Olivier

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Lettre du Villard – Septembre 2026

Le 15 septembre 2026

Bien cher ami,
Nous sommes heureux d’apprendre que vous avez retrouvé la vie à laquelle vous aspiriez et que votre réinsertion dans votre milieu de travail a été plus aisée que ce que vous redoutiez. Alors qu’avec les amis du Villard nous parlions de votre lettre en parcourant les journaux à l’heure du café, Beraud a remarqué : « Ce qui prouve bien que le pire n’est jamais certain. » Mimiquet, qui était venu nous apporter quelques sanguins1 cueillis dans un sous-bois de lui seul connu, s’est demandé d’où venait cette formule. Gastinel nous a un peu étonnés en déclarant tout à trac qu’elle était le sous-titre du Soulier de satin, de Claudel2. Beraud nous a encore plus stupéfaits en nuançant et précisant que le sous-titre exact de cette pièce était Le pire n’est pas toujours sûr, ce qui n’a pas tout à fait le même sens, mais, a-t-il ajouté, la formule est bien plus ancienne puisque Calderon3 a appelé une de ses comédies : Le pire n’est pas toujours certain. Mimiquet, qui n’appréciait pas outre mesure cette joute byzantine4 les a interrompus en leur demandant si l’état de notre situation politique permettait de penser que le pire pouvait aujourd’hui ne pas être certain.
« Le fait est, remarqua Béraud, que, quels que soient les commentateurs, tout le monde se demande à quoi jouent ceux qui prétendent représenter un jour le pays ; disons qu’on feint de se le demander, car on comprend bien ce qui les motive, mais il est tout de même curieux que leurs entourages ne les modèrent pas. » « Ne pourrait-on pas, intervint Poulenc qui venait de sortir la tête de son journal, avancer, en grossissant les traits, que les partis dits de gouvernement préconisent de faire ce qu’ils n’ont pas voulu ou pu faire et que ceux qui n’ont jamais été aux affaires ne tirent de leurs chapeaux que des mesures non éprouvées ? » Gastinel lui a fait remarquer que certaines de ces mesures avaient été éprouvées : « Regardez, en décembre 1917, la Russie a répudié les dettes de l’Empire russe ; on n’épiloguera pas, n’est-ce pas ? Mais on ne peut dire qu’il n’y ait pas eu de précédent. Le tout est de savoir ce qui est susceptible de se passer après. Et là… Pochette surprise ! » « On peut bien se douter, continua Poulenc, que les causes qui ont conduit le pays devant l’Everest de dette qui le paralyse produiront les mêmes effets si notre modèle économique, social, culturel, éducatif , et j’en passe, reste inchangé. C’est pour cela qu’on aimerait bien savoir ce sur quoi il va falloir économiser, sauf à faire le choix d’une pression fiscale illimitée. Ce serait assez courageux de le dire. On ne manque pas d’idées, plus ou moins sérieuses, pour réduire la dette ou tirer un trait dessus, mais si nous n’infléchissons pas les priorités actuelles de notre société, si nous continuons de dépenser plus que la richesse que nous créons, la dette reprendra son cours et nous ramènera au point de départ. »
Gastinel avait dressé l’oreille à l’évocation du modèle éducatif français. « Voilà un domaine où on devrait pouvoir faire mieux avec moins ! » s’est-il exclamé ; « le classement PISA5 montre que notre système ne marche pas. L’effondrement ainsi mis en évidence pointe l’illettrisme croissant, particulièrement en France, des nouvelles générations. Et on ne peut se contenter de le commenter. Les bons esprits ne manquent pas d’en énumérer les causes, mais chacun les ordonne en fonction de ses intérêts ou de ses convictions ; on incrimine les enseignants, les parents, l’addiction aux écrans, etc. Soit, mais il suffit de s’intéresser au travail qui est demandé à un jeune enfant pour voir qu’on ne lui demande pas beaucoup d’effort, qu’on n’est pas très exigeant quant au résultat et qu’on l’invite à disperser son attention dans des disciplines qui ne sont pas fondamentales ». « On a l’impression, poursuivit Beraud, qu’on a progressivement mis en place, dans le but annoncé de n’exclure personne, un système tel que chacun ait un égal accès à toutes les étapes d’un cursus scolaire. Le corollaire, non prévu, ou non avoué, a été d’adapter le niveau d’exigence scolaire à un objectif politique. » Poulenc est moins pessimiste ; il pense qu’on voit à peu près quels correctifs pourraient être apportés, au vu de l’expérience des pays tels que le Canada ou la Suisse qui ne connaissent pas notre débandade. « Méfiez-vous, dit Béraud : toutes les “bonnes pratiques” comme on dit aujourd’hui, ne sont peut-être pas à transposer chez nous. Regarder à la fenêtre est bien, mais parfois dangereux… » Mimiquet glissa : « E pericoloso sporgersi ! comme on lisait autrefois sur les vitres des trains. » « Pourquoi pas, reprit Béraud, mais pensez-vous que notre société ait envie de se remettre sur pied ? Karl Marx a dit de la religion qu’elle était l’opium du peuple, mais ne pourrait-on pas en dire autant de la dette publique qui nous a anesthésiés ? Nous sommes tous des opiomanes, à commencer par nous, les retraités qui, pour reprendre l’image du Maître évoqué dans l’Évangile selon saint Matthieu6, moissonnons là où nous n’avons pas toujours assez semé. Et qui suscitons l’envie de catégories de plus jeunes dont la rémunération n’est pas toujours à la hauteur des espérances que leur avaient données des diplômes parfois dévalués. » « Puisque vous êtes au mieux avec Marx, poursuivit Gastinel, ne pensez-vous pas qu’aujourd’hui il pourrait pronostiquer que la lutte des générations prendra le pas sur la lutte des classes ? »
Nous aimerions bien connaître votre avis sur le sujet, vous qui êtes au contact des jeunes générations. À lire la presse, l’interrogation de Gastinel ne paraît pas sans objet, mais la distance modifie parfois les perspectives. Nous pourrons poursuivre la conversation lorsque vous viendrez au Villard pour la Toussaint. Espérons que le temps reste clément ! Les pluies du mois d’août ont fait retrouver aux prairies leur belle couleur printanière, alors même que les bouleaux blondissent. Nous vivons le printemps de l’automne !
Soyez assuré de nos pensées les plus cordiales.

