Olivier

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Conte pour Noël – décembre 2020

CONTE POUR NOËL

Tous les anges ne sont pas musiciens

Depuis bien longtemps, le père Martin, curé de la paroisse de S…, était inquiet à l’approche de Noël. Son cœur avait beau se remplir d’émotion à l’idée que Dieu avait envoyé Son fils parmi les hommes et L’avait laissé se sacrifier pour leur salut, la perspective de se trouver pratiquement seul dans l’église pour la messe de minuit l’angoissait chaque année davantage. Le nombre de fidèles diminuait. Et pas seulement pour la messe de minuit. Il pouvait compter sur les doigts d’une seule main le nombre des mariages de l’année, et Monseigneur se contentait maintenant d’envoyer son vicaire général pour les confirmations. Le père Martin ne voyait ses paroissiens que pour les baptêmes et les obsèques, pour ainsi dire pour les parenthèses de l’existence. Il était pourtant apprécié dans le village, et le maire, tout communiste qu’il fût, ne manquait pas de l’inviter au goûter des Anciens. Il n’empêche que le père Martin voyait s’avancer avec inquiétude le moment où il lui faudrait quitter sa paroisse en confessant devant Monseigneur qu’il n’avait pas été capable de lui remettre le talent que même le mauvais serviteur de l’Évangile avait pu rendre à son maître.
L’idée lui vint de s’adresser à saint Isidore, le patron de la paroisse. Il s’agenouilla devant le buste reliquaire qui était déposé dans le bas-côté de l’église, lui raconta tous ses malheurs et le pria de l’aider. « Tu te doutes bien, lui répondit le saint, que je suis au courant de tout ; et d’une, je suis bien placé pour voir qu’il n’y a plus grand monde dans ton église ; et de deux, l’été dernier, pour la fête patronale, les gamins qui portaient mon buste ont failli me flanquer par terre ; que veux-tu, tu n’en as pas deux de la même taille ! Quoi qu’il en soit, je ne vois pas ce que je pourrais faire, j’ai des paroisses en Afrique, au Canada… Je n’ai pas le don d’ubiquité ! Ah ! Peut-être en dire un mot à saint Pierre ? Je ne te promets rien. »
Saint Isidore, qui était consciencieux, commença par se demander si ce n’était pas en partie à cause de lui que les gens de S… ne venaient plus à l’église, s’il ne les avait pas un peu négligés, occupé qu’il était par les paroisses qui, sous son patronage, se multipliaient dans le monde. Pour en avoir le cœur net, il interrogea des saints dont la popularité est bien établie. Saint Antoine de Padoue le réconforta en l’assurant qu’au village personne ne l’invoquait plus depuis longtemps pour retrouver des objets perdus. Et, ce qui montrait bien l’étendue de la désaffection, c’était que le pauvre curé avait du visser une plaque sur la fente du tronc des offrandes pour éviter d’y trouver Dieu sait quoi. Sainte Rita l’assura qu’aucun paroissien ne s’adressait plus à elle, alors que rien ne permettait de croire qu’il n’y eut plus de cause désespérée qui aurait justifié son intercession. Ce fut saint Nicolas qui le convainquit que la situation était vraiment grave car, reconnut-il, plus aucune fille à marier ne le priait, alors que la hantise du célibat, il en était certain, devait continuer de leur trotter en tête.
Saint Isidore, rassuré de savoir qu’il n’était sans doute pas la cause de l’indifférence des paroissiens, s’en fut trouver saint Pierre et lui demanda, au nom de la communion des saints, de voir ce qui pourrait être fait pour permettre aux gens de S… de retrouver le chemin de la sainteté.
Le grand saint, perplexe, résista à la tentation qu’il eut un instant de le renvoyer vers saint Paul. Il était convaincu que l’esprit fertile de Paul lui permettrait sans doute de trouver tous les arguments imaginables pour remettre les paroissiens sur le droit chemin mais il se rendait aussi compte qu’il était trop tard pour qu’une démonstration bien rationnelle soit adaptée à la situation. Quand les gens ne veulent plus croire à rien, il est inutile d’essayer de les convaincre en leur demandant de vous écouter. Il faut un autre biais… L’idée lui vint de demander l’avis des Docteurs de l’Église qui ont une grande expérience de l’âme humaine. C’est ainsi que saint Isidore retrouva saint Antoine1 en compagnie du Docteur angélique2, du Docteur séraphique3, du Docteur savoureux4, du Docteur mystique5 et de bien d’autres encore. Saint Pierre se rendit pourtant assez vite compte qu’il ne leur serait pas facile de se mettre d’accord ; les uns, qui étaient partisans de la manière forte, invoquaient le Jehovah de l’Ancien Testament, Dieu jaloux et vengeur ; les autres leur rappelaient sans les convaincre totalement que le Nouveau Testament avait montré que Dieu était bonté. Le grand saint Pierre balançait entre les deux avis mais il se sentait porté à l’indulgence, lui qui avait renié le Seigneur par trois fois. Et, ce qui l’agaçait le plus, c’était que pendant qu’ils discutaient tranquillement, le temps passait à la vitesse de la Terre qui tournait sous leurs yeux comme les aiguilles sur le cadran de l’horloge.
La docte assemblée fut à un moment traversée par une troupe d’angelots qui se poursuivaient en riant à travers les nuages. Saint Pierre, saisi d’une inspiration qui confirmait le bien-fondé du choix que Jésus avait fait de lui, retint par l’aile celui qui passait en le frôlant. Il lui demanda s’il ne serait pas, par hasard, un des anges gardiens des paroissiens de S… un peu oublieux de ses devoirs. L’angelot penaud en ayant convenu, saint Pierre reprit : « Comment, vous voilà en train de jouer à cache-cache en vous souciant comme d’une guigne de ceux qui vous sont confiés ! Vous êtes tout de même là pour les inspirer et protéger ! Ce n’est pas joli joli !… » L’ange lui répondit que la mauvaise volonté de ces gens-là, leur orgueil, leur paresse, leur avarice, sans compter tous les autres péchés capitaux, avaient découragé tous les anges gardiens à qui ils avaient été confiés. Le grand saint lui rétorqua que leur fonction n’était pas une sinécure et lui fit comprendre, avec ses mots à lui, qu’à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, comme aurait pu dire Corneille. Il lui rappela que Dieu lui-même, lorsqu’Adam avait été chassé du paradis, ne l’avait pas laissé tomber et « ne lui avait pas dit de s’arranger comme il le pouvait » ; qu’il avait donné aux hommes les anges, qui sont ses ambassadeurs, pour les libérer, les éloigner de la crainte et pour les rendre dociles à l’Esprit Saint6.
Il n’y avait rien à répliquer. Se rassemblant en nuée comme étourneaux en automne, les anges gardiens, dûment chapitrés, fondirent alors sur le village pour y reprendre leurs places. Ce n’est pas une mince affaire que de travailler l’homme par l’intérieur pour le rendre docile à l’Esprit Saint, sans même qu’il s’en rende compte. Car tout est là ; il faut que sa conversion vienne de lui-même, que, petit à petit, il se pose des questions sur sa façon de vivre, d’aimer, de penser. Il ne s’agit pas de lui faire la leçon, mais, en un certain sens, de créer les conditions qui feront qu’il se regardera comme dans un miroir. C’est là qu’il y découvrira les rides, l’affaissement des épaules ou l’empâtement de son âme, qu’il se rendra compte qu’il pourrait être mieux et que c’est à sa portée. Il faut aussi s’arranger pour qu’il voie autrement le monde qui l’entoure, qu’il découvre par lui-même qu’une autre vie est possible, qu’elle paraît même rendre plus heureux et qu’il pourrait l’adopter, à condition d’y mettre un peu du sien. Les anges gardiens savent, de toute éternité, ce qu’il faut faire, quels moyens il faut employer, quelles rencontres ménager, quels sentiments provoquer pour que l’homme se laisse aller à se convertir. Ils savent aussi que l’épaisseur de malice à vaincre est différente de l’un à l’autre, que pour certains il suffit de peu, d’un signe léger, comme l’encouragement d’un ami qui vous met la main sur l’épaule et vous donne la confiance nécessaire pour traverser un torrent, mais que, pour d’autres, qui ont pris le Décalogue à rebrousse-poil depuis des années, l’approche est plus délicate. Pour les uns, le simple fait de se rendre compte que quelqu’un paraît les regarder les conduit à s’interroger sur eux-mêmes ; pour ébranler les autres, il est parfois nécessaire de les mettre en face de réalités un peu plus rudes. Mais tout cela n’était pas pour surprendre ni décourager les anges gardiens. Ce n’est pas pour rien qu’on parle d’une « patience d’ange ».
Il n’empêche qu’un beau jour, on vint demander le père Martin pour une confession et, pour la première fois depuis longtemps, ce ne fut pas pour entendre un mourant délirant, mais un père de famille bien portant qui fit geindre le confessionnal en s’agenouillant ; un autre jour, il découvrit dans l’église une maman et ses enfants qui avaient mis dans un vase un bouquet de feuillages devant la statue de sainte Thérèse, un autre… Disons que, chaque jour un peu plus, l’église et la paroisse retrouvaient vie. Et le père Martin se serait bien laissé aller à reprendre confiance si le souvenir de tant d’espoirs déçus depuis des années ne l’avait rendu plus que prudent, incrédule. Incrédule et aveugle devant la transformation de ses paroissiens. Tellement aveugle qu’il dut se frotter les yeux lorsqu’en sortant de la sacristie il vit dans l’église une belle assistance pour la messe de minuit. On voudra bien croire qu’il en fut tout de même ému.
Et lorsqu’il monta en chaire pour son sermon, les paroissiens furent un peu surpris de voir quelques plumes voleter. On crut que le ménage n’avait pas été bien fait et qu’il devait y rester un nid de mésange ou de sansonnet, mais, depuis le bas côté de l’église, saint Isidore vit bien que c’étaient les anges gardiens qui, jusqu’au dernier moment, avaient veillé sur ceux qui leur étaient confiés et qui s’envolaient pour lui rendre la place qui lui revenait.

