Textes Prières

Pour les migrants

Seigneur, fais de nous des porteurs d’espoir
afin que, là où sont les ténèbres, règne ta lumière,
et que, là où il y a résignation, renaisse la confiance dans l’avenir.
Seigneur, fais de nous des instruments de ta justice,
afin que, là où il y a exclusion, fleurisse la fraternité,
et que, là où il y a de la cupidité, prospère le partage.
Seigneur, fais de nous des bâtisseurs de ton Royaume
Ensemble avec les migrants et les réfugiés
et avec tous les habitants des périphéries.
Seigneur, fais-nous apprendre combien il est beau
de vivre tous comme des frères et soeurs. Amen.

Pape François

2022-09-13T15:50:37+02:00

Le sens des autres

Qui sont « les autres » ? Ils sont des « étrangers ». Il ne nous concernent pas, ils peuvent même par leur comportement nous être désagréables, si bien que nous les tenons le plus possible à l’écart.
Mais, pour le chrétien, il n’est pas d’« homme étranger », et c’est cet homme qui se tient devant nous, qui a besoin de nous, qui justement est le prochain ; il est indifférent qu’il nous soit apparenté ou non, que nous l’« aimions » ou non, qu’il soit « moralement digne » de notre aide ou non.
L’amour du Christ ne connaît pas de frontière, il n’est jamais à court, ne se voile pas la face devant la laideur et la souillure. Jésus est venu pour les pêcheurs et non pour les justes.

Édith Stein

2022-01-15T11:19:51+01:00

Méditation pour Toussaint

Avec de l’eau, Jésus fait du vin.
Avec du pain, Jésus fait son corps.
Avec du vin, Jésus fait son sang.
Avec une croix, Jésus fait notre salut.
Avec un criminel pendu sur une croix,
Il fait le Bon Larron au cœur plein de repentir.
Avec une fille des rues, désignée au mépris,
Il fait Marie-Madeleine, premier témoin de la Résurrection.
Avec un illettré aux yeux plus gros que le ventre,
Il fait Pierre, le premier chef de l’Église.
Avec un pharisien orgueilleux et sectaire,
Il fait Paul, le premier des missionnaires.
Avec un jeune bourgeois, mal dans sa peau,
Il fait François, le mendiant d’Assise.
Avec une jeune malade, enfermée dans un couvent,
Il fait Thérèse de Lisieux, patronne des Missions.
Avec un professeur de la bonne société de Calcutta,
Il fait Mère Teresa, pauvre parmi les pauvres.
Avec un bel officier aux goûts de luxe,
Il fait Charles de Foucauld, l’ermite du désert.
Avec une femme autoritaire et colérique,
Il fait Thérèse d’Avila, Réformatrice du Carmel.
Avec une enfant faible et désarmée,
Il fait Blandine, sainte et martyre.
Avec un vieillard qui n’a plus d’avenir,
Il fait Syméon, porteur de l’Enfant-Jésus.
Avec une adolescente sans titre et sans diplôme,
Il fait Marie, Mère de Jésus et notre Mère.
Et avec moi, que ne rêve-t-il pas de faire ?
Que lui laisserai-je faire ?

Georges Courson

2022-01-15T11:18:48+01:00

Esprit Saint

Esprit Saint, je te connais très mal. Je sais encore bien peu qui tu es.
La seule chose dont je suis sûr, c’est que Jésus Christ a promis que tu nous serais donné pour pouvoir remplir la mission qu’il nous confie.
Au point où j’en suis :
Esprit Saint, je te considère comme une source, un courant d’eau souterrain, pour irriguer toute l’histoire de l’humanité ; c’est vrai, peu nombreux sont ceux qui savent que tu irrigues ainsi l’histoire humainement individuellement et collectivement. C’est de ton action intérieure au plus profond du cœur des hommes que Jésus Christ me demande d’être le révélateur.
Esprit Saint, je te considère un peu comme un feu. Tu veux embraser des cœurs d’hommes pour les rendre capables d’aimer Dieu et les autres, en toutes circonstances, comme jésus Christ, et jusqu’au bout, comme Jésus Christ. Que toute ma vie, grâce à toi, je suis vraiment de feu pour Dieu et pour les autres.
Esprit Saint, je te vois comme une énergie qui veut se couler en nous. Tu veux nous rendre forts pour participer à la grande œuvre de libération des hommes, entreprise par jésus Christ. Que cette libération soit bien la préoccupation et la motivation de toute ma vie.
Esprit Saint, toi qui es source, feu, énergie, je suis prêt à me laisser chaque jour investir, saisir par toi. Je suis certain que je ne me trompe pas en agissant ainsi et que je n’aurai jamais à le regretter.
« Viens Esprit Saint », c’est le cri de tout mon être aujourd’hui, et ce sera aussi désormais l’appel de chacune de mes journées.

