Olivier

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Édito novembre 2026 > Les bienfaits de la révolte

La jeunesse se révolte, exprime son malaise et demande des changements profonds. Nous n’avions pas vu venir ce mouvement et nous pouvons en être surpris, mais comment ne pas comprendre l’inquiétude et la colère de jeunes qui grandissent dans un monde violent, où les sujets de préoccupation sont nombreux : sociaux, politiques, climatiques, éducatifs ? Dans ce contexte anxiogène, ils nous rappellent les véritables enjeux, et leur cri entre en résonance, me semble-t-il, avec ce que nous avons entendu dans la bouche du pape Léon lors de sa visite en France à la fin du mois de septembre : la solidarité, l’éducation, le bien commun, la sauvegarde du vivant, la santé, le souci des pauvres et des petits.

Les bienfaits de la révolte
Par « révolte », je n’entends ni la haine ni la violence, mais le refus de se résigner devant l’injustice : une indignation qui cherche à construire plutôt qu’à détruire. Entendue ainsi, elle n’a rien d’une menace. Elle peut être, pour la société comme pour l’Église, un véritable bienfait. Il faut savoir s’insurger, dénoncer les injustices, exprimer ce qui ne nous convient pas et vouloir changer les choses. C’est bon signe que les gens, et les jeunes en particulier, revendiquent et s’engagent pour changer le monde. On pourrait même dire que le véritable drame, c’est lorsque l’on ne peut pas se révolter, à cause de contraintes extérieures, en particulier sous des régimes totalitaires, ou par fatalisme ou défaitisme. Les chrétiens devraient se souvenir que le message religieux qui nous fait vivre se fonde sur une parole de révolte : Jésus était un homme libre qui a eu le courage d’exprimer des choses qui dérangeaient les pouvoirs politiques et religieux de son temps et qu’il en a payé le prix fort. Il nous a montré ce que c’était que la véritable liberté, il a su ruer dans les brancards et poser des paroles et des gestes révolutionnaires constructifs. Il nous ouvre le chemin et nous invite à être nous aussi libres et capables de nous engager.

Les sujets de révolte
Les sujets d’indignation ne manquent pas et ne doivent pas être conditionnés à des idéologies, à des a priori partisans, ou à la peur de déplaire. On peut s’étonner qu’il n’y ait pas plus de réactions face aux conditions indignes dans lesquelles les jeunes étudient, et qu’il faille que les jeunes descendent dans la rue, et se privent de leur temps d’études, pour trouver des solutions alors que les difficultés ne sont pas nouvelles et sont connues. On peut s’étonner que les jeunes ne réagissent pas clairement contre la présence de casseurs dans leurs cortèges ou leurs blocus et qu’ils n’expriment pas radicalement leur désapprobation de cette violence qui décrédibilise leur mouvement. On peut s’étonner que les pouvoirs publics et les responsables de l’État semblent accepter ou justifier les témoignages de violences policières à l’encontre de la jeunesse de France alors qu’ils doivent être garants de l’ordre et donc exemplaires sur cette question de la violence. On peut s’étonner que la jeunesse soit malmenée et négligée alors que les jeunes sont les adultes de demain et que ce sont eux qui vont écrire notre histoire future. On peut s’étonner que des manifestants pacifistes soient gazés ou violentés injustement par ceux-là mêmes qui sont là pour les protéger, ce dont témoignent beaucoup de jeunes et d’adultes qui les ont accompagnés ces dernières semaines. On peut s’étonner de constater que dans notre beau pays, modèle de démocratie, il n’y a pas une véritable culture du dialogue et de la négociation pacifique.

Savoir se révolter
Au lieu de réfréner la révolte, je nous invite à la faire grandir. Révoltons-nous contre ceux qui n’entendent pas le cri de la jeunesse et son mal-être : la santé mentale des jeunes est un enjeu majeur qui grandit depuis des années, il nous faut nous poser les bonnes questions pour trouver les bonnes réponses. Révoltons-nous contre les systèmes qui ne cherchent que le profit, sans prendre en compte les personnes et les conséquences de choix égoïstes, aberrants et mortifères. Révoltons-nous contre ceux qui instrumentalisent les peurs et les inquiétudes légitimes avec des intentions électoralistes et un cynisme égoïste. Révoltons-nous contre ceux qui nous font croire que la violence est une solution et les clivages inévitables ; ils ne cherchent pas notre bien mais le chaos. Révoltons-nous contre les prophètes de malheur qui nous font croire que tout est fichu et que c’est la fin du monde ; ils nous poussent à devenir résignés et aigris, ils nous empêchent de nous engager pour que les choses changent. Révoltons-nous contre ceux qui nous disent que la paix, la liberté, la solidarité, la fraternité, l’égalité, ne sont que des idéologies enfantines et irréalistes.

Savoir s’engager
Se révolter, ce n’est pas seulement s’exprimer, c’est aussi s’engager. Une indignation qui ne se traduit pas en actes finit par s’épuiser, et l’amertume prend la place de l’espérance. Nous ne sommes pas tous appelés à de grandes responsabilités, mais chacun peut apporter sa pierre à l’édifice, à sa mesure : prendre le temps d’écouter un jeune qui va mal et l’aider à trouver du soutien, rejoindre une association, une paroisse ou un mouvement qui sert les plus fragiles, refuser autour de soi la violence des mots comme celle des gestes, interpeller ceux qui ont le pouvoir d’améliorer les conditions de vie des jeunes. Ces gestes paraissent modestes, mais ils sont la manière la plus sûre de rendre la révolte féconde. Pour nous chrétiens, ils s’enracinent dans une espérance : celle du Christ, qui n’a jamais accepté l’injustice ni répondu à la haine par la haine, et qui nous ouvre un chemin de vie. Un monde plus juste et plus fraternel n’est pas une illusion enfantine, mais une promesse à laquelle nous sommes invités à travailler. Ne nous laissons donc ni happer par le défaitisme, ni enfermer dans le repli sur nous-mêmes : inventons ensemble notre manière de nous engager et de rendre ce monde plus juste et fraternel.