J. Ducarre-Hénage

  1. Le Docteur évangélique.
  2. Docteur angélique : saint Thomas d’Aquin.
  3. Docteur séraphique : saint Bonaventure.
  4. Docteur savoureux : saint Bernard de Clairvaux.
  5. Docteur mystique : saint Jean de la Croix.
  6. Cf. Méditation du pape François le 2 octobre 2015 à la Maison Sainte Marthe ; la citation reprend ses mots exacts.
2020-12-17T17:31:33+01:00

Édito janvier 2021 > Dieu s’est fait frère

Le Verbe fait chair
Le prologue de l’Évangile écrit par saint Jean contient une expression compliquée que l’on retrouve sur l’autel de la chapelle de l’Œuvre : « Le Verbe s’est fait chair ». Le Verbe, la Parole, c’est Dieu dans ce qu’il a de différent de nous. Il est une force de création qui nomme et qui donne vie à ce qu’elle nomme, comme on le découvre dans récit de la Création : « Dieu dit… », et cela est. Dire que le Verbe s’est fait chair, c’est dire que le tout autre, le pur esprit, Dieu, s’est fait homme, comme nous, pour venir nous rencontrer au plus près, sans distance. Et nous découvrons à Noël qu’il se fait le plus petit des hommes, il naît dans des conditions de précarité qui le rendent solidaire de ceux qui vivent le déracinement et la pauvreté : loin de chez lui, dans une pauvre étable, démuni. Tout au long de sa vie publique, Jésus s’est fait proche des pauvres et des blessés de la vie.

