Olivier

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Camp hiver 2026 > les Jeunes Cadets

Les Jeunes Cadets à Larche

Pendant ce camp d’hiver à Larche, les JKD ont vécu des aventures incroyables ! La rencontre avec les mystérieux Agent N et Agent G, à la recherche de jeunes futés pour les aider dans leurs missions « impossibles », a lancé le séjour et le défi a été relevé avec brio.
Au programme : les Jeux Olympiques de jeux de société version géante, où les équipes se sont affrontées dans une ambiance de folie, entre rires, stratégie et bonne humeur. La participation à l’émission « Question pour un champignon » a permis de répondre à toutes sortes de questions et de se concerter pour en gagner d’autres.
Ensuite, le tour du monde avec Marco et Polo a été une belle aventure. Ces derniers cherchaient une personne pour les accompagner… mais au final, ils ont trouvé non pas une mais deux nouvelles recrues pour leurs péripéties !
Le moment le plus mémorable restera la visite des 7 nains, victimes d’un sort de la sorcière qui avait échangé chaque nain avec un autre. Toute la journée, les Jeunes Cadets ont tout fait pour aider chacun à retrouver sa personnalité. Les nains, eux, ont dû faire semblant d’être tous unis en prenant une photo avec leur groupe de ski pour tromper la sorcière. Puis, pour lui faire plaisir, de gigantesques miroirs ont été construits dans la neige… ce qui a fini en énorme bataille de pommes empoisonnées ! Grâce à l’esprit d’équipe des JKD’s, les nains ont finalement retrouvé leur véritable identité.
Entre descentes en ski, batailles de boules de neige et activités en équipe, le courage, l’énergie et la solidarité ont été au rendez-vous. La semaine s’est terminée par un grand ménage, la préparation des valises et un dernier au revoir à Larche avant de repartir à Marseille, le cœur rempli de souvenirs !
Merci à nos Jeunes Cadets d’être aussi formidables et toujours de bonne humeur, nous avons hâte de vous retrouver au camp de Pâques !

Joséphine & Louca

2026-03-24T11:51:05+01:00

L’Évangile du mois d’avril 2026

L’Évangile du mois sera proclamé le jour de Pâques. Christ ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean

Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala vient à la tombe très tôt le matin, quand il fait encore noir, et elle voit que la pierre a été retirée du tombeau. Alors elle part en courant et arrive chez Simon-Pierre et l’autre disciple que Jésus aimait. Et elle leur dit : « Le Seigneur a été enlevé de la tombe et nous ne savons pas où on l’a mis. »
Pierre sort aussitôt avec l’autre disciple, et ils vont à la tombe. Ils courent tous les deux, et l’autre disciple, qui court plus vite, arrive avant Pierre à la tombe. Là il se penche et voit les linges tombés à plat, mais il n’entre pas. Pierre arrive alors derrière lui et pénètre dans la tombe ; lui aussi voit les linges posés à plat. Le suaire qui enveloppait la tête n’est pas posé avec les linges, mais à part : il est roulé à un autre endroit. Alors entre l’autre disciple, celui qui est arrivé le premier à la tombe ; il voit et il croit. C’est qu’ils n’avaient pas encore compris l’Écriture : « il fallait » qu’il ressuscite d’entre les morts !

Le contexte
Le vendredi soir, Jésus est mort et mis au tombeau. Le dimanche matin, Marie-Madeleine, une de celles qui a suivi Jésus jusqu’à sa mort en croix retourne au tombeau. Cet Évangile est la première partie du récit. La suite racontera la rencontre de Marie-Madeleine avec celui qu’elle prend pour le gardien mais qui n’est autre que Jésus lui-même.

Le premier jour de la semaine…
Cette indication temporelle rappelle le premier récit de la création, comme si un nouveau monde apparaissait. Marie-Madeleine est en marche alors que le jour n’est pas levé. La lumière ne brille pas encore en elle. C’est compréhensible puisqu’elle part à la rencontre d’un cadavre. De même que la parole divine fait la lumière au commencement du monde, de même, il faudra une parole pour que Marie-Madeleine reconnaisse le Ressuscité. Cette scène évangélique inaugure une nouvelle création.

Pas de preuve…
Pour nous parler de la résurrection de Jésus, Jean insiste sur la pierre qui a été retirée et sur l’absence du corps. Ces indices sont à priori bien minces pour prouver cette résurrection. Autant dire que les éléments matériels ne suffiront pas pour conclure quoique ce soit. Il faudra la foi…

La réaction de Marie-Madeleine…
Marie-Madeleine voit que la pierre a été enlevée, elle ne va pas plus loin dans son observation. Revient alors une question sans cesse évoquée dans les évangiles à propos de Jésus : D’où vient-il ? Où est-il ? Son absence est une énigme que le temps lèvera mais pour elle, il n’est pas question de résurrection, elle en est à un possible enlèvement.

Il vit et il crut…
La foi du disciple repose sur la constatation d’un fait mais il lui manque encore la rencontre du Seigneur pour se déployer et devenir missionnaire. Le tombeau ouvert témoigne d’une absence (pas de corps) mais aussi d’une présence (Il est ressuscité !) plus forte puisqu’elle suscite la foi. Autrement dit, le disciple voit l’absence mais il croit en la présence. Entre le voir et le croire, il y a une part d’inexplicable, d’inouï. C’est pourquoi, Pierre et Jean s’en retournent chez eux comme pour indiquer que la révélation est inachevée et qu’elle n’a pas encore sur eux les effets qu’elle produira plus tard.

