Olivier

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Camp d’automne 2020 > les Cadets

Les Cadets à Carabelle

Dans les eaux de 14 heures, c’est le départ des KD’s pour Carabelle. Pleins d’énergie, voyage sans encombre et riche en musique. Une arrivée exaltante dans la nouvelle Carabelle (je vous rassure le soleil est resté). Pas de repos pour les Cadets qui, après avoir déchargé les valises enchaînèrent avec la mise en place des règles de vies en groupe. Requinqués après le repas, ils eurent la visite du drôle de professeur Douferchmiste et sa rocambolesque création : Bobby. Enfin, le repos est de mise mais le lendemain ils repartent de plus belle ! Dès le premier réveil à Carabelle, les KD’s ont à peine eu le temps de déjeuner que deux rappeurs américains testèrent leur potentiel de superstar. Rien de mieux qu’un repas concocté par Béa et Robert pour reprendre des forces ! Après le cassage de ventre, trois cuistots vinrent en quête de jeunes recrues. Dimanche oblige, c’était la messe pour les KD’s. Après le repas, les braqueurs de la casa de papel nous ont entraînés à démasquer leurs confrères. Une fois de plus, le soleil accompagne cette nouvelle journée, entamée par l’entrée en scène de deux vétérans agents secrets du sud de la france, agent Michel et agent Doumé, qui nous ont appris les rudiments de l’espionnage. Après le repas, Mikey etLili, humains arrivant des années 2080, nous ont préparés au futur dystopique qui nous attends. Après le goûter, douche et temps libre, où a lieu un mouvementé tournoi de volley. Un dénommé Pedro surgît dans notre demeure après le dîner, et nous a montré un avant goût de la guérilla. Après une nuit de sommeil, les Cadets sont réveillés distinctement par des assassins révolutionnaires et des templiers pratiquant l’oligarchie. Au cours de la journée, les équipes des assassins et des templiers n’ont cessé de s’affronter, jusqu’à ce que les templiers se résignent à abdiquer. Seulement, une liaison entre un assassin et un templier a chamboulé la cohabitation entre les anciens ennemis, et le sceptre marquant cette union fut volé. Tout est bien qui finit bien, la journée fut clôturée par une fête d’exception. Après une journée particulièrement éreintante, c’est le jour du départ. Valises fermées, chambres vides, les KD’s déjeunent paisiblement et passent au rangement/lavement de la maison, puis au bilan du camp. Maison comme neuve, nos cordons bleus Béa et Robert sont toujours là pour nous remplir la panse. Après le repas, les KD’s et BJ’s se sont réunis pour accueillir Bleuette, Rougette, Orangette et Verdette, qui cherchaient de la compagnie. Après le goûter c’est les souvenirs pleins la tête que les Cadets rentrent à Marseille laissant la place aux Benjamins.

Nayef

2020-11-08T11:24:10+01:00

Camp d’automne 2020 > les Grands Cadets

Les Grands Cadets à la Brégonnière

Bilan du camp de toussaint, 11 h 46 :

« Bon les gars il en faudrait deux ou trois pour faire le rétro »

*Trois mains se lèvent*

« Aller, c’est carré »

– Vendredi midi, les « Grands Cadets » débarquent dans une maison qu’ils ont prit pour Versailles, faut croire que l’interrupteur ne va que dans un sens pour eux. Après un voyage qui fait mal à l’arrière train, il entament donc ce camp à la maison de la Brégonnière, alias « le labyrinthe ». Le groupe prend vite ses marques et instaure son petit rituel : après une lutte acharnée pour savoir qui aurait les fauteuils, de caler devant le feu jusqu’à ne plus supporter la fumée dans la pièce. En prenant exemple sur les vieux qui faisaient leur rando le matin, ils ont su faire attention à leur ligne avec les jeux qu’ils avaient préparé et le sport dirigé par Stan et Maya au 5/7. Le dimanche, ils sont allé faire un petit coucou à Carabelle aux Benjamins et Jeunes Cadets et ont célébré la messe en leur compagnie. La joie et la bonne humeur ont rythmé le séjour malgré les nuages qui étaient au rendez vous. En tout cas, la bouffe était bonne et l’eau était chaude ;). 

