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Lettre du Villard – mai 2024

Lettre du Villard

Le Villard, le 15 mai 2024

Nous avançons doucement vers l’été que devraient animer les compétitions des Jeux Olympiques ; un avant-goût nous a été donné par le passage de la fameuse flamme dans notre vallée. Par où ne sera-t-elle pas passée, d’ailleurs, le jour où elle parviendra à Paris ? Nous avions pu trouver une place devant le marché couvert. Le colonel Gastinel a observé que nous avions été assez chanceux de la voir portée par une authentique sportive et non, comme cela a été vu ailleurs, par des saltimbanques censés attirer du public. Beraud, qui avait fait le déplacement avec nous, lui a fait remarquer qu’il n’était pas mauvais que de tels évènements amènent des gens qui souvent s’ignorent à exprimer les sentiments communs qu’ils éprouvent et qu’il ne fallait pas faire la fine bouche quant aux moyens employés.
« Si vous voulez, rétorqua le colonel, mais à ce compte-là, puisqu’on a fait porter la flamme olympique à des personnes qui ne sont pas connues pour leurs performances sportives, pourquoi ne pas avoir confié le rôle de maître de cérémonie de l’ouverture du festival de Cannes à un catcheur professionnel plutôt qu’à Camille Cottin1 ? »
Mimiquet nous a rejoints à la terrasse du Choucas où nous nous étions laissés aller à prendre l’apéritif ; inutile de vous dire que la flamme était déjà partie en voiture vers une ville plus importante. Beraud a rappelé en levant son verre la formule qu’on prête à Pierre de Coubertin, mais qu’il aurait empruntée à un évêque épiscopal américain : « L’important, n’est pas de gagner, c’est d’y prendre part. » « Si seule une personne peut porter la couronne de lauriers, a-t-il commenté, tout le monde peut partager la joie de la compétition. N’est-ce pas merveilleux ! » « Voire, enchaina Gastinel, mais cela a-t-il quelque rapport avec la réalité, lorsqu’on sait que pour participer, il faut avoir été sélectionné, c’est-à-dire avoir déjà évincé un grand nombre de candidats, autrement dit il faut avoir gagné pour participer ! On nous tympanise avec cette formule car elle est dans l’air du temps, du moins dans l’air que fredonnent les médias. L’exclusion est à exclure et tout le monde a ses chances ; c’est bien gentil, mais ce n’est pas ce qu’on voit dans la vraie vie, comme on dit aujourd’hui, où la sélection et l’exclusion scandent toutes les étapes d’une vie professionnelle. » « En va-t-il différemment en d’autres domaines ? » a hasardé Béraud. « Ne dit-on pas d’un artiste, qu’il soit musicien, peintre, comédien, qu’à un certain moment de sa carrière, il s’est imposé, c’est-à-dire qu’il a pris le pas sur d’autres ? »
Vous disiez dans votre dernière lettre que vous étiez frappé par les conversations de vos amis qui, quel que soit le milieu professionnel, considèrent que le rapport des jeunes générations au travail et à la réussite professionnelle est bien différent de celui qui avait été celui de votre génération ; ne parlons pas de la nôtre ! Vous notiez dans leurs propos une incompréhension devant ce qu’ils ressentaient comme un désintérêt. Vous admettez que l’idée de ne pas consacrer au travail une part important de son existence est tout à fait recevable. Je crois comprendre que vous n’êtes pas loin de penser que faire croire que l’on s’épanouit dans la vie professionnelle, c’est-à-dire dans un domaine d’obligations, pouvait être considérée comme le miroir aux alouettes que ceux qui ont été favorisés – et qui n’ont pas besoin de travailler – tendent à ceux dont la condition est moins favorable. Ne dites-vous pas, en plaisantant, que l’Éternel, qui par définition sait tout, a condamné l’homme au travail pour le punir ? Je racontai cela pendant que nous attendions que le serveur nous rendît la monnaie. Beraud a souligné qu’on avait autrefois une opinion tellement défavorable du travail que le fait pour un aristocrate d’exercer une activité professionnelle était déchoir. « Et moi-même, ajouta-t-il, lorsque je me suis arrêté de travailler, j’ai rêvé de vivre comme les nobliaux de province d’autrefois ; ils n’avaient pas l’occasion de s’ennuyer ; ils lisaient, chassaient, rédigeaient parfois des chroniques savantes, rencontraient des amis, faisaient de la musique, s’adonnaient au dessin ou à la peinture. Parfois même ils cherchaient une distraction dans la recherche du perfectionnement de techniques ; voyez l’exemple de Louis XVI qui était passionné de serrurerie… » Mimiquet l’interrompit pour glisser que notre monde irait sans doute mieux si certains chefs d’État se contentaient de s’amuser à la serrurerie plutôt que de s’entêter à faire ce qu’on n’attend pas d’eux.
« On est bien d’accord, avança Gastinel, sur l’idée que le travail ne devrait pas être une fin en soi et que, pour parler (un peu) comme Pascal, le philosophe du xviie siècle, je dis cela pour Mimiquet, l’homme est perverti lorsqu’il privilégie la chasse par rapport à la prise, c’est-à-dire les moyens par rapport à la fin. On peut et on doit pouvoir se réaliser autrement. Il n’empêche que la majorité des gens honnêtes n’ont pas encore trouvé le moyen de gagner leur vie sans travailler et que les aspirations des zélateurs de la décroissance ne leur permettraient pas de vivre comme de purs esprits. » Mimiquet, qui a trimé toute sa vie, nous a jeté : « Si ceux dont parle votre ami ne pouvaient compter sur la protection que leur assure la société ils feraient un peu moins la fine bouche. Ils accepteraient d’aller travailler ailleurs que là où ils ont envie et admettraient des conditions de travail et des niveaux de salaire qui ne leur permettraient sans doute pas de vivre comme ils le souhaiteraient. Entendons-nous, c’est bien pour eux, mais cela risque de n’avoir qu’un temps… » Beraud a rebondi en se demandant si, dans un monde de concurrence, il était possible dans notre petit hexagone de vivre comme si la compétition internationale n’existait pas, comme si nous étions seuls au monde. « Il suffit de voir notre dégringolade au classement Pisa2. La médiocrité dans laquelle nous risquons de nous enfoncer, si on refuse de voir la situation en face, finira par nous rendre de moins en moins compétitifs dans un nombre croissant de domaines. Fera-t-on encore la fine bouche ?
Voilà qui vous permettra peut-être de prolonger les conversations que vous avez avec vos amis sur le sujet. Nous pourrons à notre tour les poursuivre lorsque la Flamme olympique arrivera à Paris. Nous espérons bien en effet que vous serez à ce moment-là au Villard.
Soyez assuré de nos sentiments les plus cordiaux.