Pour actualiser…
Nous qui lisons ce passage aujourd’hui, nous aimerions dire à Pierre et à l’autre disciple Jean : « Mais, vous ne comprenez donc pas, Jésus est ressuscité, allez l’annoncer au monde entier, ne perdez pas de temps. » Or, ils semblent bien lents à croire. Cela ne devrait pas tant nous étonner que cela. Ne sommes-nous comme eux ? Nous savons depuis près de deux mille ans que le Christ est ressuscité. Nous aussi, nous balbutions dans notre foi. Avouons-le, nous ne sommes pas plus malins que Pierre et Jean. Nous avons tant de mal à croire en cette résurrection. Nous avons tant de mal à nous laisser transformer au quotidien par cette si grande nouvelle… La mort est morte, elle est ce passage que Jésus a emprunté le premier !
N’ayons pas peur…
…de transmettre ce message qui est le cœur de notre foi : Aucune situation humaine est sans issue, rien n’est jamais totalement « foutu ».
Confiné dans son tombeau, Jésus s’en délivre et par la même occasion, il nous invite à sortir des nôtres, de nos nostalgies, de nos idées noires, de notre découragement.

Didier Rocca

Christ est ressuscité.
La mort est morte. 

Un avenir est toujours possible. 

Rien n’est jamais foutu.
Alléluia ! 

Christ est vivant et chacun de nous avec Lui !

2026-03-24T11:46:16+01:00

Camp hiver 2026 > les Cadets

Les Cadets à Larche

On a passé un camp incroyable. La neige était super bonne, les conditions étaient top et on a vraiment très bien skié toute la semaine. Tout le monde a progressé, même Paul qui est revenu avec une jambe abimée, mais qui a quand même très bien skié, respect. Le groupe des Verts a fait un truc énorme : partis des pistes vertes en début de séjour, ils ont tous réussi à descendre une piste rouge à la fin. On a aussi bien profité en dehors des pistes avec de la luge, de grosses batailles de boules de neige et Joseph qui a fait voler son drone au-dessus de Larche pour capturer des photos et des vidéos incroyables vues du ciel.
On a regardé un film très divertissant, mais quand même intéressant, car le lendemain s’est suivie une discussion autour de différentes formes de racisme, d’homophobie et d’autres sujets importants en rapport avec le film. Un échange très intéressant où tout le monde a participé.
Côté veillées, des pirates sont venus pour qu’on les aide à retrouver leur trésor. Deux chats sont aussi venus pour qu’on les aide à retrouver le chemin de leur maison. Mama Nayo n’est pas venu, mais ce sont Mama Rla et Mama Rlo qui sont venus pour nous faire passer un entretien d’embauche afin de recruter les meilleurs pour l’entreprise de Mama Nayo et Mama Rla.
On a aussi fêté le Nouvel An chinois avec Charles, notre ami français, en réalisant tout un tas de défis rebondissants. Le soir s’est suivi d’un plat typique asiatique avec des nouilles, des nems et autres spécialités, préparé par Clémence, Bernard et Olivier, pour nous donner de la force pour le ski. Merci à Bernard et Clémence qui nous ont suivis tout au long de la semaine pour nous préparer les meilleurs plats. Mention spéciale pour la raclette, validée par tout le monde !
C’est le genre de semaine qui rappelle pourquoi on aime les camps de ski à l’Œuvre, intenses, drôles et riches de souvenirs, une semaine pleine de péripéties et de rebondissements.

Mathis

2026-03-24T11:52:59+01:00

Camp hiver 2026 > les Grands Cadets

Les Grands Cadets à Larche

Le jour du départ, rendez-vous vous à 7 h 30 à l’Œuvre pour partir en car, direction Larche avec les BJ’s. À l’arrivée, pique-nique, installation dans les chambres et c’est parti pour aller louer notre matériel de ski. Après ça, nous avons goûté en réfléchissant aux règles de vie à respecter durant le camp, douche et 1er temps libre avec les BJ’s. Les GKD’s ont tout de suite su jouer avec eux : foot, jeux de carte et hula-hoop. Pour finir cette 1re journée, nous avons dîné tous ensemble et les GKD’s ont reçu la visite de ninjas cherchant une relève.
La 1re journée de ski commence tôt : à 7 h les GKD’s sont réveillés pour petit-déjeuner à 7 h 30 et être sur les pistes dès 9 h. Après une belle 1re matinée de ski, nous nous retrouvons pour déjeuner tous ensemble et le ski reprend mais certains entendent l’appel de la Cabane à Jo pour manger une crêpe ou boire un chocolat chaud 🙂 . À 16 h, retour au local à ski et retour au chalet, goûter, douches et temps libre en compagnie des BJ’s durant lequel 3 sportives professionnelles viennent nous faire passer des épreuves pour tester nos compétences aux sports d’hiver. Après leur départ, nous partageons le dîner tous ensemble puis les minions viennent nous voir pour nous former à être des minions avec eux.
La 2e journée de ski commence comme d’habitude dès 7 h : petit-dèj et départ pour la station du Sauze. Les GKD’s profitent de leur 2e journée de ski, interrompue par le déjeuner en commun. Mais Roxane, animatrice, se fait rentrer dedans part un autre skieur et part en ambulance 🙁 . Le ski s’arrête là pour elle mais pas le camp. Au retour, vers 16 h 30, goûter, douches et visite de 2 pingouins venu nous demander de l’aide pour pêcher leurs poissons. Les GKD’s préparent également un dessert surprise : un tiramisu. Après le dîner, c’est au tour des zinzins de l’espace de nous rendre visite pour réfléchir à notre société en s’amusant.
Pour la 3e journée de ski, les GKD se régalèrent comme d’habitude sur les pistes. Le soir, après la dégustation d’une bonne raclette et du tiramisu préparé la veille, les GKD’s et les BJ’s regardèrent l’histoire du méchant Gru et des mignons essayant de voler la lune.
Le 4e et dernier jour de ski se passe encore à merveille. Le soir, après avoir rendu le matériel de ski, fait le ménage et partagé le dernier repas, les skieurs rendent visite aux GKD’s et aux BJ’s pour qu’ils les aident à trouver la bonne piste.
Le dernier réveil est très tôt et le petit déjeuner se prend debout pour nous permettre de partir à 8 h. Quatre heures de route plus tard, tout le monde arrive à l’Œuvre. Après un magnifique et fatigant camp, les GKD’s et les BJ’s rentrèrent chez eux épanouis et ravis.

