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Lettre du Villard – Mars 2026

Le 15 mars 2026

Le 15 mars 2026
Bien cher ami,
Nous nous réjouissons que vous ayez pu vous rendre à Xi’An pour admirer, sur la Route de la Soie, les huit mille soldats de l’armée en terre cuite, qui, au demeurant, ne sont pas les seules merveilles à découvrir dans cette province. Au fil des mois, vous progressez dans votre connaissance de cette civilisation chinoise qui, s’il faut en croire notre ami Gastinel, toujours un peu excessif, n’aurait d’égale que celle de notre Europe chrétienne. Béraud se demande s’il connaît assez les autres civilisations pour être aussi péremptoire ; j’ai ma petite idée, mais et je me garde d’intervenir car je ne suis pas assez assuré de mes arguments.
À défaut de parcourir un monde nouveau, nous trouvons au Villard notre bonheur en nous promenant dans les sites que nous connaissons et auxquels nous pouvons encore accéder en raquettes. C’est à l’occasion d’une de ces balades que Gastinel, qui, faisant la trace sur une forte pente et s’étant rendu compte qu’il avait pris une mauvaise direction, a observé qu’il était heureux que nous soyons peu nombreux car rebrousser chemin lorsqu’on s’est trompé de direction est plus facile lorsqu’on est à la tête d’un petit groupe que lorsqu’on mène toute une escouade. « Vous pouvez transposer votre remarque dans d’autres domaines », lui dit Beraud. « Vous constatez, par exemple que, pour les partisans de la pensée informelle et, à mes yeux laxiste, qui imprègne aujourd’hui notre société, la moindre prise de distance par rapport à la Doxa1, la moindre allusion à d’hypothétiques erreurs de jugement, est l’expression d’un esprit réactionnaire. Il n’est pas question de se remettre en cause, que l’on se soit trompé ou non de direction. Et pourtant, même l’Église, qui est rarement présentée comme un courant de pensée avant-gardiste, a toujours su qu’il fallait être “à temps et à contretemps” ! »
Duplicité ou sottise ?
L’ami Poulenc, qui n’était pas tout à fait à son aise dans le mouvement de conversion2 qu’il effectuait, a convenu que changer de direction était parfois bien délicat. « J’en sais quelque chose, fit Mimiquet, qui s’était joint à nous ce jour-là ; pour reculer vers la gauche avec la remorque attelée au tracteur, il faut que je commence par braquer à droite. Allez l’expliquer ! » « Je ne voudrais pas, dit Gastinel, être à la place de ceux qui font profession d’éclairer les autres et qui se rendent compte qu’ils les ont aventurés sur un mauvais chemin. » « L’histoire montre, nota Béraud, que ces situations sont rares, par ce que les dispositions d’esprit qui les ont conduits à leur aveuglement leur font occulter la réalité. Notre société est dans le déni parce qu’elle ne cherche pas à savoir ce qui découle des actes qu’elle pose : duplicité ou sottise ? » « C’est un peu ce que je me demandais, fit Mimiquet, en lisant les programmes des candidats pour l’élection municipale ; on va donner du travail à tout le monde, purifier l’air, raboter les chemins et – pourquoi pas – interdire les expériences nucléaires sur le territoire de la commune. En votant, j’ai fait un peu comme si je croyais que ça puisse servir à quelque chose. » « Oui, reprit Béraud, on cherche dans les “professions de foi” des candidats, comme on dit aujourd’hui, ce qui paraît le moins farfelu et qui pourrait permettre d’améliorer la course du bateau sur lequel on est embarqué. »
Le Tigre et le Lion
« Embarqués, c’est bien le mot, reprit Gastinel, dans cette guerre au Moyen-Orient, où, si j’ai bien compris, l’Iran se défend contre les attaques de ceux qui ont acquis la certitude qu’il voulait les anéantir et, ce faisant, s’en prend à ceux qui ne l’aident pas. Démêler le vrai du faux dans la recherche de la cause première est peut-être hors de notre portée tant la lecture de l’Histoire de cette partie du monde est conditionnée par des a priori. » Il m’est alors venu à l’esprit la remarque d’un des personnages de la Tour d’Ezra3 qui raconte l’histoire de Juifs venus fonder une colonie en 1938 en Palestine : « Nous ne pouvons pas nous permettre de comprendre la position des autres. » Sans doute leurs ennemis pensent-ils de même. « Un seul fait est certain, ajouta le colonel, c’est que si la guerre n’est pas à ce jour à nos portes, elle commence à modifier le cours de nos vies. » « Une autre chose est certaine, fit Béraud, c’est que si les États-Unis ne parviennent pas à leurs fins, ils mériteront plus que jamais le surnom de Tigres de papier que leur avait donné Mao. » « Et, ajouta Poulenc, qui ne dédaigne pas les rapprochements osés, que se passera-t-il si le Tigre de papier se casse les dents en essayant d’aider le Lion des Pahlavi4 à récupérer son trône ! Nous serons dans de beaux draps ! Espérons que les besoins en pétrole de la Chine conduiront rapidement le successeur du Grand Timonier à reprendre la barre en mains pour sécuriser le golfe persique et permettre à ses pétroliers – ainsi qu’aux nôtres – d’y évoluer sans risque. »
Et, au fait, comment voit-on ce drame depuis les bords du Huangpu ? Est-on, là-bas, comme, paraît-il, le conseille Lao-Tseu, assis au bord du fleuve en attendant de voir passer le cadavre de ceux dont on ne peut oublier l’offense, c’est-à-dire les Occidentaux ? Car il faut bien dire, n’est-ce pas, que depuis le Sac de Pékin5, les chinois ne nous ont jamais vraiment pardonné. Et au fait – encore – Lao-Tseu a-t-il toujours sa place dans le panthéon chinois ?
Vous le constatez, nous brûlons de connaître votre avis sur mille sujets ! Ce qui – mais vous ne pouvez en douter – traduit assez notre amitié.
Qu’il nous est toujours agréable de vous exprimer.

