Olivier

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Lettre du Villard – Février 2025

Lettre du Villard

Le Villard, le 15 février 2025

Cher ami,
Nous nous réjouissons de savoir que vous pourrez venir pour quelques jours de vacances au Villard ; notre petit groupe de résidents est bien conscient de constituer une aimable société mais, comme vous le constatez, en ayant la délicatesse de ne pas en faire état, nous mijotons dans notre jus, ou, pour dire autrement, nous tournons un peu en rond, avec les manies et les obsessions de notre âge. Lorsque vous venez au Villard, votre conversation, vos réactions nous font élargir le champ de nos préoccupations. Comme je m’ouvrais de cela auprès de vous, vous avez eu l’amitié de me dire que notre âge n’était sans doute pas en cause, tant vous rencontrez de personnes dont l’intérêt se limite à un nombre finalement bien limité de préoccupations. J’évoquais la question l’autre jour avec votre voisin Poulenc, qui est un peu plus jeune que nous ; il a convenu que, quel que soit l’âge et quoi que nous en disions, nous ne tenons pas tellement à nous aventurer, comme on dit aujourd’hui, hors de notre « zone de confort ». Je lui citais l’exemple contraire de l’ami Béraud qui s’évertue à lire un quotidien dont les idées sont bien souvent à l’opposé des siennes, sous les sarcasmes amicaux du colonel Gastinel qui l’accuse, ce faisant, d’enrichir un groupe financier qui n’aspire qu’à voir disparaître la catégorie sociale dont il est un des représentants. Béraud lui rétorque régulièrement que c’est pour lui le prix à payer pour mieux connaître les arguments de ses adversaires dont il peut ainsi démontrer les sophismes devant ceux de ses amis qui, justement, ne prennent pas le temps de se demander en quoi il s’agit de sophismes et qui se laisseraient aller, par paresse, à croire ce qu’on leur raconte. La tentation de ne pas se hasarder hors de nos zones de confort affecte toutes les générations et toutes les sensibilités. « Voyez, me disiez-vous, quelle aubaine cette disposition d’esprit est pour les partis politiques ! Disons pour leurs dirigeants, dont le génie est de faire croire aux nigauds qu’ils pensent par eux-mêmes ce que leur ont soufflé ceux qui entendent les manipuler… Quelques mots d’ordre bien trouvés et quelques formules bien senties sont suffisants pour transformer l’arène démocratique en champ de bataille avec tranchées, lignes de barbelés et chausse-trapes. Notre assemblée nationale est devenue, depuis les dernières élections, le lieu privilégié de l’expression d’idées, disons sans nuance, qui fleure bon la conversation de bistrot. Ainsi, flatté d’avoir des élus qui doivent penser comme lui parce qu’ils s’expriment comme lui, l’électeur est maintenu dans sa zone de confort. » Poulenc est revenu sur le sujet en concédant que nous ressentions souvent moins une aspiration à l’aventure qu’un besoin de protection, que nous aimions bien ne pas trop nous lancer dans l’inconnu : « Lorsque vous lisez ou racontez une histoire à de jeunes enfants, vous remarquez qu’ils tiennent à ce que vous ne variez pas le texte, et même à ce que vous n’en changiez pas un mot ; ils ont sans doute besoin de retrouver, à partir de mots, d’images, d’intonations un petit monde bien à eux qui leur permet d’accepter l’inconnu de la nuit. » Je lui ai confié en aparté que, moi aussi, qui n’étais plus spécialement jeune, j’étais bien souvent tenté par le désir, sinon le besoin, de me réfugier dans mon monde « à moi », d’établir une zone tampon entre ce à quoi j’aspire et ce que dois assumer, non pour ignorer la réalité du monde mais pour, comme on dit aujourd’hui, le mettre en perspective. L’éminent historien Georges Lenotre, lui ai-je révélé, avait, paraît-il, pour habitude de lire chaque jour, avant de s’endormir, rien moins qu’une pièce de théâtre ou un petit roman, pour, disait-il, « se laver l’esprit ». « Moi, dit Beraud qui avait suivi notre conversation, lorsque j’ai besoin de retrouver un certain équilibre que je pense menacé, je relis quelques auteurs, comme Giraudoux, Anatole France ou Chateaubriand. Je retrouve toujours dans Siegfried et le Limousin du premier, l’Histoire contemporaine1 du deuxième ou les Mémoires d’Outre tombe de celui qu’il est inutile de présenter, le même enchantement que suscitent tant la clairvoyance distancée de leurs pensées que le charme qui émane de leur expression. Leur art est celui du sertisseur2 qui met en valeur les pierres précieuses par la façon de les agencer. » Gastinel, qui lit plutôt les ouvrages qui paraissent et auxquels les médias donnent publicité s’est aventuré à demander à l’ami Béraud s’il ne pensait pas qu’en se délectant de ces friandises surannées il ne risquait pas de s’enkyster dans sa zone de confort. Poulenc a tiré Béraud d’une explication qui aurait peut-être été laborieuse, en poursuivant son propos sur les histoires qu’on lit aux enfants et qui leur permettent de vivre d’autres vies par procuration : « Mais les adultes ont les mêmes besoins, les mêmes attentes ; voyez le succès de la “presse people” qui fait son miel des aventures des produits du “star-system” ou des péripéties des têtes couronnées. Ne parlons pas des émissions “historiques” qui, d’ Alain Decaux à Stéphane Bern, permettent de “se changer les idées”. Leur propos n’est pas de diffuser “le savoir savant”, comme disent les professionnels de l’Histoire qui, au demeurant n’intéresse pas grand monde, mais de bien raconter des histoires qui ne soient pas inexactes. L’art du récit l’emporte sur l’analyse historique mais nous avons besoin de “zones de confort” pour nous “faire penser à autre chose” et nous permettre de repartir. » Nous aurons certainement l’occasion, lors de votre séjour maintenant prochain, de retrouver nos amis pour tenter de démêler si la zone de confort est un lieu de repli stratégique où l’on refait ses forces ou l’expression d’un désintérêt pour tout ce qui ne nous concerne pas de près. Mimiquet, qui déneigeait devant votre grange et qui est venu se réchauffer quelques instants chez nous, vous demande par mon intermédiaire quel jour il doit mettre votre chaudière en route.
Comme vous le voyez, vous êtes très attendus.
Nous nous réjouissons de pouvoir très bientôt vous exprimer toute notre amitié.