Théophile & Vadim

2026-03-24T11:54:59+01:00

Édito mars 2026 > Se convertir

On utilise souvent le mot conversion pour parler d’un changement de religion, alors qu’il exprime plus largement un changement de cap ou de direction. Et nous sommes invités à nous convertir au sein même de la religion, car nous n’avons jamais fini de nous tourner vers Dieu. Se convertir, ce n’est pas tourner le dos à une religion, mais s’orienter différemment.

La marche
Ce processus est à revivre régulièrement, car nous n’avons jamais fini de découvrir de nouvelles réalités au cours de notre marche. Notre vie ne ressemble pas souvent à un train qui fonce à grande vitesse sur des rails sans se poser de questions. Elle ressemble plutôt à une randonnée, avec des moments assez faciles, comme sur un chemin forestier bien tracé, mais aussi avec des moments plus compliqués, comme sur un sentier mal entretenu, qui demande à regarder de près les balises, les traces ou les cairns, et même parfois la carte et la boussole. Sur ces étapes plus ardues, il faut parfois revenir un peu en arrière lorsqu’on se rend compte qu’on a loupé une bifurcation, avec la possibilité de retrouver le bon chemin qui avait été perdu.

Le phare
Se convertir implique d’être en état de vigilance, avec la conscience que l’on peut se perdre ou se blesser. Il ne s’agit pas d’entrer dans un état d’inquiétude permanent, mais plutôt de garder en tête que nous ne sommes pas à l’abri de nous égarer ou de prendre une mauvaise direction. Parfois nos habitudes, le train-train quotidien, peuvent nous aveugler et nous entrainer à accepter ce qui n’est pas bon pour nous ou pour ceux avec qui nous vivons. Il y a un équilibre à trouver entre l’intranquillité qui épuise et l’assoupissement qui paralyse. C’est comme les phares qui accompagnent les bateaux. Ils ne les voient pas tout le temps et ils n’en ont pas toujours besoin, car il y a des moments où la navigation semble facile, mais les marins ne sont pas à l’abri de perdre le cap sans s’en rendre compte, et donc il leur faut régulièrement se fier aux phares, aux instruments de navigation et autres GPS.

La religion
Dans la vie spirituelle, la conversion ne se limite donc pas à un changement de religion, car se convertir signifie se tourner vers Dieu. Nous croyons qu’il n’y a pas plusieurs dieux, mais que toutes les religions sont au service de la relation de l’humanité avec Dieu. Elles utilisent différents mots, gestes, manières de relire l’histoire de l’humanité, mais elles cherchent à s’approcher d’une même vérité, d’un même mystère qui nous dépasse et nous englobe sans que nous puissions en faire le tour et le posséder dans sa globalité. C’est donc avec beaucoup d’humilité que les croyants doivent considérer leur religion, qui est un moyen humain, inspiré par Dieu certes, de nous faire entrer dans une réalité qui dépasse l’aspect matérialiste de nos existences. Nous ne pourrons jamais posséder toute la vérité sur Dieu. Nous n’avons jamais fini de découvrir ce que cette réalité divine apporte à nos existences humaines et implique de changement dans nos relations interpersonnelles. Cette attitude de recherche et d’humilité définit bien ce que peut être la conversion : être toujours en recherche et en marche.

Le tournesol
Nous pouvons évoquer une autre image, celle du tournesol. Tout au long de la journée, il s’oriente différemment pour suivre le soleil et bénéficier au maximum de son éclat et de son apport en énergie. Il en va de même pour les croyants. Nous sommes invités à nous convertir continuellement, c’est-à-dire à nous tourner vers Dieu, pour nous nourrir de son énergie d’amour et de sa Bonne Nouvelle. Nous ne pouvons jamais considérer que nous avons fini d’avoir besoin de recevoir l’amour de Dieu, c’est un processus qui dure toute notre vie. Et lorsque nous avons négligé cette réalité en nous détournant de l’amour, il n’est jamais trop tard pour nous tourner vers Dieu. Dans nos existences, il y a des conversions « majeures », c’est-à-dire importantes, radicales, qui marquent une étape dans notre vie, parce que nous avons discerné qu’il nous fallait changer de chemin, et il y a aussi les conversions « quotidiennes », car nous avons avons toujours besoin de recevoir l’amour de Dieu pour bien le partager, même quand il nous semble que tout va bien et que nous sommes en adéquation avec la Bonne Nouvelle de Dieu.

Le carême
Le temps du carême, qui offre quarante jours aux chrétiens pour se préparer à célébrer la grande fête de Pâques, est précisément un temps de conversion. Pas seulement un temps d’efforts et de sacrifices, mais un temps qui nous est donné pour marquer une étape dans notre vie, pour faire le point et pour discerner s’il y a des choses à réorienter, que ce soit dans notre vie personnelle, dans notre vie de relation avec les autres ou dans notre vie spirituelle. C’est un cadeau.