P. Deladret

  1. Camille Cottin, actrice de cinéma, née en 1978, maîtresse de cérémonie pour l’ouverture du Festival de Cannes 2024.
  2. Le classement Pisa (Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves) mesure l’efficacité des systèmes éducatifs dans 85 pays.
2024-05-20T21:32:51+02:00

Camp Printemps 2024 > les Cadets

Les Cadets à Carabelle

Le camp de Pâques à Carabelle a été une expérience inoubliable pour les enfants. Avec sa superbe piscine, les plus courageux ont pu se baigner dans une eau à 13 degrés et profiter du soleil printanier lors d’une unique session piscine. Ensuite, nous sommes partis faire une petite balade vers Beaumont-de-Pertuis pour explorer les sentiers et les paysages magnifiques que nous offre la nature.
Le lendemain, le Petit Prince et ses amis ont débarqué à la maison. Axés sur le thème de l’amitié, les enfants ont pu explorer les liens qui les unissent en s’amusant ensemble. Le soir, ils sont partis visiter un planétarium pour ajouter une touche de fascination cosmique, élargissant leur horizon.
Le samedi matin, quatre femmes de différents pays ont fait irruption à la maison. Elles avaient besoin d’aide pour déterminer quel pays était le plus fort. Plusieurs défis amusants ont été organisés, mettant en valeur les talents et les caractéristiques uniques de chaque culture représentée. L’après-midi, quatre enfants de maternelle sont arrivés pour une histoire de vol de jouets qui ont été cachés dans différents endroits de Carabelle. Après avoir retrouvé les jouets, ils ont pu créer différentes pizzas pour le repas et finir sur une soirée film pleine de rigolade.
Ce fut un camp rempli de souvenirs inoubliables, d’amitié et d’aventures mémorables, laissant à chacun le cœur rempli de joie et d’expériences enrichissantes.
Nous vous attendons en forme pour le grand camp !