Olivier

2026-10-13T14:20:36+02:00

Lettre du Villard – Octobre 2026

Le 15 octobre 2026

Bien cher ami,
Vous avez donc, nous écrivez-vous, été profondément ému par la veillée des jeunes avec le Pape au Stade de France et vous relevez que ce moment exceptionnel n’a pas fait l’objet de beaucoup de commentaires dans les médias généralistes. Vous vous demandez si le rappel voulu, paraît-il, par le Vatican, de l’imprégnation chrétienne du pays et l’ostension des reliques de saints français n’était pas un peu à contre-courant de l’esprit qui souffle en France. « Avouez, dit Mimiquet, alors que je parlais de votre lettre à nos amis du Villard, que le tour de stade des reliques faisait un peu patronage. » « C’est votre avis, coupa Poulenc, mais j’ai partagé l’émotion de notre ami et j’ai été heureux qu’on rappelle à la jeunesse les vertus de ce qui fait que leur croyance est de celles qui font accéder au meilleur de ce que permet la nature humaine. » « Je comprends aussi, glissa Béraud, qu’on soit aujourd’hui prudent lorsqu’on invoque les racines d’une nation ; je ne suis pas convaincu que ce soit dangereux en soi, mais on sait que d’aucuns peuvent en tirer des conséquences qui dévient de la raison originelle de les invoquer. » « En d’autres temps, intervint Gastinel, on devait avoir moins d’arrière-pensées ; je vous dis cela parce que je viens de retrouver dans ma bibliothèque un exemplaire du Tour de la France par deux enfants1 qui fut un manuel de lecture courante pour les élèves de cours moyen de l’école publique et, ma foi, l’exaltation du sentiment national n’était pas alors mise sous le boisseau. » Béraud a rappelé qu’il fallait replacer ce livre dans le contexte de l’époque, car, dans l’Europe entière, les États qui accédaient à une nouvelle ère avaient besoin d’écrire ce qu’on appelle aujourd’hui un roman national ; Le Tour de France se proposait de redonner confiance à un pays marqué par la défaite de 1870, mais ce fut aussi le cas en Italie avec Cuore de Edmondo de Amicis2, présenté comme le journal d’un écolier italien et qui s’inscrivait dans le contexte de la récente unité italienne. La démarche fut la même avec Le Merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède3 en 1906, qui venait après la séparation des royaumes de Norvège et de Suède en 1905. Et, sans doute, d’autres livres furent-ils écrits dans le même but en d’autres pays. « Ma foi, glissa Mimiquet, ces histoires sont sans doute charmantes, mais j’aimerais être bien certain que ce n’est pas l’exaltation de tous ces sentiments nationaux qui a contribué à pousser des irresponsables à la guerre de 14… » – « … dont sont venus tous nos maux, coupa Poulenc, car c’est à partir de là que l’Europe qui exerçait une prépondérance sur la marche du monde a perdu la main. » « Peut-être aussi, glissa Gastinel, les bolcheviks y ont-ils un peu aidé en dynamitant les assises des empires coloniaux à partir des années 20… » « Ne soyez pas trop généreux envers eux, reprit Poulenc, car vous dévaloriseriez alors la sincérité de la volonté d’émancipation de nations, comme l’Inde, qui étaient assujetties à l’Europe. »
Nous sommes revenus sur une autre de vos interrogations relative au grand nombre de jeunes adultes qui ont été récemment baptisés et dont il a, en revanche, été amplement question lors de la venue du Pape ; vous vous demandez ce qu’ils vont devenir, lorsque, passée l’exaltation du baptême, ils retrouveront des communautés ou des paroisses qui, d’après vos observations, qui recoupent les miennes, ne paraissent pas toujours penser à les accompagner de façon spécifique. « Sera-ce un feu de paille ? » écrivez-vous « ou bien vivaient-ils déjà en chrétiens, mais alors pourquoi ce baptême ? » Mimiquet trouve qu’on fait beaucoup d’histoire et qu’à partir du moment où on vit selon l’exemple du Christ, on est chrétien sans avoir à s’astreindre à une pratique religieuse ni à s’imprégner des dogmes. « Halte là, mon ami, dit Béraud. Ton propos sent le fagot4 car l’expérience des saints et des mystiques dont il a été question au Stade de France me fait douter que le christianisme se réduise à être une simple expression de la fraternité. Mais je te conseille d’inviter à déjeuner l’abbé Pic avec qui tu as usé tes fonds de culottes sur les bancs de notre chapelle pour qu’il te rappelle quelques vérités, ce que je ne me crois pas autorisé à faire. »
« Et vous croyez, lança Gastinel, que, dans un autre domaine qui nous touche tout autant, ceux qui lancent des idées farfelues au sujet du budget que le gouvernement prépare sont vraiment autorisés à le faire ? Je dirai à leur décharge que leurs préoccupations ne sont sans doute pas de parvenir à un budget qui réponde aux besoins du pays, mais aux fantasmes de leurs électeurs ; pendant ce temps, la dette prospère et grignote, que dis-je, dévore toutes les capacités d’action. En voulez-vous une preuve ? » Et, sortant son smartphone, il nous montra, sur le site « Horloge de la dette publique », qu’en deux minutes elle avait augmenté de… 726 776 €. « Autrement dit, lorsque notre ami arrivera au Villard dans 10 jours, elle aura progressé, sans nouvel emprunt, de 10 fois 523 278 720 €, et je vous fais cadeau des intérêts composés. » « Au sujet de son arrivée au Villard, me lança Mimiquet, demandez-lui s’il est toujours d’accord pour que je replante quelques pieds de spirée5 pour regarnir sa haie. »
Eh oui ! Dans dix jours seulement, vous devez être parmi nous dans notre bout du monde ! Soyez gentil de me confirmer l’heure de votre arrivée pour que je mette le chauffage en marche à temps, car il commence à faire frais. Peut-être même accepterez-vous un plat de ravioles que ma femme sera heureuse de vous préparer.
Nous vous souhaitons bon voyage et vous redisons notre joie de vous revoir bientôt.