Dieu fait frère
On peut traduire l’expression « le Verbe s’est fait chair » par : « Dieu s’est fait frère ». Cela nous ouvre un bel horizon de pensée sur Dieu et sur l’humanité. Dieu, en Jésus, se révèle proche de nous, il va jusqu’à s’identifier aux plus petits et aux plus humbles : « Ce que vous avez fait aux plus petits, c’est à moi que vous l’avez fait ». Dieu n’est pas dans la violence et la force, il se révèle dans la vulnérabilité et la faiblesse. Il n’est pas un être qui nous domine, qui nous regarde de haut, qui nous condamne ou, pire encore, qui nous met à l’épreuve. Il est solidaire de nos misères et il vient partager notre existence. Il nous accompagne dans nos difficultés, il nous soutient et nous encourage. S’il y a de la puissance en Dieu, ce n’est pas celle de la violence, de la colère ou de la vengeance, c’est celle du courage, de la solidarité, de la fraternité. Rien ne peut empêcher Dieu de nous aimer et de nous vouloir du bien ; c’est dans cet amour absolu que réside sa toute-puissance et sa force. Les sacrements sont pour les chrétiens le lieu où cette énergie de Dieu se révèle au cœur de l’existence humaine : il vient habiter nos vies, il se rend présent aux grandes étapes de notre existence comme dans notre simple quotidien, il nous donne sa force pour que nous puissions assumer nos vies et traverser les épreuves.

Diviniser l’homme
Nous pouvons aller encore plus loin dans la réflexion en reprenant une phrase prononcée lors de la messe, quand le célébrant met un peu d’eau dans la coupe contenant le vin qui va être consacré comme sang du Christ. Il dit : « Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’alliance, puissions-nous être unis à la divinité de celui qui a pris notre humanité ». Dieu se fait homme pour que l’homme soit fait Dieu, c’est une énormité ! Si nous osions dire que nous sommes divinisés nous serions considérés comme des fous ou des prétentieux ! C’est pourtant ce que nous osons affirmer dans la foi. Nous confirmons cette prétention en reprenant les mots de Jésus qui s’adresse à Dieu en l’appelant « Père », c’est la prière quotidienne des chrétiens, « Notre Père ». Nous sommes de même nature que Dieu… Pour le dire plus humblement, nous essayons de prendre conscience de notre filiation divine afin que cela soit de plus en plus effectif, car nous avons à prendre notre part à cette divinité qui nous est proposée. Par notre manière de vivre, par nos gestes, par nos attitudes, par nos choix, nous pouvons signifier que nous adhérons à cette proposition d’adoption que Dieu nous fait.

Et l’homme s’est fait frère
Nous sommes invités à comprendre la volonté de Dieu : c’est que nous soyons véritablement ses enfants, et que par conséquence nous vivions en sœurs et frères. Cela peut paraître simpliste, mais c’est tout le message chrétien, et de toute religion authentique : accepter de nous soumettre à la paternité de Dieu et répondre à son commandement d’amour et de fraternité. Cela est facile à exprimer, mais c’est autrement plus difficile à vivre, car nous sommes des êtres complexes en qui se mêlent des forces contradictoires. Il nous faut « accepter d’être une mixture de grâce et de mal. Restez au soleil en patience : le mal petit à petit s’évaporera et la grâce restera » écrivait Madeleine Delbrêl. C’est une maturation qui s’opère en nous, mais pas sans nous. Il nous est bon d’en être conscients et de nous donner les moyens de combattre le mal en nous laissant éclairer et réchauffer par l’amour de Dieu. C’est le sens de la pratique religieuse : aller à la messe, vivre les sacrements, prendre du temps pour la prière, lire la parole de Dieu, relire sa vie pour discerner l’action de Dieu, suivre des parcours de catéchisme ou de formation, sont des moyens qui nous sont donnés pour alimenter notre relation à Dieu afin qu’il prenne plus de place dans nos vies et que nous arrivions à mettre en pratique son amour en aimant les autres. C’est un programme pour une nouvelle année, et pour toute une vie !

Olivier

2020-12-17T14:28:51+01:00

L’Évangile du mois de janvier 2021

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc
Quand Jésus et ses disciples entrèrent à Capharnaüm, aussitôt, le jour du sabbat, il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait. On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu ». Jésus l’interpella vivement : « Tais-toi ! Sors de cet homme ». L’esprit impur le fit entrer en convulsions, puis, poussant un grand cri, sortit de lui. Ils furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent ». Sa renommée se répandit aussitôt partout, dans toute la région de la Galilée..

Le contexte
Nous sommes au début de l’Évangile. Marc raconte ici ses premières paroles publiques prononcées par Jésus un jour de sabbat. Il n’est pas encore reconnu comme le Messie. Ses interlocuteurs ont de quoi être particulièrement étonnés par ses actions et ses paroles.

Jésus, un enseignant…
Nous découvrons Jésus dans son activité de prophète. Que fait-il ? Il enseigne. On aimerait bien avoir une trace de ce qu’il a raconté. Marc reste silencieux sur le sujet. Jésus connait bien sa matière puisqu’il a été autorisé par ses pairs à commenter les Écritures (approximativement l’Ancien Testament de nos bibles) dans la synagogue. Il est ici ce porte-parole qualifié, choisi par Dieu, qui doit transmettre la Parole et que le peuple doit écouter.

Il parle avec autorité
Attention à ne pas confondre ce talent de Jésus avec la pathologie qui est l’autoritarisme. Dire qu’il parle avec autorité signifie que sa parole fait grandir celui qui l’écoute. Cela signifie qu’il n’y a pas d’écart entre son agir et ses paroles. Marc précise qu’il ne parle pas comme les scribes, « ceux qui disent mais ne font pas ». L’autorité de Jésus ne vient pas d’abord d’un charisme de tribun ou d’une technique de communication bien rodée, elle lui vient de sa capacité à habiter totalement ce qu’il dit. Il est la parole qu’il énonce. Il est en totale cohérence avec ses paroles.