Olivier

2026-02-11T10:19:52+01:00

Lettre du Villard – Février 2026

Le 7 février 2026

Bien chers amis,
Lorsque vous recevrez ce petit mot, vous serez donc entrés dans l’année du Cheval de Feu ! Il paraît que dans l’astrologie chinoise, le Cheval symbolise l’énergie, la liberté et le progrès. Nous ne pouvons que vous souhaiter de bénéficier de tout cela. N’oubliez pas de nous envoyer par la poste quelques photos des festivités auxquelles vous assisterez. Vous nous annoncez en effet de nouvelles vignettes qui doivent représenter des chevaux. Cela ravira Mademoiselle Reynaud qui admire les timbres de vos lettres qu’elle nous apporte. Il faut que vous sachiez qu’elle aime beaucoup ceux de 6 yuans1 qui représentent un oiseau d’un dessin particulièrement délicat. S’agit-il du rossignol de l’empereur de Chine2 ? Je ne crois pas car le camarade-président XI Jinping n’admettrait sans doute pas qu’on pût imaginer un tel rapprochement. Mais connaît-on Andersen en Chine ?
Au Villard, la neige est tombée en abondance ; elle colle aux arbres au point que votre tilleul paraît porter des bourgeons de neige. Les petits oiseaux ne savent où se poser et lorsque le ciel reste couvert nous croyons entendre les pépiements plaintifs qu’a si bien rendus Vivaldi dans l’Hiver des Quatre saisons. Nous nous sommes laissés entraîner à chausser les raquettes avec le colonel Gastinel qui ne veut pas vieillir. N’entend-il pas maintenant s’équiper de skis de randonnée électriques ? Il en est au stade de la documentation et j’espère qu’il en restera là. L’ami Béraud, incorrigible taquin, s’est cru obligé de lui citer l’Ecclésiaste3 : « Il y a un temps pour tout, etc. », ce qui a permis à Gastinel de lui répondre qu’avec des gens comme lui l’humanité n’aurait jamais progressé, qu’il fallait vouloir dépasser ses limites… « Et prendre ses désirs pour des réalités, n’est ce pas ? » a coupé Béraud, qui a repris : « Vous auriez dû faire de la politique ! Vous auriez été de ceux que je considère comme des farceurs et qui se plaisent à se qualifier de volontaristes, c’est-à-dire qu’ils ne tiennent pas compte du contexte économique et social dans lequel un pays doit évoluer. Mais –a-t-il ajouté – il faut bien reconnaître que nous avons tous, plus ou moins, des tendances volontaristes, que nous aspirons parfois à ce que nous savons ne pas pouvoir atteindre… En certain domaine, c’est peut-être le moteur de la sainteté… Allez, Gastinel, je vous remercie de m’avoir mis sur cette voie ! » « Il n’empêche, reprit celui-ci, que nous n’avons pas à dénigrer les bateleurs4 auxquels vous pensez car s’ils sont sur le devant de la scène, c’est bien parce que d’autres leur ont laissé la place.
Est-ce que nous nous sommes engagés en politique ?
Est-ce que nous nous sommes engagés en politique, avons-nous milité dans un parti dont les orientations soient proches de nos convictions, tenté d’influencer son orientation ? Non, bien sûr ! Alors, ne nous plaignons pas ! Cela m’a rappelé une conversation que nous avons eue sur ce sujet avant votre départ pour Shanghai. Vous me disiez alors que vous n’avez jamais voulu être membre d’un parti politique car il vous paraissait impossible d’être solidaire de toutes les prises de position. Pour vous, l’adhésion implique une solidarité totale. Je vous avais taquiné en vous demandant si ce n’était pas une excuse pour ne pas vous engager ; vous aviez convenu que l’objection méritait réflexion, et nous en étions restés là. « Ah ! Les convictions ! » s’était exclamé Béraud lorsque je lui avais fait part de vos scrupules. « Il est bon d’en avoir et douloureux d’en changer, surtout lorsqu’on a dû les défendre. » « Je ne pense pas que ce soit pénible pour tout le monde » avait dit Gastinel, qui avait étayé son propos de l’avis d’Edgar Faure, connaisseur en la matière : « Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent. Peut-être – avait-il ajouté – le recours à l’intelligence artificielle aidera-t-il à clarifier les idées, à établir pour nos jugements des bases moins incertaines… » Poulenc, qui avait ralenti le pas pour nous attendre et qui n’avait entendu que nos derniers propos, s’est lancé dans une charge contre l’I.A., qui lui paraît comme une monstruosité qui va broyer nos sociétés, détruire des millions d’emplois et désaxer les opinions du plus grand nombre. Beraud lui a fait remarquer qu’il n’avait peut-être pas tort mais que l’expérience de l’humanité est là pour montrer qu’à partir du moment où une découverte procure des avantages à certains, ceux-ci n’ont de cesse d’en profiter, quelles qu’en soient les conséquences. « On l’a bien vu –ajouta-t-il – avec la bombe atomique ou avec les manipulations génétiques, pour ne citer que ces deux-là. Non, l’I.A. est là, et elle présente de tels avantages que le processus est sans doute irréversible. »
S’arrêter, c’est décider de ne pas fabriquer des machines
qui refuseraient qu’on les arrête
Les gens raisonnables disent qu’il faut savoir s’arrêter et s’arrêter, c’est décider de ne pas fabriquer des machines qui refuseraient qu’on les arrête5. Mais je crains que par esprit de lucre, par volonté de puissance ou simplement pour nuire, certains n’hésitent pas à faire mette au point des machines qu’on ne puisse arrêter. Et alors…
« Dites, dites –fit Mimiquet venu déblayer la neige devant chez vous et qui, nous ayant vus, s’était approché – ne devriez-vous pas conseiller aux hommes politiques français d’essayer de se servir de l’I.A. pour clarifier leurs idées et proposer des solutions aux problèmes dans lesquels ils pataugent ? » Gastinel lui répondit que chaque parti avait dû interroger la Pythie informatique, mais que, au vu des réponses qu’avait dû leur donner la machine, ils avaient certainement jeté la réponse au panier, de peur que leurs troupes leur reprochent ce qu’ils avaient dit et fait jusque-là !
J’espère que, comme vous, nous bénéficierons de l’énergie, de la liberté et du progrès que nous promet l’année du Cheval de feu pour aborder les défis des mois à venir. Il faut bien tout cela, n’est ce pas ?
Nous vous redisons toute notre amitié.

