Olivier

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Camp d’été 2021 > les Jeunes Cadets

Les Jeunes Cadets à Orcières

Connaissez-vous la chanson de La petite mandarine (cf. https://www.youtube.com/watch?v=8YSMyWZmcm8) ? Celle-ci a été réécrite par les Jeunes Cadets qui ont très bien résumé l’excellent camp d’été qu’ils ont vécu tous ensemble.

Connaissez-vous l’histoire… JKD’s JKD’s…
D’un groupe de Jeunes Cadets… JKD’s JKD’s…
Qui partait en grand camp… JKD’s JKD’s…
Sur la montagne d’Orcières-Merlette… JKD’s JKD’s…

Le groupe est composé… JKD’s JKD’s…
De 37 Jeunes Cadets… JKD’s JKD’s…
Accompagnés d’anims… JKD’s JKD’s…
Qui étaient vraiment très très cools… JKD’s JKD’s…

Ils faisaient plein de jeux… JKD’s JKD’s…
Des jours d’activités… JKD’s JKD’s…
Ils dormaient dans des tentes… JKD’s JKD’s…
Et ils aimaient jouer ensemble … JKD’s JKD’s…

Après 15 jours passés… JKD’s JKD’s…
Il est l’heure de rentrer… JKD’s JKD’s…
Nous sommes tous satisfaits… JKD’s JKD’s…
De notre super camp d’été… JKD’s JKD’s…

Nous avons tous créé… JKD’s JKD’s…
De supers amitiés… JKD’s JKD’s…
Qui resteront gravées… JKD’s JKD’s…
Pour tout le monde et à jamais… JKD’s JKD’s…

Nous espérons que cette chanson vous a plu, parce qu’elle a été écrite avec le cœur, et résonne de bonheur.

Les Jeunes Cadets et les animateurs

2021-08-24T18:57:28+02:00

L’Évangile du mois de septembre 2021

L’Évangile de ce mois sera le 26e dimanche du temps ordinaire et la journée du migrant et du réfugié.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc

« Maître, nous avons vu quelqu’un qui se servait de ton nom pour chasser les démons, et nous l’avons empêché car il n’est pas disciple avec nous ». Jésus lui répond : « Ne l’empêchez pas ! Car personne ne peut faire un miracle en mon nom et aussitôt après parler mal de moi. Celui qui n’est pas contre nous est pour nous. Celui qui vous donne un verre d’eau parce que vous êtes disciples du Christ, je vous dis qu’il ne perdra pas sa récompense.
Si ton œil te fait pécher, arrache-le.
Si quelqu’un devait faire chuter l’un de ces petits qui croient, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une meule de moulin et qu’on le jette dans la mer.
Si ta main doit te faire chuter, coupe-la ! Mieux vaut pour toi entrer dans la vie avec une seule main, que t’en aller avec tes deux mains à la géhenne, au feu qui ne s’éteint pas.
Et si ton pied doit te faire chuter, coupe-le ! Mieux vaut pour toi entrer dans la vie avec un seul pied, qu’être jeté avec tes deux pieds dans la géhenne.
Si ton œil doit te faire chuter, jette-le loin de toi ! Mieux vaut pour toi entrer dans le Royaume de Dieu avec un seul œil que d’en avoir deux et d’être jeté dans la géhenne, où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas. »

Le contexte
Au cœur de l’Évangile selon saint Marc, cet extrait clôt un dialogue avec ses disciples. Il fait suite à la deuxième annonce de sa Passion et sa Résurrection.

Qui n’est pas contre nous est pour nous.
Les disciples imaginent être les seuls à pouvoir parler de leur maitre. Or, annoncer Jésus même de façon maladroite est toujours un bien. L’expérience missionnaire est le lieu par lequel nous allons apprendre à le connaitre, à l’aimer. Au fond, tant que je ne contredis pas le Credo, même si je n’ai pas les mots bien justes, je ne dois pas avoir de scrupules pour annoncer l’Évangile. Le but de l’Église n’est pas d’empêcher les autres mais de proclamer et vivre le royaume. Suis-je capable de me réjouir de ceux qui sont différents de moi, qui confessent leur foi avec d’autres mots, avec un autre style ? Cette attitude d’ouverture différencie l’Église d’une secte.

Qui donnera un verre d’eau…
On trouve à l’extérieur de l’Église des personnes qui font preuve de compassion. C’est bien évident. Même s’ils ne sont pas disciples, ils recevront leur récompense. Ce verset fait l’écho à la parabole du jugement dernier dans l’évangile de Matthieu : « J’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ».

Arrache-le !
Si nous devions prendre ces paroles du Christ au pied de la lettre, il y aurait beaucoup de borgnes, de manchots parmi nous, en commençant par nous-mêmes. Ces paroles doivent être entendues par chacun d’entre nous avec gravité mais aussi par nos communautés. Un chrétien, une Église se juge à la façon dont elle traite les petits. Il s’agit de ne pas les faire chuter, de ne pas les scandaliser. C’est malheureusement d’actualité…
L’Eglise des débuts se sentait menacée par l’hostilité du monde et par la persécution. Jésus lui dit qu’elle est surtout menacée par le manque d’amour fraternel. Que les difficultés vis-à-vis de ceux qui ne confessent notre foi ne doivent pas nous faire perdre de vue le péché qui est au-dedans de nous, au-dedans de l’Église.
On peut aussi entendre dans ces sérieux avertissements adressés par Jésus comme un appel à ce que nos mains, nos pieds ou nos yeux ne soient pas des obstacles à notre fidélité à l’Évangile. Est-ce que nous laissons dicter tous nos gestes, nos paroles, nos pensées par l’espérance du monde à venir ?

