l’après de notre vie terrestre, c’est un cadeau qui nous est offert dès maintenant. Ce n’est pas une récompense pour demain, mais une proposition pour maintenant : nous sommes invités à vivre dès à présent de cette vie éternelle, libérés du péché, du mal et de la mort. Cela peut paraître paradoxal, car nous restons des êtres humains vivants, faillibles, fragiles, imparfaits… Nous ne devenons pas des anges ou des êtres désincarnés, mais cependant nous sommes aussi déjà victorieux du mal et de la mort, nous sommes déjà libérés du pêché qui nous défigure et nous éloigne de l’amour de Dieu et des autres. Nous vivons de cet « au-delà », tout en restant dans le « pas encore » de notre condition humaine. C’est le symbole du vêtement blanc que portent les baptisés au jour de leur baptême : nous sommes nés à la vie éternelle, libérés de la corruption du mal et du péché, création nouvelle tout en restant nous-mêmes, fragiles et toujours capables du pire. Mais nous sommes ces pécheurs pardonnés, capable surtout du meilleur et conscients que le mal n’est pas une fatalité. Il vient nous défigurer mais il ne nous définit pas, nous pouvons le vaincre, c’est déjà fait…
L’amour sans condition
La manière de nous sauver, c’est l’amour donné sans condition. Jésus ne vient pour faire du marchandage avec nous ou pour signer un contrat qui stipulerait que nous devons nous engager dans le chemin de la perfection pour obtenir la récompense de l’amour et de la vie éternelle. Avec Dieu nous rentrons dans le registre de la gratuité. C’est sans condition que Dieu nous aime et nous offre son pardon. Il est tout puissant en amour. Rien ne peut l’empêcher de vouloir le meilleur pour nous. Sinon cela voudrait dire que son amour serait corrélé à notre conduite, et sa puissance serait relative. Ce qui résiste encore à tout cela, c’est notre liberté, car Dieu ne peux pas nous forcer à entrer dans sa logique, qui peut nous sembler tellement folle qu’elle n’est pas prise au sérieux. Mais Dieu ne peut rien faire d’autre que d’attendre patiemment que nous comprenions que cette folie apparente est l’authentique et véritable sagesse. Il est sur le seuil de sa maison et attend notre retour, notre retournement, notre conversion.
Olivier