P. Deladret

  1. L’Histoire contemporaine (1897-1901) d’Anatole France (1844-1922) est constituée de quatre ouvrages : L’Orme du mail, Le mannequin d’osier, L’anneau d’améthyste et Monsieur Bergeret à Paris.
  2. Sertisseur : artisan d’art qui intervient dans le prolongement du travail du bijoutier ou de l’orfèvre pour fixer les pierres précieuses que doit comporter l’objet.
2025-03-24T17:51:46+01:00

Camp Hiver 2025 > les Benjamins

Les Benjamins à Larche

Chers Parents,
Nous avons le plaisir de vous annoncer que vos enfants ont été extraordinaires, ils ont prêté main forte à leurs amis tout au long du séjour. Ils se sont lancés à la chasse aux extraterrestres avec les agents du MIB, ont permis à des enseignants de créer une nouvelle classe et ont également participé à la « grandiose » émission « Le Juste Prix ». De plus, leurs exploits sur les pistes ont époustouflé leurs animateurs. Tandis que certains apprenaient courageusement à faire des virages, d’autres se lançaient avec audace sur des pistes rouges ou des petites bosses. Entre les descentes en luge, les batailles de boules de neige et la randonnée en raquettes, qu’ils ont accomplie sans la moindre plainte, les Benjamins ont, grâce à Miyazaki, visité le Royaume des chats, et mis fin au règne autoritaire du roi des chats, permettant ainsi à tous les chats de vivre libres et heureux.
Même en réalisant tous ces exploits, les Benjamins ont tout de même pris du temps, durant les repas et les temps libres, pour aider les Grands Cadets à se former à l’animation.
C’est pour tout cela que vous pouvez être fiers, comme nous le sommes, de ces extraordinaires Benjamins !

Matilde

2025-02-27T09:11:28+01:00

Édito mars 2025 > Le L’humain et le divin

Que ce soit en matière de religion, de spiritualité, ou de rites, il y a souvent un conflit, ou pour le moins une dichotomie, entre notre vision humaine et ce que nous pouvons comprendre du projet de Dieu. Il est évident que nous ne saurons jamais ce que Dieu veut, et nous devons nous méfier lorsque nous prononçons ou entendons des paroles qui parlent au nom de Dieu. Mais pour les chrétiens, nous avons en Jésus Christ une manière d’être de Dieu qui s’exprime assez explicitement.

Les religions
Les critiques sur les religions s’appuient souvent sur des aspects très humains de structures qui sont considérées comme hypocrites ou autoritaires. Comment faire confiance à une institution qui parle d’amour, de respect et de fraternité, lorsque l’on découvre les dérives, les abus, les ségrégations ? Il n’est pas une religion ou une institution qui ne soit touchée par ces drames. Cela peut nous aider à bien saisir la différence entre la religion idéale, parfaite, qui n’existe que dans le monde divin, et les pâles représentations humaines et imparfaites que sont les religions que nous connaissons. C’est une invitation à l’humilité pour celles et ceux qui œuvrent dans ces structures : soyons conscients que nous sommes au service d’un message qui nous dépasse, qui rappelle un idéal extraordinaire dont nous sommes les premiers destinataires. Il ne nous est pas demander de juger ou de condamner, mais d’annoncer une Bonne Nouvelle qui invite à la guérison, au relèvement, à la conversion. Nous voyons bien qu’il y a un fossé entre la religion idéale – lieu de relecture de l’histoire de chacun sous le regard bienveillant et consolateur de Dieu, lieu de relation avec ce Dieu d’amour qui se fait proche de nous et qui désire nous accompagner dans la marche de notre vie – et les religions qui existent, avec leur histoire, leur fonctionnement : institutions humaines et structures faillibles, mais pourtant dépositaires d’un trésor inestimable.

