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Lettre du Villard – Janvier 2025

Lettre du Villard

Le Villard, le 15 janvier 2025

Bien cher ami,
Nous vous remercions pour votre si gentille réponse à notre petit mot du 1er janvier, en regrettant que, cette année, votre séjour au Villard n’ait pu s’étendre jusqu’à l’an nouveau, mais enfin, comme nous disaient les bons pères, le devoir d’état1 prime, que Diable ! Vous avez heureusement pu bénéficier pendant quelques jours d’un enneigement qui, sans être mémorable, aura largement justifié votre déplacement. Nous espérons qu’il s’améliorera d’ici les prochaines vacances qui nous vaudront la joie de vous revoir.
Nous étions invités hier à « tirer les rois » chez Poulenc, qui avait bien fait les choses en prenant dans sa réserve une excellente clairette de Die pour accompagner le gâteau et la galette. Le colonel Gastinel s’étant, par jeu, demandé si on avait continué de « tirer les rois » sous la Révolution, l’ami Béraud lui a doctement répondu qu’il avait suffi d’appeler galette de l’Égalité le gâteau des rois dont le nom heurtait la sensibilité jacobine et de remplacer la fève par un bonnet phrygien. « On n’en resta pas là dans le ridicule, ajouta-t-il, puisqu’il me semble me souvenir que dans une gazette parisienne parue pendant la Révolution2, on n’hésita pas à avancer que “le Jour des rois” était celui où trois rois se mettaient à genoux devant un enfant qui allait devenir “le chef des sans-culottes de Jérusalem” dont les missionnaires allaient prêcher partout la doctrine des petits. » Poulenc a apprécié le raccourci en soulignant qu’avec une analyse comme celle-là, on ne pourrait pas dire que la transmission du message évangélique n’empruntait pas parfois par des voies inattendues. Ce faisant, il avait, pour ajouter à la bonne humeur de notre société, mis en route l’enregistrement qu’il avait fait du Concert du Nouvel An de Vienne. En voyant les images, Mimiquet n’a pu s’empêcher de remarquer qu’il n’avait rien contre cette musique mais que le spectacle donné par cette assistance qui payait cher3, pour pouvoir ensuite en faire état, le privilège de se pâmer en faisant mine d’écouter les « tubes » ressassés de la famille Strauss dans une salle rococo comme un salon de thé d’antan, le mettait mal à l’aise : « Je trouve qu’il y a là une sorte d’orgueil de caste. Et puis, voyez, l’orchestre marche tout seul, comme au cirque, et les gestes du maestro battant la mesure me font un peu penser à ceux de ma pauvre mère lorsqu’elle pliait les draps. » « Ne crois-tu pas que tu exagères un peu ? », fit Gastinel. « Tu pourrais plus utilement t’indigner qu’un maestro italien dirige la Marche de Radetzky, qui célèbre la vieille baderne autrichienne – il avait 81 ans – qui noya dans le sang la révolte des Milanais contre les Autrichiens en 1848. » « Il est vrai, dit Béraud, que des nations autres que l’Italie auraient depuis longtemps demandé, que dis-je, exigé que ce morceau soit retiré du répertoire. Les Italiens, eux, ont une mémoire longue ; ils savent faire la part des choses et mettre les événements en perspective. Ils comprennent donc l’Histoire, à la différence de certains qui sont amnésiques quant à leur propre passé. » Je me suis alors souvenu de ce que vous m’avez dit lorsque vous m’avez rendu Le Monde d’hier4 de Stefan Zweig que je vous avais prêté. Vous aviez été frappé par sa nostalgie et par cette peinture de l’Autriche de la fin du xixe siècle, « insouciante, traditionnelle, conventionnelle… à l’apogée de sa richesse ». Je me demandais si cette évocation d’une Autriche qui avait perdu sa superbe et à laquelle ce concert nous renvoyait ne trouvait pas un écho dans l’évolution actuelle de notre civilisation européenne. Dans ce concert où tout faisait référence à la puissance et à l’insouciance d’une Autriche révolue, il m’a semblé percevoir la petite musique qui me paraît accompagner l’évaporation de notre civilisation, de notre Europe, sinon de notre nation. Alors que j’esquissais cette hypothèse devant nos amis, Gastinel nous a asséné qu’il ne fallait pas s’illusionner et que nous n’étions pas loin des dernières mesures de la marche de Radeztky. « Ce qui ne nous empêche pas, fit-il, de nous pâmer devant nous-même et d’élever au rang des beaux-arts le maniement de la doloire dont on s’est servi pour aplanir les troncs à assembler pour la charpente de Notre Dame de Paris. Et cela au moment même où l’étasunien Elon Musk est capable d’envoyer une fusée dans l’espace puis de la récupérer, ce qui est hors de nos capacités. Entendons-nous, il ne s’agit pas de dénigrer le savoir-faire des doleurs5 mais de souligner que nous serions heureux de pouvoir célébrer aussi l’excellence des savoir-faire de notre temps. Il serait préférable que nous sachions, en même temps, pour reprendre une expression qui a eu son petit succès, manier la doloire et récupérer nos fusées. » « Mais, mon pauvre ami, lui dit Poulenc, ne voyez-vous pas qu’avec l’équipe qui va diriger les USA nous sommes pour ainsi dire, en 1492, quand les Européens ont pris pied dans un Nouveau Monde. Pourquoi ? Eh bien parce que c’est à partir de là que les Européens qui avaient créé des moyens techniques incomparables ont pu s’emparer des terres jusque-là inconnues pour les exploiter et les coloniser. De même, la technologie et la richesse dont disposent les Américains vont leur permettre de se sentir chez eux chez nous. ». Bureau lui a fait remarquer qu’entre l’impérialisme triomphant des uns et l’obscurantisme conquérant des autres, qui ne représentent pas un moindre danger, nous devions pouvoir, en prenant soin de nos racines, nous maintenir au moins aussi bien qu’a su faire l’Autriche.
Comme vous pouvez le constater, le passage à nouvelle année n’a pas assagi nos amis !
J’espère que nous aurons la joie de vous voir à l’occasion des vacances de février. N’hésitez pas à nous prévenir pour que nous préparions votre maison à vous recevoir.
Nous pensons bien à vous.

