Olivier

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Lettre du Villard – avril 2021

Lettre du Villard

Le Villard, le 18 avril 2021

Pauvre ami !

Vous voici donc à nouveau assigné à résidence et dans l’impossibilité de venir vous ressourcer dans notre vallée du bout du monde ! Vous nous avez heureusement donné des nouvelles par téléphone et nous savons que vous n’avez pas été affectés par l’épidémie. Vous regretterez moins de n’avoir pu venir au Villard lorsque vous saurez que le printemps qui s’annonçait le mois dernier est resté tellement timide nous nous sommes réveillés hier sous la neige.

Cette troisième réclusion qui est imposée au pays en un an est d’autant moins facile à supporter qu’on ne peut être certain qu’elle ne sera pas suivie d’autres ; les responsables politiques l’espèrent certainement ; en sont-ils assurés ? Je doute qu’après tant de mois de tâtonnements devant une réalité fuyante, ils puissent avoir des certitudes sur la voie à adopter.

Ce n’est pas sans rappeler ce que nous vivons au jour le jour. Autant, en effet, il est aisé d’avoir des idées tranchées en des domaines qui nous échappent un peu, tels que la politique étrangère de la Turquie ou les risques liés aux bitcoins1, autant nous tergiversons et pesons le pour et le contre lorsque nous sommes concernés dans notre existence personnelle. Vous m’avez récemment fait remarquer, avec une certaine surprise, qu’en matière politique, notamment, mes idées sont devenues plus abruptes et que je tends à me refermer sur des certitudes que je n’assénais pas auparavant. Je vous avais répondu qu’à mon âge, on pense avoir eu le temps de faire le tour du problème et ne plus voir l’utilité de prêter l’oreille ni à ceux qui ont montré leur incapacité ni aux farceurs et encore moins aux démagogues. À la réflexion, je me demande si ce n’est pas un autre effet de ce qui contribue au durcissement de mes artères… Et puis, peut-être est-ce aussi parce que, de façon pour moi imperceptible, je ressens la vanité de chercher à avoir une opinion aussi bien dans les domaines – nombreux – où je sais manquer de compétences que dans ceux – encore plus nombreux – où mon avis n’est pas attendu.

L’ami Gastinel, dont la fermeture pour cause d’épidémie de ses clubs de scrabble, de philatélie et de bridge met à mal le besoin de contacts, « monte » volontiers au Villard pour bavarder de choses et d’autres. Il me répondit l’autre jour, alors que je revenais une fois de plus sur ce sujet, que nous ne pouvions nous abstenir d’avoir des convictions dans notre système démocratique, où chacun est censé être omniscient puisqu’il lui est demandé de se prononcer, de façon immédiate, par voie de référendum, ou par l’intermédiaire de ses députés, sur des sujets aussi divers que la création d’un « droit à l’euthanasie » ou sur les attributions du Conseil économique, social et environnemental. « Dans la pratique », souleva Me Beraud venu se mettre à l’abri d’une ondée inattendue de neige, « le brave citoyen se contente de réagir dans la sphère de sa vie privée par des réflexions dubitatives ou désabusées lorsqu’il ne se laisse pas passivement emporter par le courant d’idée majoritaire qui aboutit à ce qu’un texte soit adopté alors que personne n’en voyait l’opportunité ». Le reproche, leur ai-je fait remarquer, qui peut être fait au système consistant à demander à l’électeur de se prononcer sur des sujets qui le dépassent a conduit à préconiser sa correction par la « technocratie », qui serait en principe le gouvernement des experts. Le problème est que, depuis des années maintenant, les acteurs de cette technocratie modérée, les technocrates donc, sont accusés de tous les maux, notamment de promouvoir des politiques éloignées des réalités.

Gastinel reprit : « Je rage ! On nous annonce maintenant qu’on doit supprimer l’E.N.A. Je n’ai pas fait l’E.N.A. et je n’ai pas l’esprit de ce corps, mais je me demande si, dans l’incapacité dans laquelle le pays se trouve de faire face à toutes sortes de difficultés, notamment celles qu’il se crée, on ne casse pas le thermomètre parce qu’on ne sait comment faire tomber la fièvre. On nous raconte que l’Institut qui doit remplacer l’École permettra une meilleure mixité sociale, une meilleure adaptation à notre société… Lorsqu’on sait que la création de l’E.N.A., en 1945 correspondait déjà à la volonté de démocratiser le recrutement des hauts fonctionnaires, on peut se demander si on n’amuse pas la galerie car les grandes dynasties qui colonisent les grands corps sauront comment s’y perpétuer ».

Béraud osa : « Ce dans quoi s’est embourbée notre vie publique, qui a débouché, entre autres, sur la crise des Gilets jaunes, et par voie de conséquence discutable sur la réforme de l’E.N.A., pourra peut-être se trouver clarifié, décanté, mis à plat dans les réflexions qui, dans un an, vont précéder l’élection présidentielle ? Les grands enjeux seront enfin étalés sur la table ».

« Si ça vous fait plaisir de le croire », gloussa Mimiquet à qui vous avez demandé de reprendre le jeu de vos volets et que l’ondée avait contraint à s’abriter chez nous, « ne vous en privez pas, mais au train où vont les choses j’ai plutôt l’impression qu’au lieu de nous aider à prendre du recul pour mieux voir le paysage, on va surtout chercher à nous pousser dans les bras d’un guide providentiel pour aborder le monde à venir. Comme si nous ne l’avions pas déjà fait ! Et avec quel résultat ? Nous avons besoin de guides, de pilotes bien entourés, de premiers de cordée… mais moins pour l’avenir que pour le monde actuel dans lequel nous ne comprenons plus rien ! Il est déjà assez compliqué, non ? »

Gastinel se crut obligé de dire : « Paul Claudel a écrit, je cite de mémoire, que le poète est celui qui lit la marche du navire dans les étoiles ; c’est beau, cela fait rêver mais lire la marche du navire dans les étoiles n’empêchera pas de heurter l’iceberg. Il faut des cartes maritimes, des instruments de navigation, un équipage, pour éviter de s’égarer et pour pouvoir corriger la route. On ne peut avancer seul et, ce qui est frappant dans cette future élection présidentielle, c’est que les partis politiques, sur qui le candidat élu doit pouvoir s’appuyer, sont cette fois-ci absents, hors jeu. Il y a une sorte de décalage entre les candidats qui sont censés être la figure de proue d’un parti et le contenu du discours des partis qui se demandent ce qu’ils peuvent mettre dans leurs programmes ».