P. Deladret

  1. Nom usuel du champignon lactaire sanguin.
  2. Pièce de théâtre de Paul Claudel, 1943.
  3. Calderon : dramaturge espagnol du XVIIe siècle.
  4. On qualifie parfois de « byzantine » une argumentation qui se perd en subtilités à l’image des controverses théologiques qui eurent lieu dans l’Empire byzantin.
  5. PISA : Programme International pour le Suivi des Acquis (des élèves).
  6. Matthieu 25-26..
2026-09-22T15:31:50+02:00

Édito octobre 2026 > Dieu et la question du mal

Si Dieu est amour et tout puissant, comment se fait-il qu’il y ait autant de mal dans le monde ? Combien d’innocents souffrent alors que des personnes qui commettent le mal se portent bien ? Pourquoi tant d’injustices et de catastrophes naturelles qui touchent des personnes qui n’ont pas mérité tous ces malheurs ? Pourquoi Dieu laisse-t-il faire ? Dieu veut-il que nous souffrions ? Ces questions sont fréquentes lorsque l’on aborde la question de Dieu.

Dieu est amour
On dit que Dieu est amour. Mais en quoi l’amour est-il efficace ? Peut-il agir sur les événements ? Est-ce que l’amour immense que les parents portent à leurs enfants va empêcher ces derniers de vivre des épreuves, de faire des erreurs ou d’être malades ? Par contre l’amour des parents peut accompagner un enfant qui souffre, qui a peur ou fait fausse route : il rassure, il encourage. Mais il ne remplace pas les soins et les médicaments. L’amour agit dans les cœurs, il donne de l’énergie, il est puissant, mais sans avoir une efficacité matérielle directe. Il en va de même pour Dieu. Son amour peut être sans limite mais il n’est pas magique et il n’agit pas directement sur les évènements. Par contre l’amour nous aide à vivre les événements et à tenir dans les épreuves, il nous accompagne dans les étapes de notre vie pour que nous restions ouverts aux autres et confiants dans l’avenir.

Dieu et la liberté
L’action de Dieu dans nos cœurs ne peut aller à l’encontre de notre liberté. Malgré tout ce que nous pouvons entendre du désir d’amour de Dieu pour l’humanité, notre libre arbitre est lui aussi tout-puissant. Dieu ne peut pas contraindre les hommes à être bons et justes, il ne peut empêcher les conflits et les mauvais choix. Nous ne sommes pas des marionnettes dans les mains de Dieu. Nous avons beau savoir ce qui est juste, bon et vrai, parfois nous n’arrivons pas à faire le bien que nous savons devoir faire, que ce soit par facilité, par aveuglement, par dépit. L’action de Dieu n’est pas toute-puissante puisqu’elle se heurte à notre propre liberté. La mission des croyants, c’est de travailler à ce que le message religieux rencontre la conscience de l’humanité et que les femmes et les homme adhèrent librement à cette proposition d’amour et de fraternité. Nous devons nous laisser nous-même travailler par cette Bonne Nouvelle afin qu’elle grandisse en nous et que nous soyons des témoins de cette action de Dieu dans nos cœurs ; ainsi nous serons capables, avec nos faiblesses et nos limites, d’annoncer le projet de Dieu et d’accompagner la marche de Dieu à la rencontre de tous.

Dieu tout-puissant
La puissance de Dieu, si elle est puissance d’amour, a une efficacité qui n’est pas de l’ordre de la magie, mais qui agit intérieurement dans le cœur des femmes et des hommes. La puissance de cet amour ne réside pas dans une efficacité directe sur ce qui nous entoure. L’amour de Dieu est tout-puissant parce que rien ne peut l’empêcher de nous aimer et de nous considérer comme ses enfants. Rien ne peut l’empêcher d’être présent dans nos cœurs et de nous nourrir de l’intérieur, avec une limite cependant : notre liberté qui peut le refuser. Si l’amour de Dieu est tout-puissant, cela veut dire que le mal ne peut pas gagner contre lui. Dieu continue de nous aimer même si nous ne sommes pas aimables, sinon cela voudrait dire que son amour serait relatif à nos actions, bonnes ou mauvaises ; nous serions dans une logique de mérite et de rétribution, et Dieu ne serait pas tout-puissant en amour puisque notre mal pourrait l’empêcher de nous aimer. Dire que Dieu est tout-puissant, cela veut dire qu’il aime de manière inconditionnelle. Il ne cautionne pas le mal ni nos mauvaises actions, mais sa manière de combattre la mal, c’est de continuer à aimer, toujours plus, surtout lorsque le mal est grand. La vie et les attitudes du Christ illustrent cela de manière magistrale.