Le Petit Prince

2024-05-20T21:23:32+02:00

Camp Printemps 2024 > les Grands Cadets

Les Grands Cadets à Ganagobie

Le premier jour, nous sommes partis de l’Œuvre à 9 h, nous avons fait deux heures de route pour arriver à Ganagobie. Une fois arrivés : nous avons fait les chambres, pique-nique entre nous, règles de vies puis un groupe est parti chercher du bois et d’autres ont visité le nouveau lieu avant de faire un premier un jeu commun ! Au 5/7, comme à tous ceux du camp, nous avons préparé la kermesse ! Le soir trois humoristes se sont occupés de la veillée pour trouver des nouveaux candidats pour LOL : qui rit, sort ! Le mardi 30 avril, réveil à 8 h 30 en musique puis petit déjeuner à 9 h. Le matin, nous avons eu la visite de quatre hôtesses de l’air qui avaient perdu leur compagnie et faisaient donc appel à nous pour avoir de la clientèle puis des avions. Petit temps libre et repas ! L’après-midi trois baby-sitters ayant égaré leur enfant sont venus nous demander de l’aide pour le retrouver ! Ensuite, petite messe dans l’oratoire de la maison, suivie de la kermesse, des douches et du repas. Le soir, nous avons regardé le film La haine et nous avons débattu et discuté ensemble. Le mercredi 1er mai, nous avons eu la visite de Rick et Morty, venus dans notre monde pour faire une detox d’arme, car Morty est trop accro à la violence. Nous les avons donc accompagnés dans cette journée sans arme. Après le petit déjeuner, nous avons pris le minibus pour nous rendre au monastère. À 10 h nous sommes arrivés sur place, accueillis par un moine qui nous a fait une visite explicative de l’église jusqu’à 11 h. À 14 h nous sommes partis pour une surprise préparée par Rick et Morty. Arrivé là-bas, Rick nous a expliqué qu’il n’arrivait pas à arrêter l’utilisation d’armes donc il avait besoin d’une activité pour se détendre, il nous a donc invités à la faire à ses côtés ! Vous l’avez compris, nous sommes au laser-game pour nous affronter sur 2 parties très sportives. À 20 h, départ rapide pour le monastère car nous allons partager une des prières des moines, celle des Complies. Une bonne expérience pour tous ! Après une veillée sportive et l’aide des GKD, Rick et Morty ont enfin réussi à réouvrir leur portail pour voyager dans un autre monde que le nôtre, et pour cela ils ont choisi la moitié d’entre nous pour vivre cette expérience ! Jeudi matin, réveil habituel à 8 h 30, on demande aux GKD de faire leur sac avant le petit déjeuner qui est à 9 h car nous devons partir à Carabelle dans la matinée ! Après une bonne heure de trajet nous retrouvons les JKD’s à Carabelle. Une fois le bilan des JKD’s fini nous nous retrouvons et nous déjeunons tous ensemble ! Après un bon repas, nous avons un bon gros temps libre durant lequel nous passons du bon temps tous réunis, certains jouent au foot, d’autres font de petits jeux sympas, d’autres mettent de la musique, etc. Après ce temps libre sympathique nous avons eu l’honneur de nous réunir pour aider Jul, Naza, Kofs et SCH à retrouver leurs disques d’or et de platine. Un jeu qui a beaucoup fait rire et durant lequel nous nous sommes régalés. Suite à ce jeu, nous prenons le goûter avant que les JKD’s nous quittent pour rentrer à Marseille. Douche et kermesse. Nous nous réunissons aux alentours de 19h15 pour le dîner durant lequel nous avons souhaité un JOYEUX ANNIVERSAIRE à Inès pour la 14e fois de la journée, nous en gardons un très bon souvenir ! Le soir nous avons eu la joie de rencontrer un démon et les fées avec qui nous avons passé une super veillée. Après la veillée les animateurs nous ont réservé un jeu bien spécifique à Carabelle, une guerre des sifflets ! Pour la dernière soirée à Carabelle, que demander de mieux ? Après cette super fin de soirée, la prière a lieu, ne pas oublier l’importante présence de Dieu au sein de notre groupe ! Une prière au coin du feu et s’ensuit une nuit tous réunis dans la salle de veillée, une première pour les GKD’s ! Après une nuit agréable ou presque à même le sol de Carabelle, nous avons pris un petit déjeuner revigorant pour une série de mini jeux collectifs ! Ensuite nous avons réuni nos affaires, fait le ménage et nous sommes rentrés à Marseille, avec beaucoup de super-souvenirs de ce camp passé ensemble !

Louis, Camille, Hector, Joséphine et Cléa

2024-05-20T21:29:06+02:00

Pour la paix

Ô Sainte Vierge, Mère de Dieu,
Ma Mère, Reine de la Paix,
Demande à ton fils Jésus qu’il me fasse don de sa Paix.

Prie pour moi, pour que je retrouve la Paix,
La paix dans mon cœur, mes pensées et mon âme,
La Paix dans ma famille,
La Paix parmi mes proches,
La Paix de Jésus,

Ô Jésus, mon Dieu et mon Sauveur, mon frère, Prince de la Paix,
Je viens vers toi avec Marie, Reine de la Paix,
Afin de te demander en toute humilité de m’accorder un peu de ta paix.

Accorde-moi Ô Jésus la paix intérieure,
La paix dans ma famille,
La Paix dans ma vie quotidienne
Donne la paix à mon peuple, à tous les peuples,
La paix à tous les humains, la paix au monde entier.

Ô Jésus, toi qui es si près du Père,
Emporte-moi tout près du Seigneur pour recevoir sa Paix.

Ô Père, Père de Jésus, Notre Père, Mon Père,
Je viens vers toi avec votre fils Jésus pour demeurer en Paix.

Amen.

2024-04-16T15:43:25+02:00

Édito mai 2024 > Dieu, Esprit saint

Durant le temps pascal qui s’étend sur cinquante jours après la solennité de Pâques que nous avons célébrée en grande pompe à l’Œuvre, nous avons l’occasion d’approfondir ce qu’implique cette fête de la victoire de la vie contre la mort, de l’amour contre la haine, de la paix contre la violence. La Pentecôte clôt ce beau temps liturgique en célébrant le don de l’Esprit saint aux apôtres, et par là même à tous les baptisés par le sacrement de la confirmation. Ainsi nous comprenons que nous sommes baptisés pour participer à la mission de Dieu, à savoir annoncer la Bonne Nouvelle de l’Évangile.