P. Deladret

  1. Le Tour de la France par deux enfants d’Augustine Fouillée-Tuillerie, connue sous le pseudonyme de Bruno, édité à partir de 1877, il a connu plus de 500 éditions et a été vendu à plus de 8 500 000 exemplaires.
  2. Cuore, en français le Livre-cœur, paru en 1886.
  3. L’auteur en est Selma Lagerlöf, prix Nobel de littérature en 1909.
  4. En référence aux fagots de bois dont était fait le bûcher sur lequel on brûlait les hérétiques.
  5. Spirée : arbuste buissonnant.
2026-10-13T14:24:39+02:00

L’Évangile du mois de novembre 2026

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu

Jésus, prenant la parole, leur parla de nouveau en paraboles, et il dit : « Car il en est comme d’un homme qui, partant pour un voyage, appela ses serviteurs et leur remit ses biens. À l’un il donna cinq talents, à un autre deux, à un autre un, à chacun selon sa capacité, et il partit en voyage. Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla les faire valoir, et il en gagna cinq autres. De la même manière, celui qui en avait reçu deux, en gagna lui aussi deux autres. Mais celui qui en avait reçu un s’en alla faire un trou en terre, et il y cacha l’argent de son maître. Longtemps après, le maître de ces serviteurs revient et leur fait rendre compte. S’avançant, celui qui avait reçu les cinq talents en présenta cinq autres, en disant : « Maître, vous m’aviez remis cinq talents ; voici cinq autres talents que j’ai gagnés. »
Son maître lui dit : « Bien, serviteur bon et fidèle ; en peu tu as été fidèle, je te préposerai à beaucoup ; entre dans la joie de ton maître. » S’avançant aussi, celui qui en avait reçu deux dit : « Maître, vous m’aviez remis deux talents ; voici deux autres talents que j’ai gagnés. « Son maître lui dit : « Bien, serviteur bon et fidèle, en peu tu as été fidèle, je te préposerai à beaucoup ; entre dans la joie de ton maître. » S’avançant aussi, celui qui avait reçu un talent dit : « Maître, j’ai connu que vous êtes un homme dur, qui moissonnez où vous n’avez pas semé, et recueillez où vous n’avez pas répandu. J’ai eu peur, et je suis allé cacher votre talent dans la terre ; le voici, vous avec ce qui est à vous. » Son maître lui répondit : « Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne où je n’ai pas semé, et que je recueille où je n’ai pas répandu ; il te fallait donc porter mon argent aux banquiers, et, à mon retour, j’aurais repris ce qui est mien avec un intérêt. Ôtez-lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a les dix talents. Car on donnera à celui qui a, quel qu’il soit, et il y aura (pour lui) surabondance ; mais à celui qui n’a pas, on lui ôtera même ce qu’il a. Et ce serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres extérieures : là il y aura les pleurs et le grincement de dents. »

Le contexte
Le passage précédent, le discours sur le jugement à la fin des temps, avait déjà orienté les regards des croyants non vers une attente de signes catastrophiques extérieurs, mais vers la foi persévérante des communautés chrétiennes. La parabole précédente illustrait cet avènement par une rencontre déterminante entre l’époux et les jeunes filles, pouvant survenir chaque jour et chaque nuit. La parabole invitait à veiller, à entretenir la flamme pour ces noces de l’Alliance. La parabole des talents va encore plus loin. Elle met en scène des serviteurs attendant le retour de leur maître, nous rappelant un verset précédant louant la fidélité du serviteur fidèle et sensé à qui le maître a confié la charge des gens de sa maison. Durant son absence, chacun sera invité, non à entretenir, garder, préserver, mais à faire croître, à multiplier, à faire grandir.

Quelques éléments qui pourront t’aider
Impossible de considérer cette parabole sans commencer par la fin. Pauvre homme qui non seulement n’a pas reçu beaucoup de talents, un seul, de la part de Dieu et qui en plus se le voit enlever. Sans parler de la colère divine qui lui tombe dessus. Cette première lecture n’est évidemment pas suffisante.
Tout d’abord, prenons garde de ne pas comparer le nombre de talents reçus. Dieu donne à chacun « selon ses capacités ». Tout le monde ne reçoit pas de la même manière. Cela est de nature à nous rassurer, l’enjeu n’est pas de se culpabiliser de nos insuffisances mais d’entrer dans le projet de Dieu qui se résume ainsi : Entrer dans sa joie ou partager sa Vie.

Deux attitudes, à toi de choisir…
Soit reconnaitre les dons que Dieu nous fait et tout faire pour mériter la confiance de Dieu sans oublier que les dons, les talents, l’amour de Dieu précèdent toujours nos efforts, notre désir de l’aimer. Soit ne voir que le don en oubliant cette confiance inouïe du donateur et s’attacher à le sauvegarder sans risque, sans joie, dans la crainte qui paralyse toute initiative.

Reste la phrase terrible de la fin… 
« Mais celui qui n’a rien se fera enlever même ce qu’il a »
Elle signifie que celui qui ne veut pas participer à cette dynamique de don et de confiance entre, parce qu’il le veut et non à cause de Dieu, dans une autre dynamique ou spirale, celle de la peur et de la méfiance. Refusant la joie, refusant celui de qui vient les talents, c’est comme s’il les avait perdus.
Dans la vie courante, on connait bien des personnes qui savent se réjouir de ce qu’elles possèdent matériellement et humainement et qui partagent des dons. D’autres au contraire trop souvent dans la plainte et la peur, se renferment sur elle-même et en viennent à oublier les dons reçus…