P. Deladret

  1. Yuan, appelé en Chine renminbi : littéralement « monnaie du peuple ».
  2. Le rossignol et l’empereur de Chine, conte de Hans Christian Andersen, 1842.
  3. Un des livres de l’Ancien Testament : « Propos de Qohélet, fils de David ».
  4. Bateleur : Artiste de rue faisant des acrobaties ou des facéties
  5. Interview de J. Bengio, dans le journal Le Monde du 24 janvier.
2026-03-25T20:56:31+01:00

L’Évangile du mois de mars 2026

En ce troisième dimanche du Carême, nous retrouvons l’Évangile de la samaritaine. En voici un extrait…

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean

Jésus quitta la Judée et se mit en route pour la Galilée. Il lui fallait traverser la Samarie et c’est ainsi qu’il arriva à une ville de Samarie appelée Sichar… Jésus était fatigué de la marche et il s’assit auprès du puits. C’était l’heure de midi.
Arrive une femme de Samarie pour puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. » La Samaritaine lui répondit : « Vous êtes Juif, comment pouvez-vous demander à boire à une Samaritaine comme moi ? » Jésus lui dit : « Si tu connaissais le don de Dieu et si tu savais qui te demande à boire, c’est toi qui lui aurais demandé cette eau qui fait vivre, et il te l’aurait donnée. » Elle lui dit : « Seigneur, vous n’avez pas de seau et le puits est profond. Où trouvez-vous cette eau vive ? » Jésus lui dit : « Celui qui boit de cette eau aura encore soif, mais celui qui boit de l’eau que je lui donnerai ne connaîtra plus jamais la soif. L’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source intarissable de vie éternelle. » La femme lui dit : « Seigneur, donnez-moi donc de cette eau ; je n’aurai plus soif et je n’aurai plus à venir en chercher ici. »

Le contexte
Jésus quitte la région de Jérusalem pour aller en Galilée. Pour y parvenir, il doit passer par la Samarie, région fort mal considérée par les juifs de l’époque. La femme qu’il rencontre est donc une étrangère d’une religion rivale, même si en réalité, les samaritains et les Juifs partageaient les mêmes promesses de Dieu et attendaient eux aussi le Sauveur.

Toi, un juif !
La conversation banale aurait pu tourner court. Ils n’ont rien en commun. Lui : un juif ; elle : une femme de Samarie. Lui : assis sur le rebord du puits ; elle s’avançant à cette heure chaude de la journée. Et pourtant, sur une remarque banale, tout bascule pour nous faire entrer dans un véritable dialogue, une conversation qui deviendra conversion.
L’évangéliste nous permet également de suivre la femme de Samarie dans ses déplacements spirituels. Ainsi nous passons de l’eau, quasi-stagnante, du puits, à l’eau vive. Et plus loin, de ce puits profond à la hauteur des montagnes, comme nous passerons aussi de la solitude de la Samaritaine à l’ensemble du village. Cette progression est éclairée par les titres que la femme et les samaritains donnent à Jésus. Il n’est d’abord qu’un juif, celui qu’elle appellera Seigneur, prophète, Christ avant que tous le professent Sauveur du monde.

Donne-moi à boire ?
C’est une histoire étrange, où Jésus, par son attitude, crée l’événement. Dans sa simplicité d’homme fatigué et assoiffé, Jésus vient rejoindre cette femme, non pas en la traitant de haut mais en lui demandant de l’aide pour pouvoir s’abreuver.
Même si la Samaritaine est surprise, déconcertée, la relation s’est établie avec Jésus.
Demander quelque chose à une personne, n’est-ce pas parfois une façon de la valoriser, de reconnaître qu’elle a quelque chose à donner ? La surprise de la femme et son étonnement cachent déjà sans doute une secrète joie. La glace est rompue. Le mépris a été balayé. Une nouvelle fois, Jésus remet une femme debout.

L’eau vive
Derrière la soif bien humaine, Jésus fait pressentir une soif plus profonde, cette soif de vivre qu’il est le seul à pouvoir étancher. Jésus joue un peu avec les différents sens du mot « soif ». Grâce à ce malentendu, Jésus permet à la samaritaine de faire un nouveau pas. La soif d’eau éprouvée par Jésus laisse place à la soif de Dieu, à la soif de vérité qu’elle ne soupçonnait peut-être même pas en elle. De la même manière, jeunes ou moins jeunes avons différentes soifs à assouvir. Soif de connaissance, soif de sensation forte. Mais au-delà, il peut y avoir une soif d’absolu, une soif de Dieu même si elle ne s’exprime pas clairement.