P. Deladret

  1. Obligations particulières de chacun par suite de son état, de sa condition et de sa situation
  2. Dans la Chronique de Paris de 1793.
  3. Jusqu’à 1 200 € la place.
  4. Le Monde d’hier. Souvenirs d’un Européen, 1943.
  5. Ouvrier spécialiste du maniement de la doloire.
2025-01-19T18:58:07+01:00

Édito février 2025 > Le jubilé de l’espérance

En cette année 2025, qui marque un jubilé, l’Église nous propose de prendre un temps d’action de grâces, de prière, de conversion. Cette tradition est très ancienne, on en trouve des références dans la Bible, et Jésus lui-même, dans un épisode de sa vie, lit un rouleau du Premier Testament, dans le livre du prophète Isaïe, qui fait référence au jubilé : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. » Ce texte renvoie à un livre de Torah, le Lévitique, qui explicite l’année jubilaire : « Ce sera une année sainte, et vous proclamerez la libération pour tous les habitants du pays. En cette année jubilaire, chacun de vous réintégrera sa propriété, chacun de vous retournera dans son clan. » Si l’on jubile, si l’on est heureux, c’est parce que l’on remet les pendules à l’heure, on a droit à une nouvelle chance, c’est l’occasion de comprendre que nous avons droit au pardon et à l’indulgence de la part de Dieu. Le Seigneur nous invite à nous rappeler aussi que tout ce que nous avons vient de lui, nous ne sommes propriétaires de rien mais nous sommes responsables de ce qui est à notre disposition. Ainsi ce qui prévaut, c’est le partage et la justice.

Pèlerinage
Lors des jubilés, l’Église propose aux chrétiens de vivre une démarche de conversion en se mettant en mouvement, en pèlerinage : manière de vivre sa foi en marchant, en priant avec son corps, avec ses jambes et ses pieds, car cela permet de comprendre que Dieu veux nous faire bouger intérieurement. Être chrétien, c’est entrer dans une démarche de conversion continuelle ; cela fait référence au baptême, à la fête de Pâques, aux sacrements. Lors des jubilés, les croyants sont invités à passer des portes, signe explicite de passage…

Repères
Dans le christianisme, les jubilés on été célébrés à partir du début du xive siècle, d’abord tous les 100 ans, puis tous les 50 ans, ainsi qu’aux quarts de siècle et même lors d’années spéciales en rapport avec la vie de Jésus : ainsi il y a des jubilés dans les années en 33 pour célébrer la résurrection du Christ. Le jubilé de l’an 2000 était extraordinaire car il marquait un passage de millénaire. Pour le jubilé de 2025, le pape François nous propose de nous concentrer sur l’espérance. Cette vertu théologale – qui trouve sa racine en Dieu lui-même – est mise en exergue parce que notre monde en à terriblement besoin ! Nous traversons une période d’incertitudes et de crises qui peut trop souvent entrainer le repli sur soi et la défiance envers les autres.

Espérance
L’espérance ne doit pas être confondue avec l’espoir. L’espérance s’appuie sur un avenir qui devient un cap, une boussole : « La foi chrétienne ne regarde pas à partir du présent vers l’avenir obscur et inconnu ; elle regarde, à partir de l’avenir de Dieu qu’elle espère, vers le présent qu’elle rencontre » (Jürgen Moltmann, théologien protestant). « L’espérance est ancrée dans l’avenir pour inventer le présent » (Christian Salenson). Nous sommes invités à comprendre que la victoire du bien contre le mal est acquise, que la mort est vaincue, que l’amour est plus fort que la haine. Ce n’est pas seulement un vague espoir qui nous rassure et nous aide à tenir le coup face aux difficultés ; c’est beaucoup plus profond. Avec la force de l’espérance qui nous vient de Dieu, nous devenons capables de traverser les épreuves, de prendre des risques, de nous engager. Nous comprenons aussi que la démarche religieuse authentique est une démarche de renouveau, de pardon : nous pouvons avoir fait de mauvais choix, nous sentir pêcheurs et fautifs… cependant, pour Dieu, ce qui compte, c’est que nous désirions faire la vérité et changer. Il ne nous tourne pas le dos, il est bienveillance, indulgence et miséricorde, il nous offre un nouveau départ, il nous ouvre un avenir.

Dimension collective
Dans le cadre de ce jubilé pour toute l’Église, le pape nous invite à comprendre que l’espérance n’est pas une vertu seulement individuelle, mais qu’elle a aussi une dimension collective. Comme groupe, communauté, État, nation, peuple, Église, humanité, nous avons pu faire de mauvais choix, nous laisser entrainer dans des engrenages mortifères, nous avons parfois négligé la justice, la fraternité, le bien commun, mais il n’y a pas de fatalité, il n’est jamais trop tard pour redresser la barre car notre vocation, notre avenir, est de devenir une fraternité. Nous sommes tous embarqués dans la même aventure, nous sommes ensemble pour affronter les défis de notre temps. Nous pouvons redouter ou refuser cette fraternité, mais elle n’en est pas moins réelle et irréductible. Les égarements de notre monde, le repli identitaire, le chacun pour soi, ne sont que des réflexes d’immaturité qu’il nous faudra dépasser pour avancer enfin vers notre destinée commune.