Démasqué rapidement
Alors que Jésus est encore un inconnu ou presque, il est en quelque sorte démasqué par un homme à l’esprit impur. Quelle est sa maladie ? Le texte ne le dit pas. Peu importe. Ce qui est frappant, c’est de voir que cet homme dit juste. Effectivement, Jésus est bien « le saint de Dieu ». Mais cet homme, au fond, ne comprend pas ce qu’il dit, sa parole est malade. La parole d’autorité, et donc autorisée, de Jésus ne renvoie pas à une parole certes juste mais vide de sens pour cet homme à l’esprit impur. Autrement dit, toute parole juste n’est pas une parole d’autorité. Il est indispensable que cette parole soit habitée, soit ajustée, qu’elle soit prononcée à un moment opportun pour qu’elle soit bien accueillie et transforme l’existence de ceux qui l’entendent.

L’enseignement en actes
Si nous ignorons totalement ce que Jésus a dit dans la synagogue, nous réalisons que Marc a voulu nous faire partager une partie de son enseignement donné non pas comme un cours magistral mais comme des travaux pratiques. Aujourd’hui, 2000 ans après, ce qui nous bouleverse reste cet enseignement nouveau : Jésus ne confond pas la personne avec son mal. Il est venu pour combattre le mal. Il va demander à l’homme de se taire pour que sa parole malade n’induise pas ses interlocuteurs dans l’erreur.

Pour actualiser
Sommes-nous capables de lutter contre le mal sous toutes ses formes ? Et même, le voulons-nous ? Sommes-nous capables de faire la distinction entre le mal et celui qui le commet ? Qu’en est-il de notre autorité ?

Didier Rocca

Le mot du jour : autorité

Du latin auctoritas, capacité de faire grandir. Celui qui a de l’autorité est donc capable de faire grandir celui qui est sous sa responsabilité. Une autre étymologie suggère que ce mot « autorité » vient du mot « auteur ». Ainsi, avoir de l’autorité rend l’autre auteur, acteur, responsable de sa propre vie.

