Olivier

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Camp été 2026 > les Benjamins

Les Benjamins à Larche

C’est avec ce grand camp que s’achève cette année bien remplie avec les Benjamins. Une année remplie de rires, de jeux et de rencontres. Pendant ce camps, les BJ’s accompagnés de leurs animateurs ont fait la rencontre de joueurs de foot célèbres, d’anciens astronautes, d’Alice et du chapelier fou, les trolls, 67,JUL et TK, les sirènes, Kirikou et Karaba la sorcière, les Pom’potes et pleins d’autres encore. Les journées étaient rythmées également par des activités, entre luge d’été, accrobranche, atelier cookies, peinture et baignade au plan d’eau de Jausiers, jamais le temps de s’ennuyer ! Nous avons également passé quelques soirée avec les JKD’s, le feu d’artifice, la demi-finale de la coupe du monde (soirée chargée en émotions ) et évidemment la BOOM !
Et sans oublier la team Scooby qui a suivi les BJ’s durant toute l’année avec toujours besoin de l’aide des Benjamins qui ont su résoudre une fois de plus le problème ! Deux semaines de fous rires, de « six seven », « en amont », « vous aussi ça vous arrive de… », 86, « pilé « , de logobi et de danses et bien évidemment de musique et quand on parle de chanson avec les BJ’s on pense directement à GEORGINA. C’est sur ces merveilleux souvenirs que s’achève notre camp et notre année. Merci pour tous ces moments partagés avec vous les Benjamins ! Merci de la part de tous vos animateurs !

Pénélope

2026-08-19T13:11:25+02:00

Édito septembre 2026 > Animer

Comme à chaque rentrée de l’Œuvre, nous sommes heureux et émerveillés de voir des jeunes de 16 ans s’engager au services des autres en faisant le choix de devenir les animateurs des enfants de l’Œuvre. C’est un beau mot « animer », et cela me donne l’occasion de donner aux filles et aux garçons qui assument cette belle responsabilité quelques conseils et repères, qui peuvent aussi servir à toutes celles et ceux qui sont, d’une manière ou d’une autre, éducateurs.

Se savoir aimé
Animer, c’est rendre vivant, c’est donner une âme. Et peut-être qu’il est bon de garder en tête que c’est d’abord à l’animateur lui-même qu’il est demandé d’en avoir une. Ainsi notre première mission d’animateur, c’est de veiller à discerner ce qui nous motive, nous fait vivre, nous nourrit, donne du sens à notre existence. Dans un monde où souvent on veut nous faire croire que le bonheur réside dans l’apparence ou la consommation, nous découvrons que le partage et le don procurent un bonheur qui dépasse les plaisirs artificiels que l’on nous vend. C’est bien pour cela que les animateurs s’investissent bénévolement et souvent dans la durée : quand on a goûté à cette joie profonde, on est marqué à vie et cela change notre compréhension de l’existence et du bonheur. Dans le cadre de l’Œuvre, ce qui fonde cette découverte, c’est le message évangélique. Jésus vient nous révéler le message de Dieu d’une manière limpide et concrète : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés », c’est-à-dire gratuitement, sans jugement, sans arrière-pensée. Et les animateurs de l’Œuvre savent bien de quoi je parle : ils ont fait l’expérience d’être aimés, accueillis, respectés, mis en confiance, et c’est ce qu’ils désirent vivre à leur tour avec les jeunes dont ils ont la charge. Donc être animateur, c’est veiller à son âme. Une manière d’entretenir cette vie intérieure, c’est de nourrir notre relation à Dieu, par la prière, l’écoute de la Parole de Dieu, la participation aux sacrement et l’engagement – car le chemin le plus court pour rencontrer Dieu passe par le service des plus petits.

Éduquer à la liberté
Animer, c’est veiller à ce que les jeunes découvrent le trésor qui est déjà présent au cœur de leur vie mais qu’ils ne savent peut-être pas encore reconnaître ou nommer. Pour cela il faut les connaître, les prendre au sérieux, s’intéresser à ce qu’ils vivent, les écouter… Dans cette part d’accompagnement, nous sommes authentiquement animateurs, nous les aidons à prendre conscience de la richesse de leur vie et des talents dont ils sont porteurs. Accompagner, c’est aussi parfois ouvrir la route, orienter, conseiller, tout en ayant le souci de faire grandir dans la liberté. Car être libre, ce n’est pas faire toujours tout ce que l’on veut, au risque de rester un enfant capricieux incapable de supporter la frustration ou le partage. Ainsi, animer c’est éduquer à la véritable liberté, vis-à-vis de ce que nous entoure et des influences extérieures, mais aussi par rapport à ce qui résiste en nous et qui nous aliène : les pulsions égoïstes, les traumas de notre histoire, la jalousie… Cela peut paraître paradoxal et il faut beaucoup de délicatesse pour éduquer à la liberté, c’est-à-dire guider sans diriger, éclairer sans éblouir, nourrir sans étouffer, faire la vérité sans condamner… Un bon garde-fou pour l’animateur, c’est de se rappeler qu’il est lui-même en marche, en recherche, et que s’il a une mission et une responsabilité, il n’est pas au-dessus de la mêlée, ni arrivé au bout du chemin. Là encore, nous pouvons nous mettre à l’école du Christ qui est le modèle de l’animateur idéal. C’est bien le symbole du don de la bible aux nouveaux animateurs lors de la remise des clefs de l’Œuvre pendant la messe de la rentrée.