Olivier

2025-01-19T18:53:30+01:00

L’Évangile du mois de février 2025

Luc nous relate ici des conseils donnés à ses disciples et plus largement pour ceux qui croient en lui. Cet Évangile sera proclamé le dimanche 23 février, juste avant la reprise des cours suite aux vacances d’hiver.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc

Mais je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient. À celui qui te frappe sur une joue, présente l’autre joue. À celui qui te prend ton manteau, ne refuse pas ta tunique. Donne à quiconque te demande, et à qui prend ton bien, ne le réclame pas. Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment. Si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs en font autant. Si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir en retour, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs prêtent aux pécheurs pour qu’on leur rende l’équivalent. Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car lui, il est bon pour les ingrats et les méchants. Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés. Donnez, et l’on vous donnera : c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans le pan de votre vêtement ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure aussi pour vous.

Le contexte
Nous sommes au début de l’Évangile dans une séquence d’enseignement. Après le discours des béatitudes, Jésus enchaine avec une exhortation sur l’amour des ennemis.

Un oxymore
« Aimez vos ennemis » porte dans les termes qu’il contient une contradiction. Pour les disciples, l’ennemi est celui dont Jésus vient de parler, celui qui les détestera, insultera, ou rejettera. Puis-je aimer lorsque je suis détesté ? Puis-je aimer un ennemi ?

L’amour du prochain
Dans l’Ancien Testament, il ne consiste pas à éprouver un sentiment d’affection pour lui. Aimer son prochain, c’est le faire grandir. Jésus nous demande de faire du bien à son ennemi, à le bénir et de prier pour lui. La logique de notre monde est de répondre à la haine par la haine. Pour sortir de cette contagion mortifère, il n’y a que le pardon et l’amour des ennemis.

Plutôt des ennemis de palier…
Nous ne sommes pas confrontés à des ennemis de guerre comme on peut les apercevoir dans des films, mais plutôt à des ennemis de palier. Nous pouvons avoir dans notre entourage une personne qui nous hait ou qui nous calomnie sans raisons. Jésus nous dit : « Cette personne qui te hait, cette personne qui dit toute sorte de mal contre toi, tu dois l’aimer ! »

Mais, comment est-ce possible ?
Si c’est impossible, nous sommes face à un Dieu pervers qui nous fait viser si haut qu’il nous décourage. Si ce n’est pas impossible, c’est donc qu’un chemin praticable s’offre à nous pour aimer nos ennemis. Jésus propose trois pistes : Il nous dit qu’aimer notre ennemi, c’est déjà ne pas le juger, mais aussi ne pas le condamner et enfin s’efforcer de lui pardonner. Ces trois marches vers l’amour de l’ennemi ne peuvent pas être montées uniquement par la force de notre volonté. Ne négligeons pas la grâce de Dieu grâce à laquelle je peux m’engager sur le chemin du pardon. Pour cela, je dois prier pour cet ennemi, une personne pour laquelle Jésus a donné son sang.

Ennemi de qui ?
N’oublions pas aussi que si nous sommes parfois persécutés, nous sommes aussi souvent persécuteurs. Il nous arrive nous aussi de faire du mal sans nous en rendre compte ou en le faisant exprès, d’être l’ennemi de quelqu’un, de dire du mal de lui, de le calomnier, de le jalouser. Jésus nous dit que « la mesure dont nous nous servirons pour les autres servira de mesure aussi pour nous ». Si j’ai fait du mal à une personne sans m’en rendre compte et que je réalise tout à coup mon péché, je serai soulagé si cette personne cherche d’abord à me comprendre, si elle ne m’enferme pas dans mon péché, et si elle m’offre son pardon. Comme le dit Jésus : « Ce que tu veux que les autres fassent pour moi, tu dois le faire pour eux. »

Didier Rocca

Le nom du mois : Miséricorde


Ce mot désigne en hébreu de façon très concrète les entrailles d’une mère qui s’émeuvent lorsqu’elle retrouve son enfant par exemple, mais aussi la bonté, ou encore la fidélité à une relation. C’est aussi en grec le sentiment qui porte à s’émouvoir au spectacle des souffrances d’autrui. Rien à voir avec le sens que l’on prête trop souvent à ce mot, une attitude laxiste sans effet ni consistance, qui manque de clarté et de fermeté et n’a d’autre objectif que de contenter tout le monde.

2025-01-19T18:56:21+01:00

Édito janvier 2025 > Se souvenir de l’avenir

La notion de conversion est souvent associée à la remise en cause du passé, à la relecture culpabilisante des événements, à l’introspection en vue de réparer les fautes commises et de ne pas commettre les même erreurs. La conversion, selon cette acception, tourne le regard vers le rétroviseur et se focalise sur ce qu’il y a en arrière. Cependant, une conception plus salutaire nous est donnée dans le message évangélique : se convertir, c’est être tendu vers une promesse d’amour et vers un avenir de paix. Se convertir, c’est comprendre que Dieu s’engage auprès de nous dans le combat de notre vie, qu’il vient combler les ravins et aplanir les montagnes, qu’il prend partie pour nous, qu’il nous assure la victoire contre le mal et la mort. Cela change tout, car ainsi nous sommes tendus vers l’accomplissement de la promesse et dans une dynamique de confiance.