Pour actualiser
Tout d’abord, un appel à l’humilité, ne pas croire que ceux qui sont « du dehors » sont mauvais. Comme chrétiens, nous ne sommes pas le centre du monde, seulement et c’est déjà beaucoup un signe et un moyen par lequel Dieu est annoncé.
Surtout, Jésus exige de nous que nous ne soyons pas source de scandale ! Il ne s’agit pas de se couper un œil, une jambe ou une main mais de se couper de certaines situations, certaines images ou certaines postures. Au travail !

Didier Rocca

Le mot du jour : géhenne

La géhenne est le synonyme des enfers. Ce mot renvoie à une vallée au sud de la ville de Jérusalem, où des Ammonites, une ethnie cananéenne, offraient des enfants en sacrifice au dieu Moloch. On y jetait les détritus qui étaient brûlés et mangés par les vers. Une vie qui fait chuter est une abomination qui relève de la géhenne, elle doit être brulée comme un détritus.

2021-08-24T18:43:50+02:00

Camp d’été 2021 > les Cadets

Les Cadets autour du lac de Serre-Ponçon

Voilà, on arrive à la fin de cette année et du grand camp. Je vous ai vu grandir, et vous aussi. Je vous ai détestés, je vous ai adorés, et vous aussi. J’ai commencé il y a près de 5 ans, j’en avais 15, vous en aviez 8. Je découvrais l’animation, vous découvrirez la vie de l’Œuvre. Je me revoie à votre place. Maintenant je vous vois face à moi, et quand je vous regarde, tous ces souvenirs me reviennent, tous ces camps, ces fous-rires, ces pleurs, ces moments un peu plus virulents. Toutes ces marches, ces activités, ces jeux, ces chants. Je ne vous oublierai jamais. Je n’oublierai jamais Baleine, suavemente, le fait de continuer le décompte après que vous vous soyez comptés, nos foots, nos combats de coq dans l’eau, notre coupe du monde, notre nuit à la belle étoile qui a tourné à la flotte, nos randonnées, nos camps à thème, que ce soit de Mario jusqu’à Harry Potter, nos journées à thème, tellement de thèmes, tellement de jeux… J’ai tellement transpiré de joie avec vous, dans la victoire et le chambrâge comme dans la défaite et la marronage. Je n’oublierai jamais le caca d’Ulysse, la panthère de Jade, le conducteur de car sans permis, Monique dans la fosse, bref tous ces moments incroyables qui resteront gravés à jamais dans mon esprit. Vous m’avez tellement apporté, vous ne vous en rendez pas compte. Je sais que je donne l’image d’un animateur autoritaire, pas forcément hyper-calme, mais sachez que je donnerai beaucoup pour ce groupe. Je prie de tout mon cœur pour que vous continuiez sur votre lancée, deveniez animateurs et viviez tout ça. C’est si fou, tellement fatiguant et usant, mais avec tellement de bonheur infini à la clef. Je vous souhaite tout le bonheur du monde, d’essayer de mettre en pratique ce que j’ai essayé de vous apprendre maladroitement, continuez comme vous êtes car vous êtes tous aussi formidables les uns que les autres.
Chers amis animateurs, si seulement vous saviez comme je suis fier de vous, vous avez tellement grandis cette année, vous n’avez plus rien à voir avec les Grands Cadets que j’ai découvert en septembre. J’ai essayé d’être le meilleur possible pour vous, d’être le plus présent et le plus à l’écoute. Évidemment je suis loin d’être comme je voudrai, je suis très impulsif, je n’utilise pas forcément les bons mots ou le bon ton, parfois trop violent même, je m’en excuse, mais croyez-moi j’ai tout donné pour vous transmettre le plus possible, j’ai tout donné pour vous apprendre tout ce que je sais. Je vous remercie aussi, je vous remercie pour cette année incroyable, bien qu’amputée. J’ai adoré vous découvrir, découvrir votre univers, vos vies. Et sachez que vous êtes tous aussi merveilleux les uns que les autres. Que ce soit Fabio et sa maniaque attitude face à tout ce qui peut se présenter, sa détermination et sa justesse de paroles, ou encore Mayumi, dont l’esprit est parfois décalé de quelques secondes, partante pour tout, une guerrière haïtienne abritant une douce petite fille, il y aussi Violette, notre princesse du 8e, pilote hors-pair, directive et organisée, emplie d’une immense gentillesse, nous avons aussi Zacharie, notre rockeur, notre force tranquille, toujours prêt à écouter et à aider son prochain quel qu’il soit, surtout s’il vient de la Plaine, et enfin nous avons Nayef, notre hurluberlu, un véritable philosophe des jeux de mots et références, cachant un garçon bourré de bonheur. Je ne changerai mon groupe d’animateurs première année pour aucun autres groupes avec 10 ans de bagage.