Dieu en nous
L’Esprit saint est une des trois « personnes » de la trinité, avec le Père et le Fils. Dieu est présent par sa force créatrice et recréatrice, que nous attribuons à la figure du Père ; il se fait proche de nous comme un frère pour partager notre vie, nous accompagner, nous ouvrir un chemin par sa vie offerte, ouverte, donnée en Jésus Christ, que nous appelons le Fils ; et enfin, par l’Esprit saint, nous comprenons que Dieu est présent en chacun de nous. La force d’amour de Dieu est agissante au cœur de toute existence humaine et c’est sa manière d’être au monde aujourd’hui que d’agir par nous. À bien y réfléchir, cela devrait nous donner le vertige, car nous comprenons que Dieu – qui nous connait, qui sait notre fragilité et que nous sommes parfois capables du pire – nous fait confiance : il sait que nous sommes aussi capables du meilleur et il compte sur nous pour que nous agissions afin que le monde corresponde à son projet de paix, de fraternité, de justice et d’amour.

Dieu compte sur nous
Nous comprenons aussi que si le Royaume de Dieu est en marche et grandit, cela ne peut se faire qu’avec notre collaboration. Dieu n’agit que par nos mains, nos vies, nos cœurs. Cela nous donne une responsabilité, car nous sommes invités à nous engager à transformer nos vies pour changer le monde. Nous avons tous à prendre notre part de la mission de Dieu. Heureusement, tout ne repose sur nos petites épaules, nous sommes avec d’autres, en groupe, en Église pour agir, et chacun, comme membre d’un même corps, peut trouver sa place et sa fonction afin de faire croitre ce corps et de rendre l’Église agissante pour faire grandir la justice, la fraternité et la paix.

Amour de Dieu
Cette manière de voir les choses nous permet d’appréhender la notion de « puissance de Dieu ». Elle n’est pas une puissance de magie, qui agirait sur les événements. Sinon tout se passerait parfaitement dans le monde, il n’y aurait pas de catastrophes naturelles, d’accidents, d’handicaps ou de maladies ; sinon Dieu serait un tyran ou un sadique qui déciderait que certaines personnes souffrent et que d’autres vivent dans la facilité. Et dans ce cas-là toute personne intelligente avec un esprit critique et une liberté de conscience arrêterait de l’adorer, et au contraire le détesterait, s’en méfierait et le combattrait. Ce n’est pas non plus une force qui nous obligerait à faire des choses contre notre volonté, sinon il n’y aurait plus d’injustice, ni de crime, ni d’inégalités, mais il n’y aurait plus non plus de liberté, nous serions réduits à êtres des marionnettes ou des animaux dans un troupeau ; ce qui fait notre dignité serait réduit à néant et nous tomberions dans la fatalité avec une vision du destin qui serait un chemin imposé. Ce n’est pas non plus une puissance judiciaire qui nous obligerait à faire des choses pour éviter une punition ou pour gagner une récompense, ce qui nous entrainerait dans le registre du mérite et du marchandage ; nos actions seraient alors calculées pour avoir une contrepartie, et l’amour de Dieu ne serait pas gratuit. Dans cette conception, Dieu ne serait pas tout puissant puisqu’il ne pourrait pas aimer ou sauver une personne qui ferait les mauvais choix ou poserait des actes mauvais. Non, la puissance de Dieu est une puissance d’amour et de pardon inépuisable et gracieuse. Rien ne peut l’empêcher de nous aimer et de vouloir le meilleur pour chacun de nous. Dieu ne cherche pas à nous punir mais plutôt à nous accompagner afin que nous ayons une vie qui soit belle et fructueuse.

Mettre l’amour au centre de nos vies
Cela transforme totalement la vision de nous pouvons avoir de la religion, de Dieu et de la relation que nous avons avec lui. Dieu est source de vie et d’amour. Il n’est pas un juge ou un père fouettard dont nous devrions avoir peur ou qui nous tendrait des pièges. Il n’est pas non plus un marionnettiste qui jouerait avec nous et qui déciderait de ce qui se passe dans nos vies. De ce fait, accepter Dieu dans sa vie, lui laisser de la place, le célébrer, décider de répondre à ce que nous comprenons de ce qu’est une vie de croyant et de pratiquant, c’est mettre l’amour au centre de sa vie et décider de vivre en cohérence avec cet amour que nous concevons comme reçu gratuitement et sans contre-partie. Quand on se sait aimé sans condition et que l’on a compris que cet amour nous accompagne pour traverser les événements de toute notre vie, alors on a envie de lui laisser toute la place, et on comprend que la seule manière de manifester cette acceptation, c’est d’aimer les autres, sans condition et gracieusement. C’est à cela que nous sommes appelés : laisser l’Esprit saint travailler en nous.