Pierre Chenailles

2022-01-15T11:17:09+01:00

Les enfants apprennent ce qu’ils vivent

Si un enfant vit dans la critique,
il apprendra à condamner.
Si un enfant vit dans l‘hostilité,
il apprendra à se battre.
Si un enfant vit dans l’humiliation,
il apprendra à être timide.
Si un enfant vit dans la honte,
il apprendra à se sentir coupable.
Si un enfant vit dans la tolérance,
il apprendra à être tolérant.
Si un enfant est bien stimulé,
il apprendra à être confiant.
Si un enfant vit dans la louange,
il apprendra la reconnaissance.
Si un enfant vit l’égalité,
il apprendra la justice.
Si un enfant vit dans la sécurité,
il apprendra la foi.
Si un enfant vit dans l’estime,
il apprendra à croire en lui-même.
Si un enfant vit dans l’acceptation et l’amitié,
il apprendra à trouver l’amour dans le monde.

Chiro, Afrique du Sud

2022-01-15T11:14:48+01:00

Il est parti… Le voilà !

Je suis debout au bord de la plage :
Un voilier passe dans la brise du matin,
et part vers l’océan.
Il est la beauté,
il est la vie.
Je le regarde jusqu’à ce qu’il disparaisse à l’horizon.
Quelqu’un à mon côté dit :
« Il est parti ! »
Parti vers où ?
Parti de mon regard,
c’est tout !
Son mât est toujours aussi haut.
Sa coque a toujours la force de porter sa charge humaine.
Sa disparition totale de ma vue est en moi,
pas en lui.
Et juste au moment où quelqu’un près de moi dit :
« Il est parti. »
Il y en a d’autres qui,
le voyant poindre à l’horizon et venir vers eux,
s’exclament avec joie :
« Le voilà ! »
C’est ça, la mort !

William Blake

2022-01-15T11:13:59+01:00

Que ce soit toi que j’aime

Autant que je l’ai pu,
autant que tu m’as donné de le pouvoir,
je t’ai cherché ;
j’ai désiré voir par l’intelligence ce que je croyais ;
j’ai beaucoup étudié et beaucoup peiné.
Seigneur mon Dieu, mon unique espérance,
exauce-moi de peur que, par lassitude,
je ne veuille plus te chercher,
mais que toujours je cherche ardemment ta face.
Ô toi, donne-moi la force de te chercher,
toi qui m’as fait te trouver
et qui m’as donné l’espoir de te trouver de plus en plus.
Devant toi, ma force et ma faiblesse :
garde ma force, guéris ma faiblesse.
Devant toi, ma science et mon ignorance :
là où tu m’as ouvert, accueille-moi quand je veux entrer ;
là où tu m’as fermé, ouvre-moi quand je viens frapper.
Que ce soit de toi que je me souvienne,
toi que je comprenne,
toi que j’aime !

2022-01-15T11:12:33+01:00

La cruche fissurée

Un vendeur d’eau, chaque matin, se rend à la rivière, remplit ses deux cruches, part vers la ville distribuer l’eau à ses clients.
Une des cruches, fissurée, perd de l’eau. L’autre, toute neuve, rapporte plus d’argent. La pauvre fissurée se sent inférieure.
Elle décide un matin de se confier à son maître :
– Tu sais, dit-elle, je suis consciente de mes limites. Tu perds de l’argent à cause de moi, car je suis à moitié vide quand nous arrivons en ville. Pardonne mes faiblesses.
Le lendemain, en route vers la rivière, notre maître interpelle la cruche fissurée et lui dit :
– Regarde sur le bord.
– C’est joli, c’est plein de fleurs.
– C’est grâce à toi, réplique le maître. C’est toi qui, chaque matin, arrose les bas-côtés de la route. J’ai acheté un paquet de graines de fleurs et je les ai semées le long de la route, et toi, sans le savoir et sans le vouloir, tu les arroses chaque jour.
Nous sommes tous un peu fissurés, mais Dieu, si nous le lui demandons, sait faire des merveilles avec nos faiblesses.