Pour actualiser…
Jésus vient nouer une relation avec chacun de nous par le biais de personnes qu’il met sur notre route. L’enjeu de cette rencontre est loin d’être anodin : accueillir en soi la vie de Dieu. C’est ce que nous pouvons vivre lors d’une messe ou d’un baptême. Dieu vient nous rencontrer afin de nous offrir sa vie ! On comprend mieux pourquoi cet Évangile est lu chaque année pour la célébration de la troisième étape de baptême des catéchumènes adultes. L’eau vive, c’est l’eau du baptême, cette eau qui donne la vie éternelle.

Didier Rocca

Le mot du mois : le puits
La référence au puits joue un rôle important. Il constitue un lieu indispensable à la vie d’une communauté, lui procurant l’eau nécessaire. Mais bien plus, le puits est un lieu de rencontre, favorable aux mariages. C’est près d’un puits que Jacob rencontrera Rachel, et Moïse, Cipporah. Un autre puits jouera le même rôle pour le mariage d’Isaac avec Rébecca. Le mot puits est donc synonyme de vie et de fécondité. Et ce puits de Sykar sera lui aussi témoin d’une vie nouvelle et d’une nouvelle alliance.

2026-02-11T10:26:57+01:00

Lettre du Villard – Janvier 2026

Lettre du Villard

Le Villard, le 10 janvier 2026

Chers Shanghaïens,

Nous avons reçu, avec la joie que vous devinez, votre adorable lettre datée du jour de Noël et nous nous empressons de vous répondre au prétexte de vous exprimer sans tarder nos souhaits les plus chaleureux pour vous et pour votre famille en ce début d’année. Je dis au prétexte, car nous sommes certains que vous n’attendez pas que nous vous confirmions nos sentiments amicaux et la profonde complicité intellectuelle dans laquelle nous nous retrouvons. Elle n’exclut pas quelques divergences sur des points que nous nous plaisons à considérer comme de détail, mais nous nous retrouvons avec plaisir sur l’essentiel. Notre amitié aurait peut-être plus de mérite si elle s’accommodait de différences, mais à partir d’un certain âge, il doit falloir être un saint pour aller au-devant de ce qui dérange. Et nous ne le sommes pas. Mais revenons à votre lettre !
Du Huangpu…
Vous êtes allés à la cathédrale de Shanghaï pour la messe de Noël et vous avez constaté que seuls les étrangers étaient admis à y assister. Que voulez-vous, Il faut bien que le régime se protège ! Le christianisme est tellement subversif ! Ce n’est peut-être pas l’avis de certains de nos politiques qui, précisément, le dénigrent, pour laisser s’épanouir divers obscurantismes dont ils espèrent qu’ils leur faciliteront l’accès au pouvoir. Vous nous apprenez qu’on fête Noël sur les rives du Huangpu, qu’on illumine la ville, qu’on décore des sapins, qu’on a adopté un certain folklore, à la façon des Français qui « fêtent » Halloween. Cela n’a pas grand sens ; c’est un prétexte pour se divertir. Et en voyant les Chinois « fêter » Noël, vous vous demandez si, finalement, chez nous, de façon plus ou moins inconsciente, nous ne vivons pas cette fête à leur façon, c’est-à-dire déconnectée de ce qui en est le principe. Ne parlons pas de notre société qui, depuis longtemps maintenant, a transformé le temps de Noël en foire commerciale dont on essaie de faire croire qu’il s’agit d’autre chose, en la saupoudrant de flocons de neige synthétique et en invoquant ce que les publicitaires appellent la « magie de Noël ». « Si ce n’était que cela ! », écrivez-vous, « mais qui osera affirmer que nous ne sommes pas contaminés ? » Ce qui vous gêne, ce n’est pas le fait qu’on se réunisse pour vivre les moments les plus chaleureux, les plus gais possibles, qu’on ait à cœur de partager le meilleur de ce dont on peut disposer, non, ce qui vous attriste est qu’on n’établisse plus la relation avec ce qu’on vit à ce moment-là et la raison pour laquelle on a toutes les raisons d’être heureux.
Je faisais part de vos remarques un peu désabusées à nos amis venus chez nous « tirer les rois ». Béraud, sans doute parce qu’il était certain de ne pas avoir la fève dans son morceau, s’est montré plus conciliant, en observant que ce que vous ressentiez comme étant la perte du sens de Noël n’était qu’une des expressions de la déconnexion entre le vécu de notre société et les principes dans lesquels elle est censée évoluer. « Nous aussi, notez bien, dans notre quotidien, nos choix politiques, dans notre façon de vivre nos croyances, nous manquons de cohérence. Même si nous attendons des autres, surtout lorsque nous ne sommes pas d’accord avec eux, que leurs actions ne soient pas décalées de leurs propos et que ceux-ci soient conformes à leurs principes. Le front ceint de la couronne, Gastinel, roi du jour, goguenarda : « N’auriez-vous pas en tête, cher sujet, telle pochade que donnent actuellement sur la scène du Théâtre Bourbon les coryphées1 des chœurs qui évoluent sur la scène de l’hémicycle ? » Béraud lui répondit que, s’il s’agissait bien d’une tragédie, le spectacle en cours faisait plutôt penser aux Grenouilles d’Aristophane2. « Je ne connais pas votre Aristophane ; observa Mimiquet, mais je vois très bien vos grenouilles-chefs de chœur sauter de pierre en pierre, sans trop se demander où ils vont trouver la rive, en essayant de traverser à gué le torrent de difficultés qui les séparent de l’élection présidentielle. »
… Au Gardon !
Poulenc, qui essayait de dissimuler le « sujet » dont il venait de sentir la présence dans son morceau, est revenu sur l’importance que nous attachions aux rites : « Je n’ai pas connaissance d’une société sans rite ; sans doute, parce que l’homme est un animal social, et parce qu’il a besoin de pratiques qui servent de ciment à une communauté. Ceci dit, la participation au rite est aussi l’expression d’une croyance partagée. Et, si vous déplorez que le rite ne renvoie plus nécessairement à la croyance, vous ne pouvez mésestimer les cas où le rite, vidé de son sens, tient lieu de croyance. » « N’auriez- vous pas en tête, intervint Gastinel, certaines religions essentiellement ritualistes ? » « Toutes comportent une part plus ou moins importante de rites, plus ou moins riches de sens, mais lorsque je constate que l’appartenance affirmée à une croyance se limite au respect des rites… je pense au Pont du Gard… Oui ; on admire les piles, les arches, mais, ce pourquoi l’ouvrage a été construit, ce qui en justifiait l’existence, l’eau, l’eau vivifiante ne passe plus. »
Sur ces paroles définitives (pour le moment !) il nous a versé les dernières gouttes de la Blanquette de Limoux qu’il avait apportée. Et nous nous sommes séparés car la nuit s’avançait…
Nos amis doivent vous envoyer leurs vœux ; recevez sans tarder les nôtres et permettez que nous ajoutions aux souhaits habituels que nous exprimons en cette circonstance, celui, tout particulier, de vous revoir bientôt.