Baptiste

2021-08-24T18:55:29+02:00

Camp d’été 2021 > les Grands Cadets

Les Grands Cadets en Corse

15 juillet 9h58
Driiinnng : allez debout les Grands Cadets c’est le grand départ pour la Corse. Un gros sac, des bonnes chaussures et voilà les GKD’s partis. Après un voyage tumultueux, les Grands Cadets posent enfin les pieds sur la fameuse Corse. Ils commencèrent à Algajola où ils purent profiter du sable chaud de la Corse et de son eau claire. Après la visite de Calvi et une balade en bouée tractée au cours de laquelle ils perdirent quelques soldats, vint l’heure de la messe aux bords de la mer accompagnée d’un magnifique coucher de soleil et d’un souffle de paix. Il est déjà temps de repartir en direction de Porto, les GKD’s ont survécu au long trajet accompagné de virages coriaces. Une fois les tentes montées, direction la rivière où les sauts ont été à l’honneur. Les calanques de Piana ont accueilli à bras ouverts le groupe des Grands Cadets : ils ont pu sauter de nouveau et profiter de la rencontre de sportifs olympiques, constructeurs de bâtiments et d’un super duo de bimbos. Sans oublier qu’ils ont eu l’honneur de déjeuner chez la famille de Stan. Les voilà de nouveau repartis mais cette fois-ci, ils montent en altitude en direction d’Asco. Après être passés sous les douches glacées ils sont partis pour gravir une montagne, et oui rien que ça ! Après avoir longé les crêtes durant 2 h le retour au camping fut un soulagement. Après cette longue marche qui a valu sept heures d’effort, il était bien temps de se reposer. Une grosse nuit de sommeil était nécessaire pour repartir de plus belle et une authentique envie de découvrir le monde : il était temps de partir vers la fameuse via-ferrata où ils s’élancèrent dans le vide à plus de 100  m. Durant cette épreuve riche en adrénaline, en courage, et en réflexion pour savoir dans quelle position se mettre pour échapper au vide, les GKD’s ont réussi cette épreuve avec succès. Ils ont été bien courageux puisqu’ils ont dû puiser dans leurs ressources et dans leur mental ainsi que leur physique, pour réussir à escalader ces magnifiques montagnes. Et bien ils en ont fait des choses ! Pour finir ce beau périple les GKD’s partirent en direction de Porto-Vecchio où ils eurent la visite de Zeus et ses compagnons. Ils passèrent ensuite au tribunal de la plage dirigé par des surveillants de baignade pas comme les autres. Le voyage touche à sa fin mais d’abord direction les îles Lavezzi pour une merveilleuse dernière journée.
Malheureusement l’heure du départ arrive. Ce merveilleux voyage s’achève avec l’embarquement en bateau pour partager une dernière soirée mouvementée, qui a été encore une fois un moment de complicité et de rigolade. Une bonne façon de se dire au revoir avant le long été qui continue.
Malgré la chaleur, les longs trajets et la fatigue, les GKD’s ont réussi à créer de magnifiques souvenirs, une belle cohésion de groupe et ont rendu ce camp magique. Une immense vague de souvenirs, de rigolade, de bonne entente a été au rendez-vous durant cet été. Cette mixité et cette entraide sont la preuve même d’une vraie famille. Une famille de 24 personnes mais une famille quand même. Cette magnifique aventure a pu consolider les liens, la confiance et l’attachement que nous avons tous les uns pour les autres.
Merci les GKD’s.
Merci les animateurs.
Merci Clémence et Olivier.
Et Merci Mina, Françoise et Alain pour l’accueil à Piana !