La vie plus forte
À l’échelle de l’histoire de l’humanité, si nous sommes vivants, de plus en plus nombreux sur terre, avec une espérance de vie en bonne santé toujours plus grande, c’est parce que les forces de progrès et de vie sont extrêmement puissantes dans l’humanité. Lorsque nous traversons des tensions, des crises et des périodes douloureuses ou dramatiques, nous pouvons oublier cela et avoir l’impression que nous sommes sur le déclin et dans une spirale négative. Cependant il nous faut nous rappeler que la victoire de la vie et de la paix est au terme du combat. Cela ne veut pas dire qu’il faut arrêter d’agir pour changer les choses et pour avancer, au contraire : cela nous aide à savoir que ce que nous avons à faire pour traverser les crises a du sens car la victoire est assurée. Les guerres ont toujours eu une fin, et la vie, la concorde et la paix ont toujours eu le dernier mot, même si c’est après des périodes terribles et dramatiques. Cette idée de progrès est difficilement concevable pour ceux qui sont dans la souffrance et en pleine crise, mais c’est vrai. Nous ne devons pas nous satisfaire de cette perspective pour nous résigner aux souffrances des victimes de la violence en Ukraine, en Palestine, en Syrie, et j’en passe, mais ceux qui ne sont pas dans la tourmente ont le devoir de souffler sur les braises de l’espérance. Les pires dictatures ont connu une fin, les guerres ont laissé la place à des périodes de paix bien plus importantes et fructueuses que ce qui était imaginable.

Au cœur de la nuit
C’est au cœur de la détresse du monde que Dieu s’incarne dans la nuit de Noël, au cœur de l’obscurité et de l’hiver, dans une famille déplacée, dans des conditions de précarité, dans un contexte de violence… Cependant c’est comme prince de la paix que Jésus est né. Toute sa vie il a annoncé la Bonne Nouvelle dans des situations plus dramatiques les unes que les autres, se faisant proche des plus petits, des plus méprisés, des plus démunis et des blessés de la vie. Jésus nous montre l’engagement de Dieu qui vient au cœur de l’obscurité pour apporter la lumière et combattre le mal. Il ne vient pas combattre les humains, les juger ou les condamner, il vient avec nous pour que le bien l’emporte, pour que nous progressions dans l’accomplissement de notre humanité et que nous devenions véritablement ses fils et ses filles, libres et fraternels.

Le combat de l’espérance
Ces perspectives positives peuvent paraître lénifiantes et idéalistes. Effectivement, nous ne sommes pas dans le monde des bisounours ; c’est bien pour cela que l’espérance est un combat. Les forces de mort, de pessimisme, de repli sur soi, de rejet de l’autre et de recherche de bouc émissaires sont vivaces dans les périodes de crises, et il nous faut résister à ces tentations qui ne font qu’ajouter du mal au mal, de la souffrance à la souffrance. Résister à la fatalité et au désespoir demande beaucoup de courage et de ténacité, et si nous comptons sur nos seules ressources personnelles nous risquons de nous sentir impuissants. C’est pour cela que les croyants ont besoin d’approfondir et d’alimenter leur foi, c’est-à-dire leur espérance, à la source de vie que les croyants nomment Dieu. C’est ce que nous célébrons au cœur de la nuit de Noël, c’est ce que nous découvrons aussi à l’occasion de la fête de l’Épiphanie qui est solennellement fêtée à l’Œuvre : Dieu se révèle source universelle de vie et d’amour. Il n’est pas réservé à une élite morale, sociale, culturelle ou ethnique, il est pour tous. Autour de l’enfant-Jésus, c’est l’univers entier qui est symboliquement rassemblé. Pour Dieu les frontières n’existent pas ; et lorsque les hommes érigent des murs et des séparations, lui nous inspire afin que nous bâtissions des ponts et des lieux de rencontre, de partage et de fraternité.

Olivier

2024-12-16T16:06:48+01:00

L’Évangile du mois de janvier 2025

Nous lirons cet Évangile le dimanche 19 janvier. Il nous raconte le premier grand « signe » de Jésus opéré durant un mariage à Cana.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean

Le troisième jour il y eut une noce à Cana en Galilée, et la mère de Jésus y était. Jésus aussi fut invité à la noce avec ses disciples. Et voilà que le vin de la noce arrive à sa fin : ils n’avaient plus de vin. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont plus de vin. » Jésus lui répond : « Femme, vas-tu te mettre dans mes affaires ? Mon heure n’est pas encore venue. » Mais sa mère dit aux servants : « Faites tout ce qu’il vous dira. »
Il y avait là six bacs de pierre que les Juifs gardaient pour leurs purifications ; ils pouvaient contenir chacun 100 ou 150 litres. Jésus leur dit : « Remplissez ces bacs avec de l’eau. » Ils les remplirent jusqu’au bord. Jésus dit alors : « Prenez maintenant et portez-en au responsable de la fête. »
Le responsable de la fête goûta cette eau changée en vin, mais il ne savait pas d’où il venait, seuls les servants qui avaient pris l’eau le savaient. Alors il dit au marié : « Tout le monde sert d’abord le bon vin, et quand les gens sont gais, on donne le vin ordinaire. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant ! » C’est ainsi que Jésus fit le premier de ses signes, à Cana en Galilée. Là il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui.

Le contexte
Nous sommes au début de la vie publique de Jésus. La première activité de Jésus est sa participation à un repas de noces. Jésus fait donc la fête. Cette présence de Jésus à ces noces sanctifie d’avance, non seulement le mariage, mais aussi nos distractions et notre vie sociale. Ces relations humaines ne sont pas sans importance dans l’optique du Royaume. Elles sont souvent l’occasion de se réjouir, de vivre la fraternité.