Olivier

2024-04-16T15:26:10+02:00

L’Évangile du mois de mai 2024

Lecture des Actes des Apôtres

Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours après Pâques, ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière. Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit.
Or, il y avait, résidant à Jérusalem, des Juifs religieux, venant de toutes les nations sous le ciel. Lorsque ceux-ci entendirent la voix qui retentissait, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient en pleine confusion parce que chacun d’eux entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient. Dans la stupéfaction et l’émerveillement, ils disaient : « Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte, sa langue maternelle ? Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, de la province du Pont et de celle d’Asie, de la Phrygie et de la Pamphylie, de l’Égypte et des contrées de Libye proches de Cyrène, Romains de passage, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu. »

Le contexte
Nous ne lisons pas ce mois-ci une page d’Évangile mais un passage des Actes des Apôtres, deuxième tome des écrits de Luc, l’évangéliste qui raconte ce jour si particulier au cours duquel est née l’Église…

Pentecôtes
En ce jour de Pentecôte, il y avait du monde à Jérusalem… Normal, de nombreux juifs étaient venus en pèlerinage à Jérusalem pour célébrer cette fête (voir mot du mois). Les disciples étaient réunis tous ensemble. Pour décrire cette expérience unique, Luc convoque des images bibliques bien connues, le feu, le vent. Surtout, il nous dit que les apôtres se mirent à parler en d’autres langues. Arrêtons-nous sur cela : parler la langue de l’autre… Parfois, nous sommes de la même famille, de la même communauté et nous sommes incapables de nous comprendre. L’Esprit Saint nous donne de parler et d’entendre la langue de l’autre. Il nous délivre des incompréhensions liées au langage. Quelle Bonne Nouvelle !

Venus de si loin…
Le récit de Luc détaille l’origine géographique des pèlerins. Certaines régions sont des points chauds du globe : Soudan, Syrie, Ukraine, Libye et j’en passe. Comment ne pas être touché par l’actualité de ces contrées d’Europe et du Proche Orient ? Se pourrait-il que l’Esprit Saint permette à tous les habitants de ces régions de se parler et même de se comprendre ? Non pas avec une même langue comme à Babel. Mais que chacun puisse se faire comprendre dans la langue de l’autre. On imagine les conséquences dans la vie du monde : une paix durable, une fraternité retrouvée. Ce migrant trouvera-t-il un Crétois parler sa langue pour lui permettre d’envisager un avenir meilleur ? Ce réfugié ukrainien pourra-t-il dialoguer dans sa langue avec un Égyptien pour lui redonner courage ? De la même manière, dans tous les conflits, qu’ils soient entre personnes ou entre États, saurons-nous nous montrer dociles à l’Esprit Saint pour parler et entendre la langue de l’autre ?

Tous, nous les entendons parler dans nos langues les merveilles de Dieu
L’Esprit Saint n’agit pas individuellement. Il souffle sur tous. Effectivement. Mais il ne peut être reçu que par chacun. Si comme le note Luc, certains se moquent et prennent les apôtres pour des ivrognes, soyons, grâce à l’Esprit Saint, frères en humanité de ces pèlerins du monde entier. Si notre monde manque de quelque chose, c’est surtout de fraternité, de solidarité, d’amour vécu concrètement. Que l’Esprit Saint en ce jour de Pentecôte nous fasse devenir vraiment des frères à l’image du Fils de Dieu fait homme qui s’est fait frère !.

Didier Rocca

Le nom du mois : Pentecôte
Pour les juifs, Pentecôte renvoie au don de la Loi sur le mont Sinaï sur des tables de pierre grâce à Moïse.
Pour les chrétiens, Pentecôte rappelle le don de l’Esprit au Cénacle dans le cœur de chacun.