Béraud ajouta : « Et même lorsqu’on a cartes marines et équipages, on ne peut être assuré de ne pas s’échouer ; voyez l’histoire de l’Ever Given, ce gros porte-containers qui a bloqué le canal de Suez pendant une semaine. Quelle histoire ! Dire que 10 % du commerce maritime mondial emprunte une rigole de 300 mètres de large creusée dans le sable ! J’ignorais que l’économie mondiale était aussi fragile et je suis surpris que les pirates du désert du type de Daesch ne se soient pas encore amusés à nous faire des niches en y coulant de temps en temps un navire. J’en ai profité pour relire l’histoire – passionnante – de ce canal ; le moins qu’on puisse dire est que les Anglais n’ont pas ménagé leurs efforts pour mettre des bâtons dans les roues à Ferdinand de Lesseps et à son équipe. Et nous n’en étions pas encore à Fachoda2 ! »

Gastinel l’interrompit en lui faisant valoir qu’évoquer ces péripéties en ce jour d’enterrement de feu l’époux de la reine du Royaume-Uni manquait de courtoisie. « Vous avez raison », convint Beraud ; « la vie de la monarchie anglaise a ceci de précieux qu’elle nous fournit des sujets d’attention, voire d’intérêt, qui nous font du bien en ce sens qu’ils ne nous perturbent pas ; l’homme a un tel besoin de divertissement que son goût pour les belles, et parfois moins belles, histoires est inextinguible. On nous dit que les gens aiment l’Histoire ; je crois qu’à tout âge, ils aiment surtout les histoires, qu’elles soient vraies ou fausses, qu’elles soient tirées du passé ou contemporaines, qu’elles prennent racine dans l’évocation d’une période de l’Histoire ou dans les vies des stars de cinéma, des gangsters, mais aussi des têtes couronnées. Pourvu qu’on rêve, c’est-à-dire qu’on ne soit plus confronté à ce qui gêne dans l’existence, tout est bon. On aime bien les récits d’histoire, tels que celui de l’assassinat d’Henri IV, mais personne ne vibrera à l’évocation des controverses religieuses et princières en Allemagne à la fin du xvie siècle3. L’histoire savante, avec ses méthodes d’analyse, sa rigueur, ses doutes, n’intéresse que les historiens. En revanche, les imprécisions, les raccourcis, les zones d’ombre sont des ingrédients précieux pour l’histoire de divertissement. Pourquoi le condamner ? »

Serait-ce une opinion que vous feriez vôtre ? Je vous la livre, me réjouissant à l’avance de vos commentaires. Écrivez-nous vite pour nous donner de vos bonnes (bien sûr !) nouvelles.

Avec toute notre amitié.

P. Deladret

  1. Le bitcoin est une monnaie constituée de « crypto actifs » c’est-à-dire, d’après l’analyse du G20, « d’actifs virtuels stockés sur un support électronique permettant à une communauté d’utilisateurs les acceptant en paiement de réaliser des transactions sans avoir à recourir à la monnaie légale ». Se non e vero
  2. Fachoda : incident diplomatique franco-anglais en 1898.
  3. Rencontres princières et controverses religieuses dans l’espace germanique (1525-1605), Marguerite Richelme, Mémoire, Paris 1 Panthéon Sorbonne..
2021-04-26T11:00:24+02:00

Lettre du Villard – mars 2021

Lettre du Villard

Le Villard, le 15 mars 2021

Bien cher homme des plaines,

Ça y est ! Le printemps arrive. On ne le voit pas vraiment mais on sent qu’il est là. Les sommets et les hautes pentes défendent de leur mieux leur enneigement mais la neige qui a glissé des toits et qui s’est amassée à l’ombre des maisons ne résiste plus à la douceur des milieux de journée. Le moindre brin d’herbe semble s’enhardir chaque jour un peu plus et on surprend parfois de légers souffles d’air tiède le long des murs. Quelque chose va se produire ; on le sent au frémissement de l’air.
Nous baignions dans cette heureuse insouciance en prenant le café sur le balcon. Mimiquet feignait de tailler votre haie en donnant quelques coups de sécateur. Me Beraud venait de nous confier que ce climat d’imminence d’un évènement lui causait la même émotion que celle qu’il éprouvait lorsqu’il entendait le célébrant dire, dans la bénédiction solennelle à l’issue de la messe de Pâques, « Ils sont finis, les jours de la Passion… ». Il sentait, disait-il, l’avenir s’ouvrir sur ces mots. Gastinel tout fier d’avoir trouvé un itinéraire compliqué mais peu ensoleillé, qui lui avait permis de venir nous voir en raquettes, s’était mis à l’unisson en citant, ému, les vers du vieil Horace « Solvitur acris hiems… » « Il s’est dissipé, l’âpre hiver… » que des générations de lycéens ont appris1. Nous étions heureusement déconnectés de tout ce qu’on entend à la radio et à la télé. L’arrivée du courrier nous ramena sur Terre.
J’espérais une lettre de vous mais il n’y avait là que le quotidien auquel je suis abonné. Gastinel me reprocha une fois de plus d’apporter ma contribution financière à un groupe de presse qui, il en est bien conscient, ne reflète pas vraiment mes idées, et surtout pas les siennes… Il fit valoir, ce qui est la vérité, que je ne lisais qu’une infime partie du journal, et que, par ailleurs, pour me donner l’illusion d’avoir un esprit large, je parcourais des articles qui n’emportaient pas vraiment mon assentiment ; Beraud releva qu’il fallait un esprit un peu pervers pour s’astreindre à creuser des opinions qui ne sont pas les siennes. J’étais un peu gêné ; je savais qu’ils avaient raison en ce sens qu’enkysté dans mes convictions comme je le suis à mon âge, une lecture n’allait pas me faire changer d’avis… Mais, par ailleurs, comment leur exprimer sans qu’ils y voient un reproche, qu’il est difficile d’admettre qu’on ne veuille rien connaître d’autre que ce qui est conforme à ses idées ?
Beraud m’a, sans le vouloir, tiré d’affaire en relevant que le traitement de l’actualité de ces jours derniers par les médias, de partisane devenait caricaturale, le moindre incident accédant, du fait des « réseaux sociaux », au statut d’information commentée sans considération pour son importance réelle. La vie publique est, de ce fait, encombrée de scories qui font d’un rien une affaire d’État, qui donnent aux uns et aux autres des prétextes pour invoquer une carence de gouvernance ou de moyens que l’on impute au Gouvernement, lequel se croit généralement obligé de faire des promesses qui ne satisfont personne… Gastinel pense que cette dérive est irréversible et qu’il sera de plus en plus difficile de se faire une idée personnelle des choses, du fait de la diversité croissante des opinions qui nous atteignent par des canaux dont, selon son expression, nous ignorons tout ce ceux qui manœuvrent les écluses… Ce qui renvoie aux calendes grecques le retour à un minimum de cohésion sociale.
Je lui ai rappelé qu’il ne servait à rien de jouer les Cassandre2. Ceux qu’elles entendent alerter ne prennent pas les mesures qui pourraient épargner les désastres qu’elles annoncent. l’Histoire déborde de situations dramatiques qui avaient été prévues, annoncées, mais dont les prophètes n’ont pas été écoutés. Dans Notre Histoire contemporaine, Gide avait vu, dès 19363 ce qu’il advenait d’un pays sous la coupe d’un parti communiste, et l’ambassadeur de France à Berlin de 1931 à 19384 alertait dès 1936 la France sur le réarmement allemand. On entend et on lit aujourd’hui de multiples mises en garde, que ce soit au sujet des manipulations génétiques, des changements qu’on apporte au droit de la famille, des conséquences du développement de l’islamisme dans notre société, de l’évolution préoccupante de notre système d’enseignement, de l’instauration de zones de non-droit dans le pays, des modifications qu’on entend introduire dans le droit des associations cultuelles, etc. Qu’à cela ne tienne ! « Tout va très bien, Madame la marquise ! »5 chantaient Ray Ventura et ses Collégiens. Les Cassandre ont toujours tort… sur le moment. Après… On sait comment a fini Troie. Le problème est qu’on ignore toujours si celui qui vaticine est Cassandre ou un farceur.
Le problème des écluses et des canaux tracasse Gastinel depuis que l’ex-président Trump s’est vu interdire l’accès à des réseaux sociaux. Vous le connaissez assez pour savoir que notre ami n’est pas un admirateur inconditionnel de l’ancien président, mais il est ulcéré que des sociétés privées exercent une censure sans base légale. Les protestations ont été faibles car il est de bon ton de dénigrer Trump, mais cette privation d’accès n’est rien d’autre qu’une atteinte à la liberté d’expression sur laquelle les voltaire-au-petit-pied-autoproclamés sont assez chatouilleux. Comment admettre qu’un « machin » s’arroge le droit de laisser diffuser ce qu’il est bon à dire et ce qui ne l’est pas ? Et, Gastinel en est convaincu, le phénomène va s’amplifier car on va ajouter à la censure privée de ceux qui tiennent les « tuyaux » celle de la myriade de groupes de pression qui hurlent sans arrêt et qui ont vu le parti qu’ils pouvaient tirer en exerçant contrainte croissante sur les Facebook et assimilés. Qui nous dit que des ONG opaques, des courants de pensée fondamentalistes, de puissants États ne vont pas chercher à contrôler les tuyaux ? Propos de Cassandre ? Au train où vont les choses, on ne devrait pas avoir à attendre trop longtemps pour savoir. Après tout, il a fallu moins d’un demi-siècle pour se rendre compte que la société imaginée en 1949 par George Orwell6 dans son roman 1984 était en passe de ne plus être une fiction.
Mimiquet était tout défait ; il s’était présenté à l’hôpital pour se faire vacciner contre le virus mais avait été refoulé : « Trop jeune ! M’a dit le toubib ! C’est la première fois qu’on me trouve trop jeune. Ça m’ennuierait de mourir à cause d’un pangolin ! » Gastinel, qui avait eu plus de chance, s’employait à le rassurer, en lui disant que rien ne permettait d’affirmer qu’il serait contaminé avant d’être vacciné et que, de toute façon, cette épidémie aurait bien une fin. J’ai cru donner une autre perspective au débat en leur citant une phrase tirée d’une interview récente de la philosophe Claire Marin au journal Le Monde et qui m’avait bien plu : « Pour traverser une épreuve, on a besoin de se dire qu’elle aura une fin ». Mimiquet me fit sans ménagement remarquer que ce n’était qu’une autre façon de dire que l’espoir fait vivre… Beraud releva que ceux qui entendent guider les peuples leur promettent un « après », c’est-à-dire autre chose que ce que les gens vivent, que ce soient des lendemains qui chantent, selon le mot de Gabriel Péri7 voire le Paradis, pour ceux qui relèvent d’autres croyances. Gastinel, outré, lui déclara que ses propos sentaient le fagot et – image hautement improbable – qu’il s’engageait sur la pente savonneuse de l’Enfer… Je leur fis alors simplement remarquer qu’ils paraissaient ne plus être sensibles aux effluves des prémices du printemps.
J’espère que lorsque nous aurons la joie de vous lire la belle saison sera effectivement installée. Peut être pourrez-vous venir au Villard pour Pâques ? La montagne est parfois encore un peu maussade mais de belles promenades commencent à y être possibles…
Soyez assurés de notre amitié.