Une noce qui en cache une autre
Ce mariage est particulièrement original. Rien n’est dit de la mariée et si peu du marié, les six jarres sont vides, le maître du repas est donc notablement imprévoyant. Les serviteurs, eux, ont bien compris qu’il s’est passé quelque chose d’incroyable, de l’eau transformée en vin. Le maître du repas qui en reste à la surface des choses goûte le nouveau vin sans se demander comment il a pu arriver là (plus de 600 litres !) et nous fait un petit couplet de circonstance : « Tout le monde sert le bon vin en premier mais toi non… ». Sans compter que donner à boire des convives le troisième jour de noces ne semble pas indispensable. Tout ça pour ça !

Et la deuxième noce alors ?
Il nous faut maintenant lire ce passage de manière plus profonde. Le vin qui manque exprime la détresse des hommes loin de Dieu. Tout ce vin est bien nécessaire pour l’humanité entière. Quel gâchis s’il devait être proposé seulement pour quelques invités triés sur le volet. Derrière la mariée se cache donc l’humanité. Le marié est le Christ bien sûr, qui, lui, prend les moyens pour que la noce soit une vraie fête. Le bon vin gardé jusqu’à maintenant est celui de l’amour de Dieu pour l’humanité. Cette relation d’amour est exprimée dans la Bible en termes d’alliance. Jean ouvre donc son Évangile par une invitation : Dieu nous convie à ses noces. Accepterons-nous l’invitation ?

Comment a-t-on su que l’eau était transformée en vin ?
Les disciples ne sont pas au courant de la transformation de l’eau en vin, il a donc fallu qu’un des serviteurs le leur fasse remarquer. C’est lorsque nous sommes au service que nous sommes capables de réaliser la puissance du Christ qui se réalise en termes de transformation : de l’eau en vin, de notre doute à notre foi. Dieu transforme les cœurs, l’eau en vin, la vie terrestre en vie éternelle. C’est dans le service que nous pouvons être témoins de cela. Remarquons l’obstination de Marie.

Pour actualiser
Au fond, cet Évangile raconte comment Marie enfante Jésus à la mission. Remarquons les deux phrases de Marie : « Ils n’ont pas de vin », « Faites tout ce qu’il vous dira ». En peu de mots, Marie dit l’essentiel. Elle ne fait rien, elle ne sollicite rien, elle présente seulement la pauvreté des hommes pour que Dieu y mette sa richesse. Elle est parfaitement placée pour que la noce soit belle comme l’Église qui a pour mission de favoriser ce lien d’amour entre Dieu et l’humanité.

Didier Rocca

Le nom du mois : signe


Lorsqu’on parle des noces de Cana, on pense que c’est le premier miracle de Jésus. Or, Jean parle d’un signe et non pas d’un miracle. Quelle différence ? Chez les autres évangélistes qui parlent de miracle, c’est la foi qui produit le miracle. Le paralytique s’entendra dire par Jésus : « Va, ta foi t’a sauvée. »
Pour Jean, la foi est la conséquence du signe posé par Jésus. Ainsi, Jésus change l’eau en vin puis les disciples crurent en lui. Remarquons qu’un signe ne s’impose pas. À certains, le signe peut provoquer la conversion. À d’autres non. La liberté de chacun est sollicitée par le signe.