P. Deladret

  1. Coryphée : chef de chœur dans la tragédie et la comédie grecque antique.
  2. 404 avant J.C.
2026-01-14T09:42:20+01:00

Édito février 2026 > Les bonnes actions…

Lors d’une discussion avec les animateurs, nous avons réfléchi sur la valeur des bonnes actions dans nos vies et dans notre relation à Dieu. Jouent-elles un rôle dans notre salut ? Dieu nous évalue-t-il sur nos gestes et nos actions ? Et si ce n’est pas le cas, alors pourquoi sommes-nous incités à faire le bien ?

Les bonnes actions
Dans l’éducation des enfants, les notions de mérite, de punition et de récompense sont omniprésentes de la part des adultes, consciemment ou inconsciemment. Il est difficile d’imaginer une société qui ne repose pas sur l’incitation à faire le bien plutôt que le mal. La morale est profondément ancrée dans la vie sociale. Nous sommes contraints d’adopter des comportements positifs, de nous respecter mutuellement et de veiller au bien commun, sous peine d’être jugés, condamnés et punis. Une société qui tolérerait la délinquance et la criminalité serait incohérente et invivable. La loi de la jungle n’est ni un postulat politique ni le fondement d’un projet de société, qui, au contraire, encourage les citoyens à vivre en paix, à prendre soin des plus vulnérables et à promouvoir la justice et l’équité.

Discerner ce qui est juste
Au-delà de ces considérations sociales et humaines, la spiritualité et les religions ont-elles quelque chose à nous dire sur la question des actes bons ? Une religion qui ne promeut pas le bien-être humain et le bien commun est inconcevable, sauf dans des conceptions perverses et avec des perspectives malsaines sur la vie en société et la religion. Malgré un vocabulaire parfois maladroit mais universellement compris, celui des « valeurs », il est rassurant que les valeurs des religions s’alignent sur les valeurs humanistes et sociales les plus élevées. L’originalité des religions ne réside pas dans l’incitation à la bonté, car toute société repose sur ce principe et met en place des mécanismes pour encourager une vie harmonieuse entre ses citoyens. Leur véritable singularité est d’accompagner les femmes et les hommes vers le bon, le vrai, le juste et le beau, en reconnaissant l’existence d’un critère supérieur pour discerner la vérité, un critère qui provient d’un Autre, que les religions nomment Dieu. Sans cela, l’homme risquerait de confondre ses désirs et ses délires avec la réalité, établissant ainsi ses propres critères de jugement, au point de considérer comme juste ce qui est injuste. L’idéologie nazie en est un exemple tragique, allant jusqu’à justifier l’extermination des Juifs, des handicapés, des Tziganes et des homosexuels, en niant leur humanité.

Le pardon
Les religions offrent une autre singularité remarquable : elles ouvrent un avenir à ceux qui se sont égarés. Il n’est jamais trop tard pour reprendre sa vie en main, se convertir à l’amour et marcher sur la bonne voie, celle de la fraternité et de la solidarité. C’est en cela que les religions sont liées à la morale, c’est-à-dire à la quête des actions justes. Elles nous enseignent que Dieu ne se focalise pas sur nos fautes et nos péchés, mais qu’il aspire à les combattre et à les transcender, non en nous enfermant dans nos erreurs, mais en nous offrant un avenir, une nouvelle chance et le pardon. C’est l’essence même des démarches de conversion, de pénitence, de réconciliation et de pardon, si importantes dans toutes les religions. Contrairement à de nombreuses idées reçues, les religions ne viennent pas nous annoncer une punition divine, mais nous lancent un appel à la conversion, au pardon et à l’amour. Sinon cela voudrait dire que le mal triompherait et aurait le dernier mot puisque la souffrance de la punition divine viendrait s’ajouter à celle du mal commis par le pêcheur.