L’Église
Il en va de même pour l’Église, qui a pour vocation de donner chair au Royaume de Dieu et qui cependant reste une communauté humaine marquée par les faiblesses humaines. Elle accomplit sa mission lorsqu’elle sait se mettre au service de la Parole de Dieu et qu’elle l’incarne dans le service, le partage et la fraternité, mais elle peut trahir sa mission quand elle se croit propriétaire du message et qu’elle pervertit sa vocation en tombant dans la condamnation ou le moralisme. C’est un appel à vivre autrement la vocation propre de l’Église qui se doit, avant d’appeler les autres à la conversion, d’être elle-même en conversion et un modèle de fidélité au projet de Dieu. Nous sommes bien conscients qu’elle est loin de vivre cet idéal, et nous pouvons être indulgents lorsqu’elle vit sa mission avec humilité en se reconnaissant constituée de pêcheurs pardonnés. Mais nous pouvons comprendre que nos contemporains puissent être très blessés et déçus lorsqu’au nom de l’Église nous trahissons le message en nous mettant en position de domination ou que nous avons des réflexes sectaires ou identitaires.

Les rites
On peut élargir la réflexion aux célébrations religieuses, aux liturgies et aux sacrements ; parfois les pratiquants les trouvent inadaptés, tristes, longs, répétitifs… Là encore, nos célébrations ne sont que de pâles reflets de la véritable célébration de joie qui procède du cœur de Dieu et qui devrait nous habiter. Nous sommes toujours dans ce paradoxe entre le « déjà-là » de l’accomplissement du désir de Dieu, et le « pas encore » de notre contingence humaine, de nos résistances, de notre vie marquée par les difficultés et les égarements. Sachant cela, nous pouvons cependant vivre de manière plus juste les temps liturgiques, car ils sont un signe de quelque chose qui nous dépasse et qui, par ces temps, ces lieux, ces gestes, devient toujours un peu plus réel dans nos vies. Nous avons besoin de passer par cette incarnation humaine et matérielle car nous sommes ainsi faits. Le danger et le risque seraient de penser que le tout de la relation à Dieu se joue dans ces pratiques rituelles. Nous tomberions dans une forme d’idolâtrie et nous passerions à côté de l’essentiel, à savoir la relation d’amour que Dieu veut nouer avec chacune et chacun d’entre nous.

Olivier

2025-02-27T09:09:05+01:00

L’Évangile du mois de mars 2025

En ce deuxième dimanche du Carême, nous retrouvons cet épisode appelé la Transfiguration de Jésus.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier. Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante. Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie, apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem.
Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés. Ces derniers s’éloignaient de lui, quand Pierre dit à Jésus : « Maître, il est bon que nous soyons ici ! Faisons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il ne savait pas ce qu’il disait. Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent. Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! » Et pendant que la voix se faisait entendre, il n’y avait plus que Jésus, seul.
Les disciples gardèrent le silence et, en ces jours-là, ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu.

Le contexte
Luc propose cet épisode de la Transfiguration en plein cœur de son Évangile juste après la multiplication des pains, la confession de Pierre et l’annonce de sa Passion. Que s’y passe-t-il ? Jésus gravit une montagne, pour une rencontre avec son Père. Il n’est pas seul puisque cinq autres personnes sont avec lui : les trois disciples Pierre, Jacques et Jean qui seront à côtés à Gethsémani, mais aussi les deux grands prophètes de l’Ancien Testament, Moïse et Elie.

Six jours…
Jésus prend donc avec lui trois de ses plus proches compagnons et les invite à monter sur une montagne.
Six jours ? Cette indication de temps est suggestive. C’est le temps qui sépare, dans la liturgie juive, le Yom Kippour appelé aussi le jour du grand pardon, de la Fête des Tentes. Ainsi, durant une semaine, la communauté vit sous des tentes, comme au désert, pour exprimer cette attente d’une nouvelle manifestation de Dieu et de la venue du Messie. Un peu comme les chrétiens durant le temps de l’Avent. Ce n’est pas un hasard. Luc évoque explicitement les tentes lorsqu’il fait dire à Pierre : « Faisons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie… »

Chacun sa montagne
L’indication de la montée de Jésus sur une montagne est tout aussi intéressante. Attention, n’imaginons pas le Mont Blanc ou un haut sommet enneigé mais plutôt une colline. Remarquons que les deux figures de l’Ancien Testament, Moïse et Elie, renvoient chacun à une montagne. Moïse est monté au Sinaï où la Loi fut donnée ; Élie est allé sur la montagne de l’Horeb où Dieu s’est manifesté non pas dans le tonnerre mais dans une brise légère ! Sur la montagne, Dieu se révèle. Que va-t-il dire ?

Une reprise du baptême
« Celui-ci est mon fils que j’ai choisi ». Cette parole divine, nous l’avons déjà entendue au moment du baptême de Jésus par Jean. C’était au début de l’Évangile. Une mention est rajoutée ici : « Écoutez-le ». Notre pédagogue divin insiste sur l’écoute, précisément parce que ce n’est pas le fort des disciples et nous sommes probablement aussi dans ce cas-là. L’écoute est synonyme d’obéissance, cela ne renvoie pas à un quelconque problème d’audition. Rappelons-nous qu’écouter Jésus, c’est tout simplement faire partie de ses disciples.