Estelle & Gloria

2021-08-24T18:57:09+02:00

Lettre du Villard – mai 2021

Lettre du Villard

Le Villard, le 15 mai 2021

Le Villard, le 15 mai 2021
Cher ami,
Nous étions hier à table avec Mimiquet venu faucher votre pré ; nous l’avions retenu à déjeuner (retenu, c’est façon de parler, car il n’avait pas fallu trop insister pour qu’il accepte notre invitation) lorsque le facteur nous a remis votre lettre. Nous avons eu ainsi confirmation que votre petite famille traverse sans encombre les embuscades que le virus nous tend depuis dix-huit mois. Nous commençons enfin à espérer que, dans quelques semaines, nous retrouverons une existence à peu près normale. Je vous concède que, dans notre bout du monde, notre vie quotidienne n’a pas été trop affectée par ces restrictions apportées à notre liberté ; tout au plus grogné-je lorsqu’il me faut porter ce litham1 prophylactique pour aller acheter le pain.
Il semble résulter des conversations du café du commerce que nous tenons sans désemparer avec Gastinel et Beraud – vous connaissez le niveau de compétence épidémiologique de ce cénacle ! – que l’effet cumulé des vaccinations et de la progression de l’immunité collective devrait vous rendre possible sans trop de risque le franchissement des territoires peut-être encore infestés qui nous séparent.
J’ai bien aimé, dans votre dernière lettre, votre rapprochement entre les difficultés que rencontre un citoyen pour savoir ce qu’il doit penser de tel ou tel sujet de la vie publique soumis au vote démocratique et celles que nous éprouvons pour nous former une opinion sur tel ou tel aspect qui touche au Covid. La prolifération d’avis plus ou moins autorisés, notez-vous, a permis au moins une chose, la renaissance du terme « ultracrépidarianisme »2 dont la paternité reviendrait à l’auteur latin Pline l’Ancien et qui aurait été exhumé en 1819 par un critique littéraire anglais. Il faut pourtant bien admettre que, comme le Bourgeois gentilhomme qui faisait de la prose sans le savoir, nous faisons tous de l’ultracrépidarianisme à notre insu. De quoi s’agit-il ? Eh bien l’ultra (etc.) est le comportement qui consiste dans le fait de donner son avis sur des sujets pour lesquels on n’a pas de compétence. L’exercice de la démocratie, nous avons eu l’occasion d’en parler, nous voue souvent à ce travers ; je me plais cependant à penser que, si nous le voulons, les informations que nous allons rechercher, les analyses que nous prenons parfois la peine de lire et, pourquoi pas, le débat qu’animent les partis politiques, peuvent nous aider à y voir plus clair.
Vous savez que nos amis n’ont pas tous la même opinion de la démocratie. Gastinel serait prêt à porter son regard ailleurs. Les commémorations, en ce mois de mai, du bicentenaire de la mort de celui qui s’est autocouronné sous le nom de Napoléon Ier, lui ont fait redécouvrir certains aspects d’une histoire dont il privilégiait jusqu’alors d’autres aspects. Il révère désormais en lui celui qui sut mettre un terme à l’anarchie dans laquelle glissait le pays à la suite de la Révolution. Et, dans la foulée, et pour les mêmes raisons, il sait trouver des excuses à Thiers qui, il y a cent cinquante ans ce mois-ci, a eu la main un peu lourde pour mettre fin à la Commune. Je n’ai pas osé lui demander s’il s’associait à la lettre ouverte « Pour un retour à l’honneur de nos gouvernants » que des militaires haut gradés ont adressée au Président de la République, pour dire que le pays court à l’abîme et qu’il devient urgent que les politiques reprennent la situation en main. C’est l’ami Beraud qui a abordé la question, en relevant que l’affaire n’aurait sans doute pas fait tout ce foin, si l’on peut dire, si les signataires n’avaient pas été des officiers généraux, déclarant s’exprimer au nom d’une armée qu’une partie du pays estime en délicatesse à l’égard de la démocratie. Depuis des années, souligne Beraud, des enseignants à la retraite publient des livres qui disent la même chose, des intellectuels s’alarment, on euphémise les délits un peu gênants en « incivilités » , des élus parlent de « zones de non droit », sans que cela provoque de réactions sérieuses. Si les problèmes que ces militaires soulèvent n’ont pas l’importance qu’ils leur accordent, s’ils sont injustement alarmistes, il faut le démontrer sans se contenter de le dénoncer, ne serait-ce que pour apaiser le pays. Et sans attendre. Et si les problèmes soulevés ne sont pas sans fondement, on ne peut pas se contenter de pousser la poussière sous le tapis, comme cela paraît avoir été fait depuis des décennies.
Mimiquet, qui était reparti faucher, rentra en coup de vent pour nous dire de venir voir une harde de bouquetins descendus des hauteurs et qui humaient les pierres à sel que Derbez avaient déposées en limite de votre pré avant de les monter aux estives. C’est dire le froid qui règne encore là haut ! En entendant les derniers mots de la conversation, il nous demanda si pousser la poussière n’était pas la seule solution, lorsqu’on n’avait à sa disposition ni balai, ni aspirateur. Après tout, continua-t-il, les politiques qui se succèdent se retrouvent peut-être dans le constat qu’il faut « faire avec » pour conserver une certaine cohésion au pays ; alors, on croise les doigts en essayant de se convaincre que le pire n’est pas toujours certain. Le problème, conclut-il en sortant, c’est lorsque le tapis n’est plus assez épais pour dissimuler le tas de poussière.
Les questions que vous abordez dans votre lettre, à propos de l’élection présidentielle de l’an prochain, et que j’ai aussitôt partagées avec nos amis, aident peut-être à donner un autre éclairage au sujet. Le président actuel et probable candidat, écrivez-vous, a été élu avec la volonté de dépasser les cadres habituels, notamment le clivage traditionnel droite/gauche et en s’aidant du discrédit qui affecte ce qu’on appelle les « partis de gouvernement ». Vous vous demandez si cette martingale peut durablement produire l’effet attendu. Je n’ai pas encore d’opinion bien arrêtée sur le sujet. À mes yeux, cependant, ces partis avaient un avantage, qui réapparaîtra sans doute, celui de capter, représenter et canaliser la multitude d’exigences qui s’expriment aujourd’hui dans un brouhaha assourdissant. Je doute que les aspirations des groupes sociaux qui à tel moment se sont retrouvés dans tel parti de droite ou de gauche changent vraiment. Les riches, dites-vous, ont besoin d’une droite pour perdre le moins possible de leurs acquis et la gauche a vocation à accueillir ceux qui ont un égal besoin de voir réduites les inégalités Penser que cette opposition puisse disparaître vous paraît relever sinon du calcul du moins de l’incantation.
L’effacement des partis « classiques », poursuivez-vous, qui n’ont su ou pu répondre aux attentes de leur électorat a-t-il ou non favorisé l’émergence de courants qui entendent faire aboutir des exigences sectorielles ? Sans doute, mais on ne peut toujours imputer à ces courants les faits qu’on pousse sous le tapis et qui sont vraisemblablement à mettre au compte de ceux qui ne veulent pas de la société existante.
Le reproche que vous adressez aux grands partis de trahir la démocratie en ayant donné à ses ennemis les moyens de la détruire a ravi Gastinel. Il n’a cependant pas poursuivi sur le sujet et s’est contenté d’avancer que ce que ce que nous vivons était la preuve manifeste de l’existence de la Divine Providence puisque, malgré tout ce qui se passe, le pays continue cahin-caha de fonctionner. Je n’ai su s’il plaisantait. Beraud a donné une interprétation plus sibylline en citant Galilée « E pur, si muove ! »3
Venez vite nous retrouver. Nous avons besoin de la distance que vous prenez pour observer notre monde. L’ombre légère des bouleaux tamise les premières ardeurs du soleil et les feuillages des différents arbres ont chacun un ton de vert particulier. ; tout cela donne à la vallée un relief que le plein été estompera. Gastinel trouve à l’ensemble une tonalité Vert Empire, bien sûr ! alors que Beraud penche plutôt pour le vert de Schweinfurt4, connu de lui seul… Lorsque vous serez au Villard, il sera trop tard pour que vous puissiez départager nos amis sur ce point. Mais vous aurez assez d’occasions d’arbitrer leurs chamailleries.
Dites-nous quand vous comptez arriver pour que je demande à Mlle Reynaud de venir préparer votre maison.
Et soyez assuré de nos sentiments les meilleurs !