2024-12-16T16:09:30+01:00

Conte pour Noël – décembre 2024

Le sacristain et l’organiste

C’était quelques années avant l’arrivée de votre prédécesseur qui a tenu pendant vingt ans les orgues de notre église. C’est vous dire ! En ce temps-là, comme on disait avant Vatican II en commençant la lecture de l’Évangile, la paroisse avait encore les moyens de verser un petit quelque chose au vieux Audibert, le bedeau qui entretenait de son mieux l’église et la sacristie. Le curé Vallory, de qui je tiens l’histoire, m’a raconté qu’un jour de l’Avent, alors qu’il était dans son confessionnal pour y accueillir les fidèles, il entendit la curieuse conversation que je m’en vais vous raconter. Le saint homme y passait beaucoup de temps car, à l’époque, il y avait sans doute dans notre paroisse moins de saints qu’aujourd’hui et presque tout le monde allait de temps en temps à confesse. Ces braves gens n’hésitaient pas à se reconnaître pêcheurs, en action parfois, en paroles souvent, presque toujours par omission. Et en pensée, n’en parlons même pas ! Il est vrai qu’avec ce qu’on leur faisait apprendre au catéchisme, ce qu’on leur disait à la maison et ce que leur racontait le maître à l’école pendant les leçons de morale, ils savaient que, pour ce qui était de la sainteté, ils étaient loin du compte.
Toujours est-il qu’il qu’intrigué par une conversation qui venait de la tribune, le curé écarta le rideau pour ne rien en perdre. Le sacristain avait entrepris l’organiste et s’étonnait qu’il se sente obligé de répéter tous ces airs qui étaient souvent les mêmes, à quoi l’homme de l’art répondait qu’une technique, ça s’entretient et que ce n’était pas vraiment charitable de sembler ignorer les efforts qu’il faisait pour jouer de beaux morceaux pour l’Offertoire ou pour la procession de sortie. Et puis, ajouta-t-il, la fête de Noël approchait et il fallait faire de son mieux pour accueillir le Sauveur !
Et, joignant le geste à la parole, il entreprit de jouer les premières notes d’un des cantiques qu’il allait soumettre au curé. « Voyez-vous, continua-t-il, le fonds de chants de Noël est, pour ainsi dire, inépuisable et le choix toujours difficile ; je laisserai de côté les chants un peu pompeux d’autre fois, du style : “Cieux, répandez votre rosée, (…) donnez à la Terre épuisée, le Rédempteur de l’univers !” qu’on ressortait pendant l’Avent ou “Le Fils du Roi de gloire… est descendu des cieux… Il tire l’univers des fers”, qu’on jouait pour la Nativité mais qui sent maintenant un peu le renfermé. Notre curé préfère, et je me range volontiers à son goût, les cantiques d’inspiration sinon plus évangélique du moins plus pastorale, par exemple “Les anges dans nos campagnes” (et l’organiste fredonna “la- la-la- la- do- la- si- la-la” en parcourant le clavier de sa main). Un autre me plaît autant, sinon plus, c’est “Il est né, le divin Enfant !” Il y a tout ! Les prophètes, l’étable, les rois… ». Audibert qui, si l’on peut dire, connaissait un peu la musique, lui fit remarquer que, pour admirable qu’il soit, le cantique ne disait pas un mot des anges ni des bergers et qu’il valait mieux ne pas les oublier si on ne voulait vexer personne, pour autant, ajouta-t-il pince-sans-rire, que des bergers habitués à l’humilité de leur condition et que les anges, créatures parfaites, puissent se vexer… L’organiste se tira d’affaire en pianotant « fa- fa- do- fa- sol- mi- do- la- sol  » et en demandant à Audibert « Vous connaissez ? ». – « Bien sûr, c’est Adeste fideles ! » – « Adeste fideles… Venite adoremus ! » – « Accourez, fidèles, joyeux, triomphants / Venez à Bethléem / Voyez le roi des Anges qui vient de naître/ Venez adorons ! » poursuivit l’organiste. « C’est, pour moi, le plus beau chant de Noël ; on sent dans cet hymne le souffle, la majesté de la musique du siècle de Haendel ! Et puis, n’oubliez pas que c’est en l’entendant que Paul Claudel s’est converti ! » Audibert, qui n’avait aucune envie d’en savoir plus sur la conversion de ce Claudel qu’il ne connaissait pas, avait pris sur la console de l’orgue la partition du « Venez divin Messie » et chantonna « Venez divin Messie / Sauver nos jours infortunés / Venez, source de vie / Venez Seigneur, venez ». « Eh bien, moi, c’est ce cantique qui me touche le plus. On y sent bien que les pauvres hommes que nous sommes n’en peuvent plus. C’est plus qu’un appel, c’est une véritable supplication. Et si le Seigneur ne vient pas – je lis ce qui est écrit – briser le joug du genre humain et enlever nos chaînes, qui le fera ? » – « Mais vous faites comme si vous aviez oublié que le Bon Dieu nous a envoyé son Fils pour nous remettre sur le bon chemin. Si vous êtes toujours dans l’attente, vous en restez à l’Ancien Testament, mon pauvre ami. Regardez ces malheureux Juifs ! Enfin, je pense que c’est un peu réducteur comme explication et que Monsieur le curé saurait mieux nous l’expliquer, mais bon… à chacun son métier » – « Il n’empêche, lui dit Audibert, que j’ai souvent l’impression que le passage de Jésus dans notre monde aurait pu avoir plus d’effet. Je ne dis pas qu’il n’ait pas fait ce qu’il fallait, car son sacrifice a été surhumain, mais je me demande si l’homme d’aujourd’hui est vraiment différent de celui de l’Ancien Testament. Et, vous ne me croirez peut-être pas, mais c’est précisément à cause de ça que j’aime autant ce cantique, parce que je pense qu’on n’aura jamais fini de demander au Bon Dieu de venir et de revenir pour nous aider à trouver la voie de ce que Monsieur le curé appelle le salut. Et, ma foi, je ne serais pas étonné que Jésus nous aime aussi de nous voir encore espérer malgré tout ce que nous avons subi et tout ce que nous avons fait depuis deux mille ans. »
Le curé Vallory m’a raconté qu’il ne s’était pas cru autorisé à intervenir dans une conversation qu’il avait entendue sans y être invité, mais il n’en était pas mécontent. D’autant que, pour la clore, l’organiste avait entrepris de jouer sur son clavier ré- sol- fa- sol- la- si, les premières notes de La Cambo me fai mau (« La jambe me fait mal ») dont la mélodie enjouée et les paroles bonhommes exprimaient l’espoir de la guérison à la seule vue du Divin Nouveau-né.

J. Ducarre-Hénage
Avec l’aide amicale de Patrick Geel, organiste.

2024-12-16T16:11:16+01:00

Camp Toussaint 2024 > les Benjamins

Les Benjamins à Carabelle

Bienvenue aux nouveaux et ravis de vous retrouver les anciens !
En ce début d’année, déjà beaucoup de choses se sont passées.
Nos Benjamins ont travaillé comme constructeurs et cuisiniers pour chiens,
Joué aux échecs sorciers avec Ginny et Luna, ou même
Animé des stands de fête foraine !
Miyasaki, fondateur des studios Ghibli, leur a aussi rendu visite.
Il a demandé aux Benjamins de l’aider pour une mission importante !
Ni une ni deux, les 35 enfants,
Sur leur balai ont embarqué,

Avec l’objectif d’aider Kiki la petite sorcière dans ses livraisons !

Colis retrouvés et livrés,
Avec Miyasaki, Kiki, Gigi, Tombo et Osono
Rassemblés près de la cheminée, les Benjamins ont visionné le film
Abordant le début de la vie active de la jeune Kiki.
Beaucoup de rires et de jeux à Carabelle,
Entre la rencontre d’amis et la découverte du groupe,
L’autonomie s’est également développée durant ce premier camp.
Les animateurs étaient aussi heureux que les plus jeunes
Et ils espèrent tous vous revoir rapidement !