P. Deladret

  1. Horace poète latin (65 – 8 av. J.-C.), Odes 1,4.
  2. Cassandre : princesse troyenne qui avait reçu le don de prophétie ; Apollon décréta cependant que ses prédictions ne seraient jamais crues.
  3. Retour d’URSS, Paris, Gallimard, 1936.
  4. André François-Poncet, Souvenirs d’une ambassade à Berlin, Paris, Flammarion, 1946.
  5. Chanson de Paul Misraki, 1935.
  6. George Orwell, auteur britannique (1903-1950), créateur du concept de Big Brother.
    Gabriel Péri (1902-1941), ournaliste et député communiste, mort fusillé.
2021-03-27T10:11:20+01:00

Camp d’hiver 2021 > Semaine 1

Semaine 1 : activités à l’Oeuvre

Allô ? Ici la planète ! Voici le carnet de bord de l’Œuvre à la rescousse de la planète !
Lundi, pour bien commencer cette semaine, nous sommes allés chercher les étoiles perdues pour aider Canopée, Antarctus et Vegas, des étoiles désespérées d’avoir perdu leurs amis. Après un repas bien mérité, nous sommes partis à la découverte de l’astrologie avec de grandes voyantes. Grâce à elles et leurs différentes méthodes de voyance, nous avons pu nous préparer à l’invasion des mutants. Mission accomplie !
Mardi, rencontre avec les animaux qui peuplent la planète ! Le matin, nous avons reçu la visite du Petit Prince accompagné de ses amis, le mouton et le loup. Ces trois compères nous ont appris de quelle manière prendre soin des animaux et encourager leur vie avec les humains. Plus tard dans la journée, un ours brun, un panda et un ours polaire sont venus nous demander de les aider à savoir qui allait arriver en premier dans la grotte en évitant les pièges des autres. Nous avons réussi à nous mettre dans la peau de ces drôles de bêtes pour mieux les comprendre et pouvoir les aider.
Mercredi, le dérèglement climatique a frappé notre planète ! Au début de la journée, Dieu a contacté Ama, Tatiane et Karima pour les informer qu’elles avaient jusqu’à midi pour réparer leurs erreurs. Ainsi, nous les avons aidées à préserver l’eau, à s’habiller en fonction de la température pour donner un coup de pouce à la planète et pour qu’elles puissent rentrer dans leurs pays respectifs. Plus tard, nous avons rencontré les professeurs Doofenshmirtz, Darwin et Juarez pour élire la meilleure solution pour refroidir la planète. Résultat, la technique du professeur Doofenshmirtz a été choisie : vous devriez bientôt voir des bombes de glace atterrir dans vos jardins !
Jeudi, c’était objectif zéro déchet ! Nous sommes tous partis aux Goudes pour ramasser un maximum de déchets. Évidemment nous avons aussi profité du soleil et du paysage ! Les plus grand ont fait tout le tour du Cap Croisette et les plus jeunes ont répondu à un quizz sur le développement durable, installés à la Baie des singes, et se sont lancés dans le ramassage du plus beau coquillage !
Vendredi, c’était une journée pleine de rebondissements ! Le matin était dédié au mélange des cultures que sont venu leur inculquer Zoubida, Angèle et Esmeralda.
L’après-midi, c’était encore d’autres individus qui avaient perdu leurs repères et qui cherchaient à rentrer dans leurs pays respectifs qui sont venus demander de l’aide aux jeunes. Cette belle journée s’est clôturée par un grande remise des diplômes !
Finalement les jeunes ainsi que l’équipe d’animation ont réussi tous ensemble cette semaine à participer à leur manière à la protection de la planète.
Ils ont pu aussi découvrir et participer à de nombreuses activités sportives et manuelles comme le basket, la fresque, la confection de photophores, un concours d’énigmes, le twister et encore beaucoup d’autres activités…

Jeanne DV et Zoë

2021-03-27T09:58:32+01:00

Édito avril 2021 > Dieu de la vie

Dieu se révèle comme le maître de la vie dans toutes les religions, et dans la Bible en particulier. Il est source de vie, créateur, il prend soin de sa création. Dans les Évangiles, il s’incarne en Jésus Christ et nous donne à découvrir son projet de vie et de salut : il s’identifie à l’humanité souffrante et lui ouvre un avenir, il guérit, il relève, il sauve. Il traverse la mort… C’est ce que nous venons de célébrer lors de la fête de Pâques.