P. Deladret

  1. Litham : voile couvrant la partie inférieure du visage chez les Touaregs.
  2. Pline rapporte (Histoire naturelle 5-36) que le peintre Apelle aurait lancé à un cordonnier qui, après lui avoir fait remarquer que la chaussure d’un sujet d’un de ses tableaux était mal dessinée – ce que le peintre avait admis – se permettait de critiquer d’autres aspects : « Cordonnier, ne juge pas au-delà de la chaussure (crepida en latin) ».
  3. Et pourtant elle (la Terre) tourne : aurait été marmonné par Galilée après qu’il ait du rétracter sa théorie concernant l’évolution de la Terre autour du Soleil.
  4. Vert de Schweinfurt, ou Vert de Paris : pigment à base d’acéto-arsénite de cuivre, qui serait en partie responsable des troubles neurologiques de Van Gogh et de la cécité de Monet…
2021-05-27T18:19:28+02:00

Édito juin 2021 > Églises et tabernacles

Tabernacles vivants
Les tabernacles qui sont dans nos églises sont des boîtes décorées qui renferment les hosties consacrées qui n’ont pas été consommées pendant les messes. On appelle cela « la sainte réserve », symbolisée par une lumière permanente, et on la respecte scrupuleusement car, pour les catholiques, c’est le corps du Christ en personne qui s’y trouve. Les croyants prennent souvent le temps de prier devant ces tabernacles, ou même de sortir une hostie pour un temps d’adoration que l’on nomme « du saint sacrement ». Il est touchant de voir combien cette pratique nourrit la foi et permet de vivre spirituellement la présence réelle du Christ dans nos vies. Ce respect des hosties consacrées et du tabernacle ne doit pas nous écarter de ce qu’ils représentent : la présence du Christ dans la vie et le corps des croyants. Car si nous célébrons la messe et que nous consacrons du pain et du vin comme corps et sang du Christ, ce n’est pas en premier lieu pour les conserver et les adorer, mais c’est pour les consommer, pour qu’ils rentrent physiquement dans nos corps et qu’ainsi nous saisissions que Dieu est présent dans toutes les dimensions de nos vies, spirituellement et matériellement. Ainsi nous comprenons que l’authentique tabernacle qui contient le corps du Christ, ce n’est pas un meuble dans une église, mais c’est notre propre corps. Dans l’absolu nous pourrions et devrions faire une adoration devant toute personne qui porte en elle le corps du Christ. Si les croyants prient devant les tabernacles, c’est pour vivre pleinement leur vocation de tabernacles vivants et agissants pour que l’Esprit Saint habite leur vie toujours davantage.

Église corps
Cette même logique vaut pour les églises, bâtiments dans lesquels les croyants se réunissent pour prier et célébrer. D’ailleurs on dit que les chrétiens se réunissent « en Église », ce mot désignant le peuple des fidèles, la communauté des croyants qui comprennent qu’ils forment un seul corps, celui du Christ qui n’agit plus directement mais qui passe par nous pour que sa Bonne Nouvelle s’incarne dans le monde. Si les églises bâtiments ont de l’importance pour les croyants, c’est parce qu’elles leur permettent de vivre symboliquement et physiquement leur mission d’incarnation de Dieu au cœur du monde. Si les chrétiens se retrouvent en communauté pour prier et célébrer dans les églises, c’est pour « faire Église », pour intégrer la parole de dieu et se nourrir de son corps afin d’assumer leur mission de témoignage par leurs paroles et par leurs actes dans le concret de leur vie.

La pratique religieuse
Ce que nous venons de préciser par rapport à l’objet tabernacle ou au bâtiment église vaut pour nos pratiques religieuses. Elles sont des moyens de vivre l’adoration réservée à Dieu et de mettre en œuvre l’authentique pratique religieuse qui consiste à aimer les autres en étant engagé auprès d’eux. Après les mois difficiles que nous venons de vivre, bouleversés dans nos habitudes et nos certitudes par la crise sanitaire et ses conséquences, nous avons bien besoin de nous rappeler que nous avons une mission à accomplir : être témoin de la Bonne Nouvelle que nous a annoncée Jésus et qui nous révèle que Dieu est toujours avec nous, pour nous accompagner dans les étapes de nos vies, pour nous soutenir dans les difficultés, non par magie et en transformant les événements, mais par la présence de son énergie d’amour. Pendant ces quelques semaines de vacances estivales, nous sommes invités à être les témoins de cette espérance auprès de tous ceux que nous allons rencontrer au gré de nos activités.

Avec nos fragilités
Parfois nous avons du mal à nous engager dans la voie de cette mission, souvent par scrupule : nous sommes conscients de nos limites, de nos faiblesses, et nous n’imaginons pas que nous soyons capables d’assumer l’idéal chrétien, et encore moins de l’annoncer, car nous savons qu’il nous est demandé de la cohérence entre ce que nous annonçons et ce que nous vivons. Pourtant, si Dieu a fait le choix de passer par les hommes pour agir dans le monde, c’est en connaissance de cause. Il ne nous dit pas : « Soyez parfaits et annoncez la Bonne Nouvelle chrétienne ». En fait c’est presque l’inverse. Il nous dit plutôt quelque chose comme : « Annoncez la Bonne nouvelle, en sachant qu’elle vous dépasse et que si vous êtes des témoins, ce n’est pas comme des juges mais plutôt comme des pêcheurs pardonnés, comme les destinataires de cette parole que vous annoncez. Ne regardez pas les gens de haut comme si vous étiez sur un piédestal, mais restez conscients que vous êtes de la même pâte humaine, fragiles mais surtout aimés de Dieu, moi dont la puissance d’amour est infinie et peut transformer vos vies. »

Olivier

2021-05-27T18:14:34+02:00

L’Évangile du mois de juillet 2021

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc

Étant sorti de là, Jésus se dirigea vers son village natal et ses disciples le suivaient. Arrivé le jour du sabbat, Jésus se mit à enseigner dans la synagogue et de nombreux auditeurs en étaient stupéfaits : « D’où lui vient tout cela ? » disaient-ils. « Il a reçu là une étrange sagesse, et ce sont des miracles peu ordinaires qui tombent de ses mains ! Ce n’est pourtant que le charpentier, le fils de Marie ; c’est un frère de Jacques, de Josès, de Judas et de Simon. Et ses sœurs, ne sont-elles pas ici chez nous ? » Ils étaient scandalisés donc et ne croyaient pas en lui. Jésus leur dit : « Le seul endroit où l’on ne reconnaît pas un prophète, c’est dans sa patrie, entre ses parents et dans sa famille ! » Il ne put faire là aucun miracle, si l’on néglige quelques malades qu’il guérit par une imposition de mains. Il s’étonnait de leur manque de foi.