La transfiguration nous parle de Pâques
Une nouvelle fois, un épisode de l’Évangile évoque Pâques. Ainsi lorsque Jésus s’approche des disciples qui sont tombés « la face contre terre », il les touche et leur dit : « (R)éveillez-vous ». Puis à la fin, Jésus leur demande de ne « parler à personne de cette vision avant que le fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts ». Éveillé, ressuscité, réveillé, ces verbes en français renvoient au mystère vécu à Pâques.

En descendant
Nous pouvons imaginer le trouble, l’incompréhension ressentis par les trois disciples. Qu’ont-ils compris de ce son et lumière ? Comme souvent, il faut du temps pour analyser, décrypter les moments spirituels forts d’une existence. Il leur faudra attendre la Passion de leur maître. C’est ainsi que leur reviendra à l’esprit les événements du Thabor (montagne de la transfiguration) durant lesquels le Père leur aura donné les clés de compréhension du ministère et de l’identité de Jésus. Ainsi, après Pâques, ils comprendront que l’Amour du Père a été plus fort que la mort et qu’ils en avaient eu une preuve par avance.

Pour actualiser
Cette page d’Évangile nous oriente vers Pâques en nous recentrant sur l’essentiel : écouter le Fils bien-aimé du Père. Ah, si nous pouvions devenir de véritables écoutants, à l’écoute de la Parole de Dieu et des autres afin d’y déceler les conseils de notre divin maitre ! Ah, si nous pouvions à l’occasion de ce temps de carême nous rafraîchir la mémoire afin que reviennent à notre esprit ces épisodes fondateurs qui nous ont permis de dire : Oui, j’y crois. Il m’a parlé, j’ai compris quelque chose de sa grandeur, de sa bonté… Ah, si nous pouvions devenir ou redevenir de véritables pèlerins. La tentation est si grande de faire comme Pierre qui voulait rester là avec son Jésus. Que ce soit pour les autres disciples ou pour nous-mêmes, Jésus nous attend dans notre Galilée, dans notre lieu de mission où déjà il nous précède. Jésus lui-même est descendu de la montagne, alors pourquoi voudrions-nous rester là-haut ?

Didier Rocca

2025-02-27T10:48:04+01:00

Camp Hiver 2025 > les Jeunes Cadets

Les Jeunes Cadets à Larche

Jour 1 : On a voyagé dans le car, dit au revoir aux KD’s et on s’est installés dans les chambres. Puis on a loué les skis et écrit les règles de vie. Pour la veillée, des pisteurs-secouristes nous ont mis à l’épreuve et ont testé nos connaissances sur la montagne, et les meilleurs ont été recrutés.
Jour 2 : Premier jour de ski, première blessée, Louna rentre chez elle, mais on s’est tous régalés et on a bien progressé. Le soir, c’est Patrick et Théodora qui nous accueillent dans leur émission pour réaliser des défis endiablés. Entre les sauts de verres, les challenges d’élocution la bouche pleine de chamallows, les concours de gonflage de ballons, les mimes, et les lancers de menthos, on peut dire qu’on a tous beaucoup rigolé.
Jour 3 : Les personnages de L’Âge de glace ont besoin de notre aide pour sauver leur film en péril à cause de la fonte des glaces… On capture les éléments importants et on fait passer un message de sensibilisation pour les sauver. Le matin, c’est au tour d’Olivier de se blesser, un skieur lui rentre dedans. Faut voir le positif : on skie + aujourd’hui en attendant que les renforts arrivent pour nous ramener à la maison. Le soir, on regarde L’Âge de glace 2 et on est content que le film soit en sécurité.
Jour 4 : On part skier tôt, comme les autres jours… Malédiction… Constance descend en barquette, clavicule cassée. Heureusement,, elle garde le sourire, mais c’est retour à Marseille. Par contre, aujourd’hui, les JKD’s ont bien skié et progressé, même le groupe des verts a fait une PISTE ROUGE !! Le soir, on rencontre Alex et Alexandre, qui nous apprennent un nouveau métier : investisseur dans les chalets.
Jour 5 : Dernier jour de ski, tout le monde profite des dernières pistes. Ethan se fait doubler par un skieur, tombe… Aïe le genou, BARQUEETTTE. C’est du taboulé ce midi, on mange, mais on garde de la place pour ce soir. L’aprem, badaboum. César tombe sur son épaule… Qui a bien pu nous marabouter ? C’est dommage, mais après avoir vu le médecin, les 2 gardent le sourire ! Ménage complet de la maison et bilan du camp. Vient l’heure de la raclette… Les JKD’s passent plus d’une heure à table, on peut dire qu’ils se sont régalés. Dernière veillée, un conteur leur donne le choix entre une histoire joyeuse ou une histoire d’horreur. Ils choisissent l’horreur et ne seront pas déçus…
Jour 6 : Réveil à 6 h 30, on est fatigués, mais on se dépêche de boucler nos valises et de les charger dans le camion. On est dimanche, yes, on a des croissants au petit déj (oui, on a encore faim). Décidément, on aura mangé pendant ce camp… Repas fini, on monte dans les minibus, on rentre déjà à Marseille… Dans les fourgons, on écoute la musique, on chante, on dort, on joue aux cartes, et certains créent même des déguisements pour leurs doudous. On y est, Marseille. Au revoir tout le monde, bonjour les parents.
On se voit au prochain camp, les JKD’s.