S’ouvrir aux autres
Une autre dimension de la mission de l’animateur, c’est d’ouvrir les jeunes à la rencontre des autres, de tous, dans un esprit d’ouverture, de partage, de solidarité, de respect. Nous ne sommes pas là pour mettre les gens dans des cases ou pour faire des sélections, ni pour nous occuper d’une catégorie particulière de jeunes. Le moyen privilégié dans la pédagogie de l’Œuvre, c’est la vie de groupe et les activités communes, en particulier le jeu. Dans ces moments de vie commune, nous nous éduquons mutuellement à recevoir l’autre comme un cadeau, souvent mystérieux et dérangeant, mais source de découverte et d’humilité. Nous découvrons aussi que nous ne pouvons vivre seul, et qu’avec les autres nous réalisons des choses bien plus belles que si nous étions restés isolés en nous appuyant sur nos seules forces personnelles. Ce n’est pas toujours facile de vivre avec les autres, mais c’est notre vocation. Saint Charles de Foucauld parle de la vocation à la fraternité universelle, qui est une belle manière de nous indiquer la mission de l’animateur. Par le jeu, les activités communes, les camps de vacances, nous découvrons que nous sommes engagés dans une même histoire, liés par un destin commun. Former un groupe, c’est découvrir que chacun a sa part à prendre pour contribuer au bonheur des personnes, à la réalisation de projets collectifs et au bien commun. En tant qu’animateurs, nous sommes invités ainsi à être cohérents par rapport à ce que nous annonçons, et donc à bien veiller à vivre cette fraternité avec ceux avec qui nous partageons la mission et avec qui nous faisons équipe, car nous savons d’expérience que ce qui porte du fruit c’est d’être accompagné par des témoins plutôt que par des donneurs de leçon ou des juges.
s.

Olivier

2026-08-23T09:40:30+02:00

Camp été 2026 > les Jeunes Cadets

Les Jeunes Cadets à Larche

Chers Jeunes cadets, cette prière est pour vous. Je voulais confier cette année et plus particulièrement ce camp au Seigneur, pour que l’amour que vous créez pendant les camps puisse continuer à grandir et à vous suivre pour vos prochaines années à l’œuvre. Vous ne vous en rendez peut-être pas encore compte, mais le groupe que vous avez là peut bien être celui avec lequel vous continuerez à faire des camps et même peut-être que vous passerez animateurs ensemble, qui sait. On vous demande souvent de penser en tant que groupe, en tant qu’unité, mais souvenez-vous de ceux qui vous entourent individuellement.
Alors je voudrais vous dire à tous merci, les uns après les autres, pour ce que vous êtes et pour ce que vous avez apporter à ce groupe.

Merci Eurydice, même si t’es un vrai escargot sous la douche
Merci Guido, toujours dans la lune
Merci Charles, notre petit singe
Merci Stelios, t’es tarpin aimable
Merci Jade, la reine des scoubidous
Merci Lina, pour tes playbacks de star sur nos musiques
Merci Grégoire, grâce à ta maîtrise parfaite du diabolo, tout le monde a pu en profiter
Merci Lucas, avec tes anecdotes en tout genre, on en apprend tous
Merci Madeleine, notre footballeuse
Merci Capucine, avec ton rire qui réveille tout le camping
Merci Aurele, pour ta douceur
Merci Joachim, même si tu souris pas beaucoup on sait que tu nous aimes
Merci Félix, pour ta créativité et ton imagination
Merci Charlie, pour ton sourire contagieux
Merci Quentin, pour ton courage et ta motivation
Merci Laszlo, avec ta voix entre bébé et caira
Merci Mathilde, avec tes 1000 habits dans ta valise
Merci Line, pour ton petit rire de souris
Merci Simon, pour ta passion pour les repas bien garnis
Merci Lynn, pour ta bonne humeur constante
Merci Sacha B, même si tes cheveux sont toujours emmêlés
Merci Isaac, pour ton énergie débordante
Merci Yann, de nous faire rire chaque jour
Merci Amalya, pour ta bonne humeur
Merci Arsène, pour tes talents de goal
Merci Tim, de toujours proposer ton aide aux anims
Merci Joey, pour tes super sacs de douche
Merci Sacha H, pour ton investissement dans les jeux
Merci Nino, pour ta maturité grandissante
Merci Jean, sous tes allures de voyou, on sait que tu as un grand cœur
Merci Lubin, pour ton amour pour la nature
Merci Louma, pour ton bel accent
Merci Adèle, pour ton grand cœur
Merci Rose, pour ton brin de folie
Merci Ewen, même si t’es un vrai casse-cou
Merci Johan, de nous divertir avec les histoires que tu inventes
Merci Leila, avec ta sérénité italienne
Merci Suzanne, de toujours t’occuper des autres
Merci Lenny, même si tu nous rends fous, tu nous fais bien rire
Merci Lara, avec tes longs cheveux de miel
Merci Naomé, pour ta gentillesse
Merci Louise, même si tu débites quand tu parles

Et maintenant, chers animateurs, un immense merci à vous. Les 7 nains, les 7 GOAT, pas les couteaux les plus aiguisés du tiroir, avec vos expressions douteuses, votre humour à faire pipi culotte, vous m’avez régalés cette année.