Pour prendre un bon départ…
Nous nous retrouvons dans la synagogue de Nazareth, comme au tout début de l’Évangile. Entre temps, Jésus a beaucoup parlé, il a effectué des miracles, il a rencontré de nombreuses personnes. Son retour dans son village natal est donc en quelque sorte des retrouvailles, sauf que son statut a changé. Il n’est plus un membre quelconque de son village.

D’où cela lui vient-il ?
La réponse à cette question avait été déjà donnée précédemment : son autorité lui vient de Dieu. Si la question est reposée, c’est que la réponse n’a pas été intégrée. L’étonnement de ses proches n’est pas ici un émerveillement mais plutôt un questionnement. Les membres de sa famille n’arrivent pas à comprendre que Jésus parle de la bouche de Dieu. À Nazareth, tout le monde croit le connaître. Par ailleurs, ils se disent que puisque Jésus est de chez eux, il est forcément pour eux. C’est un phénomène d’appropriation, une forme de chauvinisme spirituel. Il y a un non-dit de leur part : qu’il reste chez nous plutôt que de faire des miracles ailleurs !

Jésus le charpentier
Jésus n’est pas seulement le fils adoptif de Joseph, charpentier de Nazareth. Il l’est lui-même. Jésus a véritablement travaillé dans son village de nombreuses années. Le charpentier était à l’époque un technicien spécialisé capable d’organiser l’espace intérieur d’une maison afin qu’on puisse y vivre selon les exigences de la Torah. La difficulté pour ses proches est de comprendre que Jésus ne peut pas être réduit à ce qu’ils croient connaître de lui.

Ils étaient scandalisés
Quelqu’un qui est scandalisé ayant vu ou compris quelque chose n’avance plus sur le chemin du Royaume. Ici, ce qui scandalise les proches de Jésus est d’imaginer que le fils de Marie puisse être le fils de Dieu. Aujourd’hui encore, le fait que Dieu puisse s’être fait homme est chose proprement ahurissante pour certains. Comment accepter que l’Éternel se donne à voir dans quelque chose d’aussi particulier, un charpentier de Nazareth ? Comment se fait-il que pour accéder à la transcendance il n’y ait que celui-ci pour nous y conduire ? C’est une vraie difficulté. Ses proches ne peuvent pas le comprendre. Difficile d’être prophète chez les siens. Ce n’est qu’en revenant d’entre les morts que sa parole pourra être accueillie véritablement et qu’ils pourront confesser que Jésus est bien le fils de Dieu.

Pas de foi donc pas de miracle…
La relation que les gens de Nazareth ont avec Jésus n’est pas de l’ordre de la foi. Certains le connaissent ou l’ont fréquenté mais ils n’ont pas foi en lui. Jésus affronte comme les autres prophètes avant lui l’échec de la Parole. Il n’a pas peur de vivre cette incompréhension. Il faut une transformation intérieure pour que la Parole soit à l’œuvre en nous, les croyants.

Didier Rocca

Le mot du jour : Synagogue

La synagogue est le lieu destiné à l’étude de la Torah et de la prière. C’est en pratique une maison très simple. Il y a un siège, appelé « chaire de Moïse », pour celui qui fera l’homélie. Hommes et femmes sont séparés. Les rouleaux sont rangés dans un coffre, une jarre d’où un servant les apporte au lecteur.

2021-05-27T18:18:21+02:00

L’Évangile du mois de juin 2021

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc

Jésus dit à ses disciples : « Passons sur l’autre rive ». Ils laissèrent la foule et prirent Jésus comme il était dans la barque ; d’autres barques l’accompagnaient. C’est alors que se lève une violente rafale de vent : les vagues se jettent sur la barque au point que déjà l’eau monte, mais lui, allongé sur le coussin à l’arrière, il dort. Ils le tirent du sommeil et lui disent : « Cela ne te fait rien si nous coulons ! » Jésus s’est réveillé, il rappelle à l’ordre le vent et dit à la mer : « Silence ! Tais-toi ! » Aussitôt le vent tombe et c’est le grand calme. Alors il leur dit : « Pourquoi vous mettre dans un tel état ? Vous n’avez donc pas la foi ? » Ils furent saisis d’une grande crainte ; ils se disaient l’un à l’autre : « Qui donc est-il ? Même le vent et la mer lui obéissent ! »»

Pour prendre un bon départ…
Jésus vient de finir son discours en paraboles. Cela a été l’occasion pour lui d’insister sur le fait qu’il faut du temps pour que la parole prenne racine dans nos cœurs. Elle requiert notre consentement, notre adhésion. Ce discours vient après qu’on a interrogé Jésus sur l’origine de sa puissance. C’est en éprouvant la puissance de sa parole que nous allons pouvoir reconnaître d’où il vient. C’est dans l’écoute de sa parole que se donne à reconnaître son autorité.
Pour illustrer cela Marc nous propose des gestes significatifs ; ici, un miracle particulièrement impressionnant : celui de la tempête apaisée.