Zoé

2024-11-18T21:32:16+01:00

Édito décembre 2024 > La mission selon Jésus

Le Christ, dont nous allons célébrer la nativité fin décembre après le temps de l’Avent, nous donne de découvrir ce qu’est la mission voulue par Dieu. Jésus incarne l’engagement de Dieu envers l’humanité, et cela peut inspirer notre propre manière de comprendre et de mettre en œuvre la mission.

Se faire proche
La mission, telle que nous l’appréhendons à la suite du Christ, c’est de se faire proche. Dieu ne nous domine pas, il veut être avec nous, au plus près. Pour que personne ne puisse se considérer comme indigne, il se fait proche des plus petits et des plus pauvres. Les récits de la nuit de Noël nous le montrent : il naît déraciné et pauvre ; on dirait aujourd’hui comme un migrant et un sans-abri. Nous comprenons ainsi que Dieu veut que toute personne, même la plus humble, puisse se sentir rejointe par lui. La mission ainsi comprise implique que nous soyons capables de nous faire proches de tous, non par condescendance mais parce que nous nous reconnaissons nous-même comme des pauvres et que nous assumons notre petitesse et notre fragilité.

Vivre la fraternité
À la crèche, toutes les classes sociales sont réunies, les pauvres, les villageois, les mages étrangers… Notre mission consiste à mettre en œuvre la fraternité universelle. C’est ce que nous rappelons chaque fois que nous prions le Notre Père, nous sommes tous filles et fils du même père. C’est ce que nous célébrons à chaque messe : « … Pour vous et pour la multitude… » Nous sommes invités à lutter contre tout ce qui sépare et divise. Trop souvent on associe religions à divisions alors qu’au contraire elles devraient nous aider à nous relier les uns avec les autres.

Unir le ciel et la terre
Une autre dimension de la mission qui se révèle dès la naissance du Christ, c’est le fait d’abolir la division entre le ciel et la terre. Les anges, êtres célestes par excellence, et les bergers, hommes de basse classe à l’époque, chantent le gloria, ils sont à égalité. Une conception erronée de la religion serait de croire qu’elle sert les échanges entre deux réalités divisées, l’humaine et la divine, tel un commerce ou un marchandage, alors qu’en fait elle nous fait comprendre que ces deux réalités sont unies, comme en Jésus. La mission consiste à accompagner la cohabitation en chacun de nous de l’humain et du divin qui peuvent être en accord et en communion parfaite.

Annoncer une
Bonne Nouvelle
La mission mise en œuvre par Jésus consiste à annoncer une bonne nouvelle. Il ne vient pas pour juger et condamner, mais pour soutenir, relever, encourager. Il indique bien sûr des principes de mesure de nos actes et donne des repères pour faire le bien et cheminer vers un idéal de vie fraternelle, mais il ne les pose pas comme des critères de jugement. Nous comprenons ainsi que la mission à laquelle nous participons consiste à ouvrir un avenir en nous méfiant de nos réflexes de jugement ou de condamnation.

Révéler la présence divine en tous
Le Christ, à l’occasion de toutes les relations qu’il noue avec les femmes et les hommes qui croisent sa route, ne vient pas apporter le divin là où il serait absent ; il vient révéler sa présence au cœur de toute personne. Il insiste sur le fait que cette présence est authentique en ceux qui sont jugés indignes ou impures par les gens bien-pensants. Jésus met souvent en avant des étrangers, des païens, des pauvres, des malades, et il les donne en exemple pour faire comprendre que Dieu ne juge pas sur les mêmes critères que les hommes, qui restent trop souvent à la surface des choses, mais qu’il connaît le cœur des gens et qu’il sait que Dieu habite au plus profond de tous, sans frontière de culture, de classe sociale, de race ou de religion. Dieu est présent dans nos cœurs, sans que nous n’ayons rien à faire pour le mériter. Bien souvent nous ne sommes pas conscients de cette réalité. Nous avons du mal à entrer dans la logique de Dieu et nous croyons qu’il nous faut faire des choses pour mériter que Dieu soit présent en nous, alors qu’il nous précède. La mission consiste à révéler cette présence gracieuse au cœur de toute personne.

Diviniser l’homme
La mission à laquelle Dieu nous associe consiste à diviniser l’humanité, c’est-à-dire à rappeler la vocation à la sainteté qui concerne tout le monde. Jésus invite ses disciples à découvrir qu’ils sont de nature divine. Nous sommes associés à ce projet. Nous sommes invités à reprendre les mots mêmes du Christ qui s’adresse à Dieu comme à un père, ce qui veut dire que nous sommes de sa famille, donc divinisés. Ce n’est pas de la prétention, cela n’est pas la conséquence de nos mérites, c’est une grâce d’adoption de Dieu qui nous rappelle son projet : que nous soyons ses enfants. Nous sommes donc invités à répondre à ce don gracieux en entrant dans une nouvelle compréhension du sens de notre vie et de nos relations. Nous découvrant ainsi aimés et adoptés par Dieu, nous pouvons répondre à cet amour en nous aimant les uns les autres. Ainsi la mission consiste à incarner cette réalité dans nos propres vies pour en témoigner par la qualité de nos relations interpersonnelles. La mission consiste aussi à savoir discerner cette présence divine en l’homme, à savoir nous émerveiller de ce que Dieu réalise en toute personne.