Ruben

2025-02-27T09:13:14+01:00

Camp Hiver 2025 > les Cadets

Les Cadets à Larche

Chères familles,
le camp des Cadets s’est passé à merveille. Il n’a malheureusement pas neigé pendant notre séjour mais la neige était bonne avec des bosses sur lesquelles les sauts étaient autant impressionnants mais ce n’est pas tout !
Les enfants et les animateurs ont fait la connaissance de farfadets en quête de danseurs pour leur grande fête, ensuite des super-héros chassant des magiciens noirs cherchant des alliés, puis des caissières très mal organisées nous appelant à l’aide pour ranger les rayons.
Entre temps ils ont pu voir Les Bronzés font du ski sous leur duvet dans la salle de veillée. Pour finir les enfants ont revu les insectes qu’ils avaient découverts à Carabelle au camp de la Toussaint.
Ce camp était tout aussi formidable que fatigant avec toutes les pistes descendues et remontées, des jeux débordant d’imagination et de la nostalgie à revendre. Nous vous attendons avec impatience au camp de Pâques, remplis d’énergie pour cette année qui a bien commencé.

Mathis

2025-02-27T09:21:15+01:00

Camp Hiver 2025 > les Grands Cadets

Les Grands Cadets à Larche

Vadim/ Le jour du départ, nous sommes partis à 9 heures direction Larche. Après un trajet avec une pause en station, nous sommes arrivés vers 13 heures puis nous avons mangé le pique-nique tous ensemble. Une fois le repas terminé, nous avons découvert nos chambres et installé nos affaires avant de partir louer nos skis. De retour à la maison, chacun a pris sa douche, puis nous avons eu un temps libre, un bon moment pour rigoler tous ensemble. Le soir, nous avons partagé un bon repas de gnocchis avant de terminer la journée avec une veillée animée par Samy, Anja, Louca, Léon et Joseph, qui nous ont organisé une partie de Loup-Garou version Star Wars. L’ambiance était au rendez-vous, parfait pour clôturer cette première journée bien remplie !
Samy/ La journée a commencé tôt avec un réveil à 7 heures. Ensuite, à 7 h 30, tout le monde prend le petit-déjeuner en étant déjà en tenue de ski. À 8 h 15, tout le monde monte dans le Minibus avec Olive qui nous conduit au Sauze. Après une matinée passée sur les pistes avec un temps nuageux, nous devons être de retour à 12 h 15 au carré en bas, sans une minute de retard… Après la pause déjeuner et un peu de repos, le retour au local est prévu à 16 heures afin de poser nos skis. Tout le monde reprend place dans le fourgon pour rentrer. Une fois arrivés, vers 16 h 30 on prend le goûter habituellement avec du chocolat. Après cela, il est temps de se doucher après l’effort. Ensuite on célèbre la messe : on est dimanche ! À 19 h 15, le repas du soir est servi. Enfin, la journée se termine avec une veillée faite par nos Grandes-Cadettes Charlie, Tab, Jo, Camille et Inès sur le thème des super copines chic choc avec différents stands pour s’affronter. Pour finir, notre coordi Samy a fait la prière du soir pour amorcer le sommeil.
Charlie/ La journée commence sur le même rythme que la précédente. Après le ski et la douche c’est le moment de faire un jeu qui est présenté devant les GKD et les BJ ; suite à cela, en attendant le repas à 19 h 15, les deux groupes ont du temps libre, le groupe ensuite se réunit pour le repas du soir, un moment important de la journée. Ensuite, la journée se termine par une veillée commune qui ce soir-là était un film. On finit la journée par un temps de prière puis on va tous se coucher.
Joseph/ Le matin on s’est réveillé comme d’hab’, on s’est préparé, on a pris le petit-déj’. Après on a skié normal. Le midi on a mangé du taboulé et le soir on a mangé une raclette avec les Benjamins. Ensuite on a fait la « fausse veillée » de Paul, Théophile, Atzel et Alexandre, après il y a eu le fil d’Ariane avec les Bj et on a fait la prière et on est allé dormir.
Tab/ Réveil tôt comme tous les matins pour filer sur les pistes, sur s’est retrouvés à 12 heures au carré en bas des pistes pour manger tous ensemble et rebelote sur les pistes pour l’après-midi. On est rentrés pour goûter et temps libre avec les BJ’s et le soir on a fait la rencontre de trois among us qui avait besoin de nous pour remplir des missions et démasquer les imposteurs.
Camille/ J’ai réveillé les GKD’s vers 8 h 30 pour prendre le petit déjeuner à 9 heures et avant le repas ils ont fait leurs valise. Après le repas on a fait les tâches ménagères très rapidement pour ensuite faire les bilans des jeux et du camp. Après le déjeuner on a chargé le car et à 13 h 30 on est partis de Larche pour arriver vers 17 h 30 à Marseille.