2020-12-17T17:27:11+01:00

Lettre du Villard – novembre 2020

LETTRE DU VILLARD

Le Villard, le 15 novembre 2020

Bien cher ami,

Votre départ du Villard n’a précédé que de quelques heures l’annonce des nouvelles mesures de confinement qui réduisent presque à néant nos possibilités de nous déplacer et de rencontrer d’autres personnes que celles de notre maisonnée. Nous ne sommes cependant pas ici parmi les plus à plaindre car, dans notre bout du monde, la fréquence des rondes des « chaussettes à clous »1 chères à Boris Vian, chargées de vérifier le respect de ces mesures, n’est pas à redouter. Vous êtes malheureusement dans une situation bien différente et nous espérons que vous pourrez, vous comme votre famille, vous conserver saufs des contacts que votre vie vous impose.
J’ose à peine vous dépeindre, pour ne pas ajouter aux désagréments de votre existence de citadins confinés, la beauté déclinante de notre vallée depuis le jour de Toussaint où nous sommes retrouvés pour la dernière messe avant longtemps sans doute, sous la protection de gendarmes en armes. Lors de votre départ, les hêtres avaient déjà perdu leur flamboyance, mais les cerisiers et les bouleaux, qui se détachaient sur la pelisse rousse des mélèzes que porte l’adret, prolongeaient leur harmonie colorée. Jour après jour, leurs feuilles délaissaient leurs branches et formaient une jonchée ocrée à leurs pieds. Mimiquet est malheureusement venu aujourd’hui nettoyer votre jardin selon ses idées ; son coup de râteau a brutalement arraché les dernières couleurs encore claires du paysage qui, sur-le-champ, a pris son aspect sévère qui précède les premières chutes de neige.
Ce matin, en ouvrant les volets, j’ai découvert que le pommier devant la fenêtre de notre chambre avait, dans la nuit, perdu toutes ses feuilles. La soudaineté de la modification du paysage qui en résultait m’a frappé : je distinguais des vallons dont j’avais perdu le souvenir depuis des mois, je voyais des détails auxquels je ne prêtais plus jusqu’alors attention… Il suffit parfois de peu de chose pour changer nos perspectives et nous dessiller les yeux ! Dans les moments particuliers que nous vivons les évènements susceptibles de nous les ouvrir ne manquent pas, à condition que nous ne nous contentions pas de pousser machinalement les volets, de lever un peu les yeux au-delà des plates-bandes qui sont sous notre fenêtre et de ne pas laisser notre regard errer sans but dans le décor auquel nous sommes tellement habitués que nous ne nous y intéressons plus.
Bravant les interdits, notre ami Gastinel est venu nous rendre visite à l’heure du café. Il faut espérer que la neige tombera assez vite pour lui apporter l’innocent divertissement, coupable aux yeux de la loi actuelle, des promenades en raquette car son humeur, sombre depuis des mois, pourrait le mener par petites étapes sur le chemin de la dépression. Les assassinats islamistes des derniers jours l’ont démoralisé et il ressent comme l’effondrement de notre société la présence de militaires devant les églises pour dissuader d’éventuels fanatiques d’agresser les fidèles ; ce qui le mine, c’est qu’il faille, au moins en apparence, protéger les fidèles d’une religion qui a contribué à former notre société. Me Beraud, fidèle de notre cénacle (clandestin ! ), d’autant plus assidu que sa femme a confisqué leur ordinateur pour jouer au bridge à longueur de journée, et dont l’équanimité2 est de plus en plus remarquable, lui a représenté qu’il ne pouvait pas ne pas voir que les fanatiques n’étaient pas représentatifs de tous ceux qui se réclamaient de l’islam et qu’il ne fallait pas dramatiser la situation.
« Comme tout le monde, fit Gastinel, vous vous aérez les bronchioles en prenant à votre compte des affirmations sur des sujets dont vous ne savez que ce que vous avez lu ou entendu de la bouche de journalistes ; ceci dit, pour être honnête, je vous dirai que je suis comme vous. Les idées, que nous véhiculons parce qu’elles correspondent à ce qui agrée à notre personnalité, nous conditionnent au point que nous ne nous rendons pas compte que nous déformons notre perception de la réalité pour qu’elle entre dans nos schémas de pensée. Quoi qu’il en soit, jusqu’à preuve du contraire, on ne voit pas que des catholiques ou des juifs fanatiques cherchent actuellement à tuer des croyants d’autres religions »- « Oh ! Ne faisons pas les malins, glissa Beraud ; il y a eu des fanatiques chez les catholiques comme dans toute religion car, comme aurait pu dire Joseph Prudhomme3, dès lors que le sabre de l’État trempe dans le bénitier du goupillon d’une religion, l’eau rougit assez vite. Ce qui fait aujourd’hui la différence, c’est que les religions que vous citez ont fini, volens nolens, par admettre qu’elles n’avaient peut-être pas le monopole de la vérité. »
Gastinel, ayant repris le déroulement de son lamento4, en était venu au passage désormais obligé dans les conversations de la défense de la liberté d’expression ; son respect lui paraissait indispensable, quand bien même on ne serait pas d’accord avec ce qui se dit. Me Beraud l’interrompit en lui demandant si, pour lui, cette liberté d’expression s’étendait jusqu’à la faculté de dire n’importe quoi. Gastinel a reconnu que la liberté des uns devait s’arrêter au point où commençait celle des autres et que la vie en société imposait des contraintes. Beraud a alors fait remarquer que le louable désir de liberté individuelle qui s’amplifie depuis des décennies avait peut-être maintenant atteint les limites que lui assigne l’évolution de la composition de notre société. « Eh oui, mon vieux ! Notre société n’est plus celle au sein de laquelle ces aspirations ont commencé leur épanouissement. Elle inclut maintenant des populations dont il faut tenir compte pour préserver la paix sociale ; au nom du droit à la liberté d’expression et, dans un autre registre, du droit à la différence, on a laissé ceux qui ne reconnaissent pas le droit à la différence devenir les prosélytes du refus de la différence. Notre société s’est augmentée de tellement de différences que les consensus qui paraissaient évidents ne le sont peut-être plus. Que voulez-vous, on n’a pas été cohérent, clairvoyant. Il faudra faire avec et inventer de nouvelles règles du jeu social ».
Je suis alors revenu sur ce qu’avait dit Gastinel de notre propension à interpréter les informations pour qu’elles coïncident avec nos idées : « Vous nous faites remarquer que, sans en être conscients, nous sommes tous des idéologues et nous le sommes dès lors que nous prenons nos désirs pour des réalités. Nous le sommes comme l’est le responsable religieux qui projette sa croyance sur une réalité politique contraire ou comme le journaliste qui, sans tenir compte de l’état d’esprit réel du pays, annonçait l’effondrement des républicains aux USA à partir de sa seule aversion pour Trump… Et encore, je pars du principe que l’un comme l’autre sont de bonne foi…». Gastinel observa que si nous en étions réduits à n’échanger que sur des faits et non sur des opinions, nous n’aurions pas grand-chose à dire ; Béraud lui a alors rappelé que Paul Valéry considérait qu’il n’était pas raisonnable de soutenir qu’on ne discutait pas des goûts et des couleurs. Si, en effet, il est concevable de débattre de ce qui est subjectif, comme les goûts et la perception des couleurs, il n’est pas raisonnable de discuter de ce qui est objectif et qui, par essence, ne prête pas à interprétation5.
Je me suis souvenu de la dernière conversation que nous avons eue au sujet du traitement de l’information relative à l’épidémie (qui, selon le mot de Gastinel, nous transforme en papillons épinglés dans une boîte d’entomologiste). Vous étiez décontenancé parce que la communication officielle ne parvient pas à donner une impression de cohérence ; vous ne mésestimiez pas que personne ne maîtrise le sujet ni ses évolutions et qu’on ne peut guère alimenter l’information que par les moyens à imaginer pour réduire les risques de contamination dans cette partie de colin-maillard disputée en pleine obscurité. Vous regrettiez surtout que n’ait pas émergé une autorité à partir de laquelle se seraient organisées la communication et les initiatives. Peut-être le pays est-il trop atomisé… Je suis tombé l’autre jour sur un proverbe akan6 qui me paraît bien convenir à la situation : « Celui qui suit la trace de l’éléphant ne sera pas mouillé par la rosée ». Je vous laisse le soin de vérifier. Mais peut-être suis-je en train de déformer la réalité pour la faire correspondre à mes idées…
Nous continuons d’espérer que vous pourrez venir célébrer avec toute votre famille la fête de Noël au Villard. Soyez sans crainte, nous saurons garder nos distances !
Nous vous redisons toute notre amitié.

P. Deladret

  1. Nom donné en argot aux chaussures renforcées des forces de l’ordre, et par extensions aux gendarmes qui les portaient ; on doit à Boris Vian en 1954 la chanson « La Java des chaussettes à clous ».
  2. Équanimité : égalité d’humeur procédant d’un parfait détachement du contexte affectif.
  3. Joseph Prudhomme, personnage d’Henri Monnier (1799-1877) qui lui fait dire, lors de son admission dans la Garde nationale, « Ce sabre est le plus beau jour de ma vie ».
  4. Lamento : chant de tristesse et de déploration.
  5. Dans Tel quel, 1941, recueil de réflexions, aphorismes, boutades…
  6. Akans : Peuple de l’actuel Ghana..
2020-12-18T08:53:05+01:00

Édito décembre 2020 > Célébrer

L’année 2020 devait être marquée par les célébrations du bicentenaire de l’installation de l’Œuvre à la rue Saint-Savournin, c’était en 1820. La crise sanitaire a bouleversé ce programme et toutes les festivités ont été annulées au fur et à mesure que nous nous enfoncions dans les restrictions et les confinements. C’est un paradoxe de parler de la notion de célébration dans ce contexte. Dans la liste des notions qui définissent la mission de l’Œuvre, cette dimension est essentielle et je l’avais gardée pour le dernier numéro de cette année toute spéciale afin de mettre en valeur son importance.