Didier Rocca

2026-10-13T14:22:57+02:00

Lettre du Villard – Septembre 2026

Le 15 septembre 2026

Bien cher ami,
Nous sommes heureux d’apprendre que vous avez retrouvé la vie à laquelle vous aspiriez et que votre réinsertion dans votre milieu de travail a été plus aisée que ce que vous redoutiez. Alors qu’avec les amis du Villard nous parlions de votre lettre en parcourant les journaux à l’heure du café, Beraud a remarqué : « Ce qui prouve bien que le pire n’est jamais certain. » Mimiquet, qui était venu nous apporter quelques sanguins1 cueillis dans un sous-bois de lui seul connu, s’est demandé d’où venait cette formule. Gastinel nous a un peu étonnés en déclarant tout à trac qu’elle était le sous-titre du Soulier de satin, de Claudel2. Beraud nous a encore plus stupéfaits en nuançant et précisant que le sous-titre exact de cette pièce était Le pire n’est pas toujours sûr, ce qui n’a pas tout à fait le même sens, mais, a-t-il ajouté, la formule est bien plus ancienne puisque Calderon3 a appelé une de ses comédies : Le pire n’est pas toujours certain. Mimiquet, qui n’appréciait pas outre mesure cette joute byzantine4 les a interrompus en leur demandant si l’état de notre situation politique permettait de penser que le pire pouvait aujourd’hui ne pas être certain.
« Le fait est, remarqua Béraud, que, quels que soient les commentateurs, tout le monde se demande à quoi jouent ceux qui prétendent représenter un jour le pays ; disons qu’on feint de se le demander, car on comprend bien ce qui les motive, mais il est tout de même curieux que leurs entourages ne les modèrent pas. » « Ne pourrait-on pas, intervint Poulenc qui venait de sortir la tête de son journal, avancer, en grossissant les traits, que les partis dits de gouvernement préconisent de faire ce qu’ils n’ont pas voulu ou pu faire et que ceux qui n’ont jamais été aux affaires ne tirent de leurs chapeaux que des mesures non éprouvées ? » Gastinel lui a fait remarquer que certaines de ces mesures avaient été éprouvées : « Regardez, en décembre 1917, la Russie a répudié les dettes de l’Empire russe ; on n’épiloguera pas, n’est-ce pas ? Mais on ne peut dire qu’il n’y ait pas eu de précédent. Le tout est de savoir ce qui est susceptible de se passer après. Et là… Pochette surprise ! » « On peut bien se douter, continua Poulenc, que les causes qui ont conduit le pays devant l’Everest de dette qui le paralyse produiront les mêmes effets si notre modèle économique, social, culturel, éducatif , et j’en passe, reste inchangé. C’est pour cela qu’on aimerait bien savoir ce sur quoi il va falloir économiser, sauf à faire le choix d’une pression fiscale illimitée. Ce serait assez courageux de le dire. On ne manque pas d’idées, plus ou moins sérieuses, pour réduire la dette ou tirer un trait dessus, mais si nous n’infléchissons pas les priorités actuelles de notre société, si nous continuons de dépenser plus que la richesse que nous créons, la dette reprendra son cours et nous ramènera au point de départ. »
Gastinel avait dressé l’oreille à l’évocation du modèle éducatif français. « Voilà un domaine où on devrait pouvoir faire mieux avec moins ! » s’est-il exclamé ; « le classement PISA5 montre que notre système ne marche pas. L’effondrement ainsi mis en évidence pointe l’illettrisme croissant, particulièrement en France, des nouvelles générations. Et on ne peut se contenter de le commenter. Les bons esprits ne manquent pas d’en énumérer les causes, mais chacun les ordonne en fonction de ses intérêts ou de ses convictions ; on incrimine les enseignants, les parents, l’addiction aux écrans, etc. Soit, mais il suffit de s’intéresser au travail qui est demandé à un jeune enfant pour voir qu’on ne lui demande pas beaucoup d’effort, qu’on n’est pas très exigeant quant au résultat et qu’on l’invite à disperser son attention dans des disciplines qui ne sont pas fondamentales ». « On a l’impression, poursuivit Beraud, qu’on a progressivement mis en place, dans le but annoncé de n’exclure personne, un système tel que chacun ait un égal accès à toutes les étapes d’un cursus scolaire. Le corollaire, non prévu, ou non avoué, a été d’adapter le niveau d’exigence scolaire à un objectif politique. » Poulenc est moins pessimiste ; il pense qu’on voit à peu près quels correctifs pourraient être apportés, au vu de l’expérience des pays tels que le Canada ou la Suisse qui ne connaissent pas notre débandade. « Méfiez-vous, dit Béraud : toutes les “bonnes pratiques” comme on dit aujourd’hui, ne sont peut-être pas à transposer chez nous. Regarder à la fenêtre est bien, mais parfois dangereux… » Mimiquet glissa : « E pericoloso sporgersi ! comme on lisait autrefois sur les vitres des trains. » « Pourquoi pas, reprit Béraud, mais pensez-vous que notre société ait envie de se remettre sur pied ? Karl Marx a dit de la religion qu’elle était l’opium du peuple, mais ne pourrait-on pas en dire autant de la dette publique qui nous a anesthésiés ? Nous sommes tous des opiomanes, à commencer par nous, les retraités qui, pour reprendre l’image du Maître évoqué dans l’Évangile selon saint Matthieu6, moissonnons là où nous n’avons pas toujours assez semé. Et qui suscitons l’envie de catégories de plus jeunes dont la rémunération n’est pas toujours à la hauteur des espérances que leur avaient données des diplômes parfois dévalués. » « Puisque vous êtes au mieux avec Marx, poursuivit Gastinel, ne pensez-vous pas qu’aujourd’hui il pourrait pronostiquer que la lutte des générations prendra le pas sur la lutte des classes ? »
Nous aimerions bien connaître votre avis sur le sujet, vous qui êtes au contact des jeunes générations. À lire la presse, l’interrogation de Gastinel ne paraît pas sans objet, mais la distance modifie parfois les perspectives. Nous pourrons poursuivre la conversation lorsque vous viendrez au Villard pour la Toussaint. Espérons que le temps reste clément ! Les pluies du mois d’août ont fait retrouver aux prairies leur belle couleur printanière, alors même que les bouleaux blondissent. Nous vivons le printemps de l’automne !
Soyez assuré de nos pensées les plus cordiales.

P. Deladret

  1. Nom usuel du champignon lactaire sanguin.
  2. Pièce de théâtre de Paul Claudel, 1943.
  3. Calderon : dramaturge espagnol du XVIIe siècle.
  4. On qualifie parfois de « byzantine » une argumentation qui se perd en subtilités à l’image des controverses théologiques qui eurent lieu dans l’Empire byzantin.
  5. PISA : Programme International pour le Suivi des Acquis (des élèves).
  6. Matthieu 25-26..
2026-09-22T15:31:50+02:00

Édito octobre 2026 > Dieu et la question du mal

Si Dieu est amour et tout puissant, comment se fait-il qu’il y ait autant de mal dans le monde ? Combien d’innocents souffrent alors que des personnes qui commettent le mal se portent bien ? Pourquoi tant d’injustices et de catastrophes naturelles qui touchent des personnes qui n’ont pas mérité tous ces malheurs ? Pourquoi Dieu laisse-t-il faire ? Dieu veut-il que nous souffrions ? Ces questions sont fréquentes lorsque l’on aborde la question de Dieu.