Les GKD,s

2025-02-27T10:35:56+01:00

Lettre du Villard – Janvier 2025

Lettre du Villard

Le Villard, le 15 janvier 2025

Bien cher ami,
Nous vous remercions pour votre si gentille réponse à notre petit mot du 1er janvier, en regrettant que, cette année, votre séjour au Villard n’ait pu s’étendre jusqu’à l’an nouveau, mais enfin, comme nous disaient les bons pères, le devoir d’état1 prime, que Diable ! Vous avez heureusement pu bénéficier pendant quelques jours d’un enneigement qui, sans être mémorable, aura largement justifié votre déplacement. Nous espérons qu’il s’améliorera d’ici les prochaines vacances qui nous vaudront la joie de vous revoir.
Nous étions invités hier à « tirer les rois » chez Poulenc, qui avait bien fait les choses en prenant dans sa réserve une excellente clairette de Die pour accompagner le gâteau et la galette. Le colonel Gastinel s’étant, par jeu, demandé si on avait continué de « tirer les rois » sous la Révolution, l’ami Béraud lui a doctement répondu qu’il avait suffi d’appeler galette de l’Égalité le gâteau des rois dont le nom heurtait la sensibilité jacobine et de remplacer la fève par un bonnet phrygien. « On n’en resta pas là dans le ridicule, ajouta-t-il, puisqu’il me semble me souvenir que dans une gazette parisienne parue pendant la Révolution2, on n’hésita pas à avancer que “le Jour des rois” était celui où trois rois se mettaient à genoux devant un enfant qui allait devenir “le chef des sans-culottes de Jérusalem” dont les missionnaires allaient prêcher partout la doctrine des petits. » Poulenc a apprécié le raccourci en soulignant qu’avec une analyse comme celle-là, on ne pourrait pas dire que la transmission du message évangélique n’empruntait pas parfois par des voies inattendues. Ce faisant, il avait, pour ajouter à la bonne humeur de notre société, mis en route l’enregistrement qu’il avait fait du Concert du Nouvel An de Vienne. En voyant les images, Mimiquet n’a pu s’empêcher de remarquer qu’il n’avait rien contre cette musique mais que le spectacle donné par cette assistance qui payait cher3, pour pouvoir ensuite en faire état, le privilège de se pâmer en faisant mine d’écouter les « tubes » ressassés de la famille Strauss dans une salle rococo comme un salon de thé d’antan, le mettait mal à l’aise : « Je trouve qu’il y a là une sorte d’orgueil de caste. Et puis, voyez, l’orchestre marche tout seul, comme au cirque, et les gestes du maestro battant la mesure me font un peu penser à ceux de ma pauvre mère lorsqu’elle pliait les draps. » « Ne crois-tu pas que tu exagères un peu ? », fit Gastinel. « Tu pourrais plus utilement t’indigner qu’un maestro italien dirige la Marche de Radetzky, qui célèbre la vieille baderne autrichienne – il avait 81 ans – qui noya dans le sang la révolte des Milanais contre les Autrichiens en 1848. » « Il est vrai, dit Béraud, que des nations autres que l’Italie auraient depuis longtemps demandé, que dis-je, exigé que ce morceau soit retiré du répertoire. Les Italiens, eux, ont une mémoire longue ; ils savent faire la part des choses et mettre les événements en perspective. Ils comprennent donc l’Histoire, à la différence de certains qui sont amnésiques quant à leur propre passé. » Je me suis alors souvenu de ce que vous m’avez dit lorsque vous m’avez rendu Le Monde d’hier4 de Stefan Zweig que je vous avais prêté. Vous aviez été frappé par sa nostalgie et par cette peinture de l’Autriche de la fin du xixe siècle, « insouciante, traditionnelle, conventionnelle… à l’apogée de sa richesse ». Je me demandais si cette évocation d’une Autriche qui avait perdu sa superbe et à laquelle ce concert nous renvoyait ne trouvait pas un écho dans l’évolution actuelle de notre civilisation européenne. Dans ce concert où tout faisait référence à la puissance et à l’insouciance d’une Autriche révolue, il m’a semblé percevoir la petite musique qui me paraît accompagner l’évaporation de notre civilisation, de notre Europe, sinon de notre nation. Alors que j’esquissais cette hypothèse devant nos amis, Gastinel nous a asséné qu’il ne fallait pas s’illusionner et que nous n’étions pas loin des dernières mesures de la marche de Radeztky. « Ce qui ne nous empêche pas, fit-il, de nous pâmer devant nous-même et d’élever au rang des beaux-arts le maniement de la doloire dont on s’est servi pour aplanir les troncs à assembler pour la charpente de Notre Dame de Paris. Et cela au moment même où l’étasunien Elon Musk est capable d’envoyer une fusée dans l’espace puis de la récupérer, ce qui est hors de nos capacités. Entendons-nous, il ne s’agit pas de dénigrer le savoir-faire des doleurs5 mais de souligner que nous serions heureux de pouvoir célébrer aussi l’excellence des savoir-faire de notre temps. Il serait préférable que nous sachions, en même temps, pour reprendre une expression qui a eu son petit succès, manier la doloire et récupérer nos fusées. » « Mais, mon pauvre ami, lui dit Poulenc, ne voyez-vous pas qu’avec l’équipe qui va diriger les USA nous sommes pour ainsi dire, en 1492, quand les Européens ont pris pied dans un Nouveau Monde. Pourquoi ? Eh bien parce que c’est à partir de là que les Européens qui avaient créé des moyens techniques incomparables ont pu s’emparer des terres jusque-là inconnues pour les exploiter et les coloniser. De même, la technologie et la richesse dont disposent les Américains vont leur permettre de se sentir chez eux chez nous. ». Bureau lui a fait remarquer qu’entre l’impérialisme triomphant des uns et l’obscurantisme conquérant des autres, qui ne représentent pas un moindre danger, nous devions pouvoir, en prenant soin de nos racines, nous maintenir au moins aussi bien qu’a su faire l’Autriche.
Comme vous pouvez le constater, le passage à nouvelle année n’a pas assagi nos amis !
J’espère que nous aurons la joie de vous voir à l’occasion des vacances de février. N’hésitez pas à nous prévenir pour que nous préparions votre maison à vous recevoir.
Nous pensons bien à vous.