2022-01-15T11:10:31+01:00

Prière pour les jeunes

Ils vont leur chemin, Seigneur, ces garçons et filles,
comme tes disciples vers Emmaüs.
Tu m’as mis sur leur route. Donne-moi de les rejoindre
comme tu m’as rejoint dans mon histoire,
respectant les méandres, les déviances de ma vie.
Apprends-moi non seulement à les voir,
mais à les regarder. Ces visages chiffonnés, lisses,
ou ceux dont le sourire dit le cœur.
Ces yeux vides, fuyants, ou ce regard pétillant d’étoiles.
Que le soir, je rentre à la maison, lourd d’emporter
avec moi tous ces visages, tous ces regards.
Apprends-moi, Seigneur, à rejoindre ton désir sur eux
en embrassant toute l’étendue de leurs propres désirs.
À ne pas me figer sur ce qu’ils sont, mais à me fixer
sur ce qu’ils ne sont pas encore.
Comme toi avec tes deux disciples, donne-moi
de les aider à apprendre que l’essentiel
est de goûter les choses intérieurement.
Apprends-moi envers eux, Seigneur,
l’infinie patience que tu nous portes.
À être l’agriculteur qui respecte leur terreau
et les délais de leurs moissons.
Quand il m’arrive de les voir comme des puits
bouchés et desséchés, aide-moi alors, Seigneur,
à soulever pierre à pierre pour dévoiler
ce qui était caché à leurs propres yeux.
À être le sourcier de l’eau vive qui dort en eux.
Que je puisse leur dire, comme toi si souvent :
« Lève-toi et marche ».
Que je puisse les inviter à incliner leur cœur
vers cet Autre qui les habite déjà.

Jacques Maréchal

2022-01-15T11:11:41+01:00

Notre regard sur l’autre

La Samaritaine – Il ne dit pas : cette femme est volage, légère, sotte, elle est marquée par l’atavisme moral et religieux de son milieu, ce n’est qu’une femme. Il lui demande un verre d’eau et il engage la conversation.
Marie-Magdeleine – Il ne dit pas : voilà une pécheresse publique, une prostituée à tout jamais enlisée dans son vice – Il dit : elle a plus de chance pour le Royaume de Dieu que ceux qui tiennent à leur richesse ou se drapent dans leur savoir et leur vertu.
La femme adultère – Il ne dit pas : celle-ci n’est qu’une adultère – Il dit : je ne te condamne pas. Va et ne pèche plus.
La femme malade – Il ne dit pas : celle-là, qui cherche à toucher mon manteau, n’est qu’une hystérique – Il l’écoute, lui parle et la guérit.
La pauvre vieille – Il ne dit pas : cette vieille qui met son obole dans le tronc pour les œuvres du Temple est une superstitieuse – Il dit qu’elle est extraordinaire et que l’on ferait bien d’imiter son désintéressement.
Les enfants – Il ne dit pas : ces enfants ne sont que des gosses – Il dit : laissez-les venir à moi et tâchez de leur ressembler.
Zachée – Il ne dit pas : cet homme n’est qu’un fonctionnaire véreux qui s’enrichit en flattant le pouvoir et en saignant les pauvres – Il s’invite à sa table et l’assure que sa maison a reçu le salut.
L’aveugle-né – Il ne dit pas, comme son entourage : cet aveugle paie sûrement ses fautes ou celles de ses ancêtres – Il dit que l’on se trompe complètement à ce sujet et il stupéfie tout le monde ; ses apôtres, les scribes et les pharisiens, en montrant avec éclat combien cet homme jouit de la faveur de Dieu : Il faut que l’action de Dieu se manifeste en lui.
Le centurion – Il ne dit pas : ce centurion n’est qu’un occupant – Il dit : je n’ai jamais vu pareille foi en Israël.
Nicodème – Il ne dit pas : ce savant n’est qu’un intellectuel – Il lui ouvre la voie vers une renaissance spirituelle.
Le Bon Larron – Il ne dit pas : cet individu n’est qu’un hors-la-loi – Il lui dit ; aujourd’hui, tu seras avec moi dans le Paradis.
Judas – Il ne dit pas : ce Judas ne sera jamais qu’un traître – Il l’embrasse et lui dit : mon ami.
Saint Pierre – Il ne dit pas : ce fanfaron n’est qu’un renégat – Il lui dit : Pierre, m’aimes-tu ?
Il ne dit pas ; ces grands-prêtres ne sont que des juges iniques, ce roi n’est qu’un pantin, ce procurateur romain n’est qu’un pleutre, cette foule qui me conspue n’est qu’une plèbe, ces soldats qui me maltraitent ne sont que des tortionnaires – Il dit : Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font.
Jésus n’a jamais dit : il n’y a rien de bon dans celui-ci, dans celui-là, dans ce milieu-ci, dans ce milieu-là. De nos jours, il n’aurait jamais dit : ce n’est qu’un intégriste, qu’un moderniste, qu’un gauchiste, qu’un fasciste, qu’un mécréant, qu’un bigot… Pour lui, les autres, quels qu’ils soient, quels que soient leurs actes, leur statut, leur réputation, sont toujours des êtres aimés de Dieu. Jamais homme n’a respecté les autres comme cet homme. Il est unique. Il est le Fils unique de Celui qui fait briller son soleil sur les bons et sur les méchants.

Albert Cardinal Decourtray

2022-01-15T11:08:00+01:00