Dieu est amour
On dit que Dieu est amour. Mais en quoi l’amour est-il efficace ? Peut-il agir sur les événements ? Est-ce que l’amour immense que les parents portent à leurs enfants va empêcher ces derniers de vivre des épreuves, de faire des erreurs ou d’être malades ? Par contre l’amour des parents peut accompagner un enfant qui souffre, qui a peur ou fait fausse route : il rassure, il encourage. Mais il ne remplace pas les soins et les médicaments. L’amour agit dans les cœurs, il donne de l’énergie, il est puissant, mais sans avoir une efficacité matérielle directe. Il en va de même pour Dieu. Son amour peut être sans limite mais il n’est pas magique et il n’agit pas directement sur les évènements. Par contre l’amour nous aide à vivre les événements et à tenir dans les épreuves, il nous accompagne dans les étapes de notre vie pour que nous restions ouverts aux autres et confiants dans l’avenir.

Dieu et la liberté
L’action de Dieu dans nos cœurs ne peut aller à l’encontre de notre liberté. Malgré tout ce que nous pouvons entendre du désir d’amour de Dieu pour l’humanité, notre libre arbitre est lui aussi tout-puissant. Dieu ne peut pas contraindre les hommes à être bons et justes, il ne peut empêcher les conflits et les mauvais choix. Nous ne sommes pas des marionnettes dans les mains de Dieu. Nous avons beau savoir ce qui est juste, bon et vrai, parfois nous n’arrivons pas à faire le bien que nous savons devoir faire, que ce soit par facilité, par aveuglement, par dépit. L’action de Dieu n’est pas toute-puissante puisqu’elle se heurte à notre propre liberté. La mission des croyants, c’est de travailler à ce que le message religieux rencontre la conscience de l’humanité et que les femmes et les homme adhèrent librement à cette proposition d’amour et de fraternité. Nous devons nous laisser nous-même travailler par cette Bonne Nouvelle afin qu’elle grandisse en nous et que nous soyons des témoins de cette action de Dieu dans nos cœurs ; ainsi nous serons capables, avec nos faiblesses et nos limites, d’annoncer le projet de Dieu et d’accompagner la marche de Dieu à la rencontre de tous.

Dieu tout-puissant
La puissance de Dieu, si elle est puissance d’amour, a une efficacité qui n’est pas de l’ordre de la magie, mais qui agit intérieurement dans le cœur des femmes et des hommes. La puissance de cet amour ne réside pas dans une efficacité directe sur ce qui nous entoure. L’amour de Dieu est tout-puissant parce que rien ne peut l’empêcher de nous aimer et de nous considérer comme ses enfants. Rien ne peut l’empêcher d’être présent dans nos cœurs et de nous nourrir de l’intérieur, avec une limite cependant : notre liberté qui peut le refuser. Si l’amour de Dieu est tout-puissant, cela veut dire que le mal ne peut pas gagner contre lui. Dieu continue de nous aimer même si nous ne sommes pas aimables, sinon cela voudrait dire que son amour serait relatif à nos actions, bonnes ou mauvaises ; nous serions dans une logique de mérite et de rétribution, et Dieu ne serait pas tout-puissant en amour puisque notre mal pourrait l’empêcher de nous aimer. Dire que Dieu est tout-puissant, cela veut dire qu’il aime de manière inconditionnelle. Il ne cautionne pas le mal ni nos mauvaises actions, mais sa manière de combattre la mal, c’est de continuer à aimer, toujours plus, surtout lorsque le mal est grand. La vie et les attitudes du Christ illustrent cela de manière magistrale.

Parler de Dieu…
Si les gens sont critiques par rapport à la religion et à l’action de Dieu, c’est peut-être à cause de notre manière de parler de Dieu. Notre façon d’exprimer notre foi est parfois maladroite et peut laisser croire que nous parlons d’une puissance matérielle et magique lorsque nous parlons de l’amour de Dieu tout-puissant ou de l’efficacité de la prière. On comprend que les gens puissent être déçus si on leur a « vendu » un Dieu magique et que ça n’a « marché » pas comme promis. Les miracles bibliques ne doivent pas être interprétés comme des actes magiques qui seraient une preuve irréfutable de la puissance de Dieu, mais comme des signes de l’amour de Dieu qui est sensible aux détresses des hommes et qui vient combattre le mal. Ils ont une portée symbolique plus qu’historique ou journalistique. Le message d’amour et de puissance d’action contre le mal est vrai, même si la manière de l’exprimer est parabolique et ne doit pas être prise au pied de la lettre.

Olivier

2026-09-22T15:28:12+02:00

L’Évangile du mois d’octobre 2026

L’Évangile du mois d’octobre qui sera lu le dimanche 11 octobre..

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu

Jésus, prenant la parole, leur parla de nouveau en paraboles, et il dit : « Le royaume des cieux est semblable à un roi qui fit les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs appeler ceux qui avaient été invités aux noces, et ils ne voulurent pas venir. Il envoya encore d’autres serviteurs, disant : “Dites aux invités : Voilà que j’ai préparé mon festin ; on a tué mes bœufs et mes animaux gras ; tout est prêt : venez aux noces.” Mais ils n’en tinrent pas compte, et ils s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son négoce ; et les autres se saisirent des serviteurs, les outragèrent et les tuèrent. Le roi entra en colère, envoya ses armées, extermina ces meurtriers et brûla leur ville. Alors il dit à ses serviteurs : “La noce est prête, mais les invités n’en étaient pas dignes. Allez donc aux carrefours des chemins, et tous ceux que vous trouverez, invitez-les aux noces.” Ces serviteurs sortirent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, mauvais et bons ; et la salle des noces fut remplie de convives. Le roi entra pour voir ceux qui étaient à table et il aperçut là un homme qui n’était point revêtu d’un habit de noce ; et il lui dit : “Ami, comment es-tu entré ici sans avoir un habit de noce ?” Et lui resta muet. Alors le roi dit aux servants : “Liez-lui pieds et mains, et jetez-le dans les ténèbres extérieures : là il y aura les pleurs et le grincement de dents. Car il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus.” »

Le contexte de cet Évangile
Ce passage de Matthieu ouvre la cinquième et dernière partie de son Évangile. Il ressaisit des discours de Jésus dans lesquelles le Christ évoque et précise la finalité de l’existence humaine, à savoir le Royaume, la vie éternelle. Tu remarqueras que la tonalité de ce passage est assez sombre, n’oublions pas que Jésus s’avance vers sa Passion.