Olivier

2024-11-18T21:22:00+01:00

Camp Toussaint 2024 > les Jeunes Cadets

Les Jeunes Cadets Carabelle

Chers parents, je peux vous dire que ce camp était loin d’être barbant !Nous avons vécu plein d’aventures et de rebondissements. Entre les présentatrices hilares Corinne et Sandrine, les prisonniers à perpétuité et leur plan d’évasion, les rappeurs Jyeuhair et Dadi et leurs disques cachés, les farfadets malicieux Marmite et Potion, les ouvriers anti-squatteurs Fernandez et Frédériqué, les boxeurs complètement fous Mohammed et Ali et les monstres cachés dans la forêt, on peut dire que c’est du beau monde qu’on a rencontré. Sans oublier Mamà Coco, Miguel, Papà Enrique, Hector et Ernesto de la Cruz, les personnages du film « Coco ». Personnages qu’on a aidé à redevenir célèbres grâce à nos talents en musique, maquillage et équilibre, mais aussi et surtout grâce à notre esprit de détective. Esprit qui nous a permis de retrouver tous leurs objets, mystérieusement disparus car plus personne ne les aimait. Et ce n’est pas tout !
Nos temps libres étaient aussi bien chargés avec au programme : constructions de cabanes, parties de football, basket, ping-pong, concours de hula-hoop, expéditions dans la forêt et confections de scoubidous. On peut dire qu’on n’a pas arrêté de s’éclater. Pendant un temps qui fut passionnant, avec beaucoup de sérieux, nous avons discuté du message chrétien et de Dieu. Le lendemain matin : ménage et bilan. L’aprèm : jeu et trajet. Et on était déjà rentrés… Les souvenirs sont déjà là et la hâte du camp de ski aussi.
À très bientôt les JKD’S, et MERCI.

Ruben

2024-11-18T21:34:34+01:00

L’Évangile du mois de décembre 2024

Cet Évangile sera lu le 1er décembre au premier jour du temps de l’Avent, 25 jours pour se préparer à Noël.
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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc

En ce temps-là, Jésus parlait à ses disciples de sa venue :
« Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots. Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste comme un filet ; il s’abattra, en effet, sur tous les habitants de la terre entière. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »

Le contexte
Nous sommes à la fin de l’Évangile de Luc et avant de commencer le récit la Passion, l’évangéliste nous présente un récit de nature apocalyptique. Si ce genre littéraire nous est un peu étranger, les interlocuteurs de Jésus y sont habitués. Ne soyons pas étonnés que les évangélistes en général, et Luc en particulier, s’expriment dans la culture et selon les genres littéraires de son temps. User de ce type de récit permet de réveiller les croyants et de leur rappeler la finalité de leur existence. Jésus parle à ses disciples dans le contexte de la destruction imminente de Jérusalem, qui s’est produite en 70 de notre ère.

Jésus parle de sa venue ?
Mais pourquoi donc Jésus parle-t-il de sa venue, alors qu’il est déjà présent ? Il faut comprendre la double venue de Jésus : sa venue dans la chair au jour de l’Annonciation quand Marie l’a accueilli en elle ; mais il ne faudrait pas oublier son autre venue exprimée dans le Credo quand nous disons : « Il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts. » Il s’agit de sa venue à la fin des temps.

Apocalypse Now ?
Les discours apocalyptiques utilisent souvent un langage symbolique comme les tremblements de terre, les famines, et les signes dans le ciel sont des images symboliques pour décrire des bouleversements majeurs. Ainsi, Jésus exhorte ses disciples à rester vigilants et à persévérer dans la foi, même face aux persécutions et aux épreuves. Ces discours ne sont pas seulement des descriptions un peu déprimantes. Jésus promet une Bonne Nouvelle : malgré les tribulations, les difficultés, les épreuves, le Fils de l’homme viendra avec puissance et gloire.

Pourquoi de tels écrits ?
Les discours apocalyptiques de Jésus révèlent avant tout le sens du mal et les conséquences destructrices du péché humain. Il ne s’agit pas de voir les catastrophes comme des punitions divines, mais de saisir que le péché a des répercussions réelles et graves. L’actualité de ces derniers mois en est la preuve, que ce soit dans le domaine diplomatique, climatique ou social.

Quand le futur se mêle au présent
Malgré les descriptions sombres et inquiétantes, Luc ajoute un message d’espérance. La victoire de Dieu sur le mal est une réalité, et il faut croire que le mal n’aura pas le dernier mot. Plutôt que de chercher des prophéties spécifiques dans les textes apocalyptiques, ces textes peuvent être lus comme une invitation à réfléchir sur notre propre situation et à discerner un sens plus profond à accueillir. Luc en parlant du futur parle aussi de notre présent afin que nous nous efforcions de le transformer.
« Contempler ce que l’on espère pour orienter notre façon de vivre » : c’est ainsi que notre archevêque résume la finalité de ces discours apocalyptiques. Contempler ce que l’on espère, c’est-à-dire la venue du Fils de l’Homme, et nous y préparer et orienter ou réorienter notre manière de vivre aujourd’hui.

Didier Rocca

Le nom du mois : parousie


La parousie peut se définir comme étant le retour en gloire de Jésus à la fin des temps. Toutefois, le terme, issu du grec, évoque plus largement la « présence » de Jésus, en tout temps, depuis la création du monde jusqu’aux fins dernières. Par sa naissance, Jésus est venu une première fois dans le monde mais l’eschatologie chrétienne, à travers ce que nous dit la Bible, nous promet une seconde venue du Christ et l’avènement de son Royaume. D’ailleurs, la liturgie au moment de l’Avent et de Noël invite tout particulièrement à prier pour la seconde venue de Jésus. C’est la raison pour laquelle ce passage d’Évangile nous est proposé durant ce premier dimanche d’Avent.

2024-11-18T21:24:58+01:00