P. Deladret

  1. Doxa : « Ensemble des opinions, des préjugés et des présuppositions sur lesquels se fonde toute forme de communication. »
    Mouvement consistant à mettre les skis dans la direction opposée à celle suivie jusqu’alors.
    La tour d’Ezra, Arthur Koestler, 1947.
    Le Lion des Pahlavi est le symbole de la dynastie iranienne.
    Sac de Pékin : Pillage et destruction en 1860 du Palais d’Été par les Français et les Anglais
    .
2026-03-25T20:58:17+01:00

Camp hiver 2026 > les Benjamins

Les Benjamins à Larche

Dès le départ, le mardi matin, l’excitation était au rendez-vous. Installation dans les chambres, premières retrouvailles, l’aventure pouvait commencer. Les journées sur les pistes ont été un vrai succès. Progrès impressionnants, premières descentes pour certains, virages de plus en plus assurés pour d’autres… et bien sûr quelques chutes, toujours suivies de grands fous rires. Les BJ’s peuvent être fiers d’eux ! En dehors du ski, la semaine a été rythmée par de super moments comme notre journée à thème autour de Scooby Doo dans le village des esquimaux, grands jeux tous ensemble, des veillées toujours plus incroyables, soirée film, sortie raquettes et luges sans oublier les superbes jeux organisés avec brio par les GKD’s. L’ambiance était vraiment belle, avec beaucoup d’entraide et un authentique esprit d’équipe.
Nous avons aussi pris le temps de nous poser avec la messe et les temps de prière, des moments simples mais importants, qui ont donné encore plus de sens à cette semaine.
Dimanche, les valises étaient prêtes… et les souvenirs nombreux. Fatigués, oui, mais surtout heureux et fiers de tout ce qu’ils ont vécu. Merci pour votre confiance. Les enfants ont été formidables. On repart avec des rires plein la tête et on a hâte de les revoir pour le camp de Pâques !

Samy

2026-03-24T11:49:04+01:00

Édito avril 2026 > Le salut

Avec la grande fête de Pâques, nous célébrons la résurrection de Jésus, la victoire de la vie sur la mort, le salut de l’humanité. Mais qu’est-ce que le salut. De quoi sommes-nous sauvés ? Et comment sommes-nous sauvés ?

La vie éternelle
Le salut, pour les croyants, c’est la vie éternelle. Nous sommes donc sauvés de la mort. Ce qui implique que le projet de Dieu n’est pas de nous juger pour nous condamner mais de nous offrir la vie, la rédemption, le pardon. Dieu n’est pas un juge qui cherche à punir, mais un justicier qui vient lutter contre le mal. Il ne nous domine pas à distance pour peser nos vies à la balance et nous condamner selon nos mauvaises actions, mais il vient nous accompagner de son amour bienveillant pour que le bien l’emporte dans nos existences. Jésus, tout au long de sa vie terrestre, par ses gestes et ses paroles, n’a cessé de nous apprendre à mieux connaître Dieu : il s’est fait proche de toute personne humaine, sans considération de pureté, de classe sociale ou de perfection religieuse pour nous faire comprendre qu’il aimait de manière absolue et gracieuse tout le monde et que rien ne pouvait l’empêcher de nous considérer comme ses enfants, tout en respectant notre libre arbitre. Comme un parent avec ses enfants, il désire que nos vies soient belles, bonnes, justes, libres, tournées vers les autres. Et lorsque nous n’y arrivons pas, il ne baisse pas les bras, il continue à croire en nous, il nous relève, il nous offre son pardon et nous ouvre un avenir.