Merci Louison, notre Loulou, pour ton cœur tout doux. Un vrai fou d’horoscope et même si t’aimes trop nous taper, on sait que tu nous aimes fort.
Merci Maxime, le Max, pour ton énergie. Les enfants te font 100% confiance et nous aussi !
Merci Joséphine, pour ton rire contagieux. Ta bonne humeur rayonne sur tout le groupe, ça fait chaud au cœur.
Merci Louca, aka Louca Bomba, ton accent doré et ta chillance me font rêver. Tu maîtrises le diabolo comme un vrai cirquien.
Merci Julie, la boudeuse du groupe. Ton rire de folle nous fait complètement délirer et c’est pour ça qu’on t’aime.
Merci Hector, le H2B, qu’est-ce que tu nous as fait rire cette année. Avec toi on peut tout aussi bien parler sérieusement que rire aux larmes et c’est ce qui fait ta force.

Alors voilà, cette année touche à sa fin. Merci à toutes les personnes qui ont rendu ce camp possible. Ce camp a été possible grâce à vos animateurs mais aussi grâce à vous, votre bonne humeur, votre investissement. Continuez à rester comme vous êtes, vous êtes les pièces du grand puzzle du groupe des Jeunes Cadets. C’est votre groupe, prenez-en soin.

Zoë

2026-08-19T13:14:02+02:00

L’Évangile du mois de septembre 2026

L’Évangile du mois de septembre que nous lirons dimanche 13 septembre.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu

Alors Pierre s’approchant lui dit : « Seigneur, si mon frère pèche contre moi, combien de fois lui pardonnerai-je ? Jusqu’à sept fois? » Jésus lui dit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois. C’est pourquoi le royaume des cieux est semblable à un roi qui voulu régler ses comptes avec ses serviteurs. Quand il se mit à régler les comptes, on lui amena un débiteur de dix mille talents. Comme il n’avait pas de quoi payer, son maître ordonna qu’on le vendît, lui, sa femme, ses enfants et tout ce qu’il avait pour que paiement fût fait. Alors le serviteur, tombé à ses pieds, demeurait prosterné, disant : « Seigneur, aie patience envers moi, et je te paierai tout. » Touché de compassion, le maître de ce serviteur le laissa aller et lui remit sa dette. Ce serviteur, à peine sorti, rencontra un de ses compagnons de service, qui lui devait cent deniers. L’ayant saisi à la gorge, il l’étouffait, disant : « Paie ce que tu dois. » Son compagnon de service, tombé à ses pieds, le suppliait, disant : « Aie patience envers moi, et je te paierai. » Mais lui ne voulait pas, et il s’en alla le faire mettre en prison jusqu’à ce qu’il eût payé sa dette. Ce que voyant, ses compagnons de service furent grandement contristés, et ils vinrent raconter à leur maître ce qui s’était passé. Alors le maître le fit appeler et lui dit : « Serviteur méchant, je t’ai remis toute cette dette, parce que tu m’as supplié. Ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon de service, comme moi-même j’ai eu pitié de toi ? Et son maître irrité le livra aux bourreaux, jusqu’à ce qu’il eût payé toute sa dette. Ainsi vous traitera mon Père céleste, si chacun de vous ne pardonne à son frère du fond du cœur. »

Le contexte de cet Évangile
En Orient, chacun sait que le marchandage est très ancré dans la culture. Pierre fait partie de cette culture-là et il verrait bien Dieu fixer une limite à son pardon. Mais à quel seuil ? Rien de mieux qu’une parabole pour faire comprendre à Pierre l’absurdité de sa question. Une fois de plus, c’est à partir la remarque d’un disciple que Jésus nous enseigne.

Quelques éléments qui pourront t’aider
Tout d’abord, rendons à Pierre ce qui est à Pierre. Proposer de pardonner sept fois n’est déjà pas si mal. Il suffit de transposer cela dans nos vies. Sauf que Jésus va au-delà et propose de pardonner davantage.

Une histoire en trois actes
Le roi a pitié de cet homme qui a une dette considérable et qui nécessiterait plusieurs années pour être remboursée. Or, cet homme ne fait pas preuve de la même pitié vis-à-vis de son compagnon lorsqu’une situation analogue se présente à lui. Pourtant les sommes en jeu sont infiniment plus modestes. Enfin, le roi lui fait remarquer sa grande dureté de cœur.

Tout cela pour nous dire quoi ?
Le Dieu auquel nous croyons a pitié des hommes. Étymologiquement, c’est une émotion qui prend aux entrailles. Rien à voir avec de la condescendance. Dieu nous appelle à faire preuve de cette même pitié envers les autres non pas dans une logique de calcul mesquine mais dans une logique de surabondance.
Si la loi du Talion (« Œil pour œil, dent pour dent ») est déjà une grande avancée dans l’histoire de l’humanité en tant qu’elle limite la spirale de la violence, il nous faut passer peu à peu de cette vengeance mortifère au pardon.

Une fin bien peu évangélique ?
La fin peut choquer mais elle est d’un grand réalisme. Lorsqu’on s’habitue à vivre les uns avec les autres dans une logique d’affrontement où le pardon n’existe pas, comment imaginer que Dieu puisse pardonner lui aussi ? Ainsi, sans s’en rendre compte, notre cœur devient dur, imperméable et ne peut recevoir ce pardon. En définitive, ce n’est pas Dieu qui cesse de pardonner mais nous-mêmes qui sommes devenus incapables de le recevoir.