L’Église au service de la vie
L’Église, comme incarnation du corps du Christ, se doit d’être aussi au service de la vie. C’est sa mission, sa priorité. Cependant, aux yeux des gens, cette mission n’est pas toujours perçue et l’attitude de l’Église se réduit parfois au moralisme et au jugement sur la vie des personnes. Sur les grandes questions de morale et d’éthique, il est normal que l’on attende de l’Église qu’elle se positionne et qu’elle s’exprime. Dans l’absolu, les représentants de l’Église peuvent répondre à certaines grandes questions sur la procréation, l’avortement, la fin de vie ou la sexualité, mais ces prises de position peuvent devenir blessantes si les personnes qui les reçoivent les interprètent comme des critères de jugement sur leur vie. En effet, il y a une différence entre l’idéal que nous pouvons promouvoir et la prise en compte de tous les cas particuliers et des situations concrètes que vivent les personnes que nous rencontrons.

Une parole absolue
Si l’on attend de l’Église qu’elle donne une réponse théorique idéale, alors elle ne peut que prôner le respect sans condition de la vie. Il serait choquant de comprendre que Dieu pourrait vouloir autre chose. Dans l’idéal, toute atteinte à la vie doit être évitée, ce qui explique les positions radicales sur l’avortement, l’euthanasie, ou la recherche médicale sur les embryons humains ; si l’on ouvre la boîte de Pandore et que l’on accepte par principe que la vie puisse devenir un objet et qu’elle n’a pas une valeur inaliénable, alors on risque au bout du compte d’en arriver à accepter l’inacceptable : l’eugénisme, la marchandisation de la vie, et toutes les dérives qui ont par exemple été mises en œuvre par le régime nazi, qui s’est arrogé le droit de juger de la valeur de la vie de personnes considérées comme inférieures ou inutiles.

Tu ne jugeras pas
Lorsque l’Église rappelle l’idéal, ce n’est pas un jugement, c’est une promesse, une direction, un cap proposé pour promouvoir le bon, le vrai, le beau. L’Église est constituées d’hommes imparfaits qui ont eux-mêmes besoin du pardon de Dieu dans leur vie. L’Église peut critiquer des attitudes, alerter sur des comportements, donner son avis sur des conduites à suivre, mais si elle s’autorise à juger les personnes, alors elle outrepasse sa mission, car le seul juge, pour le croyant, c’est Dieu, et son jugement n’est pas le même que celui des hommes. Le jugement des hommes est un jugement de condamnation et de punition, qui réduit la personne à ses actes et qui l’enferme dans ses erreurs. Le jugement de Dieu est une main tendue vers celui qui a chuté, c’est une promesse de guérison possible, d’avenir ouvert, de relèvement, de pardon et de progrès. Si l’Église se permet de juger alors que le Christ lui-même ne l’a pas fait lorsqu’il a rencontré des personnes en état de pêché, alors elle trahit ce Dieu qu’elle prétend servir et elle pervertit la Bonne Nouvelle qu’elle devrait annoncer.

Le respect absolu de toute personne
Accueillir la Bonne Nouvelle, c’est se sentir accueilli soi-même, malgré ses erreurs. Pour être capable de témoigner de l’amour de Dieu il faut se reconnaître pécheur pardonné, et avoir expérimenté le pardon plus fort que ses faiblesses ou ses péchés. Il est facile d’accueillir ceux qui vont bien, qui sont « dans les clous », qui traversent la vie comme un long fleuve tranquille, mais c’est plus difficile d’accompagner ceux qui traversent des difficultés, qui n’ont pas fait les bons choix, qui ont été blessés par la vie, qui ont été séduits par des dieux artificiels. Ce sont pourtant ces personnes qui ont le plus besoin de l’amour de Dieu que l’Église doit transmettre. Il pourrait être facile de les juger et de les enfermer dans des préjugés moralisateurs, mais cela ne ferait qu’augmenter leur malaise et leur mal-être. Être au service de la vie, c’est reconnaître que nous sommes tous de cette même pâte humaine fragile et faillible et que nous avons besoin de nous sentir soutenus, relevés, pardonnés. Être au service de la vie, c’est prendre à bras le corps celles et ceux qui sont dans la difficulté et leur offrir une espérance.

Une nouvelle morale
À la suite du Christ, l’Église et tous les chrétiens qui la constituent ont pour mission de rappeler l’idéal de promotion de la vie, en se rappelant que faire cela, c’est précisément ne jamais réduire la personne au pêché qui détruit sa vie, mais c’est au contraire l’aimer et lui ouvrir un avenir. Il ne s’agit pas de dire que le mal est comme le bien, mais de dire que le mal n’a pas le dernier mot et que toute personne, même celle qui a été engluée dans le mal, peut sortir victorieuse de ce combat.

Olivier

2021-03-27T08:54:23+01:00

L’Évangile du mois d’avril 2021

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc

Une fois terminé le sabbat, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des parfums afin d’embaumer le corps. De grand matin, le premier jour de la semaine, elles vinrent au tombeau au lever du soleil.
Elles s’étaient bien posé la question : « Qui nous roulera la pierre de devant le tombeau ? »
Mais au premier regard, elles virent que la pierre avait été roulée de côté, et il s’agissait d’une pierre énorme.
Elles entrent alors dans le tombeau et elles voient un jeune homme assis à droite, vêtu d’une tunique blanche. Elles sont saisies de frayeur, mais il leur dit : « Ne vous effrayez pas ! Vous cherchez Jésus le Nazaréen, celui qu’on a crucifié ? C’est bien ici qu’on l’avait mis, mais il est ressuscité, il n’est pas ici. Allez dire à ses disciples, et à Pierre, qu’il vous précède en Galilée ; là vous le verrez comme il vous l’a dit »..

Le contexte
Marc vient de relater la mort de Jésus et son ensevelissement la veille du sabbat au soir du vendredi saint. Le samedi sera le temps du silence. Marc n’en dit rien. Même s’il n’y a aucun témoin de la résurrection proprement dite, certaines femmes ont été témoins de la présence du Ressuscité. Comment Marc en parle-t-il ?

Une re-création
Des détails mentionnés par Marc peuvent attirer notre attention : le premier jour de la semaine, au lever du soleil. Nous sommes invités à comprendre que ce qui va suivre évoque l’idée d’une nouvelle création qui complète en quelque sorte celle racontée dans la Genèse.