La liberté maintenant
Cette vie éternelle que Dieu désire pour nous n’est pas seulement une promesse pour l’après de notre vie terrestre, c’est un cadeau qui nous est offert dès maintenant. Ce n’est pas une récompense pour demain, mais une proposition pour maintenant : nous sommes invités à vivre dès à présent de cette vie éternelle, libérés du péché, du mal et de la mort. Cela peut paraître paradoxal, car nous restons des êtres humains vivants, faillibles, fragiles, imparfaits… Nous ne devenons pas des anges ou des êtres désincarnés, mais cependant nous sommes aussi déjà victorieux du mal et de la mort, nous sommes déjà libérés du pêché qui nous défigure et nous éloigne de l’amour de Dieu et des autres. Nous vivons de cet « au-delà », tout en restant dans le « pas encore » de notre condition humaine. C’est le symbole du vêtement blanc que portent les baptisés au jour de leur baptême : nous sommes nés à la vie éternelle, libérés de la corruption du mal et du péché, création nouvelle tout en restant nous-mêmes, fragiles et toujours capables du pire. Mais nous sommes ces pécheurs pardonnés, capable surtout du meilleur et conscients que le mal n’est pas une fatalité. Il vient nous défigurer mais il ne nous définit pas, nous pouvons le vaincre, c’est déjà fait…

L’amour sans condition
La manière de nous sauver, c’est l’amour donné sans condition. Jésus ne vient pour faire du marchandage avec nous ou pour signer un contrat qui stipulerait que nous devons nous engager dans le chemin de la perfection pour obtenir la récompense de l’amour et de la vie éternelle. Avec Dieu nous rentrons dans le registre de la gratuité. C’est sans condition que Dieu nous aime et nous offre son pardon. Il est tout puissant en amour. Rien ne peut l’empêcher de vouloir le meilleur pour nous. Sinon cela voudrait dire que son amour serait corrélé à notre conduite, et sa puissance serait relative. Ce qui résiste encore à tout cela, c’est notre liberté, car Dieu ne peux pas nous forcer à entrer dans sa logique, qui peut nous sembler tellement folle qu’elle n’est pas prise au sérieux. Mais Dieu ne peut rien faire d’autre que d’attendre patiemment que nous comprenions que cette folie apparente est l’authentique et véritable sagesse. Il est sur le seuil de sa maison et attend notre retour, notre retournement, notre conversion.

Olivier

2026-03-24T11:43:57+01:00

Camp hiver 2026 > les Jeunes Cadets

Les Jeunes Cadets à Larche

Pendant ce camp d’hiver à Larche, les JKD ont vécu des aventures incroyables ! La rencontre avec les mystérieux Agent N et Agent G, à la recherche de jeunes futés pour les aider dans leurs missions « impossibles », a lancé le séjour et le défi a été relevé avec brio.
Au programme : les Jeux Olympiques de jeux de société version géante, où les équipes se sont affrontées dans une ambiance de folie, entre rires, stratégie et bonne humeur. La participation à l’émission « Question pour un champignon » a permis de répondre à toutes sortes de questions et de se concerter pour en gagner d’autres.
Ensuite, le tour du monde avec Marco et Polo a été une belle aventure. Ces derniers cherchaient une personne pour les accompagner… mais au final, ils ont trouvé non pas une mais deux nouvelles recrues pour leurs péripéties !
Le moment le plus mémorable restera la visite des 7 nains, victimes d’un sort de la sorcière qui avait échangé chaque nain avec un autre. Toute la journée, les Jeunes Cadets ont tout fait pour aider chacun à retrouver sa personnalité. Les nains, eux, ont dû faire semblant d’être tous unis en prenant une photo avec leur groupe de ski pour tromper la sorcière. Puis, pour lui faire plaisir, de gigantesques miroirs ont été construits dans la neige… ce qui a fini en énorme bataille de pommes empoisonnées ! Grâce à l’esprit d’équipe des JKD’s, les nains ont finalement retrouvé leur véritable identité.
Entre descentes en ski, batailles de boules de neige et activités en équipe, le courage, l’énergie et la solidarité ont été au rendez-vous. La semaine s’est terminée par un grand ménage, la préparation des valises et un dernier au revoir à Larche avant de repartir à Marseille, le cœur rempli de souvenirs !
Merci à nos Jeunes Cadets d’être aussi formidables et toujours de bonne humeur, nous avons hâte de vous retrouver au camp de Pâques !

Joséphine & Louca

2026-03-24T11:51:05+01:00

L’Évangile du mois d’avril 2026

L’Évangile du mois sera proclamé le jour de Pâques. Christ ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean

Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala vient à la tombe très tôt le matin, quand il fait encore noir, et elle voit que la pierre a été retirée du tombeau. Alors elle part en courant et arrive chez Simon-Pierre et l’autre disciple que Jésus aimait. Et elle leur dit : « Le Seigneur a été enlevé de la tombe et nous ne savons pas où on l’a mis. »
Pierre sort aussitôt avec l’autre disciple, et ils vont à la tombe. Ils courent tous les deux, et l’autre disciple, qui court plus vite, arrive avant Pierre à la tombe. Là il se penche et voit les linges tombés à plat, mais il n’entre pas. Pierre arrive alors derrière lui et pénètre dans la tombe ; lui aussi voit les linges posés à plat. Le suaire qui enveloppait la tête n’est pas posé avec les linges, mais à part : il est roulé à un autre endroit. Alors entre l’autre disciple, celui qui est arrivé le premier à la tombe ; il voit et il croit. C’est qu’ils n’avaient pas encore compris l’Écriture : « il fallait » qu’il ressuscite d’entre les morts !

Le contexte
Le vendredi soir, Jésus est mort et mis au tombeau. Le dimanche matin, Marie-Madeleine, une de celles qui a suivi Jésus jusqu’à sa mort en croix retourne au tombeau. Cet Évangile est la première partie du récit. La suite racontera la rencontre de Marie-Madeleine avec celui qu’elle prend pour le gardien mais qui n’est autre que Jésus lui-même.