Deux paraboles en une…
La première est celle de l’invitation au repas de noce. Cette noce ne représente pas un mariage humain mais l’alliance entre Dieu et l’humanité. C’est Israël qui est invité en premier et qui ne vient pas, usant de différents prétextes. Pire, certains tuent les serviteurs. Mais ce premier refus ne fera pas obstacle à la noce et va d’une certaine manière permettre l’entrée de tous les peuples dans la salle de noce et donc dans l’amitié avec Dieu. Cette parabole est une anticipation de ce qui se passe lorsque Paul annonce l’Évangile, il s’adresse à ses frères juifs puis, après avoir essuyé un refus, s’adresse aux non-juifs c’est à dire aux païens. Mais attention à ne prêter au peuple juif un rôle uniquement négatif, une parabole ne dit pas la totalité du message du Christ.

Les bons comme les mauvais
Tous sont invités, les mauvais comme les bons. Cette expression englobe ceux qui observent bien la Loi comme ceux qui la rejettent tels des mauvais païens, ceux qui manifestent de bonnes dispositions morales comme ceux qui font le mal. Tous sont invités. Le critère de jugement étant encore la réponse positive à cet appel à participer aux noces de l’époux. Et la salle est remplie de ces inconnus d’hier, la noce semble même plus réussie au regard du nombre des invités. Bonne Nouvelle, nous serons appelés mais saurons-nous répondre à cet appel ?

La deuxième…
Elle semble très dure. Mettre un homme dehors à cause de son habit, n’est-ce pas agir comme les pharisiens ? En fait, la pointe de cette parabole est dans la compréhension de la symbolique de la robe de noces, c’est la tenue de tous les baptisés. Le Christ attend de nous que nous la revêtions. Autrement dit, c’est faire un avec lui. C’est parler et surtout agir comme lui. Quand le roi lui demande : « Comment es-tu rentré ici sans avoir le vêtement de noce ? », il aurait dû répondre : « Je compte sur toi pour me le remettre. » La conclusion de cette parabole révèle notre difficulté à nous conformer au Christ. Elle ne dit pas que le Royaume de Dieu est l’aboutissement d’un parcours semé d’obstacles au cours duquel beaucoup chutent.

Didier Rocca

Le mot du mois : Les noces

Les noces est une des images choisies par Jésus pour expliquer ce qu’est le Royaume. Cette symbolique est souvent reprise dans la Bible. Par exemple dans le cantique des cantiques, l’amour de Dieu pour l’humanité est développé en termes d’amour conjugal.

2026-09-22T15:30:13+02:00

Camp été 2026 > les Benjamins

Les Benjamins à Larche

C’est avec ce grand camp que s’achève cette année bien remplie avec les Benjamins. Une année remplie de rires, de jeux et de rencontres. Pendant ce camps, les BJ’s accompagnés de leurs animateurs ont fait la rencontre de joueurs de foot célèbres, d’anciens astronautes, d’Alice et du chapelier fou, les trolls, 67,JUL et TK, les sirènes, Kirikou et Karaba la sorcière, les Pom’potes et pleins d’autres encore. Les journées étaient rythmées également par des activités, entre luge d’été, accrobranche, atelier cookies, peinture et baignade au plan d’eau de Jausiers, jamais le temps de s’ennuyer ! Nous avons également passé quelques soirée avec les JKD’s, le feu d’artifice, la demi-finale de la coupe du monde (soirée chargée en émotions ) et évidemment la BOOM !
Et sans oublier la team Scooby qui a suivi les BJ’s durant toute l’année avec toujours besoin de l’aide des Benjamins qui ont su résoudre une fois de plus le problème ! Deux semaines de fous rires, de « six seven », « en amont », « vous aussi ça vous arrive de… », 86, « pilé « , de logobi et de danses et bien évidemment de musique et quand on parle de chanson avec les BJ’s on pense directement à GEORGINA. C’est sur ces merveilleux souvenirs que s’achève notre camp et notre année. Merci pour tous ces moments partagés avec vous les Benjamins ! Merci de la part de tous vos animateurs !

Pénélope

2026-08-19T13:11:25+02:00

Édito septembre 2026 > Animer

Comme à chaque rentrée de l’Œuvre, nous sommes heureux et émerveillés de voir des jeunes de 16 ans s’engager au services des autres en faisant le choix de devenir les animateurs des enfants de l’Œuvre. C’est un beau mot « animer », et cela me donne l’occasion de donner aux filles et aux garçons qui assument cette belle responsabilité quelques conseils et repères, qui peuvent aussi servir à toutes celles et ceux qui sont, d’une manière ou d’une autre, éducateurs.

Se savoir aimé
Animer, c’est rendre vivant, c’est donner une âme. Et peut-être qu’il est bon de garder en tête que c’est d’abord à l’animateur lui-même qu’il est demandé d’en avoir une. Ainsi notre première mission d’animateur, c’est de veiller à discerner ce qui nous motive, nous fait vivre, nous nourrit, donne du sens à notre existence. Dans un monde où souvent on veut nous faire croire que le bonheur réside dans l’apparence ou la consommation, nous découvrons que le partage et le don procurent un bonheur qui dépasse les plaisirs artificiels que l’on nous vend. C’est bien pour cela que les animateurs s’investissent bénévolement et souvent dans la durée : quand on a goûté à cette joie profonde, on est marqué à vie et cela change notre compréhension de l’existence et du bonheur. Dans le cadre de l’Œuvre, ce qui fonde cette découverte, c’est le message évangélique. Jésus vient nous révéler le message de Dieu d’une manière limpide et concrète : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés », c’est-à-dire gratuitement, sans jugement, sans arrière-pensée. Et les animateurs de l’Œuvre savent bien de quoi je parle : ils ont fait l’expérience d’être aimés, accueillis, respectés, mis en confiance, et c’est ce qu’ils désirent vivre à leur tour avec les jeunes dont ils ont la charge. Donc être animateur, c’est veiller à son âme. Une manière d’entretenir cette vie intérieure, c’est de nourrir notre relation à Dieu, par la prière, l’écoute de la Parole de Dieu, la participation aux sacrement et l’engagement – car le chemin le plus court pour rencontrer Dieu passe par le service des plus petits.