Qui va déplacer la pierre ?
Remarquons aussi un élément bien étrange : les femmes préparent leur expédition depuis la veille au soir et elles ne s’étaient pas encore posé cette question toute simple : « Qui va rouler la pierre ? » On se dit qu’elles auraient pu y penser avant ! Mais heureusement, la pierre est déjà roulée. Elles peuvent entrer et voient un jeune homme habillé de blanc. Et là, leur étonnement commence : elles venaient embaumer un cadavre et elles rencontrent un ange ! Et ce qu’il leur dit leur révèle la véritable raison de leur périple matinal : non pas embaumer un corps, mais plutôt chercher Jésus. Et l’ange leur délivre alors le message de Pâques : « Vous cherchez Jésus ? Il est ressuscité ; il n’est pas ici ; voyez le lieu où on l’avait placé ».

La mission donnée par l’ange
Dans un deuxième temps, l’ange va leur donner une mission : « Allez dire à ses disciples, et notamment à Pierre qu’il vous précède en Galilée. Là, vous le verrez, comme il vous l’a dit ».
Pourquoi la mention de Pierre ? Peut-être parce qu’il en a encore plus besoin que les autres, lui qui vient de renier son maître. Et puis brusquement, plus rien ne se passe. Les femmes sortent, s’enfuient toutes tremblantes et en définitive nous dit Marc, elles ne disent rien à personne, car elles avaient peur…
Comme cela nous ressemble ! Comme il est difficile d’être témoin ! On aurait envie de leur dire : « Allez, foncez, faites ce que Jésus vous dit, c’est tellement grand ». Les disciples avaient abandonné Jésus au fur et à mesure que les événements tournaient mal pour lui… Comme il est difficile parfois pour nous de rester fidèles quand les événements tournent mal ou quand on fait l’objet, à cause de notre foi, de dérision. Mais voici maintenant, que ces femmes elles aussi, fuient, affolées par l’expérience qu’elles viennent de faire et par la mission qui leur est confiée. Cela n’est pas bien réjouissant…

La résurrection, nous bouleverse
Ce que Marc veut dire, c’est que l’Évangile n’est pas une Bonne Nouvelle que l’on pourrait accepter « comme ça », pépère, sans en être bouleversé ! La foi chrétienne, ce ne sont pas des valeurs auxquelles il suffirait d’adhérer uniquement quand tout va bien. La foi pascale, c’est l’expérience d’une vie nouvelle, une expérience que seuls ceux qui ont déjà vécu une certaine mort, un certain trouble peuvent saisir au plus profond. La foi pascale, c’est la certitude que de la vie peut jaillir de la mort au sens propre comme au figuré. La foi pascale, c’est l’attachement à une personne qui nous ouvre à une vie vraiment nouvelle.
La réaction des femmes nous rappelle que des mots ne suffisent pas à porter un message, il faut aussi que les messagers soient préparés à le transmettre. Ce qui doit nous rassurer : Vraiment mal partie, cette bonne nouvelle se transmet encore partout dans le monde.

Didier Rocca

Le mot du jour : Pâques

Ce terme signifie « passage » en hébreu. À l’origine, il s’agit du passage du peuple hébreu de l’esclavage en Égypte à la libération en Terre Promise. Cette dynamique de libération prend un sens nouveau dans la résurrection de Jésus puisque Jésus réalise cette Pâque en passant de la mort à la vie. Dans ce mouvement de mort-résurrection que l’on appelle mystère pascal, tout homme y est associé. Telle est l’espérance chrétienne. La mort n’a pas le dernier mot. Dans le Christ, nous mourrons et nous ressusciterons.

2021-03-27T10:07:16+01:00

Camp d’hiver 2021 > Semaine 2

Semaine 2 : activités à l’Oeuvre

Jour 97 Aujourd’hui j’ai appris que de nouveaux prisonniers intégraient l’OJJA Pénitenciers. Les gardiens et mes codétenus ont pris la peine de les intégrer comme il se doit au sein de la prison. Dès leur arrivée ils leur ont remis leur badge et leurs tenues personnalisées. Les surveillants les ont répartis dans quatre différentes cellules qui ont été mises en compétition pour sortir de la prison à la fin de la semaine. Après une matinée d’intégration et leur premier repas en prison, les prisonniers vétérans Ive et Tortor-la-Menace ont entraîné les nouveaux arrivants à s’en sortir dans le dangereux OJJA Pénitencier. C’est la cellule 3 qui a su briller vaillamment.
Jour 98. Les deux surveillantes L’as Hermass, sœurs jumelles des Dalton, ont demandé de l’aide aux jeunes détenus pour faire évader leurs frères. Sans succès, elles ont décidé d’abandonner leur plan et de les laisser purger leur peine. À midi la gamelle était bien agréable. L’après-midi ce fut au tour des surveillants Slad et Philippe d’apprendre aux prisonniers à trouver les objets litigieux cachés par leurs codétenus, la cellule 4 a su faire preuve d’observation et de discipline. Je me demande comment va se passer le jour suivant.
Jour 99. Mon partenaire de cellule Billy the Kid et moi-même avons fait part de notre expérience de prisonniers à ces jeunes délinquants, les cellules 1 et 2 ont su assimiler au mieux cette expérience. Après un temps de promenade bien mérité et un repas riche, l’ensemble des détenus de l’OJJA Pénitencier, ont aidé des prisonniers fraîchement transférés dans la journée à s’évader, les 4 cellules ont su faire preuve d’intelligence en résolvant les énigmes afin de les libérer. Une collation fut donnée aux jeunes cerveaux en guise de remerciement. Demain une journée spéciale nous attend.
Jour 100. Ce matin nous pouvons enfin voir le monde extérieur. Les travaux d’intérêts généraux nous ont permis de visiter les calanques de Sormiou afin d’y ramasser les déchets. Après cette éprouvante matinée, le pique-nique fut plus qu’agréable. La journée s’est finie sur un retour au pénitencier. Quel plaisir de prendre l’air.
Jour 101. De nouveaux prisonniers plus expérimentés ont diverti leurs codétenus. L’après-midi Totor-la-Menace et Zipec ont anticipé la sortie des détenus en leurs inculquant un comportement adéquat à la vie extérieure. À la fin de cette journée, grâce à leur bonne conduite, les quatre cellules se sont vues libérées mais se sentiront grandies de ce séjour en prison. Ce fut un plaisir de les rencontrer et de les avoir guidés. Quant à moi et au reste de l’OJJA pénitencier nous restons là pour finir de purger notre peine…