Le premier jour de la semaine…
Cette indication temporelle rappelle le premier récit de la création, comme si un nouveau monde apparaissait. Marie-Madeleine est en marche alors que le jour n’est pas levé. La lumière ne brille pas encore en elle. C’est compréhensible puisqu’elle part à la rencontre d’un cadavre. De même que la parole divine fait la lumière au commencement du monde, de même, il faudra une parole pour que Marie-Madeleine reconnaisse le Ressuscité. Cette scène évangélique inaugure une nouvelle création.

Pas de preuve…
Pour nous parler de la résurrection de Jésus, Jean insiste sur la pierre qui a été retirée et sur l’absence du corps. Ces indices sont à priori bien minces pour prouver cette résurrection. Autant dire que les éléments matériels ne suffiront pas pour conclure quoique ce soit. Il faudra la foi…

La réaction de Marie-Madeleine…
Marie-Madeleine voit que la pierre a été enlevée, elle ne va pas plus loin dans son observation. Revient alors une question sans cesse évoquée dans les évangiles à propos de Jésus : D’où vient-il ? Où est-il ? Son absence est une énigme que le temps lèvera mais pour elle, il n’est pas question de résurrection, elle en est à un possible enlèvement.

Il vit et il crut…
La foi du disciple repose sur la constatation d’un fait mais il lui manque encore la rencontre du Seigneur pour se déployer et devenir missionnaire. Le tombeau ouvert témoigne d’une absence (pas de corps) mais aussi d’une présence (Il est ressuscité !) plus forte puisqu’elle suscite la foi. Autrement dit, le disciple voit l’absence mais il croit en la présence. Entre le voir et le croire, il y a une part d’inexplicable, d’inouï. C’est pourquoi, Pierre et Jean s’en retournent chez eux comme pour indiquer que la révélation est inachevée et qu’elle n’a pas encore sur eux les effets qu’elle produira plus tard.

Pour actualiser…
Nous qui lisons ce passage aujourd’hui, nous aimerions dire à Pierre et à l’autre disciple Jean : « Mais, vous ne comprenez donc pas, Jésus est ressuscité, allez l’annoncer au monde entier, ne perdez pas de temps. » Or, ils semblent bien lents à croire. Cela ne devrait pas tant nous étonner que cela. Ne sommes-nous comme eux ? Nous savons depuis près de deux mille ans que le Christ est ressuscité. Nous aussi, nous balbutions dans notre foi. Avouons-le, nous ne sommes pas plus malins que Pierre et Jean. Nous avons tant de mal à croire en cette résurrection. Nous avons tant de mal à nous laisser transformer au quotidien par cette si grande nouvelle… La mort est morte, elle est ce passage que Jésus a emprunté le premier !
N’ayons pas peur…
…de transmettre ce message qui est le cœur de notre foi : Aucune situation humaine est sans issue, rien n’est jamais totalement « foutu ».
Confiné dans son tombeau, Jésus s’en délivre et par la même occasion, il nous invite à sortir des nôtres, de nos nostalgies, de nos idées noires, de notre découragement.

Didier Rocca

Christ est ressuscité.
La mort est morte. 

Un avenir est toujours possible. 

Rien n’est jamais foutu.
Alléluia ! 

Christ est vivant et chacun de nous avec Lui !

2026-03-24T11:46:16+01:00

Camp hiver 2026 > les Cadets

Les Cadets à Larche

On a passé un camp incroyable. La neige était super bonne, les conditions étaient top et on a vraiment très bien skié toute la semaine. Tout le monde a progressé, même Paul qui est revenu avec une jambe abimée, mais qui a quand même très bien skié, respect. Le groupe des Verts a fait un truc énorme : partis des pistes vertes en début de séjour, ils ont tous réussi à descendre une piste rouge à la fin. On a aussi bien profité en dehors des pistes avec de la luge, de grosses batailles de boules de neige et Joseph qui a fait voler son drone au-dessus de Larche pour capturer des photos et des vidéos incroyables vues du ciel.
On a regardé un film très divertissant, mais quand même intéressant, car le lendemain s’est suivie une discussion autour de différentes formes de racisme, d’homophobie et d’autres sujets importants en rapport avec le film. Un échange très intéressant où tout le monde a participé.
Côté veillées, des pirates sont venus pour qu’on les aide à retrouver leur trésor. Deux chats sont aussi venus pour qu’on les aide à retrouver le chemin de leur maison. Mama Nayo n’est pas venu, mais ce sont Mama Rla et Mama Rlo qui sont venus pour nous faire passer un entretien d’embauche afin de recruter les meilleurs pour l’entreprise de Mama Nayo et Mama Rla.
On a aussi fêté le Nouvel An chinois avec Charles, notre ami français, en réalisant tout un tas de défis rebondissants. Le soir s’est suivi d’un plat typique asiatique avec des nouilles, des nems et autres spécialités, préparé par Clémence, Bernard et Olivier, pour nous donner de la force pour le ski. Merci à Bernard et Clémence qui nous ont suivis tout au long de la semaine pour nous préparer les meilleurs plats. Mention spéciale pour la raclette, validée par tout le monde !
C’est le genre de semaine qui rappelle pourquoi on aime les camps de ski à l’Œuvre, intenses, drôles et riches de souvenirs, une semaine pleine de péripéties et de rebondissements.