Parler de Dieu…
Si les gens sont critiques par rapport à la religion et à l’action de Dieu, c’est peut-être à cause de notre manière de parler de Dieu. Notre façon d’exprimer notre foi est parfois maladroite et peut laisser croire que nous parlons d’une puissance matérielle et magique lorsque nous parlons de l’amour de Dieu tout-puissant ou de l’efficacité de la prière. On comprend que les gens puissent être déçus si on leur a « vendu » un Dieu magique et que ça n’a « marché » pas comme promis. Les miracles bibliques ne doivent pas être interprétés comme des actes magiques qui seraient une preuve irréfutable de la puissance de Dieu, mais comme des signes de l’amour de Dieu qui est sensible aux détresses des hommes et qui vient combattre le mal. Ils ont une portée symbolique plus qu’historique ou journalistique. Le message d’amour et de puissance d’action contre le mal est vrai, même si la manière de l’exprimer est parabolique et ne doit pas être prise au pied de la lettre.

Olivier

2026-09-22T15:28:12+02:00

L’Évangile du mois d’octobre 2026

L’Évangile du mois d’octobre qui sera lu le dimanche 11 octobre..

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu

Jésus, prenant la parole, leur parla de nouveau en paraboles, et il dit : « Le royaume des cieux est semblable à un roi qui fit les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs appeler ceux qui avaient été invités aux noces, et ils ne voulurent pas venir. Il envoya encore d’autres serviteurs, disant : “Dites aux invités : Voilà que j’ai préparé mon festin ; on a tué mes bœufs et mes animaux gras ; tout est prêt : venez aux noces.” Mais ils n’en tinrent pas compte, et ils s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son négoce ; et les autres se saisirent des serviteurs, les outragèrent et les tuèrent. Le roi entra en colère, envoya ses armées, extermina ces meurtriers et brûla leur ville. Alors il dit à ses serviteurs : “La noce est prête, mais les invités n’en étaient pas dignes. Allez donc aux carrefours des chemins, et tous ceux que vous trouverez, invitez-les aux noces.” Ces serviteurs sortirent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, mauvais et bons ; et la salle des noces fut remplie de convives. Le roi entra pour voir ceux qui étaient à table et il aperçut là un homme qui n’était point revêtu d’un habit de noce ; et il lui dit : “Ami, comment es-tu entré ici sans avoir un habit de noce ?” Et lui resta muet. Alors le roi dit aux servants : “Liez-lui pieds et mains, et jetez-le dans les ténèbres extérieures : là il y aura les pleurs et le grincement de dents. Car il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus.” »

Le contexte de cet Évangile
Ce passage de Matthieu ouvre la cinquième et dernière partie de son Évangile. Il ressaisit des discours de Jésus dans lesquelles le Christ évoque et précise la finalité de l’existence humaine, à savoir le Royaume, la vie éternelle. Tu remarqueras que la tonalité de ce passage est assez sombre, n’oublions pas que Jésus s’avance vers sa Passion.

Deux paraboles en une…
La première est celle de l’invitation au repas de noce. Cette noce ne représente pas un mariage humain mais l’alliance entre Dieu et l’humanité. C’est Israël qui est invité en premier et qui ne vient pas, usant de différents prétextes. Pire, certains tuent les serviteurs. Mais ce premier refus ne fera pas obstacle à la noce et va d’une certaine manière permettre l’entrée de tous les peuples dans la salle de noce et donc dans l’amitié avec Dieu. Cette parabole est une anticipation de ce qui se passe lorsque Paul annonce l’Évangile, il s’adresse à ses frères juifs puis, après avoir essuyé un refus, s’adresse aux non-juifs c’est à dire aux païens. Mais attention à ne prêter au peuple juif un rôle uniquement négatif, une parabole ne dit pas la totalité du message du Christ.

Les bons comme les mauvais
Tous sont invités, les mauvais comme les bons. Cette expression englobe ceux qui observent bien la Loi comme ceux qui la rejettent tels des mauvais païens, ceux qui manifestent de bonnes dispositions morales comme ceux qui font le mal. Tous sont invités. Le critère de jugement étant encore la réponse positive à cet appel à participer aux noces de l’époux. Et la salle est remplie de ces inconnus d’hier, la noce semble même plus réussie au regard du nombre des invités. Bonne Nouvelle, nous serons appelés mais saurons-nous répondre à cet appel ?

La deuxième…
Elle semble très dure. Mettre un homme dehors à cause de son habit, n’est-ce pas agir comme les pharisiens ? En fait, la pointe de cette parabole est dans la compréhension de la symbolique de la robe de noces, c’est la tenue de tous les baptisés. Le Christ attend de nous que nous la revêtions. Autrement dit, c’est faire un avec lui. C’est parler et surtout agir comme lui. Quand le roi lui demande : « Comment es-tu rentré ici sans avoir le vêtement de noce ? », il aurait dû répondre : « Je compte sur toi pour me le remettre. » La conclusion de cette parabole révèle notre difficulté à nous conformer au Christ. Elle ne dit pas que le Royaume de Dieu est l’aboutissement d’un parcours semé d’obstacles au cours duquel beaucoup chutent.

Didier Rocca

Le mot du mois : Les noces

Les noces est une des images choisies par Jésus pour expliquer ce qu’est le Royaume. Cette symbolique est souvent reprise dans la Bible. Par exemple dans le cantique des cantiques, l’amour de Dieu pour l’humanité est développé en termes d’amour conjugal.