Clémentine et Nayef

2021-03-27T10:05:06+01:00

Lettre du Villard – février 2021

LETTRE DU VILLARD

Le Villard, le 15 février 2021

Chers amis,

Quelles belles journées vous nous avez offertes en nous faisant partager un peu de vos vacances ! Il faut reconnaître que nous bénéficiions alors d’un beau temps froid et d’une couche de neige de qualité qui nous ont permis de nous faufiler en raquettes dans les sous-bois tout autant que d’affronter des pentes qui nous impressionnaient un peu. Votre jeunesse, votre enthousiasme nous ont persuadés que c’était encore à notre portée, nous avons fini par y croire et nous y sommes arrivés. Parfois… Pas toujours, car souvent le souffle manquait, le cœur cognait, la gorge brûlait et les jambes menaçaient de faire grève… Je vous remercie également d’avoir, certains soirs, contribué à calmer les conversations entre Gastinel et Beraud lorsque nous terminions la journée autour d’un thé, avant que chacun rejoigne sa maison, dans un souci très approximatif du couvre-feu que personne n’est heureusement venu contrôler.
Cette réglementation, si j’ai bien lu votre lettre qui vient d’arriver, vous paraît de moins en moins cohérente, mais ce qui vous irrite le plus, ce sont, dites-vous en chaussant les bottes de Michel Audiard, les « sycophantes glaireux »1 qui dénoncent ceux qui ne la respectent pas et qui vont signaler des personnes vues en train de consommer dans un café ou un restaurant. Le monde n’a pas changé, dites-vous, depuis les dénonciations à la Kommandantur ! Gastinel vous rejoint et considère que ces gens-là ont le complexe du justicier, de Zorro, enchérit-il, tandis que Beraud se demande s’ils agissent par civisme, dans l’intention de bien faire, pour éviter que l’épidémie se répande, ou par dépit, faute d’avoir le courage d’aller jusqu’au bout de leurs envies. Gastinel s’est fendu d’une citation de Chateaubriand dont j’ignorais qu’il fréquentât les Mémoires d’outre-tombe : « Les Français n’aiment point la liberté ; l’égalité seule est leur idole »2. Beraud, paraphrasant une réplique culte d’un film à grand succès de Francis Weber, a renchéri en lâchant : « Ce n’est pas la Justice qui m’inquiète, ce sont les justiciers »3.
Une nouvelle chute de neige est venue épaissir la couche de glace qui était sur la chaussée de la route du Villard ce qui, malgré le gravillonnage, rend la circulation chaque jour plus difficile. La conduite sur glace vous entraîne d’ailleurs dans votre lettre à un rapprochement avec l’art de la politique que doit maîtriser le gouvernement en cette période d’épidémie. Vous notez qu’il faut aller de l’avant, mais qu’on ne sait jamais bien à quelle allure, qu’on hésite sur le rapport à choisir pour la boîte de vitesses, qu’on doit imaginer quelle sera la réaction du véhicule au freinage, qu’on n’est pas toujours sur de l’amplitude du mouvement à donner au volant… Et vous y voyez l’image de ce à quoi est affronté le Gouvernement. Vous comprenez la difficulté de sa démarche car le temps qui s’écoule entre le moment où il prend une décision et celui où on peut en observer les effets est très court. C’est du pilotage à vue ; on n’est pas dans une stratégie à long terme, mais dans une démarche tactique. Il serait, dites-vous en faisant référence à de précédents gouvernements, électoralement plus payant et plus facile de lancer de belles idées, des projets qui ont peu de chances de se réaliser ou de s’avérer inopérants lorsqu’on ne sera plus aux affaires. Annoncer un plan de réorganisation de l’armée de Terre ou déclarer qu’une génération aura dû accéder au (niveau du) baccalauréat est finalement plus facile que de décider de laisser les restaurants ouverts. Personne, en effet, n’en attend des résultats immédiats. Qui plus est, si on a mal apprécié la question, des correctifs peuvent être apportés en cours de route. En ce moment, en revanche, on ne peut guère évoluer qu’à l’estime, en souplesse, un pied frôlant le frein, la main légère sur le volant, avec peut-être quelques instruments de navigation que sont les informations qu’on est seul à détenir mais dont on n’est sans doute pas entièrement certain de l’exactitude. C’est bien ce qui inquiète, concluez-vous, car, si on ne sait pas si celui qui tient le joystick est le plus qualifié pour le faire, on est par ailleurs certain qu’on ne peut affirmer que d’autres le soient mieux. Vous avez assez exprimé les réserves et les reproches que vous inspiraient certaines dispositions prises depuis le début du quinquennat pour que votre analyse ne soit pas entachée de « macrôlatrie » comme dirait Gastinel.
Votre comparaison avec la conduite sur glace me rappelle une conversation que nous avons eue récemment et qui roulait sur les circonstances dans lesquelles nous prenons des décisions. Nous convenions qu’en principe nous sommes censés prendre du recul, peser le pour et le contre… Ce qui ne nous empêche pas de commettre des erreurs de jugement. Et nous nous demandions à quoi cela peut tenir. Est-ce à l’éducation et aux œillères qu’on en garde, à la hâte dans laquelle on tranche, à l’étroitesse du champ de notre examen ? À la difficulté de prendre en considération un nombre suffisamment large d’arguments essentiels mais aussi de les pondérer aussi finement que les circonstances le demanderaient ?
« Il y a des êtres humains qui (…) commettent plus (d’erreurs) que d’autres, ceux qu’on appelle les sots », comme dit frère Guillaume de Baskerville dans le roman d’Umberto Eco auquel Sean Connery prêtait ses traits dans le film de J.-J. Annaud4. Mais tout le monde n’est pas sot et tout le monde se trompe. À quoi cela peut-il être dû ? L’interrogation est d’autant plus justifiée qu’une même question peut recevoir deux réponses différentes de la part de deux personnes qui ne sont sans doute sottes ni l’une ni l’autre. L’une aura privilégié tel argument que l’autre aura relativisé.
Le point de départ de notre discussion était une remarque de Gastinel qui ne voyait pas émerger, à moins de dix-huit mois des élections présidentielles, une personnalité incontestable, ni pour les gens de gauche, ni pour ceux de droite. Ce banal constat établi, nous nous demandions une fois de plus ce qui pouvait bien faire que deux personnes également sensées et honnêtes se situent l’une à gauche et l’autre à droite. Me Beraud a rattaché la question à nos interrogations sur la difficulté que nous éprouvons à prendre des décisions, en soulignant que le choix est d’autant plus difficile que les avis sont nombreux. « Et dire, continua-t-il, que, pour arranger tout cela, de bons esprits ressortent l’antienne du scrutin de liste ! Ma foi, ce fut une des causes de la fin de la IVe République, qui était devenue ingouvernable. Et, notez bien, c’était à l’époque des Trente glorieuses, à un moment où la croissance permettait d’atténuer les tensions au sein de la société, qui était encore assez homogène. Que serait-ce dans notre corps social travaillé par la culture de la diversité, culturelle, religieuse, et j’en passe ? Je ne dis pas que ce mode de scrutin ne permette pas une expression plus complète des idées des diverses composantes du corps électoral, et qu’il ne soit pas utile d’entendre les avis les plus divers pour parvenir à des décisions équilibrées. La question est cependant de savoir si on cherche à collectionner les avis ou si les décisions à prendre doivent avoir une certaine efficacité ». Gastinel, qui tient au scrutin majoritaire, au « scrutin de gladiateur », dit-il, citant Édouard Herriot5, redoute que l’honnête aspiration de départ ne débouche sur une manœuvre démagogique qui pourrait bien être récupérée par des groupes attachés à la perte des valeurs de solidarité, d’égalité et de laïcité de notre société.
J’en ai dit hier deux mots à Mimiquet qui était venu, selon son mot, se changer les idées, car les journées passées à regarder les chaînes d’information en continu le démoralisent. « Méfiez-vous, me dit-il, et il ajouta, citant sans le savoir William Cowper6, celui qui crie le plus fort a toujours raison ». Le problème, a ajouté notre faucheur de foin, est que dans notre société, on ne sait plus qui pourrait faire remarquer à certains qu’ils crient un peu trop fort.
Nous vous souhaitons de passer au travers des gouttes en suspension dans l’air qui véhiculent, nous dit-on, le virus qui accable notre société.
Puissent-elles ne pas vous atteindre !
Nous vous assurons de notre amitié.