Mathis

2026-03-24T11:52:59+01:00

Camp hiver 2026 > les Grands Cadets

Les Grands Cadets à Larche

Le jour du départ, rendez-vous vous à 7 h 30 à l’Œuvre pour partir en car, direction Larche avec les BJ’s. À l’arrivée, pique-nique, installation dans les chambres et c’est parti pour aller louer notre matériel de ski. Après ça, nous avons goûté en réfléchissant aux règles de vie à respecter durant le camp, douche et 1er temps libre avec les BJ’s. Les GKD’s ont tout de suite su jouer avec eux : foot, jeux de carte et hula-hoop. Pour finir cette 1re journée, nous avons dîné tous ensemble et les GKD’s ont reçu la visite de ninjas cherchant une relève.
La 1re journée de ski commence tôt : à 7 h les GKD’s sont réveillés pour petit-déjeuner à 7 h 30 et être sur les pistes dès 9 h. Après une belle 1re matinée de ski, nous nous retrouvons pour déjeuner tous ensemble et le ski reprend mais certains entendent l’appel de la Cabane à Jo pour manger une crêpe ou boire un chocolat chaud 🙂 . À 16 h, retour au local à ski et retour au chalet, goûter, douches et temps libre en compagnie des BJ’s durant lequel 3 sportives professionnelles viennent nous faire passer des épreuves pour tester nos compétences aux sports d’hiver. Après leur départ, nous partageons le dîner tous ensemble puis les minions viennent nous voir pour nous former à être des minions avec eux.
La 2e journée de ski commence comme d’habitude dès 7 h : petit-dèj et départ pour la station du Sauze. Les GKD’s profitent de leur 2e journée de ski, interrompue par le déjeuner en commun. Mais Roxane, animatrice, se fait rentrer dedans part un autre skieur et part en ambulance 🙁 . Le ski s’arrête là pour elle mais pas le camp. Au retour, vers 16 h 30, goûter, douches et visite de 2 pingouins venu nous demander de l’aide pour pêcher leurs poissons. Les GKD’s préparent également un dessert surprise : un tiramisu. Après le dîner, c’est au tour des zinzins de l’espace de nous rendre visite pour réfléchir à notre société en s’amusant.
Pour la 3e journée de ski, les GKD se régalèrent comme d’habitude sur les pistes. Le soir, après la dégustation d’une bonne raclette et du tiramisu préparé la veille, les GKD’s et les BJ’s regardèrent l’histoire du méchant Gru et des mignons essayant de voler la lune.
Le 4e et dernier jour de ski se passe encore à merveille. Le soir, après avoir rendu le matériel de ski, fait le ménage et partagé le dernier repas, les skieurs rendent visite aux GKD’s et aux BJ’s pour qu’ils les aident à trouver la bonne piste.
Le dernier réveil est très tôt et le petit déjeuner se prend debout pour nous permettre de partir à 8 h. Quatre heures de route plus tard, tout le monde arrive à l’Œuvre. Après un magnifique et fatigant camp, les GKD’s et les BJ’s rentrèrent chez eux épanouis et ravis.

Théophile & Vadim

2026-03-24T11:54:59+01:00

Édito mars 2026 > Se convertir

On utilise souvent le mot conversion pour parler d’un changement de religion, alors qu’il exprime plus largement un changement de cap ou de direction. Et nous sommes invités à nous convertir au sein même de la religion, car nous n’avons jamais fini de nous tourner vers Dieu. Se convertir, ce n’est pas tourner le dos à une religion, mais s’orienter différemment.

La marche
Ce processus est à revivre régulièrement, car nous n’avons jamais fini de découvrir de nouvelles réalités au cours de notre marche. Notre vie ne ressemble pas souvent à un train qui fonce à grande vitesse sur des rails sans se poser de questions. Elle ressemble plutôt à une randonnée, avec des moments assez faciles, comme sur un chemin forestier bien tracé, mais aussi avec des moments plus compliqués, comme sur un sentier mal entretenu, qui demande à regarder de près les balises, les traces ou les cairns, et même parfois la carte et la boussole. Sur ces étapes plus ardues, il faut parfois revenir un peu en arrière lorsqu’on se rend compte qu’on a loupé une bifurcation, avec la possibilité de retrouver le bon chemin qui avait été perdu.

Le phare
Se convertir implique d’être en état de vigilance, avec la conscience que l’on peut se perdre ou se blesser. Il ne s’agit pas d’entrer dans un état d’inquiétude permanent, mais plutôt de garder en tête que nous ne sommes pas à l’abri de nous égarer ou de prendre une mauvaise direction. Parfois nos habitudes, le train-train quotidien, peuvent nous aveugler et nous entrainer à accepter ce qui n’est pas bon pour nous ou pour ceux avec qui nous vivons. Il y a un équilibre à trouver entre l’intranquillité qui épuise et l’assoupissement qui paralyse. C’est comme les phares qui accompagnent les bateaux. Ils ne les voient pas tout le temps et ils n’en ont pas toujours besoin, car il y a des moments où la navigation semble facile, mais les marins ne sont pas à l’abri de perdre le cap sans s’en rendre compte, et donc il leur faut régulièrement se fier aux phares, aux instruments de navigation et autres GPS.