Pardon oui mais…
Attention, cette question du pardon est beaucoup plus délicate qu’il n’y parait. Le pardon divin ne vient nullement excuser ou minorer l’offense et la faute. Dieu n’offre son pardon, sa remise de dette, qu’en raison du repentir du débiteur : je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Cependant, cette sincérité est doublement refusée. Ce triste personnage est avant tout un coupable, et non une victime. Il est bien celui qui, ayant été offenseur, continue à offenser, incapable de donner comme de recevoir le pardon.
Le pardon de Dieu n’a pas ouvert ce « serviteur » à une réelle conversion : il a continué à se servir. On ne réussit pas à tous les coups. Dieu se soumet à notre volonté. Quel grand mystère !

Didier Rocca

2026-08-19T12:59:21+02:00

Camp été 2026 > les Cadets

Les Cadets autour du lac de Serre-Ponçon

On est partis pour vivre deux semaines ensemble autour du lac de Serre-Ponçon, et finalement, il s’est passé beaucoup plus de choses que prévu. Des journées remplies, des veillées pleines d’émotions, des moments où tout le monde était KO… et d’autres où il fallait improviser (les orages nous ont guettés). Entre les activités, les repas, les services, les jeux des enfants et tous les moments de vie, chacun a apporté sa touche à ce camp.
Notre périple a commencé à Embrun, dans le premier camping (trés silencieux) avec au programme : accrobranche, paintball, aquaparc… C’est lors de ces premiers jours qu’on a tous appris a se connaitre ou se retrouver à travers des jeux de connaissance, les jeux organisés par les enfants et les bons p’tits plats de Marc, Véro et Stan !
Direction l’autre côté du lac, dans le deuxième camping, en commençant par une rando annulée par le mauvais temps (mais rattrapée par une belle discussion à la belle étoile autour du sujet : « être soi-même ». Le lendemain, pas le temps de se reposer, direction le rafting ! On a découvert les gorges cachées aux alentours de Serre-Ponçon à travers une descente extrême !
On arrive malheureusement au dernier camping, l’ambiance est au max et cette dernière partie est directement annoncée par l’arrivée de Bad Bunny et son ennemi Donald Trump qui viennent passer la journée avec nous pour nous faire découvrir l’Amérique (accompagnés de Charles, Momo, Nasser, Rosalia et Zilia). On finit cette belle aventure avec des tours de bouée tractée, une petite randonnée et une magnifique nuit à la belle étoile 😉
Alors, merci les cadets, merci pour cette belle aventure, les baignades inoubliables, les fou-rires interminables, les bracelets, les showcases et tout ces souvenirs ineffaçables ! On se capte à l’Œuvre 🙂

