Olivier

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Ciné-club > mars 2020 : Dodes’ka-den

Dodes’kaden s’intéresse à la vie d’habitants d’une sorte de bidonville au milieu de décombres anonymes… C’est un saut dans la culture japonaise, à la façon d’un microscope plongeant au cœur des situations. De la misère environnante sortent, grâce à des personnages colorés, et dans une mise en scène un peu théâtrale, au sens classique, l’illustration de la diversité des facettes humaines, de la quasi-sainteté à l’abominable, en passant par la folie.
Et comme les films précédent, une esthétique recherchée : dans dans les palettes colorées et picturales, comme une suite de tableaux vivants tantôt sombres, tantôt lumineux. Vous trouverez sur le net que Dodes’kaden est le premier film en couleur de Kurosawa. Qu’il a fait beaucoup d’essais durant le tournage, comme peindre des ombres sur le sol ou tendre des draps colorés pour remplacer le ciel. Le titre du film est l’onomatopée du bruit du tramway que « conduit » Rokuchan. Face à l’échec commercial, la critique virulente à l’encontre du film et ses problèmes de santé, Kurosawa commettra une tentative de suicide. Il survit puis se remet à tourner, marquant une seconde période dans sa carrière.

Kurosawa a marqué une énorme générations de cinéastes : G. Lucas, S. Kubrick, S. Lumet… La Rédemption et plus globalement Le Mystère de la Rédemption sont un sujet de prédilection pour accompagner et guider sa création artistique. Synthèse originale des cultures orientales et occidentales, par leur force expressionniste, les films de Kurosawa reflètent sa personnalité ; son enracinement dans le patrimoine japonais comme son admiration pour l’art de Van Gogh, Cézanne, Chagall ou Rouault ainsi que ses lectures de Shakespeare, Gorki, Dostoïevski ou Tolstoï. Dessinateur exceptionnel (expo au petit palais en 2009), mettant le trait et la couleur au service d’une force émotionnelle rare, le Dodes’kaden est la première salve en couleur pour Kurosawa au cinéma.

Point de vulgarité, le respect du format académique 1,37/1 et le propos extrêmement clair : il s’agit de fustiger le boom économique japonais des années 1970, qui se construit sur la misère humaine. Le cinéma comme une arme pour changer le monde. Kurosawa monte ses rushes le soir même, sans attendre la fin du tournage, un forcené du travail. Un mois lui suffit pour parachever cette œuvre plus que singulière et fort incomprise à sa sortie dans les salles.

Dans un environnement fantastique, irréel avec ses décors peints en trompe-l’œil filmés en studio (exemple : Le cabinet du docteur Caligari, le chef-d’œuvre de Robert Wiene), la mise en scène fonctionne comme un gigantesque huis-clos rappelant le bidonville dépeint dans Les Bas-fonds (d’après une pièce de Gorki du même nom) mais là le ton a partiellement changé. Ce n’est plus l’humanisme coutumier du réalisateur qui anime ses protagonistes mais une noirceur surprenante où l’entraide et la fraternité semblent avoir laissé la place à la folie, la méchanceté, la violence, la prostitution et l’ivrognerie ! La description est volontairement poussée à l’extrême et tempérée par plusieurs magnifiques scènes oniriques et par la présence de quelques belles figures positives encore capables d’humanité. Au centre de cet univers et le ponctuant par ses apparitions, le jeune garçon Rokuchan est montré comme un être singulier, peut-être un fou (quoique…), se réfugiant dans un monde parallèle de son imaginaire. Dans ses dessins d’enfant et quotidiennement il s’acharne à conduire son tramway chimérique (splendidement matérialisé par les effets sonores). Véritable expérience d’onirisme réaliste et d’esthétisme pictural, Dodes’kaden est un des films les plus curieux d’Akira Kurosawa dont le montage fut raccourci de deux heures par la production (quel dommage…).