Rendre le Christ fréquentable

Ce mot, célébrer, a diverses significations. Dans cet édito je voudrais parler de la célébration au sens religieux du terme, bien que les autres définitions ne soient pas étrangères à ce que nous vivons à l’Œuvre. Quand nous disons que l’Œuvre est un lieu de célébration, c’est aussi avec le désir de rendre célèbre, c’est-à-dire fréquentable, le Christ et sa Bonne Nouvelle. Le message chrétien n’a pas pour vocation d’être restreint à la confidentialité de la sphère privée ni confiné dans les murs de nos maisons ; au contraire il doit être annoncé hors les murs, urbi et orbi, pour les chrétiens et pour tout le monde, car il concerne toute l’humanité et vise à changer notre manière de vivre en société. Une conception erronée de la laïcité voudrait qu’elle consiste à réduire l’impact des religions en les cantonnant à une histoire seulement individuelle, alors que la laïcité a pour objet au contraire d’assurer la bonne cohabitation de tous les principes de vie – religieux, philosophiques ou politiques – en leur assurant la liberté d’expression et en évitant toute main-mise de l’un sur les autres. Nous avons le droit de penser par nous-mêmes, nous pouvons avoir des points de vue différents et des orientations particulières, nous avons le devoir de donner le meilleur de nous-mêmes et de vouloir que la société fasse des choix qui nous semblent les plus judicieux, donc nous avons la responsabilité d’exprimer ce que nous pensons être le plus juste, le plus vrai. Pour ce qui est de la décision finale et des grandes orientations de nos sociétés, nous avons aussi le devoir de respecter la pluralité des opinions et nous devons faire confiance à l’intelligence humaine pour que les décisions qui concernent tout un pays soient prises démocratiquement en tenant compte des conseils que tous peuvent exprimer, les religions ayant leur voix particulière à donner dans cette dynamique.

Célébrer la messe

Pour ce qui est de la dimension religieuse de la notion de célébration, la vocation de l’Œuvre est d’accompagner les jeunes afin qu’ils découvrent la joie de célébrer le culte qui revient au Seigneur. Le sommet de cette célébration est vécu lors de la messe du dimanche, car elle récapitule ce qu’est la vie pour un chrétien : nous nous rassemblons, avec toutes nos différences qui sont des richesses à partager, nous faisons corps dans ce lieu que nous appelons Église et qui symbolise l’appartenance à un corps, à une communauté. Nous nous mettons à l’écoute de la Parole de Dieu, en découvrant qu’elle est une Bonne Nouvelle pour nous aujourd’hui. Nous répondons à l’invitation du Christ qui veut partager sa vie avec nous dans le repas eucharistique durant lequel nous communions à son corps, et nous comprenons que nous faisons partie à notre tour de ce corps. Nous sommes invités à sortir de l’église pour vivre cela concrètement tout le reste de la semaine, en mettant en pratique ce que nous avons vécu pendant cette célébration : à savoir l’amour reçu de Dieu que nous partageons avec les autres en les aimant comme Dieu les aime.

Toute notre vie est célébration

Si le sommet de la vie chrétienne est vécu lors de la messe du dimanche, la célébration de la Bonne Nouvelle chrétienne ne se réduit pas à cette pratique dominicale : elle est le tout de notre vie. Ce que nous vivons tout le reste de la semaine est une manière de célébrer le Seigneur. Par nos gestes, nos paroles, nos regards, nos engagements, nous célébrons dans le quotidien de nos vie l’engagement de Dieu dans le monde. Nous pouvons comprendre cela d’autant mieux en ces semaines de confinement durant lesquelles nous avons été privés de la célébration communautaire de la messe. Cela ne doit pas nous empêcher de vivre toute la semaine comme une manière de célébrer le véritable culte que nous estimons devoir rendre à Dieu : aimer notre prochain, détruire les barrières de la haine et de l’indifférence, combattre les injustices, vivre la solidarité et la fraternité, œuvrer pour la paix. Monsieur Allemand, l’exprimait avec des mots adaptés à la réalité de ce que les jeunes vivent dans nos maisons : jouer et prier sont les deux mouvements d’une même dynamique de célébration !

Olivier

2020-11-17T11:53:51+01:00

L’Évangile du mois de décembre 2020

Cet Évangile sera proclamé le dimanche 13 décembre, le troisième du temps de l’Avent.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean
Voici qu’il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean. Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.
Voici le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? » Il ne refusa pas de répondre, il déclara ouvertement : « Je ne suis pas le Christ ». Ils lui demandèrent : « Alors qu’en est-il ? Es-tu le prophète Élie ? » Il répondit : « Je ne le suis pas ». « Es-tu le Prophète annoncé ? » Il répondit : « Non ». Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu sur toi-même ? » Il répondit : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : “Redressez le chemin du Seigneur”, comme a dit le prophète Isaïe ».
Or, ils avaient été envoyés de la part des pharisiens. Ils lui posèrent encore cette question : « Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ? » Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale ».
Cela s’est passé à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où Jean baptisait.

Le contexte
Nous lisons aujourd’hui le début de l’Évangile de Jean. Dans ce prologue, il nous parle de Jean, pas l’évangéliste mais celui qui a baptisé Jésus, un de ses cousins. On le connaît mieux sous le nom de Jean-Baptiste. Pendant ce temps de l’Avent, ce personnage est important parce que sa mission durant sa vie a été de préparer la venue de Jésus. Si Marie l’a porté neuf mois en elle, Jean-Baptiste a parlé beaucoup du Messie pour permettre aux juifs qui l’écoutaient de bien le recevoir quand il se ferait connaître.

Que nous dit-on de Jean-Baptiste ?
C’est un « envoyé de Dieu », on peut dire aussi un prophète. Son prénom Jean signifie Dieu fait grâce.
L’évangéliste nous en parle comme d’un témoin. Il paiera de sa vie son zèle et son courage puisqu’il sera décapité par Hérode. Enfin, son rôle est de rendre témoignage à la Lumière c’est-à-dire au Christ. Autrement dit, il est un peu comme la lune qui reflète la lumière du soleil mais il ne dégage par lui-même aucune lumière.