Joseph

2026-08-19T13:16:48+02:00

Lettre du Villard – Août 2026

Le 15 août 2026

Cher ami,
Nous ne vous remercierons jamais assez d’avoir pris le temps, sitôt de retour de Shanghai, de venir nous marquer votre amitié en nous rendant visite au Villard. Nous ne doutons pas que vous ayez eu plaisir à retrouver ce hameau auquel vous rattachent tant de souvenirs, mais vous avez pu voir aussi à quel point nous étions touchés que vous soyez à ce point heureux de nous revoir. Ce n’est pas tous les jours qu’on a l’impression de compter pour d’autres ! Nous vivons si souvent à côté les uns des autres, dans des relations d’indifférence ou d’intérêt ! On regarde, certes, parfois dans la même direction, mais on oublie souvent de se regarder l’un l’autre1. Je ne suis pas certain que Saint Ex’ ait perçu toute la complexité des relations humaines. Vous avez donc retrouvé l’univers social et professionnel qui est le vôtre, avec des responsabilités encore plus importantes que par le passé. C’est un point, m’avez-vous dit, qui vous inquiète un peu. Après avoir pendant plus d’un an travaillé en Chine dans un monde industriel et sans états d’âme, vous craignez, en effet, d’être maintenant en face de collaborateurs qui intéressent moins la réussite professionnelle que le fait de disposer d’un niveau de revenu leur permettant de vivre sans se créer trop d’obligations. Vous aviez déjà évoqué la question avec les amis du Villard avant de partir pour Shanghai ; l’ami Béraud avait relevé qu’il n’était pas déraisonnable de se satisfaire d’une certaine qualité de vie, plutôt que de s’épuiser à chercher à atteindre un niveau de vie supérieur au prix d’efforts dont on n’est pas certain du résultat ; Mimiquet avait renchéri, en affirmant qu’en agitant le hochet de l’espoir d’une ascension sociale, ceux qui sont en haut de l’échelle accentuent l’exploitation de ceux qui sont en bas. Les braves gens, avait-il continué, ont besoin de croire en un avenir meilleur auquel ils espèrent accéder en appuyant toujours plus fort sur les pédales du vélo. Il avait, ce disant, provoqué Gastinel qui pense et dit tout haut, que l’homme doit avoir le culte de l’effort qui lui permet de vaincre ce qu’il appelle la pesanteur de sa condition, d’affûter sa curiosité, de prendre du recul et d’innover. Cela a bien fait rire Béraud qui doute que le culte de l’effort rende clairvoyant un sot intrinsèque ; il est cependant bien conscient qu’il n’y a rien de plus efficace pour stagner que de garder les deux pieds dans le même sabot. Nous nous étions interrogés sur ce qui pouvait provoquer cet « aquoibonisme »2. Gastinel s’est demandé s’il ne s’agit pas d’une des armes idéologiques des lénino-trotskystes qui entendraient ainsi alanguir l’Occident. « Depuis plus d’un siècle, fit-il, ces braves gens n’ont d’autre but que de, sans paraître y toucher, nous affaiblir en créant au plan international des contraintes dont ils se jouent et en tirant tout le parti possible de notre infinie aptitude à avoir mauvaise conscience. On doit à leurs idéologues tout un courant de pensée dont on a pris conscience en 1968 et qui entend maintenant exercer son magistère sur notre société. » Beraud doute un peu que les épigones3 de Lénine aient une stratégie aussi élaborée mais convient que leur détermination à nous affaiblir paraît rester intacte. Il a pris l’exemple de la guerre en Ukraine qui s’accompagne de menaces voilées à l’égard des pays avoisinants, des tentatives de déstabilisation de la région et des risques d’intervention dans les processus démocratiques occidentaux. Vous vous demandez si on n’exagère pas ce risque, précisément parce que la culture démocratique de l’Occident, à laquelle les Chinois, les Russes et, globalement, le reste du monde n’a pas su accéder, vous paraît pouvoir l’en prémunir. Vous nous disiez il y a peu que ce conflit d’Ukraine, qui n’en finit plus, pour des raisons qu’on ne cerne pas bien, intéresse nettement moins les Chinois que celui qui clapote dans les eaux du détroit d’Ormuz. Et ce, ajoutez-vous, alors que la cause d’origine, qui était la terreur qu’inspirent les progrès du nucléaire militaire iranien, n’a toujours pas été traitée ! Le développement qu’a connu la Chine, notiez-vous, lui a créé une dépendance qu’elle cherche à satisfaire en important du pétrole, mais aussi en achetant ou en louant des terres à l’extérieur de son territoire pour y cultiver les produits agricoles dont elle a besoin. Et, disiez-vous, ce sont là deux exemples que tout le monde connaît, mais il est vraisemblable qu’elle cherche à s’approprier des ressources en d‘autres domaines, tel que celui des terres rares. Beraud lui a fait remarquer qu’autrefois cette politique était celle des occidentaux qui ne s’interdisaient pas, sous couvert de civiliser les « races inférieures », selon l’expression de Jules Ferry4, de s’approprier une partie des richesses naturelles du reste du monde. « Cette prétention était inconséquente, fit Gastinel, car on pouvait bien s’imaginer que lorsqu’on aurait ouvert les yeux des “races inférieures”, elles n’auraient de cesse de se débarrasser de nous. » Beraud lui a fait remarquer que la quête du Graal représentait certainement moins de difficulté que la recherche d’une cohérence dans nos politiques publiques ; il a appuyé son propos en mentionnant les impasses dans lesquelles nous propulsent des réglementations qui ont des effets antagonistes ; on a certainement de bonnes raisons d’interdire dans certains secteurs la pose de volets ou de ne pas trop désherber au nom de la biodiversité, mais on oublie que les logements sont moins bien protégés du chaud ou du froid et que les herbes folles et les taillis s’enflamment avec enthousiasme au premier mégot. « C’est marrant, fit Mimiquet : on lit sur les autoroutes Mégot jeté, forêt brûlée, mais les voitures neuves n’ont plus de cendriers pour décourager le tabagisme ; cherchez l’erreur ! »
Lors de votre bref passage au Villard, vous avez pu remarquer que nos amis continuent d’ergoter pour un oui comme pour un non et de tenir, sans trop y croire eux-mêmes, des propos un peu excessifs ; ils ne changent pas. Je ne serais pas surpris que ce soit pour cela, pour nos idées à temps et à contre-temps, que vous continuez de bien nous aimer.
Nous vous souhaitons un agréable retour dans ce qui est votre « vraie vie ».

P. Deladret

  1. Cf « Aimer, ce n’est point nous regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction », A. de Saint Exupéry, Terre des hommes, Œuvre autobiographique, 1939.
  2. Tournure d’esprit ayant pour effet de faire douter de l’utilité d’agir.
  3. L’épigone est un disciple sans imagination.
  4. « Les races supérieures ont le devoir de civiliser les races inférieures », Jules Ferry, Discours à la Chambre, 28 juillet 1885.
2026-08-19T13:09:00+02:00

Camp été 2026 > les Grands Cadets

Les Grands Cadets en Espagne et dans les Pyrénées

Pendant deux semaines, on a vécu un camp de malade avec un groupe vraiment au top. Entre la France et l’Espagne, on s’est posés dans quatre campings différents. Bon, il faut avouer que le deuxième camping était un peu horrible, mais au final ça a juste rendu l’expérience encore plus drôle et on a tous kiffé du début à la fin !
Côté sensations et activités, on n’a pas chômé : on s’est attaqués aux rapides en rafting et en canyoning, on est allés s’éclater à Port Aventura, et on a profité à fond de la plage, du soleil et des balades à Salou. On s’est aussi fait un beau programme culturel avec la Cité des Sciences et l’Aquarium de Valence.
Sur le camp, l’ambiance était là tous les jours. On a fait plein de jeux, dont deux super journées à thème (une sur le Mariage et un autre dans l’univers de Tintin). On a aussi pris le temps de faire deux messes ensemble et d’apporter notre contribution à la nature en ramassant les déchets sur nos passages.
En bref : deux semaines d’aventures, de découvertes, de fous rires et de super moments partagés tous ensemble. Merci encore à tous et toutes pour ce camp merveilleux !