2024-04-16T15:28:39+02:00

Lettre du Villard – avril 2024

Lettre du Villard

Le Villard, le 15 avril 2024

Bien cher ami,
Notre vallée a pris un petit air de Bavière de carte postale : les montagnes enneigées dominent le paysage verdoyant et ensoleillé que le printemps a révélé. Vous imaginez donc notre désappointement lorsque nous avons vu arriver, au lieu de la Sissi que le cadre pastoral appelait, Mademoiselle Reynaud venue, « d’un saut de moto » nous affirma-t-elle, coller une affiche pour promouvoir la liste que sa coterie appelle à choisir aux élections européennes. Gastinel lui ayant demandé si elle ne craignait pas de gaspiller du papier en placardant ainsi dans notre bout du monde s’est entendu répliquer que l’important était de « marquer son territoire » ! Mimiquet, qui était venu tailler vos lilas, n’a pu s’empêcher de lui glisser qu’avec son caractère d’épine son territoire était déjà bien gardé.
Gastinel s’interrogeant sur l’intérêt de ce mode de propagande, Béraud lui a fait remarquer qu’il avait déjà dû se demander si le travail des colleurs d’affiches dans les villes lui paraissait plus pertinent et conclure qu’il était peu concevable que cela influe sur le choix de l’électeur, « mais enfin, conclut-il, c’est une habitude et ne pas y souscrire pourrait faire penser qu’on ne croit pas à ce qu’on affirme par ailleurs ; alors… »
Ne pas croire ce qu’on affiche ! De façon inattendue – vous devez vous en souvenir – vous avez soulevé cette question l’an passé lors du baptême des catéchumènes pendant la nuit de Pâques. Vous étiez ému par leur démarche. Vous admiriez la force de caractère qu’il fallait à des jeunes gens issus de familles athées ou d’autres confessions pour oser ce choix. Vous admiriez aussi le rayonnement de la religion à laquelle ils adhéraient. Mais votre interrogation concernait ceux qui étaient issus de milieux catholiques ; vous vous demandiez pour quelles raisons leurs parents ne les avaient pas fait baptiser à leur naissance. Autant l’indifférence de certains foyers expliquait la situation, autant vous paraissait plus difficile à comprendre le choix de parents catholiques de laisser leur enfant se déterminer plus tard. Vous ne mésestimiez pas l’argument selon lequel il ne faut pas peser sur les consciences, mais vous releviez qu’il n’est pertinent que dans des familles qui n’ont pas de pratiques catholiques. Si non, comment peut-on penser qu’un enfant dont les parents reçoivent régulièrement les sacrements ne sera pas influencé ? Et il vous paraissait étonnant qu’au motif de préserver la liberté de choix de l’enfant on ne tienne pas à lui faire partager ce qu’on croit.
Béraud est tout aussi dubitatif que vous ; il ne comprend pas que les parents les plus incertains ne prennent pas le pari de Pascal1, de faire baptiser leurs enfants « au bénéfice du doute » en quelque sorte. Mimiquet a traduit le pari à sa façon, en constatant que « si ça ne fait pas de bien, ça ne peut pas faire de mal ! » Béraud ne comprend pas plus que ceux qui se réclament de la foi catholique tablent sur l’espérance que le discernement de l’enfant lui permettra de les rejoindre dans leurs convictions. « Enfin…, dit-il, je comprendrais mieux que des parents proposent à leurs enfants dès leur plus jeune âge la croyance qu’ils affichent. Ceci-dit, chacun fait ce qu’il trouve bon, et puis, nous qui les avons faits baptiser, est-ce que nous les avons vraiment éduqués, comme nous nous y étions engagés, et est-ce que nous leur avons donné l’envie de suivre la voie proposée ? Est-ce que nous croyons ce que nous affirmons ? Est-ce que nous croyons ce que nous nions ? »
« C’est curieux », intervint Gastinel, mais le fait de vivre en ne parvenant pas toujours à croire ce qu’on dit n’est-il pas plus répandu qu’on ne le pense généralement ? Regardez ce qui se passe actuellement en Ukraine ; les informations qu’on reçoit et les commentaires qu’elles suscitent sont de nature dramatique. On nous dit qu’il n’est pas à exclure que cela entraîne notre pays dans une guerre, qu’il faut s’y préparer… et tout se passe comme si nous ne le pensions pas possible. « En renfort de potage », comme dit Nicole dans le Bourgeois Gentilhomme2, on n’exclut pas l’hypothèse que des bombes atomiques puissent être utilisées… On le dit, et à satiété, mais on ne le croit pas. Parce que si nous y croyions, les empoignades sur le creusement du déficit budgétaire qui agitent les folliculaires3 et les parlementaires seraient ramenées au niveau d’aimables conversations de salon.
Béraud lui répondit que tout se passait comme si le discours alarmiste n’était plus entendu et l’issue du conflit assez certaine. Les difficultés de l’Ukraine pour convaincre de nouvelles recrues à s’engager sous le drapeau national donnent à penser que même les Ukrainiens n’y croient plus. En tout état de cause, que pourrions-nous faire ? L’importance de notre déficit public ne nous permet pas d’envisager d’autres mesures que symboliques. La révélation d’un déficit prévisionnel de 5,1 % du budget en 2014 s’est accompagnée d’une formule qui fera date et que l’on doit, paraît-il, au plus haut niveau de l’État : « Nous n’avons pas un problème de dépenses excessives, mais un problème de moindres recettes ». Non seulement on ne peut pas faire plus mais on ne peut que faire moins, en essayant, comme des radeliers4, d’éviter les écueils des mécontentements qui vont affleurer.
Je leur ai fait remarquer que les perspectives électorales donnaient à penser que Mademoiselle Reynaud n’avait finalement pas tort de « marquer son territoire », même si on pouvait discuter de la pertinence de son affichage au Villard. Les professionnels de la politique savent que « Trop fort n’a jamais manqué »5, comme on disait, paraît-il, autrefois dans la Marine.
J’espère que lorsque vous viendrez pour les prochaines vacances la situation se sera apaisée. Nous nous devons d’espérer, n’est-ce pas ? N’est-ce pas ce que nous affirmons ? Alors… Croyons-le !
Nous vous assurons de nos sentiments les plus cordiaux.