2020-03-15T23:00:46+01:00

Camp d’hiver 2020 > les ‍Jeunes Cadets ‍à ‍Larche

Bienvenue à Larche, c’est ici que les JKD’s vont passer les cinq prochains jours, entre disputes, joies, peines, rigolades et surtout beaucoup de ski, ils ne sont pas au bout de leurs surprises.
Dès le premier soir, ils voient arriver Cupidon et Fée Erie qui voulaient leurs inculquer les valeurs de l’amour.
Nous avons également eu affaire à Li et La, deux bébés qui avaient perdu leur poupée. Le troisième jour, c’est Pierre Hatte qui a réveillé les petits moussaillons pour continuer son apprentissage de la piraterie, ce jour-là c’est chez l’équipage de Luffy au chapeau de paille que Pierre Hatte s’est rendu. Nous avons fini ce magnifique séjour de skieurs avec une soirée dansante organisée par deux fans de musique, Jojo et Michou.

‍Louis

2020-08-27T22:41:52+02:00

Camp d’hiver 2020 > les ‍Cadets ‍à ‍Larche

Départ. 4 heures de répit au chaud dans le car avant d’affronter la banquise et le corona. Sortie du car. Attention il y a 10 mètres à parcourir jusqu’à la maison. Ouverture de la porte du car dans 3, 2, 1… Machine arrière on s’est trompé de destination on est au Sahara y’a pas un gramme de neige. Un pic-nic, des règles de vies, les chambres faites, le soir arrive et c’est le drame : quelqu’un est mort et il faut inspecter toutes les salles de la maison pour chercher le moindre petit indice pour reconstituer le crime.
Le lendemain, et tous les jours à partir de maintenant, réveil 7 heures pour être à 9 heures sur les pistes. Après le Sahara, la Sibérie ! – il vente, il neige ; les Cadets, transis sur leurs skis ont le nez bleu. Par ce vilain soir de février, qu’il ferait bon garder la chambre, devant son feu ! Mais c’est le zga, et 2 docteurs nous font subir d’étranges tests d’aptitude après avoir malencontreusement perdu leur dernier patient.
9 heures, la tempête continue, le blizzard est sur les pistes. Nous bravons les forces de la nature pour l’amour de la glisse et des gamelles. Mais le chocolat chaud de Béa tarde à venir à cause des routes bloquées par la neige. De plus, nos voisins ont de terribles petits secrets et risquent de perdre leur poste dans leur émission sur TF1.
Le lendemain, le soleil daigne se montrer. Un temps parfait pour affronter la bosse du snow-park avec les confirmés et les moyens +. Malheureusement, le Dôme est fermé pour risque d’avalanches. Le soir, un groupe d’animaux musiciens vient nous recruter.
Enfin, sous un ciel gris, nous pouvons profiter à fond de cette dernière journée de ski (il n’y a personne sur les pistes en plus). Puis messe, ménage, bilan, raclette pour conclure.
Réveil à 6 heures 30 pour le retour. C’est un groupe dont le potentiel ne demande qu’à éclore au prochain camp. 4 heures passent. Arrivée.

‍Alexis

2020-08-27T22:42:52+02:00

Camp d’hiver 2020 > les ‍Grands Cadets ‍à ‍Larche

Un camp de ski avec les GKD’s c’est :
Un film qui promet…
des rigolades,
des chansons d’Aya Nakamura,
une découverte du monde des paris grâce à nos snapchateurs préférés,
une reconversion dans la Haute Couture avec Josette, Fred et Mapia, couturiers en devenir,
une lutte contre le « moulaga virus » de l’ami Hakim avec le docteur et son assistant,
une émission télé Super Sauze par nos présentatrices JP, JB et JT (la stagiaire) avec nos p’tits skieurs les BJ’s,
des blagues pas drôles,
des pique-niques à base de pâté, sardines et chips,
une descente tumultueuse de la piste noire pour Anto, Sanaé et Elora,
des chocolats chauds à la cabane à Jo,
une rencontre avec Gringe et Oreslan qui a permis à Fabio de se révéler dans le rôle de Serge le Mytho,
des épreuves pour comprendre et communiquer avec une sourde, une muette et un aveugle perdus,
l’apprentissage du snow pour Maud grâce à la meilleure des profs : Sanaé,
une messe chaleureuse tous ensemble réunis,
des chutes au téléski,
de belles photos au Dôme,
des sauts de malades pour Eliott, Zach, Mattéo, Maud, Sanaé, Diego, Anton…
une raclette délicieuse pour compenser les goûters,
des coups de barres et des petites fatigues pour Éva et Zoë notamment, sauvées par Béa,
une jolie réflexion sur l’amour,
des virages hasardeux de notre pilote Olivier,
avec des super anim’s qui ont mis le feu,
et un groupe GKD’s d’enfer !