La religion
Dans la vie spirituelle, la conversion ne se limite donc pas à un changement de religion, car se convertir signifie se tourner vers Dieu. Nous croyons qu’il n’y a pas plusieurs dieux, mais que toutes les religions sont au service de la relation de l’humanité avec Dieu. Elles utilisent différents mots, gestes, manières de relire l’histoire de l’humanité, mais elles cherchent à s’approcher d’une même vérité, d’un même mystère qui nous dépasse et nous englobe sans que nous puissions en faire le tour et le posséder dans sa globalité. C’est donc avec beaucoup d’humilité que les croyants doivent considérer leur religion, qui est un moyen humain, inspiré par Dieu certes, de nous faire entrer dans une réalité qui dépasse l’aspect matérialiste de nos existences. Nous ne pourrons jamais posséder toute la vérité sur Dieu. Nous n’avons jamais fini de découvrir ce que cette réalité divine apporte à nos existences humaines et implique de changement dans nos relations interpersonnelles. Cette attitude de recherche et d’humilité définit bien ce que peut être la conversion : être toujours en recherche et en marche.

Le tournesol
Nous pouvons évoquer une autre image, celle du tournesol. Tout au long de la journée, il s’oriente différemment pour suivre le soleil et bénéficier au maximum de son éclat et de son apport en énergie. Il en va de même pour les croyants. Nous sommes invités à nous convertir continuellement, c’est-à-dire à nous tourner vers Dieu, pour nous nourrir de son énergie d’amour et de sa Bonne Nouvelle. Nous ne pouvons jamais considérer que nous avons fini d’avoir besoin de recevoir l’amour de Dieu, c’est un processus qui dure toute notre vie. Et lorsque nous avons négligé cette réalité en nous détournant de l’amour, il n’est jamais trop tard pour nous tourner vers Dieu. Dans nos existences, il y a des conversions « majeures », c’est-à-dire importantes, radicales, qui marquent une étape dans notre vie, parce que nous avons discerné qu’il nous fallait changer de chemin, et il y a aussi les conversions « quotidiennes », car nous avons avons toujours besoin de recevoir l’amour de Dieu pour bien le partager, même quand il nous semble que tout va bien et que nous sommes en adéquation avec la Bonne Nouvelle de Dieu.

Le carême
Le temps du carême, qui offre quarante jours aux chrétiens pour se préparer à célébrer la grande fête de Pâques, est précisément un temps de conversion. Pas seulement un temps d’efforts et de sacrifices, mais un temps qui nous est donné pour marquer une étape dans notre vie, pour faire le point et pour discerner s’il y a des choses à réorienter, que ce soit dans notre vie personnelle, dans notre vie de relation avec les autres ou dans notre vie spirituelle. C’est un cadeau.