Éduquer à la liberté
Animer, c’est veiller à ce que les jeunes découvrent le trésor qui est déjà présent au cœur de leur vie mais qu’ils ne savent peut-être pas encore reconnaître ou nommer. Pour cela il faut les connaître, les prendre au sérieux, s’intéresser à ce qu’ils vivent, les écouter… Dans cette part d’accompagnement, nous sommes authentiquement animateurs, nous les aidons à prendre conscience de la richesse de leur vie et des talents dont ils sont porteurs. Accompagner, c’est aussi parfois ouvrir la route, orienter, conseiller, tout en ayant le souci de faire grandir dans la liberté. Car être libre, ce n’est pas faire toujours tout ce que l’on veut, au risque de rester un enfant capricieux incapable de supporter la frustration ou le partage. Ainsi, animer c’est éduquer à la véritable liberté, vis-à-vis de ce que nous entoure et des influences extérieures, mais aussi par rapport à ce qui résiste en nous et qui nous aliène : les pulsions égoïstes, les traumas de notre histoire, la jalousie… Cela peut paraître paradoxal et il faut beaucoup de délicatesse pour éduquer à la liberté, c’est-à-dire guider sans diriger, éclairer sans éblouir, nourrir sans étouffer, faire la vérité sans condamner… Un bon garde-fou pour l’animateur, c’est de se rappeler qu’il est lui-même en marche, en recherche, et que s’il a une mission et une responsabilité, il n’est pas au-dessus de la mêlée, ni arrivé au bout du chemin. Là encore, nous pouvons nous mettre à l’école du Christ qui est le modèle de l’animateur idéal. C’est bien le symbole du don de la bible aux nouveaux animateurs lors de la remise des clefs de l’Œuvre pendant la messe de la rentrée.

S’ouvrir aux autres
Une autre dimension de la mission de l’animateur, c’est d’ouvrir les jeunes à la rencontre des autres, de tous, dans un esprit d’ouverture, de partage, de solidarité, de respect. Nous ne sommes pas là pour mettre les gens dans des cases ou pour faire des sélections, ni pour nous occuper d’une catégorie particulière de jeunes. Le moyen privilégié dans la pédagogie de l’Œuvre, c’est la vie de groupe et les activités communes, en particulier le jeu. Dans ces moments de vie commune, nous nous éduquons mutuellement à recevoir l’autre comme un cadeau, souvent mystérieux et dérangeant, mais source de découverte et d’humilité. Nous découvrons aussi que nous ne pouvons vivre seul, et qu’avec les autres nous réalisons des choses bien plus belles que si nous étions restés isolés en nous appuyant sur nos seules forces personnelles. Ce n’est pas toujours facile de vivre avec les autres, mais c’est notre vocation. Saint Charles de Foucauld parle de la vocation à la fraternité universelle, qui est une belle manière de nous indiquer la mission de l’animateur. Par le jeu, les activités communes, les camps de vacances, nous découvrons que nous sommes engagés dans une même histoire, liés par un destin commun. Former un groupe, c’est découvrir que chacun a sa part à prendre pour contribuer au bonheur des personnes, à la réalisation de projets collectifs et au bien commun. En tant qu’animateurs, nous sommes invités ainsi à être cohérents par rapport à ce que nous annonçons, et donc à bien veiller à vivre cette fraternité avec ceux avec qui nous partageons la mission et avec qui nous faisons équipe, car nous savons d’expérience que ce qui porte du fruit c’est d’être accompagné par des témoins plutôt que par des donneurs de leçon ou des juges.
s.

Olivier

2026-08-23T09:40:30+02:00

Camp été 2026 > les Jeunes Cadets

Les Jeunes Cadets à Larche

Chers Jeunes cadets, cette prière est pour vous. Je voulais confier cette année et plus particulièrement ce camp au Seigneur, pour que l’amour que vous créez pendant les camps puisse continuer à grandir et à vous suivre pour vos prochaines années à l’œuvre. Vous ne vous en rendez peut-être pas encore compte, mais le groupe que vous avez là peut bien être celui avec lequel vous continuerez à faire des camps et même peut-être que vous passerez animateurs ensemble, qui sait. On vous demande souvent de penser en tant que groupe, en tant qu’unité, mais souvenez-vous de ceux qui vous entourent individuellement.
Alors je voudrais vous dire à tous merci, les uns après les autres, pour ce que vous êtes et pour ce que vous avez apporter à ce groupe.

Merci Eurydice, même si t’es un vrai escargot sous la douche
Merci Guido, toujours dans la lune
Merci Charles, notre petit singe
Merci Stelios, t’es tarpin aimable
Merci Jade, la reine des scoubidous
Merci Lina, pour tes playbacks de star sur nos musiques
Merci Grégoire, grâce à ta maîtrise parfaite du diabolo, tout le monde a pu en profiter
Merci Lucas, avec tes anecdotes en tout genre, on en apprend tous
Merci Madeleine, notre footballeuse
Merci Capucine, avec ton rire qui réveille tout le camping
Merci Aurele, pour ta douceur
Merci Joachim, même si tu souris pas beaucoup on sait que tu nous aimes
Merci Félix, pour ta créativité et ton imagination
Merci Charlie, pour ton sourire contagieux
Merci Quentin, pour ton courage et ta motivation
Merci Laszlo, avec ta voix entre bébé et caira
Merci Mathilde, avec tes 1000 habits dans ta valise
Merci Line, pour ton petit rire de souris
Merci Simon, pour ta passion pour les repas bien garnis
Merci Lynn, pour ta bonne humeur constante
Merci Sacha B, même si tes cheveux sont toujours emmêlés
Merci Isaac, pour ton énergie débordante
Merci Yann, de nous faire rire chaque jour
Merci Amalya, pour ta bonne humeur
Merci Arsène, pour tes talents de goal
Merci Tim, de toujours proposer ton aide aux anims
Merci Joey, pour tes super sacs de douche
Merci Sacha H, pour ton investissement dans les jeux
Merci Nino, pour ta maturité grandissante
Merci Jean, sous tes allures de voyou, on sait que tu as un grand cœur
Merci Lubin, pour ton amour pour la nature
Merci Louma, pour ton bel accent
Merci Adèle, pour ton grand cœur
Merci Rose, pour ton brin de folie
Merci Ewen, même si t’es un vrai casse-cou
Merci Johan, de nous divertir avec les histoires que tu inventes
Merci Leila, avec ta sérénité italienne
Merci Suzanne, de toujours t’occuper des autres
Merci Lenny, même si tu nous rends fous, tu nous fais bien rire
Merci Lara, avec tes longs cheveux de miel
Merci Naomé, pour ta gentillesse
Merci Louise, même si tu débites quand tu parles

Et maintenant, chers animateurs, un immense merci à vous. Les 7 nains, les 7 GOAT, pas les couteaux les plus aiguisés du tiroir, avec vos expressions douteuses, votre humour à faire pipi culotte, vous m’avez régalés cette année.

