Si Dieu est amour et tout puissant, comment se fait-il qu’il y ait autant de mal dans le monde ? Combien d’innocents souffrent alors que des personnes qui commettent le mal se portent bien ? Pourquoi tant d’injustices et de catastrophes naturelles qui touchent des personnes qui n’ont pas mérité tous ces malheurs ? Pourquoi Dieu laisse-t-il faire ? Dieu veut-il que nous souffrions ? Ces questions sont fréquentes lorsque l’on aborde la question de Dieu.
Dieu est amour
On dit que Dieu est amour. Mais en quoi l’amour est-il efficace ? Peut-il agir sur les événements ? Est-ce que l’amour immense que les parents portent à leurs enfants va empêcher ces derniers de vivre des épreuves, de faire des erreurs ou d’être malades ? Par contre l’amour des parents peut accompagner un enfant qui souffre, qui a peur ou fait fausse route : il rassure, il encourage. Mais il ne remplace pas les soins et les médicaments. L’amour agit dans les cœurs, il donne de l’énergie, il est puissant, mais sans avoir une efficacité matérielle directe. Il en va de même pour Dieu. Son amour peut être sans limite mais il n’est pas magique et il n’agit pas directement sur les évènements. Par contre l’amour nous aide à vivre les événements et à tenir dans les épreuves, il nous accompagne dans les étapes de notre vie pour que nous restions ouverts aux autres et confiants dans l’avenir.
Dieu et la liberté
L’action de Dieu dans nos cœurs ne peut aller à l’encontre de notre liberté. Malgré tout ce que nous pouvons entendre du désir d’amour de Dieu pour l’humanité, notre libre arbitre est lui aussi tout-puissant. Dieu ne peut pas contraindre les hommes à être bons et justes, il ne peut empêcher les conflits et les mauvais choix. Nous ne sommes pas des marionnettes dans les mains de Dieu. Nous avons beau savoir ce qui est juste, bon et vrai, parfois nous n’arrivons pas à faire le bien que nous savons devoir faire, que ce soit par facilité, par aveuglement, par dépit. L’action de Dieu n’est pas toute-puissante puisqu’elle se heurte à notre propre liberté. La mission des croyants, c’est de travailler à ce que le message religieux rencontre la conscience de l’humanité et que les femmes et les homme adhèrent librement à cette proposition d’amour et de fraternité. Nous devons nous laisser nous-même travailler par cette Bonne Nouvelle afin qu’elle grandisse en nous et que nous soyons des témoins de cette action de Dieu dans nos cœurs ; ainsi nous serons capables, avec nos faiblesses et nos limites, d’annoncer le projet de Dieu et d’accompagner la marche de Dieu à la rencontre de tous.
Dieu tout-puissant
La puissance de Dieu, si elle est puissance d’amour, a une efficacité qui n’est pas de l’ordre de la magie, mais qui agit intérieurement dans le cœur des femmes et des hommes. La puissance de cet amour ne réside pas dans une efficacité directe sur ce qui nous entoure. L’amour de Dieu est tout-puissant parce que rien ne peut l’empêcher de nous aimer et de nous considérer comme ses enfants. Rien ne peut l’empêcher d’être présent dans nos cœurs et de nous nourrir de l’intérieur, avec une limite cependant : notre liberté qui peut le refuser. Si l’amour de Dieu est tout-puissant, cela veut dire que le mal ne peut pas gagner contre lui. Dieu continue de nous aimer même si nous ne sommes pas aimables, sinon cela voudrait dire que son amour serait relatif à nos actions, bonnes ou mauvaises ; nous serions dans une logique de mérite et de rétribution, et Dieu ne serait pas tout-puissant en amour puisque notre mal pourrait l’empêcher de nous aimer. Dire que Dieu est tout-puissant, cela veut dire qu’il aime de manière inconditionnelle. Il ne cautionne pas le mal ni nos mauvaises actions, mais sa manière de combattre la mal, c’est de continuer à aimer, toujours plus, surtout lorsque le mal est grand. La vie et les attitudes du Christ illustrent cela de manière magistrale.
Parler de Dieu…
Si les gens sont critiques par rapport à la religion et à l’action de Dieu, c’est peut-être à cause de notre manière de parler de Dieu. Notre façon d’exprimer notre foi est parfois maladroite et peut laisser croire que nous parlons d’une puissance matérielle et magique lorsque nous parlons de l’amour de Dieu tout-puissant ou de l’efficacité de la prière. On comprend que les gens puissent être déçus si on leur a « vendu » un Dieu magique et que ça n’a « marché » pas comme promis. Les miracles bibliques ne doivent pas être interprétés comme des actes magiques qui seraient une preuve irréfutable de la puissance de Dieu, mais comme des signes de l’amour de Dieu qui est sensible aux détresses des hommes et qui vient combattre le mal. Ils ont une portée symbolique plus qu’historique ou journalistique. Le message d’amour et de puissance d’action contre le mal est vrai, même si la manière de l’exprimer est parabolique et ne doit pas être prise au pied de la lettre.
Olivier