2026-09-22T15:30:13+02:00

Camp été 2026 > les Benjamins

Les Benjamins à Larche

C’est avec ce grand camp que s’achève cette année bien remplie avec les Benjamins. Une année remplie de rires, de jeux et de rencontres. Pendant ce camps, les BJ’s accompagnés de leurs animateurs ont fait la rencontre de joueurs de foot célèbres, d’anciens astronautes, d’Alice et du chapelier fou, les trolls, 67,JUL et TK, les sirènes, Kirikou et Karaba la sorcière, les Pom’potes et pleins d’autres encore. Les journées étaient rythmées également par des activités, entre luge d’été, accrobranche, atelier cookies, peinture et baignade au plan d’eau de Jausiers, jamais le temps de s’ennuyer ! Nous avons également passé quelques soirée avec les JKD’s, le feu d’artifice, la demi-finale de la coupe du monde (soirée chargée en émotions ) et évidemment la BOOM !
Et sans oublier la team Scooby qui a suivi les BJ’s durant toute l’année avec toujours besoin de l’aide des Benjamins qui ont su résoudre une fois de plus le problème ! Deux semaines de fous rires, de « six seven », « en amont », « vous aussi ça vous arrive de… », 86, « pilé « , de logobi et de danses et bien évidemment de musique et quand on parle de chanson avec les BJ’s on pense directement à GEORGINA. C’est sur ces merveilleux souvenirs que s’achève notre camp et notre année. Merci pour tous ces moments partagés avec vous les Benjamins ! Merci de la part de tous vos animateurs !

Pénélope

2026-08-19T13:11:25+02:00

Édito septembre 2026 > Animer

Comme à chaque rentrée de l’Œuvre, nous sommes heureux et émerveillés de voir des jeunes de 16 ans s’engager au services des autres en faisant le choix de devenir les animateurs des enfants de l’Œuvre. C’est un beau mot « animer », et cela me donne l’occasion de donner aux filles et aux garçons qui assument cette belle responsabilité quelques conseils et repères, qui peuvent aussi servir à toutes celles et ceux qui sont, d’une manière ou d’une autre, éducateurs.

Se savoir aimé
Animer, c’est rendre vivant, c’est donner une âme. Et peut-être qu’il est bon de garder en tête que c’est d’abord à l’animateur lui-même qu’il est demandé d’en avoir une. Ainsi notre première mission d’animateur, c’est de veiller à discerner ce qui nous motive, nous fait vivre, nous nourrit, donne du sens à notre existence. Dans un monde où souvent on veut nous faire croire que le bonheur réside dans l’apparence ou la consommation, nous découvrons que le partage et le don procurent un bonheur qui dépasse les plaisirs artificiels que l’on nous vend. C’est bien pour cela que les animateurs s’investissent bénévolement et souvent dans la durée : quand on a goûté à cette joie profonde, on est marqué à vie et cela change notre compréhension de l’existence et du bonheur. Dans le cadre de l’Œuvre, ce qui fonde cette découverte, c’est le message évangélique. Jésus vient nous révéler le message de Dieu d’une manière limpide et concrète : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés », c’est-à-dire gratuitement, sans jugement, sans arrière-pensée. Et les animateurs de l’Œuvre savent bien de quoi je parle : ils ont fait l’expérience d’être aimés, accueillis, respectés, mis en confiance, et c’est ce qu’ils désirent vivre à leur tour avec les jeunes dont ils ont la charge. Donc être animateur, c’est veiller à son âme. Une manière d’entretenir cette vie intérieure, c’est de nourrir notre relation à Dieu, par la prière, l’écoute de la Parole de Dieu, la participation aux sacrement et l’engagement – car le chemin le plus court pour rencontrer Dieu passe par le service des plus petits.

Éduquer à la liberté
Animer, c’est veiller à ce que les jeunes découvrent le trésor qui est déjà présent au cœur de leur vie mais qu’ils ne savent peut-être pas encore reconnaître ou nommer. Pour cela il faut les connaître, les prendre au sérieux, s’intéresser à ce qu’ils vivent, les écouter… Dans cette part d’accompagnement, nous sommes authentiquement animateurs, nous les aidons à prendre conscience de la richesse de leur vie et des talents dont ils sont porteurs. Accompagner, c’est aussi parfois ouvrir la route, orienter, conseiller, tout en ayant le souci de faire grandir dans la liberté. Car être libre, ce n’est pas faire toujours tout ce que l’on veut, au risque de rester un enfant capricieux incapable de supporter la frustration ou le partage. Ainsi, animer c’est éduquer à la véritable liberté, vis-à-vis de ce que nous entoure et des influences extérieures, mais aussi par rapport à ce qui résiste en nous et qui nous aliène : les pulsions égoïstes, les traumas de notre histoire, la jalousie… Cela peut paraître paradoxal et il faut beaucoup de délicatesse pour éduquer à la liberté, c’est-à-dire guider sans diriger, éclairer sans éblouir, nourrir sans étouffer, faire la vérité sans condamner… Un bon garde-fou pour l’animateur, c’est de se rappeler qu’il est lui-même en marche, en recherche, et que s’il a une mission et une responsabilité, il n’est pas au-dessus de la mêlée, ni arrivé au bout du chemin. Là encore, nous pouvons nous mettre à l’école du Christ qui est le modèle de l’animateur idéal. C’est bien le symbole du don de la bible aux nouveaux animateurs lors de la remise des clefs de l’Œuvre pendant la messe de la rentrée.