En dialogue avec les prêtres et les lévites
Jean-Baptiste a un comportement et un discours différents des prêtres qui officient au Temple ; il est normal qu’il soit sollicité pour s’expliquer. Son style ressemble à celui d’Elie, fougueux, radical. Il se présente de façon un peu énigmatique comme « la voix qui crie dans le désert ». C’est une référence au livre d’Isaïe dans l’Ancien Testament. Que veut-il dire ? Ce n’est pas lui qui est important, c’est celui qu’il désigne. Il est comme un poteau indicateur qui indique la bonne route. On le consulte, certes, mais on prend la route, on ne s’y arrête pas. C’est la route qui est importante. Jean-Baptiste est la voix. Ailleurs, il se présente comme l’ami de l’époux. Toujours en relation avec Jésus, à sa juste place.
Baptême d’eau ?
Attention, le baptême proposé par Jean-Baptiste est un baptême de conversion, de purification. Il invite à un changement de vie, à un profond désir de réorienter sa vie pour suivre le chemin de Dieu. Le baptême chrétien englobe aussi cette réalité.

Pour actualiser…
La figure de Jean-Baptiste est un bon exemple de ce qu’est un missionnaire. Il ne se met pas en avant mais il honore le Christ, il est au service de Dieu. Jean-Joseph Allemand conseillait aux jeunes de l’Œuvre de ne vouloir compter pour rien. Manière de dire que si nous accomplissons des choses, si nous apportons nos compétences au service du Christ, au service de l’Œuvre, ce qui compte véritablement c’est que les jeunes soient mis en contact avec le Christ. S’ils nous oublient, ce n’est pas bien grave mais le plus important est que chaque jeune réalise combien il est aimé de Dieu. C’est cela être missionnaire à la manière de Jean-Baptiste ou de Jean-Joseph Allemand. Agir non pas d’abord pour se faire aimer mais pour que Dieu soit connu et aimé.

Didier Rocca

Le mot du jour : Jourdain

Le Jourdain est un fleuve du Moyen-Orient, qui a donné son nom à la Jordanie. Du mont Hermon au Nord à la mer Morte au Sud, le Jourdain s’écoule sur 360 km et sa vallée est la plus basse du monde puisqu’il rejoint la mer Morte à l’altitude de – 421 m sous le niveau des océans. Le peuple hébreu est arrivé en Terre Promise en traversant le Jourdain. Aujourd’hui, le Jourdain est une frontière entre Israël-Palestine et la Jordanie. C’est dans le Jourdain que Jean-Baptiste baptisait. Aujourd’hui, c’est la plus grande réserve d’eau douce dans la région..

2020-11-17T12:02:47+01:00

Camp d’automne 2020 > les Benjamins

Les Benjamins à Carabelle

Jour 1 : Les benjamins sont arrivés à Carabelle, sans encombre. Ils se sont installés dans la maison tranquillement. Ils ont ensuite fait un jeu commun avec les KD’s où ils ont rencontrés des couleurs, rougette, verdettes, orangette et bleuette qui cherchaient a se faire de nouveaux amis. Le soir les BJ’s ont fait la connaissance de la Belle et le Clochard qui en avait marre de manger des pâtes bolo ! Ils se sont ensuite endormis paisiblement.

Jour 2 : Deux sœurs siamoises cherchaient de nouveaux compagnons, elles les ont répartis en binômes pour qu’ils apprennent le plus possible de leur coéquipier. L’après-midi ils ont fait la rencontre d’un fermier qui se faisait voler de la nourriture par un mal autrui, finalement ils sont trouvé un compromis grâce a l’aide de nos petits. Le soir 2 pêcheurs, Piéro et Stéphane, qui sont venus chercher de l’aide pour attraper une baleine blanche, ils ont donc testé leurs nouveaux matelots. Apres cette virée en mer ils se sont coucher des étoiles pleins les yeux.

Jour 3 : Les BJ’s ont commencé la journée en rencontrant deux des Totally Spies, Alex et Clover. Elles leur ont alors donné des missions pour élire les nouveaux constructeurs de gadgets. Apres un repas bien mérité, ils ont aidé Scoody et Samy a jouer au enquêteurs, ces derniers sont repartis bien contents et les petits aussi ! Pour compléter cette journée, deux fous nous ont embarqué dans leur bataille aux sifflets dans l’asile de Carabelle. Malheureusement, l’orage a mis fin très rapidement à cette belle bataille. Les fous nous on alors raconté comment ils avaient perdu la tête. Apres une riche journée en émotions, nos petits benjamins sont allée se coucher pour pouvoir êtres en forme pour le lendemain

Jour 4 : Hier, Lili et Paulo ont présenté aux BJ’s leurs idoles du moment : Claude François, Barry Gibb, Jacky des Jackons 5, Björn et Agnetha de Abba. Les enfants les ont alors aider a les départager pour savoir qui est la meilleure star. Si l’équipe de Barry a gagné haut la main, ils ont tous pu défilé sur le grand tapis rouge de la cérémonie du Vinyle d’or. Enfin, après un bon burger, les Bj’s ont danser toute la nuit avec les stars du disco.

Jour 5 : Apres une bonne nuit de sommeil, les benjamins ont pris un bon petit déjeuner pour attaquer sur une bonne journée.

Par la suite les JKD sont arrivé à Carabelle. Apres manger tous les deux groupe mélangé ont fait la connaissance de quatre scientifique, Stephane, Cassandra, Benoi et Jaqui qui chercher un vaccin crontre le CRAVID-39 qui transformer ses victimes en zombies. Mais ils n’ont pas reussis a trouver le vaccin et les zombies ont pris le dessus sur la population de Carabelle. Les benjamins et les jeunes cadets ont pris un goûter bien mérité, les Benjamins ont pris la route en direction de Marseille qui a mis fin à ce camp incroyable.