La gratuité de l’amour de Dieu
Pour revenir aux bonnes actions, si l’on poursuit le raisonnement, elles sont essentielles car elles incarnent nos bonnes intentions et témoignent de notre conversion. Cependant, elles ne conditionnent pas l’amour de Dieu pour nous. Elles ne sont pas la cause de cet amour, sinon nous tomberions dans le piège du mérite. Elles sont plutôt la conséquence de l’amour gratuit que Dieu nous accorde. Dieu ne nous aime pas parce que nous sommes gentils et bons ; il nous aime tels que nous sommes. Parce qu’il nous veut du bien et qu’il est bon pour nous de vivre ensemble en harmonie, et que seul l’amour peut nous conduire à la joie parfaite, il nous donne son amour afin qu’il porte du fruit en nous. Ce fruit se manifeste par nos bonnes actions, nos engagements solidaires, notre vie fraternelle et notre capacité à nous révolter contre l’injustice. Cette vision concerne les croyants, mais je suis convaincu que si Dieu est tel que Jésus nous le révèle, alors son amour et son Esprit, même s’ils ne sont pas nommés ou reconnus comme tels, sont présents en chaque être humain. Peu importe, tant que l’être humain trouve en lui les ressources pour se relever après chaque chute et se tourner vers les autres.

Olivier

2026-02-06T11:16:34+01:00

L’Évangile du mois de février 2026

L’Évangile du mois est celui qui sera proclamé le dimanche 15 février.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu

Ne croyez pas que je suis venu défaire la Loi et les Prophètes : je ne suis pas venu pour défaire, mais pour accomplir. En vérité, je vous le dis, pas une lettre, pas une virgule de la Loi ne passera avant que ne passent le ciel et la terre : tout se réalisera. Si quelqu’un écarte un des plus petits commandements et enseigne aux autres à faire de même, il sera mis au dernier rang dans le Royaume des Cieux. Mais si quelqu’un les met en pratique et les enseigne, celui-là sera grand dans le Royaume des Cieux. Je vous le dis : si votre idéal de perfection ne dépasse pas celui des maîtres de la Loi et des Pharisiens, vous ne pouvez pas entrer dans le Royaume des Cieux. Vous venez d’entendre qu’on a dit à vos ancêtres : Tu ne tueras pas. Si quelqu’un a tué, il doit passer en jugement. Mais moi je vous dis : si quelqu’un se met en colère contre son frère, il mérite un jugement ; si quelqu’un traite son frère de fou, il mérite une sentence du Conseil suprême ; s’il lui a dit : ’Sois maudit !’ il mérite d’aller à l’enfer du feu.

Le contexte
L’Évangile de Matthieu est structuré autour de cinq grands discours. Nous lisons aujourd’hui une partie du premier, le plus connu, appelé le Discours sur la montagne. Jésus y détaille son interprétation de la Loi. Nous allons le voir, Jésus fait preuve d’une liberté impressionnante, en portant sur la Loi un regard personnel et original.

Accomplir la Loi ?
Jésus n’est donc pas venu pour supprimer quelque élément de la Loi mais pour l’accomplir, c’est-à-dire la porter à son achèvement. Par exemple, La Loi stipule qu’il ne faut pas tuer. Jésus sans nier cela nous mène plus loin en disant qu’il convient aussi, non seulement de ne pas se mettre en colère mais qu’il faut aller jusqu’au pardon. La manière de faire de Jésus est celle d’un bon pédagogue. Il nous fait aller toujours au-delà dans la logique de l’amour. Que cela nous semble difficile n’est pas étonnant, cela est bien au-dessus de nos forces mais Jésus ne nous demande jamais quelque chose sans nous donner les moyens d’y parvenir.

Amour de la Loi ?
Accomplir la Loi ne signifie donc pas la supprimer ni l’assouplir mais lui donner son vrai sens. Et sa signification véritable est à chercher dans l’amour de Dieu et du prochain. Comme le dira Saint Paul dans une de ses lettres, « l’accomplissement de la Loi, c’est l’amour ». Ainsi s’agit-il de passer de l’amour de la Loi dont les pharisiens sont les exemples les plus évidents à la loi de l’amour que Jésus nous propose.
Souvent, on imagine le Christ comme plutôt laxiste dans l’interprétation de la Loi. Or, la réalité telle que nous la présente l’Évangile est tout autre : Jésus n’a qu’un désir, faire la volonté de son Père. Il serait absolument insensé que Jésus n’ait pas voulu respecter la Loi qui vient de Dieu. Jésus a d’ailleurs pratiqué la Loi durant sa vie.

La mettre en pratique et l’enseigner
Le Christ nous rappelle que notre rapport à la Loi ne doit pas être qu’intellectuel. Il faut la connaître certainement mais il importe aussi de la mettre en pratique. La Loi est d’ailleurs essentiellement une pratique qui rappelle au croyant dans tous les moments de son existence que Dieu est au centre de sa vie.

Pour actualiser
Qu’en est-il de notre rapport à la Loi ?
Quels sous-entendus mettons-nous derrière cette réalité ? Sommes-nous convaincus que la Loi telle que Dieu nous l’a donnée est bonne, qu’elle n’enferme pas ? Sommes-nous persuadés que les excès de la Loi ne sont dus qu’aux hommes dans leur manière de l’interpréter ?

Didier Rocca

Le mot du mois : la Loi
Le mot « Loi » traduit l’hébreu « Torah », qui a le sens premier d’instruction. Il désigne aussi le Décalogue (les dix commandements ou les dix paroles), puis par extension toute la législation contenue essentiellement dans les cinq livres dits de Moïse (le Pentateuque). Il s’applique non seulement à la Loi écrite, mais aussi à ses commentaires oraux. Pour les chrétiens, la Loi n’est pas secondaire, il suffit de relire ce passage d’Évangile pour s’en convaincre, mais elle est seconde au sens où ce n’est pas la Loi qui sauve. La Loi est faite pour dénoncer le péché. Elle éclaire l’homme de façon objective sur ce qui est mal mais elle ne le libère pas de son péché. Seule la foi en Jésus-Christ peut sauver

2026-01-14T09:29:15+01:00