S’ouvrir aux autres
Une autre dimension de la mission de l’animateur, c’est d’ouvrir les jeunes à la rencontre des autres, de tous, dans un esprit d’ouverture, de partage, de solidarité, de respect. Nous ne sommes pas là pour mettre les gens dans des cases ou pour faire des sélections, ni pour nous occuper d’une catégorie particulière de jeunes. Le moyen privilégié dans la pédagogie de l’Œuvre, c’est la vie de groupe et les activités communes, en particulier le jeu. Dans ces moments de vie commune, nous nous éduquons mutuellement à recevoir l’autre comme un cadeau, souvent mystérieux et dérangeant, mais source de découverte et d’humilité. Nous découvrons aussi que nous ne pouvons vivre seul, et qu’avec les autres nous réalisons des choses bien plus belles que si nous étions restés isolés en nous appuyant sur nos seules forces personnelles. Ce n’est pas toujours facile de vivre avec les autres, mais c’est notre vocation. Saint Charles de Foucauld parle de la vocation à la fraternité universelle, qui est une belle manière de nous indiquer la mission de l’animateur. Par le jeu, les activités communes, les camps de vacances, nous découvrons que nous sommes engagés dans une même histoire, liés par un destin commun. Former un groupe, c’est découvrir que chacun a sa part à prendre pour contribuer au bonheur des personnes, à la réalisation de projets collectifs et au bien commun. En tant qu’animateurs, nous sommes invités ainsi à être cohérents par rapport à ce que nous annonçons, et donc à bien veiller à vivre cette fraternité avec ceux avec qui nous partageons la mission et avec qui nous faisons équipe, car nous savons d’expérience que ce qui porte du fruit c’est d’être accompagné par des témoins plutôt que par des donneurs de leçon ou des juges.
s.

Olivier

2026-08-23T09:40:30+02:00

Camp été 2026 > les Jeunes Cadets

Les Jeunes Cadets à Larche

Chers Jeunes cadets, cette prière est pour vous. Je voulais confier cette année et plus particulièrement ce camp au Seigneur, pour que l’amour que vous créez pendant les camps puisse continuer à grandir et à vous suivre pour vos prochaines années à l’œuvre. Vous ne vous en rendez peut-être pas encore compte, mais le groupe que vous avez là peut bien être celui avec lequel vous continuerez à faire des camps et même peut-être que vous passerez animateurs ensemble, qui sait. On vous demande souvent de penser en tant que groupe, en tant qu’unité, mais souvenez-vous de ceux qui vous entourent individuellement.
Alors je voudrais vous dire à tous merci, les uns après les autres, pour ce que vous êtes et pour ce que vous avez apporter à ce groupe.

Merci Eurydice, même si t’es un vrai escargot sous la douche
Merci Guido, toujours dans la lune
Merci Charles, notre petit singe
Merci Stelios, t’es tarpin aimable
Merci Jade, la reine des scoubidous
Merci Lina, pour tes playbacks de star sur nos musiques
Merci Grégoire, grâce à ta maîtrise parfaite du diabolo, tout le monde a pu en profiter
Merci Lucas, avec tes anecdotes en tout genre, on en apprend tous
Merci Madeleine, notre footballeuse
Merci Capucine, avec ton rire qui réveille tout le camping
Merci Aurele, pour ta douceur
Merci Joachim, même si tu souris pas beaucoup on sait que tu nous aimes
Merci Félix, pour ta créativité et ton imagination
Merci Charlie, pour ton sourire contagieux
Merci Quentin, pour ton courage et ta motivation
Merci Laszlo, avec ta voix entre bébé et caira
Merci Mathilde, avec tes 1000 habits dans ta valise
Merci Line, pour ton petit rire de souris
Merci Simon, pour ta passion pour les repas bien garnis
Merci Lynn, pour ta bonne humeur constante
Merci Sacha B, même si tes cheveux sont toujours emmêlés
Merci Isaac, pour ton énergie débordante
Merci Yann, de nous faire rire chaque jour
Merci Amalya, pour ta bonne humeur
Merci Arsène, pour tes talents de goal
Merci Tim, de toujours proposer ton aide aux anims
Merci Joey, pour tes super sacs de douche
Merci Sacha H, pour ton investissement dans les jeux
Merci Nino, pour ta maturité grandissante
Merci Jean, sous tes allures de voyou, on sait que tu as un grand cœur
Merci Lubin, pour ton amour pour la nature
Merci Louma, pour ton bel accent
Merci Adèle, pour ton grand cœur
Merci Rose, pour ton brin de folie
Merci Ewen, même si t’es un vrai casse-cou
Merci Johan, de nous divertir avec les histoires que tu inventes
Merci Leila, avec ta sérénité italienne
Merci Suzanne, de toujours t’occuper des autres
Merci Lenny, même si tu nous rends fous, tu nous fais bien rire
Merci Lara, avec tes longs cheveux de miel
Merci Naomé, pour ta gentillesse
Merci Louise, même si tu débites quand tu parles

Et maintenant, chers animateurs, un immense merci à vous. Les 7 nains, les 7 GOAT, pas les couteaux les plus aiguisés du tiroir, avec vos expressions douteuses, votre humour à faire pipi culotte, vous m’avez régalés cette année.