Merci Louison, notre Loulou, pour ton cœur tout doux. Un vrai fou d’horoscope et même si t’aimes trop nous taper, on sait que tu nous aimes fort.
Merci Maxime, le Max, pour ton énergie. Les enfants te font 100% confiance et nous aussi !
Merci Joséphine, pour ton rire contagieux. Ta bonne humeur rayonne sur tout le groupe, ça fait chaud au cœur.
Merci Louca, aka Louca Bomba, ton accent doré et ta chillance me font rêver. Tu maîtrises le diabolo comme un vrai cirquien.
Merci Julie, la boudeuse du groupe. Ton rire de folle nous fait complètement délirer et c’est pour ça qu’on t’aime.
Merci Hector, le H2B, qu’est-ce que tu nous as fait rire cette année. Avec toi on peut tout aussi bien parler sérieusement que rire aux larmes et c’est ce qui fait ta force.

Alors voilà, cette année touche à sa fin. Merci à toutes les personnes qui ont rendu ce camp possible. Ce camp a été possible grâce à vos animateurs mais aussi grâce à vous, votre bonne humeur, votre investissement. Continuez à rester comme vous êtes, vous êtes les pièces du grand puzzle du groupe des Jeunes Cadets. C’est votre groupe, prenez-en soin.

Zoë

2026-08-19T13:14:02+02:00

L’Évangile du mois de septembre 2026

L’Évangile du mois de septembre que nous lirons dimanche 13 septembre.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu

Alors Pierre s’approchant lui dit : « Seigneur, si mon frère pèche contre moi, combien de fois lui pardonnerai-je ? Jusqu’à sept fois? » Jésus lui dit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois. C’est pourquoi le royaume des cieux est semblable à un roi qui voulu régler ses comptes avec ses serviteurs. Quand il se mit à régler les comptes, on lui amena un débiteur de dix mille talents. Comme il n’avait pas de quoi payer, son maître ordonna qu’on le vendît, lui, sa femme, ses enfants et tout ce qu’il avait pour que paiement fût fait. Alors le serviteur, tombé à ses pieds, demeurait prosterné, disant : « Seigneur, aie patience envers moi, et je te paierai tout. » Touché de compassion, le maître de ce serviteur le laissa aller et lui remit sa dette. Ce serviteur, à peine sorti, rencontra un de ses compagnons de service, qui lui devait cent deniers. L’ayant saisi à la gorge, il l’étouffait, disant : « Paie ce que tu dois. » Son compagnon de service, tombé à ses pieds, le suppliait, disant : « Aie patience envers moi, et je te paierai. » Mais lui ne voulait pas, et il s’en alla le faire mettre en prison jusqu’à ce qu’il eût payé sa dette. Ce que voyant, ses compagnons de service furent grandement contristés, et ils vinrent raconter à leur maître ce qui s’était passé. Alors le maître le fit appeler et lui dit : « Serviteur méchant, je t’ai remis toute cette dette, parce que tu m’as supplié. Ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon de service, comme moi-même j’ai eu pitié de toi ? Et son maître irrité le livra aux bourreaux, jusqu’à ce qu’il eût payé toute sa dette. Ainsi vous traitera mon Père céleste, si chacun de vous ne pardonne à son frère du fond du cœur. »

Le contexte de cet Évangile
En Orient, chacun sait que le marchandage est très ancré dans la culture. Pierre fait partie de cette culture-là et il verrait bien Dieu fixer une limite à son pardon. Mais à quel seuil ? Rien de mieux qu’une parabole pour faire comprendre à Pierre l’absurdité de sa question. Une fois de plus, c’est à partir la remarque d’un disciple que Jésus nous enseigne.

Quelques éléments qui pourront t’aider
Tout d’abord, rendons à Pierre ce qui est à Pierre. Proposer de pardonner sept fois n’est déjà pas si mal. Il suffit de transposer cela dans nos vies. Sauf que Jésus va au-delà et propose de pardonner davantage.

Une histoire en trois actes
Le roi a pitié de cet homme qui a une dette considérable et qui nécessiterait plusieurs années pour être remboursée. Or, cet homme ne fait pas preuve de la même pitié vis-à-vis de son compagnon lorsqu’une situation analogue se présente à lui. Pourtant les sommes en jeu sont infiniment plus modestes. Enfin, le roi lui fait remarquer sa grande dureté de cœur.

Tout cela pour nous dire quoi ?
Le Dieu auquel nous croyons a pitié des hommes. Étymologiquement, c’est une émotion qui prend aux entrailles. Rien à voir avec de la condescendance. Dieu nous appelle à faire preuve de cette même pitié envers les autres non pas dans une logique de calcul mesquine mais dans une logique de surabondance.
Si la loi du Talion (« Œil pour œil, dent pour dent ») est déjà une grande avancée dans l’histoire de l’humanité en tant qu’elle limite la spirale de la violence, il nous faut passer peu à peu de cette vengeance mortifère au pardon.

Une fin bien peu évangélique ?
La fin peut choquer mais elle est d’un grand réalisme. Lorsqu’on s’habitue à vivre les uns avec les autres dans une logique d’affrontement où le pardon n’existe pas, comment imaginer que Dieu puisse pardonner lui aussi ? Ainsi, sans s’en rendre compte, notre cœur devient dur, imperméable et ne peut recevoir ce pardon. En définitive, ce n’est pas Dieu qui cesse de pardonner mais nous-mêmes qui sommes devenus incapables de le recevoir.

Pardon oui mais…
Attention, cette question du pardon est beaucoup plus délicate qu’il n’y parait. Le pardon divin ne vient nullement excuser ou minorer l’offense et la faute. Dieu n’offre son pardon, sa remise de dette, qu’en raison du repentir du débiteur : je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Cependant, cette sincérité est doublement refusée. Ce triste personnage est avant tout un coupable, et non une victime. Il est bien celui qui, ayant été offenseur, continue à offenser, incapable de donner comme de recevoir le pardon.
Le pardon de Dieu n’a pas ouvert ce « serviteur » à une réelle conversion : il a continué à se servir. On ne réussit pas à tous les coups. Dieu se soumet à notre volonté. Quel grand mystère !

Didier Rocca

2026-08-19T12:59:21+02:00