Elora et Sanaé

2020-08-27T22:39:41+02:00

Ciné-club > février 2020 : Coffee & cigarettes

Coffee and cigarettes, film de Jim Jarmush de 2003, est une série de courts métrages déguisés en long. Chaque séquence fait intervenir plusieurs personnages qui, autour de quelques tasses de café, le temps de deux ou trois cigarettes, discutent de sujets aussi variés que la caféine, les glaces à l’eau, Abbott & Costello, les théories du complot contre Elvis, l’art de préparer le thé anglais, les inventions de Nikola Tesla, le groupe rock imaginaire Sqürl, le Paris des années vingt ou l’utilisation de la nicotine comme insecticide.

Souvent irrésistibles, avec un casting de rêve et des cadrages réjouissants, c’est une pépite. Coffe and cigarettes s’installe aux Etats-Unis, on aurait pu dire dans les années 1950 si quelques détails – un smartphone par exemple – ne nous avaient pas rapprochés, et rassemble une brochette de stars (Tom Waits, Iggy Pop, Roberto Benigni, Cate Blanchett, Bill Muray…) autour de conversations anodines, d’un café, d’une cigarette. Cela ne fait pas une histoire avec un début et une fin, mais c’est croustillant !

2020-03-15T22:56:21+01:00

Édito mars 2020 > La mission de l’Œuvre : sanctifier les jeunes

Nous poursuivons la réflexion engagée sur la pédagogie et la mission de l’Œuvre à l’occasion de la célébration du bicentenaire de St-Sa. Et en ce mois de mars qui va être marqué par l’entrée dans le temps du Carême qui nous prépare à bien vivre la fête de Pâques, je vous propose de prolonger la réflexion sur la vocation propre de l’Œuvre telle qu’indiquée par Jean-Joseph Allemand au temps de sa fondation : la « sanctification des jeunes gens ». L’expression est d’un autre âge mais le fond reste d’actualité.

Devenir des saints
La mission de l’Œuvre est donc d’accompagner les jeunes pour qu’ils deviennent des saints. La barre est mise très haute, et nous pouvons être pris de vertige à l’évocation de cet idéal fixé comme objectif. Si nous pensons que la sainteté est équivalente à la perfection alors nous risquons qu’être rapidement découragés. C’est mal comprendre ce qu’est la sainteté. Il nous faut relire la vie des saints – qu’ils soient des proches de Jésus ou des saints plus actuels et connus du grand public – pour nous rendre compte que ce ne sont pas des personnes sans défaut, sans tache, sans crainte ou sans doute. Ce qui définit la sainteté, c’est l’attachement à la personne du Christ et à son message. Une personne peut se tromper de chemin et reprendre sa vie en main en assumant son passé et en prenant la ferme décision de mettre ses pas dans ceux qui Christ, elle n’est pas bannie de la sainteté. Ceux qui suivent le Christ et qui s’engagent dans une vie consacrée ne sont pas à l’abri de commettre des fautes et de faire de mauvais choix, ni de manquer de confiance et de ne pas oser avancer, leur engagement n’est pas un gage de sainteté. Nous savons tous d’expérience que personne ne peut réussir à être parfaitement bon, cependant il est possible de tout mettre en œuvre pour rester dans une dynamique d’espérance, de foi et de charité. La sainteté n’est pas la récompense d’une vie idéale ni un chemin tout tracé, c’est une direction, un phare qui oriente la marche et encourage à poursuivre la route.