Passons sur l’autre rive…
Cette information signifie simplement traverser une frontière. De fait, Jésus est autour de Capharnaüm, en Galilée, sur la rive ouest du lac. Jésus va donc vers l’est en territoire païen. Nous ne sommes plus en Galilée, nous ne sommes plus en terre sainte. Une foule compacte suit Jésus. Dans la pensée de Marc, aller chez les païens suppose que la parole que Jésus incarne s’adresse à tous.

Dieu comble son bien-aimé 
quand il dort
Les tempêtes sont assez fréquentes sur ce lac. Notons l’attitude de Jésus, il dormait. Le coussin était un sac de lest qui permettait d’équilibrer le bateau pendant la pêche. Il était rempli de cailloux. Nous avons ici le vocabulaire de la résurrection : dormir, sommeil, périr, réveillé. Jésus déploie déjà sa puissance de ressuscité comme dans tous les miracles d’ailleurs. Rappelons que ces signes ne sont pas mis par écrit pour nous impressionner et nous faire croire en Jésus mais pour que nous, croyants en la résurrection, nous en mesurions toutes les implications.

La réaction des disciples
Les disciples se plaignent que Jésus ne réagisse pas. Or, ce sont eux les professionnels de la mer, pas Jésus ! Plus profondément, ils reprochent à Jésus de beaucoup parler mais de ne pas agir. Ne serait-ce pas les mêmes reproches que nous pourrions adresser nous aussi à Jésus ?

L’action de Jésus
Notons l’extrême sobriété du récit. Il suffit pour Jésus de dire « silence » pour que celui-ci ait lieu. On se souvient que le « Silence, tais-toi » a déjà été prononcé par Jésus au tout début de l’Évangile (voir Notre Écho de janvier 2021) dans la synagogue de Capharnaüm à l’adresse d’un possédé à l’esprit impur. Jésus le posait dans le silence afin de lui permettre d’écouter le Père. Ainsi, la parole de Jésus a la puissance de faire taire ce qui l’empêche de l’écouter. Ce que Dieu doit nous dire, nous le savons mais le problème n’est pas de le savoir, mais de le mettre en pratique par la même occasion. Notre endurcissement de cœur est parfois un obstacle à une bonne écoute.

Vous n’avez pas encore la foi !
Jésus s’étonne de leur manque foi. Ses interlocuteurs l’écoutent mais ils ne croient pas. Il faudra attendre sa mort et sa résurrection pour que la parole de Jésus trouve un écho favorable. Jésus nous provoque à la foi. Cela fait des semaines qu’il est avec ses disciples et cela n’a pas fonctionné. Les disciples étaient dans la peur, ils sont dans la crainte ; c’est tout de même un progrès. La peur, c’est dire que Dieu nous a laissé tomber alors que la crainte consiste à éprouver que nous sommes tenus dans la main de Dieu. Il leur faudra faire un pas de plus, vivre dans l’espérance, cette certitude que Dieu ne les abandonnera jamais. Jésus est maitre de la mer, de la mort et de la peur.

Didier Rocca

Le mot du jour : mer

Dans notre mentalité, la mer renvoie au soleil, à la vie, au sable chaud. Dans la Bible, la mer est symbole de mort, la mer est ce qui empêche les hommes d’habiter sur la terre. Calmer la mer, c’est vaincre la mort.

2021-05-27T18:16:29+02:00

Édito mai 2021 > L’Esprit Saint

Cinquante jours après la fête de Pâques, les chrétiens célèbrent la Pentecôte, le jour où les apôtres ont reçu l’Esprit Saint. Mais qu’est-ce que les croyants désignent exactement par ce terme ?

La Trinité

L’Esprit Saint fait partie de ce que l’on appelle la Trinité, avec le Père et le Fils. Cette Trinité est compliquée à saisir ; elle nous permet d’appréhender Dieu comme relation. Les chrétiens croient en un seul Dieu, mais qui se donne à connaître en trois « personnes », chacune nous offrant de mieux entrer en relation avec lui. Dieu est le créateur, de qui tout le créé est sorti. Nous le découvrons quand nous nous intéressons à la merveille de la nature et du cosmos, à l’infiniment grand, mais aussi au mystère de la vie et à la complexité du corps humain, l’infiniment petit. Dieu est le Fils, Jésus Christ, qui vient nous rencontrer à hauteur d’homme, qui s’est incarné dans un lieu particulier, en un temps précis, et qui a partagé la condition humaine. Ainsi Dieu n’est pas seulement le grand horloger de l’univers, il est aussi le plus proche, notre frère. L’existence de Jésus nous fait comprendre qu’il veut être proche de tous, et en particulier des plus petits et des plus humbles, afin que personne ne puisse imaginer que Dieu est loin de lui. Enfin, la troisième « personne » de la Trinité, l’Esprit Saint, signifie la présence de Dieu en toute personne humaine comme une force de vie et d’amour. Dieu se rend présent en nous pour que nous devenions capables de vivre la fraternité, la solidarité, l’amour. Avec la Trinité, Dieu se révèle dans toutes les dimensions de notre vie : à l’intérieur de nous, dans les autres et dans le monde que nous habitons.

L’homme divinisé

Avec l’Esprit Saint, nous concevoir notre vie d’une nouvelle façon : nous ne sommes pas seulement des êtres de chair ou des animaux super développés, nous sommes en capacité de laisser Dieu agir en nous. Nous sommes des êtres spirituels et cette présence de l’Esprit nous donne accès à la plénitude de notre existence. C’est ainsi que nous pouvons dépasser le stade d’une vie qui se contenterait d’être dans la possession, le matérialisme, les plaisirs éphémères et la survie, pour atteindre la joie parfaite du partage, de l’amour, du don de soi et de la gratuité. Cette compréhension donne une immense dignité à l’être humain, puisqu’il est le lieu que Dieu veut habiter. Nous savons bien que nous sommes parfois capables des pires choses, mais nous découvrons aussi que nous sommes surtout capables du meilleur, et c’est en raison de cette capacité que Dieu désire habiter nos vies pour nous accompagner dans ce combat pour que le bien, le beau et le bon l’emportent. Dire que l’homme est divinisé, c’est exprimer qu’il est invité à comprendre qu’il peut vivre comme Dieu le veut. Le modèle de cette vie selon le désir de Dieu, c’est le Christ qui nous donne à voir ce que c’est que de vivre en enfant de Dieu : au service de la vie, de la liberté, du bien et de l’amour, sans frontière entre les personnes.