Merci Louison, notre Loulou, pour ton cœur tout doux. Un vrai fou d’horoscope et même si t’aimes trop nous taper, on sait que tu nous aimes fort.
Merci Maxime, le Max, pour ton énergie. Les enfants te font 100% confiance et nous aussi !
Merci Joséphine, pour ton rire contagieux. Ta bonne humeur rayonne sur tout le groupe, ça fait chaud au cœur.
Merci Louca, aka Louca Bomba, ton accent doré et ta chillance me font rêver. Tu maîtrises le diabolo comme un vrai cirquien.
Merci Julie, la boudeuse du groupe. Ton rire de folle nous fait complètement délirer et c’est pour ça qu’on t’aime.
Merci Hector, le H2B, qu’est-ce que tu nous as fait rire cette année. Avec toi on peut tout aussi bien parler sérieusement que rire aux larmes et c’est ce qui fait ta force.

Alors voilà, cette année touche à sa fin. Merci à toutes les personnes qui ont rendu ce camp possible. Ce camp a été possible grâce à vos animateurs mais aussi grâce à vous, votre bonne humeur, votre investissement. Continuez à rester comme vous êtes, vous êtes les pièces du grand puzzle du groupe des Jeunes Cadets. C’est votre groupe, prenez-en soin.

Zoë

2026-08-19T13:14:02+02:00

L’Évangile du mois de septembre 2026

L’Évangile du mois de septembre que nous lirons dimanche 13 septembre.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu

Alors Pierre s’approchant lui dit : « Seigneur, si mon frère pèche contre moi, combien de fois lui pardonnerai-je ? Jusqu’à sept fois? » Jésus lui dit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois. C’est pourquoi le royaume des cieux est semblable à un roi qui voulu régler ses comptes avec ses serviteurs. Quand il se mit à régler les comptes, on lui amena un débiteur de dix mille talents. Comme il n’avait pas de quoi payer, son maître ordonna qu’on le vendît, lui, sa femme, ses enfants et tout ce qu’il avait pour que paiement fût fait. Alors le serviteur, tombé à ses pieds, demeurait prosterné, disant : « Seigneur, aie patience envers moi, et je te paierai tout. » Touché de compassion, le maître de ce serviteur le laissa aller et lui remit sa dette. Ce serviteur, à peine sorti, rencontra un de ses compagnons de service, qui lui devait cent deniers. L’ayant saisi à la gorge, il l’étouffait, disant : « Paie ce que tu dois. » Son compagnon de service, tombé à ses pieds, le suppliait, disant : « Aie patience envers moi, et je te paierai. » Mais lui ne voulait pas, et il s’en alla le faire mettre en prison jusqu’à ce qu’il eût payé sa dette. Ce que voyant, ses compagnons de service furent grandement contristés, et ils vinrent raconter à leur maître ce qui s’était passé. Alors le maître le fit appeler et lui dit : « Serviteur méchant, je t’ai remis toute cette dette, parce que tu m’as supplié. Ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon de service, comme moi-même j’ai eu pitié de toi ? Et son maître irrité le livra aux bourreaux, jusqu’à ce qu’il eût payé toute sa dette. Ainsi vous traitera mon Père céleste, si chacun de vous ne pardonne à son frère du fond du cœur. »

Le contexte de cet Évangile
En Orient, chacun sait que le marchandage est très ancré dans la culture. Pierre fait partie de cette culture-là et il verrait bien Dieu fixer une limite à son pardon. Mais à quel seuil ? Rien de mieux qu’une parabole pour faire comprendre à Pierre l’absurdité de sa question. Une fois de plus, c’est à partir la remarque d’un disciple que Jésus nous enseigne.

Quelques éléments qui pourront t’aider
Tout d’abord, rendons à Pierre ce qui est à Pierre. Proposer de pardonner sept fois n’est déjà pas si mal. Il suffit de transposer cela dans nos vies. Sauf que Jésus va au-delà et propose de pardonner davantage.

Une histoire en trois actes
Le roi a pitié de cet homme qui a une dette considérable et qui nécessiterait plusieurs années pour être remboursée. Or, cet homme ne fait pas preuve de la même pitié vis-à-vis de son compagnon lorsqu’une situation analogue se présente à lui. Pourtant les sommes en jeu sont infiniment plus modestes. Enfin, le roi lui fait remarquer sa grande dureté de cœur.

Tout cela pour nous dire quoi ?
Le Dieu auquel nous croyons a pitié des hommes. Étymologiquement, c’est une émotion qui prend aux entrailles. Rien à voir avec de la condescendance. Dieu nous appelle à faire preuve de cette même pitié envers les autres non pas dans une logique de calcul mesquine mais dans une logique de surabondance.
Si la loi du Talion (« Œil pour œil, dent pour dent ») est déjà une grande avancée dans l’histoire de l’humanité en tant qu’elle limite la spirale de la violence, il nous faut passer peu à peu de cette vengeance mortifère au pardon.

Une fin bien peu évangélique ?
La fin peut choquer mais elle est d’un grand réalisme. Lorsqu’on s’habitue à vivre les uns avec les autres dans une logique d’affrontement où le pardon n’existe pas, comment imaginer que Dieu puisse pardonner lui aussi ? Ainsi, sans s’en rendre compte, notre cœur devient dur, imperméable et ne peut recevoir ce pardon. En définitive, ce n’est pas Dieu qui cesse de pardonner mais nous-mêmes qui sommes devenus incapables de le recevoir.