P. Deladret

  1. Obligations particulières de chacun par suite de son état, de sa condition et de sa situation
  2. Dans la Chronique de Paris de 1793.
  3. Jusqu’à 1 200 € la place.
  4. Le Monde d’hier. Souvenirs d’un Européen, 1943.
  5. Ouvrier spécialiste du maniement de la doloire.
2025-01-19T18:58:07+01:00

Édito février 2025 > Le jubilé de l’espérance

En cette année 2025, qui marque un jubilé, l’Église nous propose de prendre un temps d’action de grâces, de prière, de conversion. Cette tradition est très ancienne, on en trouve des références dans la Bible, et Jésus lui-même, dans un épisode de sa vie, lit un rouleau du Premier Testament, dans le livre du prophète Isaïe, qui fait référence au jubilé : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. » Ce texte renvoie à un livre de Torah, le Lévitique, qui explicite l’année jubilaire : « Ce sera une année sainte, et vous proclamerez la libération pour tous les habitants du pays. En cette année jubilaire, chacun de vous réintégrera sa propriété, chacun de vous retournera dans son clan. » Si l’on jubile, si l’on est heureux, c’est parce que l’on remet les pendules à l’heure, on a droit à une nouvelle chance, c’est l’occasion de comprendre que nous avons droit au pardon et à l’indulgence de la part de Dieu. Le Seigneur nous invite à nous rappeler aussi que tout ce que nous avons vient de lui, nous ne sommes propriétaires de rien mais nous sommes responsables de ce qui est à notre disposition. Ainsi ce qui prévaut, c’est le partage et la justice.

Pèlerinage
Lors des jubilés, l’Église propose aux chrétiens de vivre une démarche de conversion en se mettant en mouvement, en pèlerinage : manière de vivre sa foi en marchant, en priant avec son corps, avec ses jambes et ses pieds, car cela permet de comprendre que Dieu veux nous faire bouger intérieurement. Être chrétien, c’est entrer dans une démarche de conversion continuelle ; cela fait référence au baptême, à la fête de Pâques, aux sacrements. Lors des jubilés, les croyants sont invités à passer des portes, signe explicite de passage…

Repères
Dans le christianisme, les jubilés on été célébrés à partir du début du xive siècle, d’abord tous les 100 ans, puis tous les 50 ans, ainsi qu’aux quarts de siècle et même lors d’années spéciales en rapport avec la vie de Jésus : ainsi il y a des jubilés dans les années en 33 pour célébrer la résurrection du Christ. Le jubilé de l’an 2000 était extraordinaire car il marquait un passage de millénaire. Pour le jubilé de 2025, le pape François nous propose de nous concentrer sur l’espérance. Cette vertu théologale – qui trouve sa racine en Dieu lui-même – est mise en exergue parce que notre monde en à terriblement besoin ! Nous traversons une période d’incertitudes et de crises qui peut trop souvent entrainer le repli sur soi et la défiance envers les autres.

Espérance
L’espérance ne doit pas être confondue avec l’espoir. L’espérance s’appuie sur un avenir qui devient un cap, une boussole : « La foi chrétienne ne regarde pas à partir du présent vers l’avenir obscur et inconnu ; elle regarde, à partir de l’avenir de Dieu qu’elle espère, vers le présent qu’elle rencontre » (Jürgen Moltmann, théologien protestant). « L’espérance est ancrée dans l’avenir pour inventer le présent » (Christian Salenson). Nous sommes invités à comprendre que la victoire du bien contre le mal est acquise, que la mort est vaincue, que l’amour est plus fort que la haine. Ce n’est pas seulement un vague espoir qui nous rassure et nous aide à tenir le coup face aux difficultés ; c’est beaucoup plus profond. Avec la force de l’espérance qui nous vient de Dieu, nous devenons capables de traverser les épreuves, de prendre des risques, de nous engager. Nous comprenons aussi que la démarche religieuse authentique est une démarche de renouveau, de pardon : nous pouvons avoir fait de mauvais choix, nous sentir pêcheurs et fautifs… cependant, pour Dieu, ce qui compte, c’est que nous désirions faire la vérité et changer. Il ne nous tourne pas le dos, il est bienveillance, indulgence et miséricorde, il nous offre un nouveau départ, il nous ouvre un avenir.