Une nouvelle fraternité

Concevoir que l’homme est habité par l’Esprit Saint nous aide à vivre notre relation aux autres de manière renouvelée : si l’Esprit Saint est présent en l’homme, alors cela veut dire qu’il l’est dans tous ceux que nous rencontrons. De ce fait les relations interpersonnelles sont transformées : quand nous rencontrons les autres, ce ne sont pas des concurrents ni des ennemis mais des sœurs et des frères, habités par cette capacité au meilleur, même s’ils l’ignorent ou le refusent. Le chrétien devient capable de voir en l’autre le meilleur, en dépassant les préjugés et les jugements hâtifs. Son combat n’est pas contre l’autre mais contre ce qui l’empêche de laisser de la place à l’Esprit Saint qui vient transcender son existence de l’intérieur. La conversion consiste à travailler à ce que l’Esprit Saint prenne toute la place dans nos propres vies et dans celle des autres.

L’Église, corps du Christ

Lorsque les disciples reçoivent l’Esprit Saint, ils prennent le relais de Jésus dans la mission d’annonce de la Bonne nouvelle, et nous comprenons ainsi que le corps agissant de Dieu dans le monde, c’est le peuple des croyants qui sont habités par l’Esprit Saint, l’Église. Et l’Église, ce ne sont pas les grands prélats à Rome autour du Pape, ce ne sont pas seulement les évêques, prêtres et diacres, mais ce sont tous les chrétiens : nous tous sommes le corps du Christ.

Olivier

2021-04-26T10:53:54+02:00

L’Évangile du mois de mai 2021

Dimanche 16 mai, nous célébrerons le 7e dimanche du Temps Pascal.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes. Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie. Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés. Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde. Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde. Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. »

Le contexte

Ce passage est un extrait de la prière que Jésus fait à son Père. Elle exprime un peu aussi son testament spirituel.

Garde-les en ton nom

Jésus demande au Père de garder les disciples dans la foi et la communion. Dans l’Église, il y a des personnes que j’aime et d’autres moins. Si Jésus prie pour ceux que je n’aime pas, il me faut convertir mon regard.

Qu’ils soient un

Cette expression qui sera répétée plus loin constitue le sommet de la prière de Jésus. Nous pouvons le comprendre de trois manières :

  1. Qu’ils soient unis entre eux et pas divisés.
  2. Que cette unité soit véritablement fondée en Dieu.
  3. Que chacun soit un, c’est-à-dire unifié dans sa personne.

Ce Nom que tu m’as donné

C’est au nom de cette communion avec Dieu que Jésus a gardé ses disciples. Il n’a pas fait que les enseigner, il les a aussi protégés. D’ailleurs, au moment de son arrestation, Jésus veillera à les épargner. On peut trouver curieux qu’au verset précédent Jésus prie le Père de garder les disciples dans son nom puis qu’il dise au passé qu’il les a gardés. En Jésus, il n’y a pas de séparation entre sa prière et son action. Ainsi, il prie ce qu’il fait et il fait ce qu’il prie !

Une joie complète

Cette joie n’a rien à voir avec une quelconque satisfaction matérielle, elle réside dans le sentiment d’une plénitude intérieure. Nous savons ce qui va se passer après la résurrection. Les disciples vont être détestés, parfois persécutés mais ils vont être aussi habités par la joie de ceux qui savent pourquoi ils vivent. En s’adressant à Dieu dans la prière, Jésus parle aussi à ses disciples pour qu’ils restent accrochés à la joie du Christ.

Être du monde

Une des spécificités des disciples est de n’être pas du monde. Autrement dit, leur nationalité devient seconde et tous les humains deviennent des frères en humanité. Comme le dit le cantique, « notre cité se trouve dans les Cieux » non pas au ciel mais en Dieu.

Non pas les enlever du monde mais les garder du Mauvais

Le but ultime de Jésus n’est pas de sauver ses disciples du monde mais de les sauver avec le monde. Ce monde n’est pas une réalité mauvaise en soi mais elle est à transformer. « Jésus n’est pas venu pour condamner le monde mais pour que, par Lui, le monde soit sauvé ».

Sanctifie-les dans la Vérité

C’est la vérité de la parole qui fait que les disciples ne sont pas du monde tout en demeurant dans le monde. Cette parole de Dieu qu’ils relaient n’est pas la leur, ils ne l’ont pas inventée mais ils acceptent de la partager, de la communiquer au monde avec humilité et persévérance. En régime chrétien, c’est la parole qui sanctifie, qui consacre les personnes. Ainsi, les disciples que nous sommes sont sanctifiés par la parole que nous avons la responsabilité d’offrir au monde. Charge à nous de ne pas la trahir, de la vivre, de l’honorer. Cette parole est une parole vivante et qui donne vie à celui qui l’écoute.

Didier Rocca

Le mot du jour : Nom

Dans la pensée hébraïque, nommer quelqu’un est une façon de définir son être.  Le nom participe de son identité.
Dans le Notre Père, ne disons-nous pas « Que ton nom soit sanctifié » ?
D’ailleurs, dans la bible, changer de nom c’est changer d’identité. Saül devient Paul ; Abram devient Abraham…

2021-04-26T10:56:43+02:00