P. Deladret

  1. Pascal, philosophe français du wviie siècle, a proposé aux sceptiques de croire en Dieu puisqu’ils n’avaient rien à y perdre.
  2. Acte III, scène III.
  3. Journaliste qui rédige des feuilles périodiques ; cf. G. Brassens : Trompettes de la renommée.
  4. Bateliers conduisant des radeaux de bois sur les cours d’eau.
  5. Il peut sembler ridicule d’utiliser des équipements surdimensionnés, mais, au moins, on est certain qu’ils ne casseront pas à l’usage.
2024-04-16T15:30:40+02:00

Camp Hiver 2024 > les Benjamins

Les Benjamins à Larche

Chers Parents,
Le camp de ski s’est déroulé à merveille !
Je me suis fait 37 nouveaux copains avec lesquels j’ai vécu plein d’aventures !
Tout commence le premier jour, au moment où on a dû trouver nos skis et nos chaussures. Quel chantier ! Après quelques maux de pieds, nos skis enfin prêts, on a pu commencer la vraie vie de camp.
Dès la première soirée, nous avons rencontré deux gameuses assez âgées qui nous ont fait découvrir leur jeu préféré : Tetris.
Le jour suivant fut très rythmé. Au programme : premier cours de ski pour le groupe « détente » et jeux dans la neige pour les autres, suivis d’un voyage en Italie en raquettes et d’une belle soirée bercée par les histoires du conteur.
Dans la nuit, la tempête de neige nous a ramené la brigade des émotions : Joie, Tristesse, Colère, Dégoût, Surprise et Peur. La mission nous a conduits à l’âge de Pierre, dans la tête de Pierre, avec lequel on a réglé un problème de Bienveillance et dépassé la peur de l’autre, en somme, nous avons réussi notre mission.
Les 2 jours suivants ont été marqués de descentes à grande vitesse et de chutes à gogo ! Nos soirées n’étaient pas moins rythmées entre la recherche des forfaits défaillants avec des moniteurs ESF qui avaient abusé de la crème solaire et 2 pirates qui cherchaient un nouvel équipage.
Le lendemain, après le ménage de la maison et le bilan de ce camp, on est monté dans le car.
Au revoir Larche, merci, et à cet été !

Ruben

2024-03-20T22:03:54+01:00

Le pardon

Pardonner à quelqu’un ne veut pas dire pardonner son comportement.
Ce n’est pas non plus oublier la façon dont il t’a blessé et même pas lui laisser te faire du mal.
Pardonner signifie faire la paix avec ce qui s’est passé.
Cela signifie reconnaître ta blessure, en te donnant la permission de la ressentir et de comprendre que cette douleur ne te sert plus à présent.
Ça veut dire laisser aller la douleur et le ressentiment pour pouvoir guérir et avancer.
Le pardon est un cadeau à toi-même. C’est une décision, ta décision….
Il te libère du passé et te permet de vivre dans le temps présent.
Quand tu te pardonnes et que tu pardonnes aux autres, tu deviens vraiment libre. Tu te détaches…
Pardonner signifie libérer un prisonnier et découvrir que ce prisonnier c’était toi.

Padre Pio

2024-03-20T21:59:38+01:00

Édito avril 2024 > Difficile équilibre

La période politique qui s’ouvre devant nous est importante, elle va être marquée par les prochaines élections européennes, et entre en résonance avec la situation socio-politique sur toute notre planète. Il est de plus en plus difficile de se repérer et d’avoir des informations ou des idées vraiment objectives et impartiales. Chacun de nous est en permanence confronté à des choix. Comment se positionner en tant que citoyen, parent, croyant ? On voit bien que les mouvements politiques extrémistes et populistes ont le vent en poupe et que certains responsables politiques surfent allègrement sur cette vague, sans prendre la mesure du danger qu’ils font courir à humanité en ces temps où la solidarité et la fraternité devraient nous permettre de traverser les crises sociales, humanitaires, écologistes et éducatives qui nous attendent. Nous pouvons nous désoler de cet état de fait, mais nous pouvons aussi lutter contre cette facilité à ne penser qu’à court terme et de manière idéologique. Cela demande des efforts pour faire la part des choses et éviter les amalgames et les clivages qui ne servent que les intérêts électoralistes de certains sans servir le bien commun.