Mathilde

2026-08-19T13:19:21+02:00

Lettre du Villard – Mai 2026

Le 15 mai 2026

Cher expatrié,
Nous sommes doublement heureux d’apprendre que votre retour en France est confirmé et que vous pourrez vous rendre au Villard pour la fête du 15 août. Les semaines qui vous séparent du jour de votre départ de Chine sont assez occupées, nous dites-vous, par les réceptions d’adieux auxquelles vous êtes conviés par les relations que vous vous êtes faites à Shanghai. Je crois comprendre, cependant, que vous n’êtes pas mécontent de retourner « en terre gauloise » comme vous dites. Vous êtes un peu lassé de la vie dans cette ville, où, au fil des mois, vous devenez moins sensible au pittoresque et au dépaysement. À la lecture de vos lettres, je crois également comprendre que vous ressentez un effacement croissant de l’apparence de démocratie qui paraissait jusqu’alors convenir au régime. Les relations que vous avez établies avec les personnes qui constituent les cercles dans lesquels vous avez évolué vous semblent en outre de plus en plus factices. Cela ne me surprend pas car les départs, les ruptures, sont, que l’on soit en Chine ou en France, et quel que soit le domaine, professionnel, amical, associatif, l’occasion de « mises en perspective », comme on dit maintenant. On apprécie alors mieux l’étendue réelle du champ des personnes qui comptent pour nous et pour qui nous comptons ; on distingue mieux ceux qui nous fréquentaient, ou que nous fréquentions, faute de mieux, en quelque sorte, par besoin de sociabilité. On repère mieux ceux que Mimiquet appelle les « adolphins », en référence à l’Adolphin que, dans Manon des sources1, le curé évoque pour parler de ceux qu’on ne voit que lorsqu’ils ont besoin de vous . Cette année d’éloignement nous a apporté la confirmation – mais en doutions-nous ? – que notre relation ne devait rien au besoin d’occuper du temps ni à l’intérêt. Même si vous vous êtes tenu informé de ce qui se passe ici, je crains que vous ne soyez un peu décontenancé par l’évolution de l’ambiance de notre société. L’ami Gastinel, chez qui nous prenions hier l’apéritif, a relevé qu’il percevait une dureté nouvelle dans les rapports sociaux, un climat fait d’agressivité, de mise en cause permanente, et qu’il avait l’impression de se replier de façon involontaire sur lui-même, en quelque sorte pour se protéger de ce qui le blessait. Beraud partage assez ce ressenti mais se demande s’il ne résulte pas de l’audience donnée aux opinions généralement excessives que véhiculent les réseaux sociaux.
L’audience donnée aux opinions que véhiculent les réseaux sociaux
Poulenc, qui nous montrait les photos d’un voyage dont il revenait, a fait remarquer qu’il était assez normal qu’on tombe souvent sur des propos excessifs sur les réseaux sociaux, car qui s’y complait sinon ceux qui ne veulent pas entendre que leur vérité n’est peut-être pas La Vérité. Mimiquet, qui venait de faucher notre pré et s’était joint à nous, a tenu un discours nettement plus tranché, qui nous a un peu troublés : « Il faudra vous y faire ! Le monde policé, au moins en apparence, que nous avons connu ne reviendra plus. Il a été bien entendu qu’il était interdit d’interdire et tout un chacun s’estime en droit de dire ce qui lui plaît, de la façon qui lui plaît. L’esprit de Mai 68 était, en un certain sens, un privilège de caste ; il s’est en quelque sorte démocratisé. » Beraud lui a fait remarquer que, sans l’informatique qui s’est généralisée depuis, la diffusion de cette pensée aurait sans doute pris plus de temps, mais qu’effectivement nous en étions à un stade où invoquer les contraintes du contrat social devenait pratiquement attentatoire aux libertés. « Vous permettrez, dit Gastinel, que je fasse entendre ma différence, comme on dit aujourd’hui, par rapport à votre propos, car vous ne nous ferez pas croire qu’on puisse aujourd’hui dire ce qui ne va pas dans le sens de la pensée dominante ou qui n’agrée pas à telle ou telle catégorie de personnes dont on craint les réactions violentes. La sortie du film2 sur l’assassinat de ce professeur dont l’enseignement n’a pas convenu à des familles d’élèves, montre le décalage culturel qui fait que certains ne se contentent pas de refuser d’entendre les opinions qu’ils ne partagent pas mais transposent en outre dans notre société des pratiques qui lui sont étrangères. » Béraud a ajouté « Soyons charitables : ne parlons pas de la pleutrerie de ceux qui étaient responsables de ce pauvre homme et qui l’ont laissé tomber, pour ne pas faire de vagues, pour ne pas paraître vouloir influencer les élèves… On pousse la poussière sous le tapis en feignant de croire qu’elle se tassera ou s’évaporera. » Je leur ai rappelé le mot d’Henri Queuille, plusieurs fois Président du Conseil. « Il n’est pas un problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout. »
Pousser la poussière sous le tapis
On attend, en faisant le moins de vagues possibles, en déclarant que « ça finira bien par s’arranger », sans trop y croire, mais pour avoir la paix. « On est dans le déni, dit Poulenc ; on feint bien souvent de croire que les faits prendront le sens qu’on souhaite, même si la logique le condamne. Les exemples sont multiples, depuis les unions matrimoniales « mal assorties », jusqu’aux traités internationaux de libre échange comme le Mercosur qu’on a signé sans savoir où cela nous mènerait ou celui qui vient d’être conclu avec l’Inde. » Béraud a fait remarquer que le déni n’était certes pas une attitude courageuse, mais que si cela permettait de maintenir la paix sociale, ce n’était pas un effet négligeable et que, par ailleurs, pour les casuistes qui savent distinguer diverses catégories de mensonges, il n’est peut-être pas à exclure que le fait de pousser la poussière sous le tapis ne puisse pas être considéré comme une prise de décision… différée. La bronca qu’ont soulevé ses propos l’a conduit à se tirer d’affaire par une pirouette en déclarant : « À propos de poussière, savez-vous ce qu’en dit Alexandre Vialatte ? L’homme n’est que poussière… C’est dire l’importance du plumeau ! »
Soyez rassuré, nous ferons en sorte de bien nous tenir lorsque vous viendrez nous voir. D’ici là, veillez à ne rien oublier à Shangaï car vos amis chinois sont certainement capables de vous renvoyer, en port dû, la poussière que vous auriez oubliée sous votre natte.
À nos marques habituelles d’amitié s’ajoutent nos souhaits de bon voyage !