Olivier

2026-02-11T10:19:52+01:00

Lettre du Villard – Février 2026

Le 7 février 2026

Bien chers amis,
Lorsque vous recevrez ce petit mot, vous serez donc entrés dans l’année du Cheval de Feu ! Il paraît que dans l’astrologie chinoise, le Cheval symbolise l’énergie, la liberté et le progrès. Nous ne pouvons que vous souhaiter de bénéficier de tout cela. N’oubliez pas de nous envoyer par la poste quelques photos des festivités auxquelles vous assisterez. Vous nous annoncez en effet de nouvelles vignettes qui doivent représenter des chevaux. Cela ravira Mademoiselle Reynaud qui admire les timbres de vos lettres qu’elle nous apporte. Il faut que vous sachiez qu’elle aime beaucoup ceux de 6 yuans1 qui représentent un oiseau d’un dessin particulièrement délicat. S’agit-il du rossignol de l’empereur de Chine2 ? Je ne crois pas car le camarade-président XI Jinping n’admettrait sans doute pas qu’on pût imaginer un tel rapprochement. Mais connaît-on Andersen en Chine ?
Au Villard, la neige est tombée en abondance ; elle colle aux arbres au point que votre tilleul paraît porter des bourgeons de neige. Les petits oiseaux ne savent où se poser et lorsque le ciel reste couvert nous croyons entendre les pépiements plaintifs qu’a si bien rendus Vivaldi dans l’Hiver des Quatre saisons. Nous nous sommes laissés entraîner à chausser les raquettes avec le colonel Gastinel qui ne veut pas vieillir. N’entend-il pas maintenant s’équiper de skis de randonnée électriques ? Il en est au stade de la documentation et j’espère qu’il en restera là. L’ami Béraud, incorrigible taquin, s’est cru obligé de lui citer l’Ecclésiaste3 : « Il y a un temps pour tout, etc. », ce qui a permis à Gastinel de lui répondre qu’avec des gens comme lui l’humanité n’aurait jamais progressé, qu’il fallait vouloir dépasser ses limites… « Et prendre ses désirs pour des réalités, n’est ce pas ? » a coupé Béraud, qui a repris : « Vous auriez dû faire de la politique ! Vous auriez été de ceux que je considère comme des farceurs et qui se plaisent à se qualifier de volontaristes, c’est-à-dire qu’ils ne tiennent pas compte du contexte économique et social dans lequel un pays doit évoluer. Mais –a-t-il ajouté – il faut bien reconnaître que nous avons tous, plus ou moins, des tendances volontaristes, que nous aspirons parfois à ce que nous savons ne pas pouvoir atteindre… En certain domaine, c’est peut-être le moteur de la sainteté… Allez, Gastinel, je vous remercie de m’avoir mis sur cette voie ! » « Il n’empêche, reprit celui-ci, que nous n’avons pas à dénigrer les bateleurs4 auxquels vous pensez car s’ils sont sur le devant de la scène, c’est bien parce que d’autres leur ont laissé la place.
Est-ce que nous nous sommes engagés en politique ?
Est-ce que nous nous sommes engagés en politique, avons-nous milité dans un parti dont les orientations soient proches de nos convictions, tenté d’influencer son orientation ? Non, bien sûr ! Alors, ne nous plaignons pas ! Cela m’a rappelé une conversation que nous avons eue sur ce sujet avant votre départ pour Shanghai. Vous me disiez alors que vous n’avez jamais voulu être membre d’un parti politique car il vous paraissait impossible d’être solidaire de toutes les prises de position. Pour vous, l’adhésion implique une solidarité totale. Je vous avais taquiné en vous demandant si ce n’était pas une excuse pour ne pas vous engager ; vous aviez convenu que l’objection méritait réflexion, et nous en étions restés là. « Ah ! Les convictions ! » s’était exclamé Béraud lorsque je lui avais fait part de vos scrupules. « Il est bon d’en avoir et douloureux d’en changer, surtout lorsqu’on a dû les défendre. » « Je ne pense pas que ce soit pénible pour tout le monde » avait dit Gastinel, qui avait étayé son propos de l’avis d’Edgar Faure, connaisseur en la matière : « Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent. Peut-être – avait-il ajouté – le recours à l’intelligence artificielle aidera-t-il à clarifier les idées, à établir pour nos jugements des bases moins incertaines… » Poulenc, qui avait ralenti le pas pour nous attendre et qui n’avait entendu que nos derniers propos, s’est lancé dans une charge contre l’I.A., qui lui paraît comme une monstruosité qui va broyer nos sociétés, détruire des millions d’emplois et désaxer les opinions du plus grand nombre. Beraud lui a fait remarquer qu’il n’avait peut-être pas tort mais que l’expérience de l’humanité est là pour montrer qu’à partir du moment où une découverte procure des avantages à certains, ceux-ci n’ont de cesse d’en profiter, quelles qu’en soient les conséquences. « On l’a bien vu –ajouta-t-il – avec la bombe atomique ou avec les manipulations génétiques, pour ne citer que ces deux-là. Non, l’I.A. est là, et elle présente de tels avantages que le processus est sans doute irréversible. »
S’arrêter, c’est décider de ne pas fabriquer des machines
qui refuseraient qu’on les arrête
Les gens raisonnables disent qu’il faut savoir s’arrêter et s’arrêter, c’est décider de ne pas fabriquer des machines qui refuseraient qu’on les arrête5. Mais je crains que par esprit de lucre, par volonté de puissance ou simplement pour nuire, certains n’hésitent pas à faire mette au point des machines qu’on ne puisse arrêter. Et alors…
« Dites, dites –fit Mimiquet venu déblayer la neige devant chez vous et qui, nous ayant vus, s’était approché – ne devriez-vous pas conseiller aux hommes politiques français d’essayer de se servir de l’I.A. pour clarifier leurs idées et proposer des solutions aux problèmes dans lesquels ils pataugent ? » Gastinel lui répondit que chaque parti avait dû interroger la Pythie informatique, mais que, au vu des réponses qu’avait dû leur donner la machine, ils avaient certainement jeté la réponse au panier, de peur que leurs troupes leur reprochent ce qu’ils avaient dit et fait jusque-là !
J’espère que, comme vous, nous bénéficierons de l’énergie, de la liberté et du progrès que nous promet l’année du Cheval de feu pour aborder les défis des mois à venir. Il faut bien tout cela, n’est ce pas ?
Nous vous redisons toute notre amitié.