Antoni et Clémentine

2020-11-08T11:15:27+01:00

Camp d’automne 2020 > les Jeunes Cadets

Les Jeunes Cadets à Carabelle

En ce moi d’octobre, 30 petits Jeunes Cadets sont partis ensemble pour de nouvelles aventures, muni de 8 animateurs pour les accompagner. La bonne humeur régnait dans la maison durant ces 5 jours pendant lesquels ils ont appris à se connaître les uns les autres. Les nombreuses aventures qu’ils ont vécu rythmaient leurs journées dans la joie de vivre. Ils rencontrèrent des scientifiques, des peintres, des lapins qui devaient fuir  les chasseurs,Patrick et Fatima les vendeurs d’IKEA, les marsupilamis et les siamoises. Ils ont aussi participé à une classe verte avec des élèves pas communs comme Kirikou le plus petit, Grue et son grand nez, professeur Xavier qui est en fauteuil roulant, Avrel le plus grand, Obelix le plus enrobé, Popaye le plus fort, et Axel et Andrea les jumeaux, qui leurs ont démontrer que « de la différence née la richesse » et qu’il ne fallait pas s’arrêter au physique mais qu’il fallait apprendre à le voir comme un avantage pour pouvoir en tirer partie. Grâces à toutes ces rencontres, ils ont appris à être solidaires les uns avec les autres, et à s’accepter malgré les physiques différents.

Cher JKD’s nous vous invitons à venir au prochain camp pour apprendre encore beaucoup de choses tout en s’amusant.

Jeanne Bossy et Carole Zeytoune

2020-11-08T11:29:58+01:00

Camp d’automne 2020 > les Cadets

Les Cadets à Carabelle

Dans les eaux de 14 heures, c’est le départ des KD’s pour Carabelle. Pleins d’énergie, voyage sans encombre et riche en musique. Une arrivée exaltante dans la nouvelle Carabelle (je vous rassure le soleil est resté). Pas de repos pour les Cadets qui, après avoir déchargé les valises enchaînèrent avec la mise en place des règles de vies en groupe. Requinqués après le repas, ils eurent la visite du drôle de professeur Douferchmiste et sa rocambolesque création : Bobby. Enfin, le repos est de mise mais le lendemain ils repartent de plus belle ! Dès le premier réveil à Carabelle, les KD’s ont à peine eu le temps de déjeuner que deux rappeurs américains testèrent leur potentiel de superstar. Rien de mieux qu’un repas concocté par Béa et Robert pour reprendre des forces ! Après le cassage de ventre, trois cuistots vinrent en quête de jeunes recrues. Dimanche oblige, c’était la messe pour les KD’s. Après le repas, les braqueurs de la casa de papel nous ont entraînés à démasquer leurs confrères. Une fois de plus, le soleil accompagne cette nouvelle journée, entamée par l’entrée en scène de deux vétérans agents secrets du sud de la france, agent Michel et agent Doumé, qui nous ont appris les rudiments de l’espionnage. Après le repas, Mikey etLili, humains arrivant des années 2080, nous ont préparés au futur dystopique qui nous attends. Après le goûter, douche et temps libre, où a lieu un mouvementé tournoi de volley. Un dénommé Pedro surgît dans notre demeure après le dîner, et nous a montré un avant goût de la guérilla. Après une nuit de sommeil, les Cadets sont réveillés distinctement par des assassins révolutionnaires et des templiers pratiquant l’oligarchie. Au cours de la journée, les équipes des assassins et des templiers n’ont cessé de s’affronter, jusqu’à ce que les templiers se résignent à abdiquer. Seulement, une liaison entre un assassin et un templier a chamboulé la cohabitation entre les anciens ennemis, et le sceptre marquant cette union fut volé. Tout est bien qui finit bien, la journée fut clôturée par une fête d’exception. Après une journée particulièrement éreintante, c’est le jour du départ. Valises fermées, chambres vides, les KD’s déjeunent paisiblement et passent au rangement/lavement de la maison, puis au bilan du camp. Maison comme neuve, nos cordons bleus Béa et Robert sont toujours là pour nous remplir la panse. Après le repas, les KD’s et BJ’s se sont réunis pour accueillir Bleuette, Rougette, Orangette et Verdette, qui cherchaient de la compagnie. Après le goûter c’est les souvenirs pleins la tête que les Cadets rentrent à Marseille laissant la place aux Benjamins.

Nayef

2020-11-08T11:24:10+01:00

Camp d’automne 2020 > les Grands Cadets

Les Grands Cadets à la Brégonnière

Bilan du camp de toussaint, 11 h 46 :

« Bon les gars il en faudrait deux ou trois pour faire le rétro »

*Trois mains se lèvent*

« Aller, c’est carré »

– Vendredi midi, les « Grands Cadets » débarquent dans une maison qu’ils ont prit pour Versailles, faut croire que l’interrupteur ne va que dans un sens pour eux. Après un voyage qui fait mal à l’arrière train, il entament donc ce camp à la maison de la Brégonnière, alias « le labyrinthe ». Le groupe prend vite ses marques et instaure son petit rituel : après une lutte acharnée pour savoir qui aurait les fauteuils, de caler devant le feu jusqu’à ne plus supporter la fumée dans la pièce. En prenant exemple sur les vieux qui faisaient leur rando le matin, ils ont su faire attention à leur ligne avec les jeux qu’ils avaient préparé et le sport dirigé par Stan et Maya au 5/7. Le dimanche, ils sont allé faire un petit coucou à Carabelle aux Benjamins et Jeunes Cadets et ont célébré la messe en leur compagnie. La joie et la bonne humeur ont rythmé le séjour malgré les nuages qui étaient au rendez vous. En tout cas, la bouffe était bonne et l’eau était chaude ;). 

« Pour ma part, j’trouve que l’écoute ça a vachement progressé, c’est bien les Grands Cadets ! »

*sourires*

« Et sinon, une phrase pour conclure ce camp? »

– La forêt c’est du parquet 🙂

Clémentine, Estelle et Clothilde

2020-11-08T11:27:36+01:00