Pardon oui mais…
Attention, cette question du pardon est beaucoup plus délicate qu’il n’y parait. Le pardon divin ne vient nullement excuser ou minorer l’offense et la faute. Dieu n’offre son pardon, sa remise de dette, qu’en raison du repentir du débiteur : je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Cependant, cette sincérité est doublement refusée. Ce triste personnage est avant tout un coupable, et non une victime. Il est bien celui qui, ayant été offenseur, continue à offenser, incapable de donner comme de recevoir le pardon.
Le pardon de Dieu n’a pas ouvert ce « serviteur » à une réelle conversion : il a continué à se servir. On ne réussit pas à tous les coups. Dieu se soumet à notre volonté. Quel grand mystère !

Didier Rocca

2026-08-19T12:59:21+02:00

Camp été 2026 > les Cadets

Les Cadets autour du lac de Serre-Ponçon

On est partis pour vivre deux semaines ensemble autour du lac de Serre-Ponçon, et finalement, il s’est passé beaucoup plus de choses que prévu. Des journées remplies, des veillées pleines d’émotions, des moments où tout le monde était KO… et d’autres où il fallait improviser (les orages nous ont guettés). Entre les activités, les repas, les services, les jeux des enfants et tous les moments de vie, chacun a apporté sa touche à ce camp.
Notre périple a commencé à Embrun, dans le premier camping (trés silencieux) avec au programme : accrobranche, paintball, aquaparc… C’est lors de ces premiers jours qu’on a tous appris a se connaitre ou se retrouver à travers des jeux de connaissance, les jeux organisés par les enfants et les bons p’tits plats de Marc, Véro et Stan !
Direction l’autre côté du lac, dans le deuxième camping, en commençant par une rando annulée par le mauvais temps (mais rattrapée par une belle discussion à la belle étoile autour du sujet : « être soi-même ». Le lendemain, pas le temps de se reposer, direction le rafting ! On a découvert les gorges cachées aux alentours de Serre-Ponçon à travers une descente extrême !
On arrive malheureusement au dernier camping, l’ambiance est au max et cette dernière partie est directement annoncée par l’arrivée de Bad Bunny et son ennemi Donald Trump qui viennent passer la journée avec nous pour nous faire découvrir l’Amérique (accompagnés de Charles, Momo, Nasser, Rosalia et Zilia). On finit cette belle aventure avec des tours de bouée tractée, une petite randonnée et une magnifique nuit à la belle étoile 😉
Alors, merci les cadets, merci pour cette belle aventure, les baignades inoubliables, les fou-rires interminables, les bracelets, les showcases et tout ces souvenirs ineffaçables ! On se capte à l’Œuvre 🙂