P. Deladret

  1. Injure proférée par le personnage joué par Francis Blanche dans Les Barbouzes de Georges Lautner, 1964. Le sycophante était le nom donné à Athènes aux dénonciateurs.
  2. Mémoires d’outre-tombe 3e partie, livre VI.
  3. « C’est pas la stratégie qui m’inquiète, c’est le stratège », Le dîner de cons, 1998.
  4. Le Nom de la rose, 1986.
  5. Édouard Herriot, homme d’état français, 1872-1957 .
  6. Poète anglais, 1731-1800, auteur de La Tâche, The diverting history of John Gilpin, de poésies, etc..
2021-02-17T10:01:05+01:00

Édito mars 2021 > Le chemin vers Pâques

Avec le temps du carême qui nous prépare à célébrer les fêtes de Pâques dans quelques semaines, nous sommes plongés dans le mystère chrétien du visage de Dieu révélé par Jésus Christ : pauvre parmi les pauvres, humble parmi les humbles, marginal parmi les marginaux. Non seulement il se fait proche des petits et des exclus, mais il va plus loin, il s’identifie à eux, il vit leur vie. Il s’agit pour Dieu de nous faire comprendre son projet, car s’il partage nos souffrances et nos misères, c’est pour nous ouvrir un avenir, un salut, un relèvement, une guérison. S’il souffre, comme nous, il se révèle aussi victorieux du mal et de la mort, et il nous associe à cette victoire. C’est ce que nous célébrerons à Pâques.

Dieu proche
Durant le temps du carême nous relisons l’itinéraire du Christ qui n’a de cesse de venir rencontrer les femmes et les hommes dans l’affliction afin de leur donner l’espérance. Il annonce la Bonne Nouvelle du salut offert à tous et il l’incarne. Il ne se paye pas de mots, ses paroles deviennent des actes : il guérit, il libère du mal, il soulage et il console. Les récits peuvent parfois être emprunts de magie et de signes extraordinaires mais, au-delà de cette manière de présenter la vie de Jésus, il nous faut entendre ce qu’ils illustrent : un Dieu qui se laisse toucher par la condition douloureuse de l’humanité et qui lui veut du bien.

Nous ouvrir à Dieu
Le temps du carême nous invite à regarder nos existences avec les yeux de Dieu. En faisant la vérité, sans fausse pudeur et sans hypocrisie, en assumant nos faiblesses et nos égarements, en osant nous montrer tels que nous sommes sans le jeu des apparences. Poser sur nos vies le même regard que Dieu, c’est aussi reconnaître qu’un avenir nous est proposé, nous émerveiller que le salut nous soit offert, découvrir que notre péché peut être combattu. Temps de relecture et d’introspection, le carême ne doit pas nous faire tomber dans un nombrilisme mortifère et culpabilisant, mais il peut nous permettre de nous tourner vers Dieu qui nous communique son désir : que nous sachions accueillir sa force d’amour dans nos vies. C’est le véritable sens de la conversion : un mouvement qui nous permet de nous ouvrir à Dieu, avant d’être un effort de l’homme pour se conformer à ce que Dieu lui commande.

Chemin d’humanité
La prière, les efforts de partage et de maitrise de nos instincts qui jalonnent ce temps de conversion en profondeur, sont des moyens pour nous accompagner dans cette dynamique de vie. Nous sommes invités à vivre ces jalons avec joie, comme un entraînement vers plus de liberté, de justice et de solidarité. Être chrétien, c’est prendre le chemin de la véritable humanité telle que voulue par Dieu, loin des égarements de l’homme lorsqu’il se prend pour une divinité et décide de ce qui est bien et mal, esclave de ses pulsions de peur et de ses fantasmes de toute puissance. L’authentique visage de l’homme est dévoilé en Jésus Christ : ouvert, compatissant, vulnérable face à la violence des hommes, solide dans la foi, résistant aux tentations.

Incarner le visage de Dieu
L’Église a pour vocation d’incarner ce visage de Dieu dans tous les lieux, dans tous les temps, dans toutes les situations, auprès de toutes les femmes et de tous les hommes, sans aucune limite. C’est le sens de la mission : il s’agit de convertir l’humanité à la relation à Dieu, plutôt que de faire changer de religion. Nous devons lutter contre une conception de la mission comprise comme propagande et prosélytisme. La conversion est un mouvement qui concerne en premier lieu ceux qui sont déjà croyants, car nous n’avons jamais fini de nous tourner vers le véritable visage de Dieu. Nous devons nous méfier de la tentation de nous faire un Dieu à notre image, étriqué, qui punit, qui rétribue, qui marchande. C’est dans la contemplation et la fréquentation du Christ que nous découvrons l’authentique visage de Dieu et que nous pouvons discerner comment l’incarner à notre tour.

Inventer la mission
Pour vivre cette mission, il n’y a pas de recette miracle, de mode d’emploi tout établi ou de règle stricte : selon nos dispositions, nos capacités, dans les diverses époques et situations de nos existences, nous avons à inventer notre propre manière d’annoncer par nos gestes et nos paroles cette Bonne Nouvelle. Dieu fait confiance à notre génie pour que nous sachions traduire l’Évangile dans nos vies afin qu’il soit audible et reçu par les femmes et les hommes de notre temps. Il nous faut beaucoup de délicatesse pour annoncer l’idéal chrétien et ce chemin d’accès au bonheur révélé par Jésus Christ sans que nos interlocuteurs se sentent jugés ou condamnés parce qu’ils ont une autre vision ou parce qu’ils ne correspondent pas à cet idéal. Nous ne sommes pas envoyés en mission pour condamner mais pour aimer : ce témoignage de cohérence entre ce que nous annonçons et ce que nous vivons constitue l’essentiel de l’évangélisation.

Olivier

2021-02-17T09:56:04+01:00

L’Évangile du mois de mars 2021

L’Évangile du mois sera proclamé le dimanche 7 mars, le troisième dimanche du carême.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean
Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem.
Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. »
Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : L’amour de ta maison fera mon tourment.
Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? »
Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. »
Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! » Mais lui parlait du sanctuaire de son corps. Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite.
Pendant qu’il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque, beaucoup crurent en son nom, à la vue des signes qu’il accomplissait. Jésus, lui, ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ; lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme.

Le contexte
Ce passage est situé au tout début de l’Évangile de Jean. Jésus vient en pèlerinage à Jérusalem et comme tous les juifs de son temps, il va au Temple pour prier.

Fausses pistes…
On pourrait penser à la lecture de ce passage que Jésus est un indigné ou même un révolutionnaire. Ou encore, Jésus aurait pris un coup de colère et se serait en quelque sorte emporté parce que le bruit des changeurs le choquait ou dérangeait sa prière. 
Voyons cela de plus près…

Le Temple à l’approche de Pâques…
Cette scène se déroule dans un lieu et un temps qui n’ont rien d’anodin. Rappelons que le Temple est le lieu sacré, le lieu saint pour tout Israël. Nous sommes à l’approche de Pâques, des foules arrivent pour célébrer la plus grande fête juive. Rien de plus normal qu’un certain brouhaha autour du Temple puisque les juifs de la diaspora doivent changer leur argent. En effet, il est interdit d’utiliser dans ce lieu des pièces à l’effigie de l’empereur. Et rien de plus normal que soient présentes des bêtes dans le Temple puisque des sacrifices vont s’y succéder.