Dimension collective
Dans le cadre de ce jubilé pour toute l’Église, le pape nous invite à comprendre que l’espérance n’est pas une vertu seulement individuelle, mais qu’elle a aussi une dimension collective. Comme groupe, communauté, État, nation, peuple, Église, humanité, nous avons pu faire de mauvais choix, nous laisser entrainer dans des engrenages mortifères, nous avons parfois négligé la justice, la fraternité, le bien commun, mais il n’y a pas de fatalité, il n’est jamais trop tard pour redresser la barre car notre vocation, notre avenir, est de devenir une fraternité. Nous sommes tous embarqués dans la même aventure, nous sommes ensemble pour affronter les défis de notre temps. Nous pouvons redouter ou refuser cette fraternité, mais elle n’en est pas moins réelle et irréductible. Les égarements de notre monde, le repli identitaire, le chacun pour soi, ne sont que des réflexes d’immaturité qu’il nous faudra dépasser pour avancer enfin vers notre destinée commune.

Olivier

2025-01-19T18:53:30+01:00

L’Évangile du mois de février 2025

Luc nous relate ici des conseils donnés à ses disciples et plus largement pour ceux qui croient en lui. Cet Évangile sera proclamé le dimanche 23 février, juste avant la reprise des cours suite aux vacances d’hiver.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc

Mais je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient. À celui qui te frappe sur une joue, présente l’autre joue. À celui qui te prend ton manteau, ne refuse pas ta tunique. Donne à quiconque te demande, et à qui prend ton bien, ne le réclame pas. Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment. Si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs en font autant. Si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir en retour, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs prêtent aux pécheurs pour qu’on leur rende l’équivalent. Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car lui, il est bon pour les ingrats et les méchants. Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés. Donnez, et l’on vous donnera : c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans le pan de votre vêtement ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure aussi pour vous.

Le contexte
Nous sommes au début de l’Évangile dans une séquence d’enseignement. Après le discours des béatitudes, Jésus enchaine avec une exhortation sur l’amour des ennemis.

Un oxymore
« Aimez vos ennemis » porte dans les termes qu’il contient une contradiction. Pour les disciples, l’ennemi est celui dont Jésus vient de parler, celui qui les détestera, insultera, ou rejettera. Puis-je aimer lorsque je suis détesté ? Puis-je aimer un ennemi ?

L’amour du prochain
Dans l’Ancien Testament, il ne consiste pas à éprouver un sentiment d’affection pour lui. Aimer son prochain, c’est le faire grandir. Jésus nous demande de faire du bien à son ennemi, à le bénir et de prier pour lui. La logique de notre monde est de répondre à la haine par la haine. Pour sortir de cette contagion mortifère, il n’y a que le pardon et l’amour des ennemis.

Plutôt des ennemis de palier…
Nous ne sommes pas confrontés à des ennemis de guerre comme on peut les apercevoir dans des films, mais plutôt à des ennemis de palier. Nous pouvons avoir dans notre entourage une personne qui nous hait ou qui nous calomnie sans raisons. Jésus nous dit : « Cette personne qui te hait, cette personne qui dit toute sorte de mal contre toi, tu dois l’aimer ! »

Mais, comment est-ce possible ?
Si c’est impossible, nous sommes face à un Dieu pervers qui nous fait viser si haut qu’il nous décourage. Si ce n’est pas impossible, c’est donc qu’un chemin praticable s’offre à nous pour aimer nos ennemis. Jésus propose trois pistes : Il nous dit qu’aimer notre ennemi, c’est déjà ne pas le juger, mais aussi ne pas le condamner et enfin s’efforcer de lui pardonner. Ces trois marches vers l’amour de l’ennemi ne peuvent pas être montées uniquement par la force de notre volonté. Ne négligeons pas la grâce de Dieu grâce à laquelle je peux m’engager sur le chemin du pardon. Pour cela, je dois prier pour cet ennemi, une personne pour laquelle Jésus a donné son sang.

Ennemi de qui ?
N’oublions pas aussi que si nous sommes parfois persécutés, nous sommes aussi souvent persécuteurs. Il nous arrive nous aussi de faire du mal sans nous en rendre compte ou en le faisant exprès, d’être l’ennemi de quelqu’un, de dire du mal de lui, de le calomnier, de le jalouser. Jésus nous dit que « la mesure dont nous nous servirons pour les autres servira de mesure aussi pour nous ». Si j’ai fait du mal à une personne sans m’en rendre compte et que je réalise tout à coup mon péché, je serai soulagé si cette personne cherche d’abord à me comprendre, si elle ne m’enferme pas dans mon péché, et si elle m’offre son pardon. Comme le dit Jésus : « Ce que tu veux que les autres fassent pour moi, tu dois le faire pour eux. »

Didier Rocca

Le nom du mois : Miséricorde


Ce mot désigne en hébreu de façon très concrète les entrailles d’une mère qui s’émeuvent lorsqu’elle retrouve son enfant par exemple, mais aussi la bonté, ou encore la fidélité à une relation. C’est aussi en grec le sentiment qui porte à s’émouvoir au spectacle des souffrances d’autrui. Rien à voir avec le sens que l’on prête trop souvent à ce mot, une attitude laxiste sans effet ni consistance, qui manque de clarté et de fermeté et n’a d’autre objectif que de contenter tout le monde.

2025-01-19T18:56:21+01:00