P. Deladret

  1. Manon des sources, film de Marcel Pagnol, 1952 (dont le scénario est à l’origine du roman publié en 1962).
  2. L’abandon, film de Vincent Garenk, 2026.
2026-05-25T09:08:09+02:00

Édito juin 2026 > Dieu comme un soleil

Pour comprendre ce qu’est l’Esprit Saint – le Verbe de Dieu, sa puissance d’amour, cette manière de l’appréhender comme présence au cœur de notre vie – je vous propose une comparaison avec le Soleil. Elle est sans doute un peu simpliste et limitée, mais elle peut nous aider à appréhender ce à quoi les chrétiens croient. Le Soleil, force d’énergie considérable, est à la source de la vie et de toute l’énergie de notre planète, comme de celle des autres éléments de notre système solaire. Ce qui permet d’avoir de l’énergie et de la vie sur Terre provient de différents cycles de transformation : la photosynthèse et d’autres processus qui produisent l’oxygène , le pétrole, le gaz, le charbon, les déplacements des plaques tectoniques, les mouvements de l’eau et des masses d’air, qui ont tous leur origine dans les apports énergétiques du Soleil… Les êtres humains sont le résultat d’une évolution longue et magnifique qui n’aurait pas pu avoir lieu sans l’énergie première qui vient du Soleil. Que nous respirions, que nous nous nourrissions ou que nous utilisions un appareil électrique ou thermique, nous puisons dans cette énergie. Cela peut nous aider à comprendre comment les croyants appréhendent l’action de Dieu : Il est source de vie, d’amour, de force. Il ne décide pas de tout ce qui se passe, mais il ne cesse de fournir son énergie, tout en nous laissant libre de l’utiliser et d’en faire le meilleur usage possible. Cette énergie, nous pouvons la nommer avec des mots religieux : l’amour de Dieu, la puissance de Dieu, le Verbe de Dieu, l’Esprit Saint.

Amour sans frontière
Cette manière de voir les choses peut aussi nous permettre de comprendre que l’amour de Dieu n’a pas de frontières. Partout où nous voyons les fruits de l’énergie, nous pouvons revenir à la source première qu’est le Soleil. Il en va de même pour l’Esprit Saint : partout où nous sommes témoins de fraternité, de justice, de solidarité, d’amour, nous pouvons discerner l’action de l’amour de Dieu. Nous ne pouvons imposer cette vision à ceux qui ne partagent pas nos références religieuses, mais nous sommes en droit, avec le regard de la foi, de reconnaître cette présence au cœur de tous, qu’ils soient croyants ou non, qu’ils s’inscrivent dans une religion ou dans une autre… Nous croyons que c’est à la même source que nous puisons nos capacités d’aimer et nos forces de vie. Certains expriment cela par des mots religieux, d’autres par ce qu’ils appellent les valeurs ou les principes, qu’ils soient humanistes ou philosophiques.

Les religions seraient-elles nocives ?
On peut alors se demander pourquoi on se casse la tête à mettre des mots religieux sur cette réalité, pourquoi on organise des structures humaines pour expliciter cette énergie, pourquoi on propose des rites et un culte au nom de cet amour de Dieu ? Quand on regarde l’histoire de l’humanité, on voit que souvent les religions ont été instrumentalisées au service d’idéologies qui n’avaient de religieuses que le nom et qui ne cherchaient pas le bonheur et l’épanouissement des femmes et des hommes qui y croyaient. Combien de manipulations, de génocides et d’atrocités ont été commises au nom de Dieu et des religions… Les religions sont gérées par des hommes, qui sont par nature faillibles et fragiles. Si elles ont été source de malheurs pour certains, ce n’est pas la nature de la religion ou de la divinité qui en est la cause, mais c’est la capacité de l’être humain à dévoyer les plus belles choses pour assouvir des désirs de conquêtes, de pouvoir, de vengeance, de violence. Les hommes ont instrumentalisé les religions parce qu’ils savaient qu’ils pouvaient profiter de la vulnérabilité de ceux qui étaient dans une démarche de foi et de confiance, mais ils auraient trouvé d’autres leviers que la religion pour arriver à leurs fins.