Éduquer à la sainteté
La mission de l’Œuvre est d’aider les jeunes qui la fréquentent à devenir des saints. Objectif exigeant et qui demande beaucoup d’humilité et de bienveillance. La pédagogie mise en œuvre passe surtout par la vie collective et la vie spirituelle, et je vous invite à reprendre les thèmes abordés dans l’éditorial du mois dernier. Les gestes, les paroles, les regards que posent les éducateurs sur les jeunes peuvent être structurants… ou destructeurs. S’ils sont pleins de confiance, signes d’espérance en l’autre même s’il est tombé ou n’a pas osé se mettre en route, alors ils seront une façon d’exprimer la Bonne Nouvelle chrétienne et de la mettre en acte. Pour éduquer les jeunes à la sainteté, il est nécessaire de les encourager, de les relever, de leur ouvrir un avenir au-delà des difficultés et des chutes inévitables. Il faut que par nos paroles et nos actes les jeunes puissent entendre Dieu leur dire : « Je t’aime, quoi qu’il arrive. Je crois en toi et je compte sur toi pour que tu sois porteur d’amour et de bonheur autour de toi. Je ne te demande pas d’être parfait mais je t’invite à donner le meilleur de toi-même. Je t’assure que c’est une voie sûre et merveilleuse pour trouver la joie parfaite. Ce ne sera pas facile tous les jours, mais tu auras une vie qui sera belle, qui aura du sens et qui portera du fruit ».

Relier sa vie
Pour que les jeunes découvrent cette bonne nouvelle que Dieu leur adresse, il est important de leur donner l’occasion et le temps de relire leur vie et de relier leur existence à ce qui est de l’ordre de la profondeur sans se contenter de rester à la surface des choses. Deux moyens sont à notre portée, en particulier dans le cadre de l’Œuvre : l’accompagnement des jeunes dans la vie quotidienne en les aidant à poser un regard juste sur ce qu’ils vivent, sur les choix à prendre. Et la prière comme lieu privilégié de la rencontre avec le Seigneur qui désire nous nourrir de sa force d’amour. Pour le dire avec une expression plus religieuse, c’est vivre la conversion : se retourner vers Dieu. Dans cette dynamique, le Carême est un temps privilégié.

Olivier

2020-02-12T08:45:58+01:00

L’Évangile du mois de mars 2020

L’évangile du mois sera proclamé le dimanche 22 mars, le quatrième dimanche du carême.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean

En ce temps-là, en sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme aveugle de naissance. Il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle, et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » – ce nom se traduit : Envoyé. L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait. Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant – car il était mendiant – dirent alors : « N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? » Les uns disaient : « C’est lui. » Les autres disaient : « Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. » Mais lui disait : « C’est bien moi. » On l’amène aux pharisiens, lui, l’ancien aveugle. Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux. À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir. Il leur répondit : « Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et je vois. » Parmi les pharisiens, certains disaient : « Cet homme-là n’est pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. » D’autres disaient : « Comment un homme pécheur peut-il accomplir des signes pareils ? » Ainsi donc ils étaient divisés. Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle : « Et toi, que dis-tu de lui, puisqu’il t’a ouvert les yeux ? » Il dit : « C’est un prophète. » Ils répliquèrent : « Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? » Et ils le jetèrent dehors. Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors. Il le retrouva et lui dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? » Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. » Il dit : « Je crois, Seigneur ! » Et il se prosterna devant lui.

Le contexte

Ce chapitre 9 de l’Évangile selon saint Jean s’inscrit dans la liturgie de la fête des tentes, une fête qui est vécue par les juifs avec des illuminations autour et dans le Temple.

Symbolique de ce récit
Ce récit est composé autour du chiffre 7 dont on sait l’importance dans la Bible : 7 scènes se succèdent avec 7 dialogues. « Ouvrir les yeux » est mentionné 7 fois. Et, le plus important, Jésus est désigné de 7 façons différentes : Jésus, prophète, Seigneur, fils de Dieu, fils de l’homme, Rabbi, l’Envoyé.