Manipulation
La grande difficulté pour nous qui ne sommes pas des spécialistes de la chose politique, c’est d’arriver à y voir clair alors que nous sommes souvent « enfumés » par des discours et des idéologies troubles, qui se targuent de nous faire entrer dans une pensée sans nuances qui a pour objectif de nous empêcher de réfléchir. Les plus flagrantes manipulations de ces derniers temps sont bien identifiées lorsqu’elles viennent du pouvoir autoritaire russe, mais il ne faudrait pas imaginer qu’il n’y en a pas d’autres tout aussi néfastes, bien que plus discrètes. Par exemple, on ne peut pas critiquer l’attitude du gouvernement de Benyamin Netanyahou qui attise la haine suite aux attentats perpétrés par des terroristes du Hamas sans être taxé d’antisionisme ou d’antisémitisme. Comme si l’État hébreu se réduisait à ce gouvernement entraîné dans une spirale de violence insensée, comme si le peuple israélien dans son ensemble cautionnait les exactions et les injustices infligées aux palestiniens de la Bande de Gaza. Critiquer cette escalade ne veut pas dire que l’on cautionne les actes terroristes et les prises d’otages ou que l’on prend parti pour la cause palestinienne. Mais si nous voulons préserver la paix et la fraternité, nous nous devons d’avoir une vision globale et libre qui nous permet de comprendre que la seule manière de lutter contre la violence est de savoir en déjouer les engrenages. Cela ne veut pas dire que les peuples n’ont pas le droit de se défendre, c’est légitime et hélas parfois nécessaire face à la barbarie et à l’injustice, mais la violence physique ne peut être qu’une solution à court terme qui doit céder le pas à d’autres étapes bien plus fructueuses, à savoir la négociation, la réparation, et au bout de chemin la réconciliation… voire idéalement le pardon. Nous en avons de magnifiques exemples dans notre histoire récente, en particulier avec ce qui a été mis en place suite à la Seconde Guerre mondiale. Qui aurait cru en 1940 que l’Allemagne et la France seraient les partenaires qu’elles sont devenues dans la construction de l’Europe ? Et les exemples ne manquent pas. En relisant notre histoire, nous pouvons trouver l’inspiration pour ne pas faire les mêmes erreurs et trouver des solutions qui évitent de voir souffrir des populations innocentes.

Enfumage
Il y a encore beaucoup d’autres situations où les clivages et les idéologies empêchent de bien réfléchir et d’avoir l’esprit libre et ouvert. Que l’on parle d’islam, de bioéthique, de migration, d’écologie, de précarité, d’éducation, d’économie, de justice… Sur tous ces sujets, les idées arrêtées et préconçues ont pour effet de suspendre les véritables débats, de brouiller les pistes et de nous inciter à rester figés dans des visions caricaturales aux conséquences dramatiques pour des personnes et des populations. De manière plus égoïste et même cynique, les conséquences sont importantes aussi pour nous, qui ne sommes apparement pas touchés directement par ces questions, car, à long terme, les choix – ou les non-choix – d’aujourd’hui auront un impact sur nos vies. Cela devrait nous inciter à promouvoir une authentique tradition du débat, de la réflexion et de l’information qui dépasse le sensationnel ou l’idéologie.

Ouverture
Parfois, à certains moments de l’Histoire, ou de notre histoire, les points de vue semblent irréconciliables. Ainsi, nous pouvons oser faire un parallèle avec les grands débats des débuts de l’histoire de l’Église chrétienne autour de la figure du Christ. Le cardinal archevêque de Marseille en a récemment éclairé les enjeux dans ses quatre catéchèses de carême à l’église Notre-Dame-du-Mont : avant d’en arriver à une expression claire et unanime, que nous affirmons de manière très apaisée tous les dimanches lorsque nous proclamons le Credo, les débats ont été passionnés, parfois même houleux et acharnés, clivants et violents, idéologiques et réducteurs. On s’est battu, verbalement et parfois physiquement, pour en arriver à comprendre qu’en Jésus il y a parfaite unité et liberté des deux natures humaine et divine. Au nom même du Christ qui est venu rassembler les femmes et les hommes en leur faisant comprendre qu’ils étaient tous enfants de Dieu, frères et sœurs, il y a eu des déchirures, des ruptures, des blessures. Il a fallu que des hommes prennent de la hauteur et sortent des logiques de concurrence pour aider leurs congénères à dépasser leurs divisions et leurs idéologies afin de vivre l’authentique fraternité qui n’est pas une uniformité de façade mais un enrichissement mutuel. Nous devons nous inspirer de ces attitudes d’intelligence et d’ouverture pour affronter les défis de notre temps. Il est facile d’aller vers ce (celui) qui nous est sympathique, agréable, familier. « Aller à la périphérie », comme nous y invite le pape François, est un exercice difficile, périlleux parfois, quand concrètement il s’agit d’écouter les points de vue des autres, de s’ouvrir à des arguments ou des logiques qui nous sont étrangères, voire hostiles. Le dialogue est plus qu’une posture, c’est quasiment un acte de foi car il nous sollicite profondément en tant qu’humain, frère ou sœur de celui ou celle qui ne nous ressemble pas et qui, malgré tout, nous maintient en relation. Nous pouvons essayer de trouver dans la figure du Christ une façon de gérer ces conflits : Jésus a une inclination particulière pour le dialogue, il ne refuse pas le débat, parfois violent, avec ses contradicteurs. Ensuite, il agit et se positionne avec une grande liberté vis-à-vis des rites, des codes, de la norme, de ce qui est « de bon ton » dans la société de son époque. Enfin, Jésus fait des choix radicaux et les assume, il ne se dérobe pas à l’heure critique. Que nos choix de citoyens, de parents, de croyants soient animés par un esprit de liberté, de paix et de fraternité.

Olivier

2024-03-20T21:51:40+01:00