Les tables des changeurs…
Ces comptoirs ou ces tables dans le temple évoquent l’idée d’un commerce avec Dieu. Le sacrifice pouvait être considéré comme un acte de l’homme pour s’assurer les bonnes faveurs de Dieu. Peut-être que nous donnons à notre présence à la messe ou à nos bonnes actions ce sens-là. Mais attention, nous ne sommes pas en contrat avec Dieu ! La juste relation que Dieu veut nouer avec nous est de l’ordre de l’alliance. Pas de donnant-donnant mais un don tout court entre deux alliés.
Si les tables sont renversées, c’est que Jésus donne un sens nouveau au sacrifice, il donne un nouveau sens au Temple. Le sacrifice n’est pas un investissement qui attend un retour à plus ou moins terme, il est un acte d’amour absolument gratuit qui dit la gratitude envers Dieu.

Gratuit…
Nous le savons, Dieu offre son Fils. En Jésus, Dieu s’offre aux hommes gratuitement et se donne sans attendre de retour. Par conséquent, l’homme peut s’offrir à Dieu pour le remercier, c’est l’action de grâce. L’attitude fondamentale du chrétien n’est donc pas de faire quelque chose pour Dieu dans le but de recevoir mais de prendre conscience de ce que fait Dieu pour nous et de rendre grâce. On comprend alors pourquoi les tables des changeurs sont renversées. Jésus de façon spectaculaire vient nous expliquer en gestes et en paroles la nouvelle manière de vivre avec Dieu. Ce temps de carême est un temps favorable pour convertir notre relation à Dieu. Il n’est pas un prestataire de service qui me rendrait la vie facile mais il est un partenaire d’alliance !

Didier Rocca

Le mot du jour : Temple

Le Temple de Jérusalem (en hébreu « Maison de sainteté ») désigne différents édifices religieux construits sur le Mont du Temple dans la Vieille ville de Jérusalem. Dans l’Antiquité, les édifices successifs ont servi de lieu de culte pour les Israélites puis pour les Juifs. Selon la Bible, le premier sanctuaire est construit par les Israélites pour abriter l’Arche d’Alliance. Il est détruit par les armées babyloniennes en 586 av. J.-C. et reconstruit 70 ans plus tard. Il est à nouveau détruit par Rome en 70. Il reste un mur du Temple appelé « le Mur des Lamentations ».

2021-02-17T09:58:38+01:00

L’Évangile du mois de février 2021

L’Évangile du mois est celui du 21 février, ce sera le premier dimanche des vacances d’hiver.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc
Aussitôt, l’Esprit le poussa au désert et, pendant quarante jours, il y fut tenté par Satan. Il était avec les bêtes sauvages et les anges le servaient.
Après l’arrestation de Jean, Jésus s’en alla en Galilée.
Il proclamait la bonne nouvelle de Dieu en ces termes :
« Les délais sont accomplis, le Règne de Dieu est là, convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ! »

Le contexte
Nous sommes au tout début de son Évangile. Marc nous donne précédemment en trois petits tableaux, trois axes de son Évangile :

  • Jean-Baptiste annonce la venue de l’Envoyé de Dieu : ce Jésus a été annoncé, préparé par tous les grands témoins de l’Ancien Testament.
  • Jésus descend dans le Jourdain pour ouvrir aux hommes les portes de la véritable Terre Promise : il est le Fils bien-aimé du Père sur qui repose l’Esprit. Jésus vient révéler le mystère de Dieu, le mystère d’amour du Dieu Père, Fils et Esprit.
  • Comme le Messie annoncé par le prophète Isaïe, Jésus est en paix avec les bêtes sauvages comme avec les anges. En lui et par lui va s’accomplir la réconciliation de toute la Création avec son Dieu.

Ce passage est lu lors du premier dimanche du temps de Carême et nous mentionne simplement les 40 jours de Jésus au désert après son baptême.

Quarante
Ce nombre est symbolique : 40 signifie un temps d’épreuve suivi du passage à un stade différent. Les exemples sont nombreux :
40 jours de déluge au temps de Noé,
40 jours de Moïse sur la montagne,
40 ans de marche du peuple hébreu dans le désert, 
40 jours de répit avant la destruction de Ninive,
40 jours durant lesquels Goliath se présente devant l’armée d’Israël, 40 jours de marche pour Elie.
La dernière mention dans la Bible est ce temps de combat spirituel vécu par Jésus.

Tenté
Tu peux être étonné : Jésus est tenté par Satan. Étonnant non ? Mais attention, tenté ne veut pas dire qu’il succombe à la tentation. Le texte n’évoque pas ici les différentes tentations vécues par Jésus. Matthieu et Luc nous éclairent à ce sujet.
1re tentation : Renier son humanité en transformant une pierre en pain.
2e tentation : Se jeter du Temple et mettre Dieu au défi de le protéger.
3e tentation : Se prosterner devant Satan en échange de faveurs.

Trois tentations
Ces tentations nous disent quelque chose de ce que Jésus veut être pour nous, avec nous. La première nous montre que Jésus restera « Dieu avec nous », jusqu’au bout et ne reculera pas devant la mort. Il n’abandonnera pas l’humanité et son humanité.
La deuxième tentation donne le sens profond de sa mort future. Ce ne sera pas un suicide mais un acte d’obéissance au Père. Jésus ne choisira pas sa manière de mourir, il ira jusqu’au bout de sa logique d’amour et en accueillera les conséquences.
Enfin la troisième tentation nous invite à ne rien choisir d’autre que Dieu. Notre disponibilité, notre intelligence, notre énergie doivent être mises au service de Dieu. Attention à la tentation de l’idolâtrie qui consiste, parfois en toute bonne conscience, à consacrer sa vie à tout autre chose.

Pour actualiser
Ces tentations de Jésus résument le combat qu’il devra mener durant toute sa vie ; combat qu’il gagnera définitivement sur la Croix. En cette période troublée de notre histoire, il est bon de se rappeler que ce combat est gagné. Cela fait partie de notre foi que d’y croire. Croire qu’il dépend de chacun de nous d’orienter l’histoire vers cette victoire, « non seulement par la façon dont nous mettons en pratique le programme des Béatitudes, mais aussi par notre fidélité à nous unir à l’offrande du Christ en chaque Eucharistie dans l’espérance que le salut de Pâques, offert à tous puisse être progressivement donné à chacun » (Mgr Aveline, « Éditorial », Église à Marseille, novembre 2020).

Didier Rocca

Le mot du jour : autorité

Du latin auctoritas, capacité de faire grandir. Celui qui a de l’autorité est donc capable de faire grandir celui qui est sous sa responsabilité. Une autre étymologie suggère que ce mot « autorité » vient du mot « auteur ». Ainsi, avoir de l’autorité rend l’autre auteur, acteur, responsable de sa propre vie.

2021-01-26T20:35:53+01:00