Introduction curieuse
Aucune donnée d’espace et de temps. La situation décrite est donc universelle. C’est bien notre situation qui est décrite, la naissance de toute personne à la foi. L’aveugle représente le genre humain. Au fond, tout homme est né aveugle. En avons-nous conscience ? Non pour nous en lamenter mais pour creuser en nous le désir de voir vraiment.

D’où vient ce handicap ?
Les disciples cherchent dans le passé la raison de l’handicap de cet aveugle-mendiant. Dans la compréhension juive de l’époque, celui qui a péché doit être puni ici-bas puisqu’il n’y a pas de résurrection. Toute cécité est la conséquence directe d’un péché. Évidemment, cela nous heurte, alors qu’on pourrait attribuer le malheur d’un homme à son péché personnel, on ne peut le faire à un aveugle de naissance.

La guérison
Jésus fabrique lui-même la boue, un peu à la manière de Dieu qui, dans le livre de la Genèse, crée Adam à partir de la glaise. Il applique un onguent sur les yeux de l’aveugle, il l’envoie se laver et celui-ci voit. Comment ne pas penser à l’eau du baptême qui nous fait accéder a une vie nouvelle, à une vision différente du monde ? Il voit clair à présent.
Enfin, pas tout à fait. C’est à l’issue de sa dernière rencontre avec Jésus que cet homme voit vraiment qui l’a guéri, il est alors capable de dire : « Je crois Seigneur ! »
On comprend l’importance de ce passage dans le cheminement des futurs baptisés. Jésus est celui qui nous donne de voir la vie, les autres, les situations et aussi soi-même avec un regard juste. Le baptême renvoie au geste du Christ qui redonne la vue à l’aveugle de naissance.
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Didier Rocca
Monsieur de l’Œuvre

Le mot du jour : Siloé

Le bassin de Siloé désigne différents réservoirs situés dans la partie inférieure de la cité de Jérusalem du temps du  royaume de Juda. Il collecte l’eau le long du flanc est de la colline. C’est un lieu mentionné dans l’Ancien Testament construit par Ézéchias (-700) pour permettre à la ville d’être approvisionnée en eau même en cas de guerre. C’est aussi l’endroit où Jésus envoie l’aveugle de naissance se laver.

2020-02-12T08:45:39+01:00

Édito février 2020 > La pédagogie de l’Œuvre : éduquer

Le bicentenaire de l’installation de l’Œuvre à la rue Saint-Savournin nous donne l’occasion de revenir sur la pédagogie que Monsieur Allemand a mise en place et qui s’est actualisée au fur et à mesure des évolutions de la société. Je vous propose aujourd’hui de revenir sur le thème de l’éducation, étant bien entendu que c’est une des missions principales de St-Sa que de faire œuvre d’éducation.

Faire grandir
Éduquer vient d’un mot latin qui évoque le fait de faire sortir, faire advenir, faire grandir, élever. Cette notion est importante car elle indique qu’il s’agit moins d’apporter des éléments extérieurs que de faire jaillir ce qui est déjà présent en germe et qui peut s’épanouir, grandir. L’image du sculpteur peut être une belle évocation de ce qu’est l’éducation : le sculpteur n’ajoute pas de la matière, il en enlève pour faire émerger la forme qui était présente au cœur de la matière, il révèle ce qui était caché pour que le beau apparaisse. Ce travail de simplification, de purification est un travail d’orfèvre qui demande beaucoup de tact, de patience, de bienveillance. Nous pouvons souhaiter que tous ceux qui prennent leur part à cette mission y soient attentifs et utilisent les outils de formation et de relecture pour assumer cette tâche au mieux.