Joseph

2026-08-19T13:16:48+02:00

Lettre du Villard – Août 2026

Le 15 août 2026

Cher ami,
Nous ne vous remercierons jamais assez d’avoir pris le temps, sitôt de retour de Shanghai, de venir nous marquer votre amitié en nous rendant visite au Villard. Nous ne doutons pas que vous ayez eu plaisir à retrouver ce hameau auquel vous rattachent tant de souvenirs, mais vous avez pu voir aussi à quel point nous étions touchés que vous soyez à ce point heureux de nous revoir. Ce n’est pas tous les jours qu’on a l’impression de compter pour d’autres ! Nous vivons si souvent à côté les uns des autres, dans des relations d’indifférence ou d’intérêt ! On regarde, certes, parfois dans la même direction, mais on oublie souvent de se regarder l’un l’autre1. Je ne suis pas certain que Saint Ex’ ait perçu toute la complexité des relations humaines. Vous avez donc retrouvé l’univers social et professionnel qui est le vôtre, avec des responsabilités encore plus importantes que par le passé. C’est un point, m’avez-vous dit, qui vous inquiète un peu. Après avoir pendant plus d’un an travaillé en Chine dans un monde industriel et sans états d’âme, vous craignez, en effet, d’être maintenant en face de collaborateurs qui intéressent moins la réussite professionnelle que le fait de disposer d’un niveau de revenu leur permettant de vivre sans se créer trop d’obligations. Vous aviez déjà évoqué la question avec les amis du Villard avant de partir pour Shanghai ; l’ami Béraud avait relevé qu’il n’était pas déraisonnable de se satisfaire d’une certaine qualité de vie, plutôt que de s’épuiser à chercher à atteindre un niveau de vie supérieur au prix d’efforts dont on n’est pas certain du résultat ; Mimiquet avait renchéri, en affirmant qu’en agitant le hochet de l’espoir d’une ascension sociale, ceux qui sont en haut de l’échelle accentuent l’exploitation de ceux qui sont en bas. Les braves gens, avait-il continué, ont besoin de croire en un avenir meilleur auquel ils espèrent accéder en appuyant toujours plus fort sur les pédales du vélo. Il avait, ce disant, provoqué Gastinel qui pense et dit tout haut, que l’homme doit avoir le culte de l’effort qui lui permet de vaincre ce qu’il appelle la pesanteur de sa condition, d’affûter sa curiosité, de prendre du recul et d’innover. Cela a bien fait rire Béraud qui doute que le culte de l’effort rende clairvoyant un sot intrinsèque ; il est cependant bien conscient qu’il n’y a rien de plus efficace pour stagner que de garder les deux pieds dans le même sabot. Nous nous étions interrogés sur ce qui pouvait provoquer cet « aquoibonisme »2. Gastinel s’est demandé s’il ne s’agit pas d’une des armes idéologiques des lénino-trotskystes qui entendraient ainsi alanguir l’Occident. « Depuis plus d’un siècle, fit-il, ces braves gens n’ont d’autre but que de, sans paraître y toucher, nous affaiblir en créant au plan international des contraintes dont ils se jouent et en tirant tout le parti possible de notre infinie aptitude à avoir mauvaise conscience. On doit à leurs idéologues tout un courant de pensée dont on a pris conscience en 1968 et qui entend maintenant exercer son magistère sur notre société. » Beraud doute un peu que les épigones3 de Lénine aient une stratégie aussi élaborée mais convient que leur détermination à nous affaiblir paraît rester intacte. Il a pris l’exemple de la guerre en Ukraine qui s’accompagne de menaces voilées à l’égard des pays avoisinants, des tentatives de déstabilisation de la région et des risques d’intervention dans les processus démocratiques occidentaux. Vous vous demandez si on n’exagère pas ce risque, précisément parce que la culture démocratique de l’Occident, à laquelle les Chinois, les Russes et, globalement, le reste du monde n’a pas su accéder, vous paraît pouvoir l’en prémunir. Vous nous disiez il y a peu que ce conflit d’Ukraine, qui n’en finit plus, pour des raisons qu’on ne cerne pas bien, intéresse nettement moins les Chinois que celui qui clapote dans les eaux du détroit d’Ormuz. Et ce, ajoutez-vous, alors que la cause d’origine, qui était la terreur qu’inspirent les progrès du nucléaire militaire iranien, n’a toujours pas été traitée ! Le développement qu’a connu la Chine, notiez-vous, lui a créé une dépendance qu’elle cherche à satisfaire en important du pétrole, mais aussi en achetant ou en louant des terres à l’extérieur de son territoire pour y cultiver les produits agricoles dont elle a besoin. Et, disiez-vous, ce sont là deux exemples que tout le monde connaît, mais il est vraisemblable qu’elle cherche à s’approprier des ressources en d‘autres domaines, tel que celui des terres rares. Beraud lui a fait remarquer qu’autrefois cette politique était celle des occidentaux qui ne s’interdisaient pas, sous couvert de civiliser les « races inférieures », selon l’expression de Jules Ferry4, de s’approprier une partie des richesses naturelles du reste du monde. « Cette prétention était inconséquente, fit Gastinel, car on pouvait bien s’imaginer que lorsqu’on aurait ouvert les yeux des “races inférieures”, elles n’auraient de cesse de se débarrasser de nous. » Beraud lui a fait remarquer que la quête du Graal représentait certainement moins de difficulté que la recherche d’une cohérence dans nos politiques publiques ; il a appuyé son propos en mentionnant les impasses dans lesquelles nous propulsent des réglementations qui ont des effets antagonistes ; on a certainement de bonnes raisons d’interdire dans certains secteurs la pose de volets ou de ne pas trop désherber au nom de la biodiversité, mais on oublie que les logements sont moins bien protégés du chaud ou du froid et que les herbes folles et les taillis s’enflamment avec enthousiasme au premier mégot. « C’est marrant, fit Mimiquet : on lit sur les autoroutes Mégot jeté, forêt brûlée, mais les voitures neuves n’ont plus de cendriers pour décourager le tabagisme ; cherchez l’erreur ! »
Lors de votre bref passage au Villard, vous avez pu remarquer que nos amis continuent d’ergoter pour un oui comme pour un non et de tenir, sans trop y croire eux-mêmes, des propos un peu excessifs ; ils ne changent pas. Je ne serais pas surpris que ce soit pour cela, pour nos idées à temps et à contre-temps, que vous continuez de bien nous aimer.
Nous vous souhaitons un agréable retour dans ce qui est votre « vraie vie ».

P. Deladret

  1. Cf « Aimer, ce n’est point nous regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction », A. de Saint Exupéry, Terre des hommes, Œuvre autobiographique, 1939.
  2. Tournure d’esprit ayant pour effet de faire douter de l’utilité d’agir.
  3. L’épigone est un disciple sans imagination.
  4. « Les races supérieures ont le devoir de civiliser les races inférieures », Jules Ferry, Discours à la Chambre, 28 juillet 1885.
2026-08-19T13:09:00+02:00

Camp été 2026 > les Grands Cadets

Les Grands Cadets en Espagne et dans les Pyrénées

Pendant deux semaines, on a vécu un camp de malade avec un groupe vraiment au top. Entre la France et l’Espagne, on s’est posés dans quatre campings différents. Bon, il faut avouer que le deuxième camping était un peu horrible, mais au final ça a juste rendu l’expérience encore plus drôle et on a tous kiffé du début à la fin !
Côté sensations et activités, on n’a pas chômé : on s’est attaqués aux rapides en rafting et en canyoning, on est allés s’éclater à Port Aventura, et on a profité à fond de la plage, du soleil et des balades à Salou. On s’est aussi fait un beau programme culturel avec la Cité des Sciences et l’Aquarium de Valence.
Sur le camp, l’ambiance était là tous les jours. On a fait plein de jeux, dont deux super journées à thème (une sur le Mariage et un autre dans l’univers de Tintin). On a aussi pris le temps de faire deux messes ensemble et d’apporter notre contribution à la nature en ramassant les déchets sur nos passages.
En bref : deux semaines d’aventures, de découvertes, de fous rires et de super moments partagés tous ensemble. Merci encore à tous et toutes pour ce camp merveilleux !

Mathilde

2026-08-19T13:19:21+02:00