Les religions, moyen d’incarner l’amour…
Si des rites et des structures existent encore pour accompagner la vie des croyants, c’est parce qu’en tant qu’humains, nous avons besoin de concrétiser ce que nous vivons intérieurement. Si la foi ne s’incarne pas, elle risque de s’éteindre. On ne peut se contenter d’aimer quelqu’un de manière uniquement sentimentale ; si l’amour ne passe pas par des mots, des gestes, des contacts, alors il s’étiole. Pour vivre notre foi, c’est pareil : nous avons besoin de nous retrouver pour célébrer et comprendre physiquement cette présence d’amour qui vient de Dieu. Cela nous aide à prolonger notre pratique spirituelle par un passage à l’acte : une foi sans action n’est rien, une pratique rituelle sans pratique fraternelle et solidaire n’est que du vent. Comme l’énergie n’est palpable que dans ce qu’elle produit, l’amour se révèle par ce qu’il produit dans le cœur des hommes et dans ce qu’il fait poser comme gestes. On ne peut pas distinguer l’amour en tant que tel, mais on en voit le résultat dans la vie des gens, dans les interactions humaines, dans les capacités de don, de gratuité, de sacrifice qu’il engendre.

Olivier

2026-05-25T08:47:46+02:00

L’Évangile du mois de juin 2026

Nous lirons ce passage le 28 juin, le dernier dimanche d’ouverture de l’Œuvre.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu

Jésus disait aussi à ses Apôtres : « Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre : je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. Oui, je suis venu séparer l’homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère : on aura pour ennemis les gens de sa propre maison. Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera. Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste. Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »

Le contexte
Cet extrait de l’Évangile selon saint Matthieu s’inscrit dans un discours de Jésus auprès de ses disciples et même ici auprès du cercle restreint des Douze.
Des disciples

face à l’adversité
La venue de Jésus de façon tout à fait paradoxale devient un lieu de contestation et d’opposition. C’est tout de même étonnant alors qu’il prêche l’amour du prochain et même des ennemis.
Les adversaires aux disciples du Christ seront nombreux, jusqu’au sein de son cercle le plus proche et même dans sa famille. Ils viennent de toute part, les partisans d’Hérode, les pharisiens, les zélotes… L’adhésion au Christ provoquera et provoque encore des persécutions. C’est ainsi que le disciple sera parfois confronté à un choix difficile, un conflit de loyauté : le Christ ou sa famille. Entre la pauvreté évangélique et le patrimoine, entre le chemin sinueux et sa propre maison, entre la vérité de la croix et un semblant de paix. C’est ce que développent les versets suivants.
Ce n’est pas bien sûr que Jésus veuille la guerre mais se positionner pour ou contre lui, pour ou contre son discours, sépare ceux qui adhérent à sa personne avec les autres.

À cause de moi
En apportant ce glaive « malgré lui » ou « à cause de son nom », Jésus ne prêche pas la pertinence de la guerre sainte ou juste, de la nécessité des conflits. Il n’entre pas dans une logique de haine. Jésus suggère qu’il faut encore aimer et non haïr ces proches qui ont rejeté celui ou celle qui a préféré le Christ : ce fils ou cette fille, ce père ou cette mère. Il ne s’agit pas d’opposer l’amour du Christ à la haine des parents, mais de continuer à aimer. Cependant, le salut et le bonheur du disciple ne sont plus au sein du cercle familial, mais dans le Christ. Pour la mission des Apôtres, il y a un choix radical à faire : perdre son lieu de vie habituel, à cause du Christ, pour y gagner le salut.

Prophète et juste
Le fait de quitter sa famille, son village n’est pas un choix pour la solitude. Le Christ s’identifie à ce disciple qui l’a préféré : Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. Ce faisant, le discours exige des autres disciples à devenir une maison, une nouvelle famille pour celui qui a tout perdu aux yeux des hommes : son nom et son patrimoine. Ce dernier reçoit le qualificatif de prophète et de juste. Deux termes qui riment avec « persécuté » et font écho au risque missionnaire et à la fidélité en Christ. Cette insistance à accueillir le rejeté à cause de sa foi, et à subir par voie de conséquences la colère d’une famille, évoque probablement, au temps de Matthieu, les réticences de certains apôtres et disciples à faire preuve d’une telle charité envers l’un des ces petits qui ont tout perdu.

« Il ne perdra pas sa récompense »
Nous sommes parfois gênés lorsque Jésus parle de récompense. Il y aurait dans ces propos une forme d’infantilisation malsaine. Une forme de retour à une théologie du mérite : Si tu es gentil, tu auras une récompense. À chacun de comprendre que la récompense, c’est la joie de recevoir Jésus, son salut, son amour.

Didier Rocca

2026-05-25T09:06:23+02:00