Éduquer à la liberté
La dimension de la liberté est essentielle dans l’acte éducatif, car ceux qui sont en responsabilité peuvent avoir une forte influence sur les jeunes, et ils pourraient devenir, même à leur corps défendant, des manipulateurs. La réussite de l’éducation se mesure à la capacité que l’on a offerte à l’autre de savoir prendre les décisions qui seront bonnes pour lui, en sachant que pour cela il aura fait tout un travail de réflexion et de discernement. La liberté n’est pas seulement l’absence de contrainte extérieure qui imposerait par la force des choix, elle est aussi la liberté par rapport à nos propres réflexes naturels et parfois instinctifs, à nos pulsions, à notre ressenti qui souvent ment et devient du ressentiment… Pour éduquer une personne à la liberté il faut à la fois être à son écoute pour l’accompagner à s’écouter elle-même, à savoir voir en elle ce qui est de l’ordre du désir profond au-delà des mirages des plaisirs de surface, il faut aussi lui apporter des éléments qui donnent un éclairage et proposent un chemin d’accès au bonheur, et il faut lui donner la possibilité d’exercer son esprit critique en remettant en cause tout cela afin que la réflexion devienne véritablement personnelle et intérieure. Les parents, les éducateurs, les animateurs veulent le meilleur pour les jeunes dont ils ont la charge, mais ce meilleur ne peut être décidé pour l’autre. Il y a des conduites à risques et des impasses à éviter absolument, mais il faut accepter que l’autre, tout en étant en sécurité, fasse son expérience et trouve en lui les ressources qui lui permettront de faire les bons choix, même si ce ne sont pas ceux que d’autres auraient faits.

Éduquer par le jeu
Dans le cadre de l’Œuvre, le fondateur, Jean-Joseph Allemand, nous a proposé deux dimensions pour vivre ce projet éducatif : le jeu et la prière. Pour les jeunes, le jeu représente la vie collective dans laquelle on est en relation avec les autres. Par le jeu l’enfant apprend à vivre avec les autres, à faire équipe, à respecter l’adversaire en face de lui qui n’est pas un ennemi mais un compagnon de jeu, à respecter les règles au point de les intérioriser non comme des contraintes insupportables mais comme les conditions du vivre ensemble. C’est dans ce cadre que nous éduquons les jeunes en leur proposant une manière de vivre avec les autres basée sur le respect, l’entraide, la bienveillance, la fraternité.

Éduquer par la prière
L’autre dimension essentielle de la proposition de l’Œuvre est spirituelle. Par la prière nous invitons les jeunes à comprendre qu’ils ne sont pas des individus isolés et seuls au monde, qu’ils ont en eux un trésor qui est appelé à s’épanouir et à porter du fruit : l’amour de Dieu. C’est ce trésor qui est le fond de leur être et qui est appelé à se révéler au fur et à mesure de leur croissance pour laisser émerger ce qu’il y a de plus beau en eux. Pour reprendre l’image de la sculpture, nous croyons que toute personne est habitée par l’amour de Dieu qui prend forme en chacun d’une manière originale. Éduquer, c’est aider les jeunes à prendre conscience qu’ils ont ce cadeau en eux et qu’ils vont le partager avec les autres en inventant leur propre manière de vivre : c’est ce qu’on appelle trouver sa vocation.

Olivier

2020-02-10T22:39:25+01:00

Bicentenaire > L’Épiphanie

Dimanche 12 janvier 2020… La grande fête de l’Œuvre : l’Épiphanie, « la solennité des solennités » selon les mots du fondateur de l’Œuvre, Jean-Joseph Allemand, en 1799.

En 2020, l’Épiphanie fut l’occasion d’ouvrir la grande année du Bicentenaire de l’installation de l’Œuvre à la rue Saint-Savournin : St-Sa !

2020-02-10T00:11:06+01:00

L’Évangile du mois de février 2020

L’Évangile du mois est celui du 2 février, le jour de la Chandeleur, une grande fête pour les Marseillais.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc

Puis quand vint le jour où, suivant la loi de Moïse, ils devaient être purifiés, ils l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur (ainsi qu’il est écrit dans la loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur) et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux petits pigeons. Or, il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux, il attendait la consolation d’Israël et l’Esprit Saint était sur lui. Il lui avait été révélé par l’Esprit Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. Il vint alors au temple poussé par l’Esprit et quand les parents de l’enfant Jésus l’amenèrent pour faire ce que la Loi prescrivait à son sujet, il le prit dans ses bras et il bénit Dieu en ces termes : « Maintenant, Maître, c’est en paix, comme tu l’as dit, que tu renvoies ton serviteur car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé face à tous les peuples : Lumière pour la révélation aux païens et gloire d’Israël ton peuple ».
Le père et la mère de l’enfant étaient étonnés de ce qu’on disait de lui. Syméon les bénit et dit à Marie sa mère: « Il est là pour la chute ou le relèvement de beaucoup en Israël et pour être un signe contesté – et toi-même, un glaive te transpercera l’âme; ainsi seront dévoilés les débats de bien des cœurs ».
Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était fort avancée en âge; après avoir vécu sept ans avec son mari, elle était restée veuve et avait atteint l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’écartait pas du temple, participant au culte nuit et jour par des jeûnes et des prières. Elle se mit à célébrer Dieu et à parler de l’enfant à tous ceux qui attendaient la libération de Jérusalem. Lorsqu’ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. Quant à l’enfant, il grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la faveur de Dieu était sur lui.

Le contexte

Quarante jours après la naissance de Jésus, selon la loi juive, Marie et Joseph viennent présenter leur enfant, leur premier-né au Temple. Luc qui est le seul évangéliste à nous raconter cette scène insiste sur le respect scrupuleux des parents de Jésus vis-à-vis de la Loi.

Deux « laïcs »
Luc présente à cette occasion deux personnages, Syméon et Anne. Ils représentent l’espérance d’Israël, cette attente résolue du Messie pour ce peuple qui patiente depuis si longtemps. Il est significatif que Luc ne mette pas en scène la présence de prêtres mais plutôt deux membres ordinaires du peuple, rempli d’Esprit Saint et fidèle dans leur attente.

Conduit par l’Esprit
Luc note à trois reprises le rôle de l’Esprit Saint dans la vie de Syméon. Il avait mentionné l’importance de la Loi au début. Comme si ce récit relatait une rencontre entre l’obéissance à la Loi et l’accueil de l’Esprit en ce Temple, lieu de la présence de Dieu.

Le cantique de Syméon
Lors de la prière de fin de journée appelée complies, les chrétiens chantent le cantique de Syméon. Il est repérable en gras sur le texte ci-dessus. On peut remarquer que le salut n’est pas limité à Israël, il englobe en fait toute l’humanité. Jésus est proclamé « lumière des nations » ; Le rôle que joue Jésus sera porté après la résurrection par l’Église.

Pas de salut sans la croix
Après le cantique de Syméon évoquant la Lumière, Syméon adresse à Marie une parole sombre qui évoque la division et la mort. Cette épée qui lui transpercera le cœur n’est autre que la Croix que devront subir conjointement Jésus et sa mère. La joie d’accueillir le Messie est mêlée à la tristesse de la Croix. Lors de son récit de la nativité, Luc avait déjà insisté sur cette réalité qui a habité les premières communautés chrétiennes : il n’y a pas de salut sans la croix, il n’y a pas de joie évangélique sans sacrifice. Dans nos vies, nous réalisons cela si souvent : que d’efforts à accepter avant de sortir d’une addiction, que de couleuvres à avaler pour qu’une réconciliation se fasse….

Didier Rocca
Monsieur de l’Œuvre

Le mot du jour : Chandeleur

La chandeleur, fête de la lumière ou fête des chandelles renvoie à la parole de Syméon qui parle de Jésus comme de la Lumière qui éclaire toutes les nations. Cette fête s’appelle aussi la fête de la rencontre : elle marque en effet  la première rencontre entre Jésus et son peuple, représenté par Siméon et Anne » au Temple. Il s’agit aussi d’une rencontre « entre jeunes et anciens » : entre les jeunes Marie et Joseph et les personnes. âgées Siméon et Anne. Cette fête célèbre aussi la présentation de Jésus au Temple, rite religieux que ses parents ont observé comme tous les juifs de son époque.

2020-02-10T14:42:05+01:00