P. Deladret

  1. Yuan, appelé en Chine renminbi : littéralement « monnaie du peuple ».
  2. Le rossignol et l’empereur de Chine, conte de Hans Christian Andersen, 1842.
  3. Un des livres de l’Ancien Testament : « Propos de Qohélet, fils de David ».
  4. Bateleur : Artiste de rue faisant des acrobaties ou des facéties
  5. Interview de J. Bengio, dans le journal Le Monde du 24 janvier.
2026-03-25T20:56:31+01:00

L’Évangile du mois de mars 2026

En ce troisième dimanche du Carême, nous retrouvons l’Évangile de la samaritaine. En voici un extrait…

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean

Jésus quitta la Judée et se mit en route pour la Galilée. Il lui fallait traverser la Samarie et c’est ainsi qu’il arriva à une ville de Samarie appelée Sichar… Jésus était fatigué de la marche et il s’assit auprès du puits. C’était l’heure de midi.
Arrive une femme de Samarie pour puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. » La Samaritaine lui répondit : « Vous êtes Juif, comment pouvez-vous demander à boire à une Samaritaine comme moi ? » Jésus lui dit : « Si tu connaissais le don de Dieu et si tu savais qui te demande à boire, c’est toi qui lui aurais demandé cette eau qui fait vivre, et il te l’aurait donnée. » Elle lui dit : « Seigneur, vous n’avez pas de seau et le puits est profond. Où trouvez-vous cette eau vive ? » Jésus lui dit : « Celui qui boit de cette eau aura encore soif, mais celui qui boit de l’eau que je lui donnerai ne connaîtra plus jamais la soif. L’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source intarissable de vie éternelle. » La femme lui dit : « Seigneur, donnez-moi donc de cette eau ; je n’aurai plus soif et je n’aurai plus à venir en chercher ici. »

Le contexte
Jésus quitte la région de Jérusalem pour aller en Galilée. Pour y parvenir, il doit passer par la Samarie, région fort mal considérée par les juifs de l’époque. La femme qu’il rencontre est donc une étrangère d’une religion rivale, même si en réalité, les samaritains et les Juifs partageaient les mêmes promesses de Dieu et attendaient eux aussi le Sauveur.

Toi, un juif !
La conversation banale aurait pu tourner court. Ils n’ont rien en commun. Lui : un juif ; elle : une femme de Samarie. Lui : assis sur le rebord du puits ; elle s’avançant à cette heure chaude de la journée. Et pourtant, sur une remarque banale, tout bascule pour nous faire entrer dans un véritable dialogue, une conversation qui deviendra conversion.
L’évangéliste nous permet également de suivre la femme de Samarie dans ses déplacements spirituels. Ainsi nous passons de l’eau, quasi-stagnante, du puits, à l’eau vive. Et plus loin, de ce puits profond à la hauteur des montagnes, comme nous passerons aussi de la solitude de la Samaritaine à l’ensemble du village. Cette progression est éclairée par les titres que la femme et les samaritains donnent à Jésus. Il n’est d’abord qu’un juif, celui qu’elle appellera Seigneur, prophète, Christ avant que tous le professent Sauveur du monde.

Donne-moi à boire ?
C’est une histoire étrange, où Jésus, par son attitude, crée l’événement. Dans sa simplicité d’homme fatigué et assoiffé, Jésus vient rejoindre cette femme, non pas en la traitant de haut mais en lui demandant de l’aide pour pouvoir s’abreuver.
Même si la Samaritaine est surprise, déconcertée, la relation s’est établie avec Jésus.
Demander quelque chose à une personne, n’est-ce pas parfois une façon de la valoriser, de reconnaître qu’elle a quelque chose à donner ? La surprise de la femme et son étonnement cachent déjà sans doute une secrète joie. La glace est rompue. Le mépris a été balayé. Une nouvelle fois, Jésus remet une femme debout.

L’eau vive
Derrière la soif bien humaine, Jésus fait pressentir une soif plus profonde, cette soif de vivre qu’il est le seul à pouvoir étancher. Jésus joue un peu avec les différents sens du mot « soif ». Grâce à ce malentendu, Jésus permet à la samaritaine de faire un nouveau pas. La soif d’eau éprouvée par Jésus laisse place à la soif de Dieu, à la soif de vérité qu’elle ne soupçonnait peut-être même pas en elle. De la même manière, jeunes ou moins jeunes avons différentes soifs à assouvir. Soif de connaissance, soif de sensation forte. Mais au-delà, il peut y avoir une soif d’absolu, une soif de Dieu même si elle ne s’exprime pas clairement.

Pour actualiser…
Jésus vient nouer une relation avec chacun de nous par le biais de personnes qu’il met sur notre route. L’enjeu de cette rencontre est loin d’être anodin : accueillir en soi la vie de Dieu. C’est ce que nous pouvons vivre lors d’une messe ou d’un baptême. Dieu vient nous rencontrer afin de nous offrir sa vie ! On comprend mieux pourquoi cet Évangile est lu chaque année pour la célébration de la troisième étape de baptême des catéchumènes adultes. L’eau vive, c’est l’eau du baptême, cette eau qui donne la vie éternelle.

Didier Rocca

Le mot du mois : le puits
La référence au puits joue un rôle important. Il constitue un lieu indispensable à la vie d’une communauté, lui procurant l’eau nécessaire. Mais bien plus, le puits est un lieu de rencontre, favorable aux mariages. C’est près d’un puits que Jacob rencontrera Rachel, et Moïse, Cipporah. Un autre puits jouera le même rôle pour le mariage d’Isaac avec Rébecca. Le mot puits est donc synonyme de vie et de fécondité. Et ce puits de Sykar sera lui aussi témoin d’une vie nouvelle et d’une nouvelle alliance.

2026-02-11T10:26:57+01:00