« Pour ma part, j’trouve que l’écoute ça a vachement progressé, c’est bien les Grands Cadets ! »

*sourires*

« Et sinon, une phrase pour conclure ce camp? »

– La forêt c’est du parquet 🙂

Clémentine, Estelle et Clothilde

2020-11-08T11:27:36+01:00

Édito novembre 2020 > Aider à s’engager

Un objectif de l’Œuvre est d’aider les jeunes à devenir capables de s’engager. Notre projet éducatif l’exprime clairement : « Depuis l’origine, l’Œuvre accueille les jeunes pendant leurs loisirs pour les accompagner et les aider à devenir des adultes et des chrétiens pleinement engagés et responsables dans la société actuelle. […] Elle cherche à les rendre capables de vivre heureux et utiles dans la société, capables d’initiative, capables d’assumer leurs responsabilités. Elle les invite au témoignage d’une vie qui soit, pour les autres, source d’Espérance. »

Aller de l’avant

S’engager, c’est aller de l’avant, aller vers les autres, prendre une route, avec ce que cela suppose de risque, de découverte, de renoncement. Pour cela il faut se sentir capable de poursuivre le chemin, il faut sentir que la voie choisie est la bonne, qu’elle sera source de réussite. Cela suppose aussi qu’il faut avoir eu le temps de peser le pour et le contre, car lorsqu’on s’engage dans une direction, on tourne le dos à d’autres possibilités, et il faut faire ce choix en connaissance de cause et pour de bonnes raisons. C’est grâce et avec les autres que l’on devient capable de s’engager. Les éducateurs, les parents, les amis parfois, contribuent à notre croissance ; ils nous renvoient des choses sur nous-même qui nous permettent de croire qu’il nous est possible de nous mettre en route et d’assumer nos choix. Il est nécessaire que la personne qui s’engage ait fait un certain travail sur elle-même car c’est tout son être qui est concerné, corps et âme. Le premier rôle des éducateurs est donc de permettre aux jeunes de sentir qu’ils ont une colonne vertébrale et qu’ils peuvent se tenir debout, capables d’avancer à la rencontre des autres, assez solides pour tenir sur la distance.

Un but à atteindre 

On s’engage avec un objectif, une mission que l’on reçoit et à laquelle on adhère, où que l’on se donne. C’est la vision d’un but à atteindre qui permet de prendre le chemin qui semble le plus approprié pour nous permettre de réaliser notre objectif. L’engagement nous projette en avant et nous ouvre un avenir. Il nous fait sortir de nous-même et tourne notre regard vers l’extérieur : un groupe de personnes à aider, quelque chose à changer dans la société, la résolution d’un problème, la lutte contre une injustice, un service à rendre. La personne qui s’engage a compris que son bonheur se trouvait dans le partage et dans sa capacité à ne pas se regarder le nombril mais à se tourner vers les autres, à se rendre sensible à ce qui se passe autour d’elle et à prendre sa part pour que les choses changent.

L’engagement de Dieu

Pour les chrétiens, l’engagement est l’attitude de Dieu lui-même qui vient à la rencontre de l’humanité. C’est ce que nous allons célébrer lors des fêtes de Noël : l’engagement de Dieu qui se fait proche de nous en Jésus, qui rejoint les hommes, en particulier les plus petits, les plus méprisés, et qui paye de sa personne pour changer le visage du monde. Il ne reste pas dans le ciel ou dans un palais, il met les mains dans la glaise de notre humanité et partage notre condition pour nous montrer notre immense dignité : Dieu nous considère tous comme ses enfants, il nous aime et veut que notre vie soit belle, que nous traversions les épreuves en restant debout, que nous soyons capables de sortir de nos instincts égoïstes de survie pour nous tourner vers les autres. On pourrait dire que la vocation de tout chrétien consiste à accompagner l’engagement de Dieu qui vient à la rencontre de l’humanité. Chacun est responsable de la mise en œuvre de cette mission en inventant son propre chemin de vie. L’Œuvre, comme tous les lieux d’éducation, contribue à sa manière à accompagner les jeunes pour qu’ils entrent dans cette belle dynamique et qu’ils découvrent leur façon propre de s’engager et de contribuer au bien commun.

Olivier

2020-11-01T20:46:04+01:00

Lettre du Villard – octobre 2020

LETTRE DU VILLARD

Le Villard, le 10 octobre 2020

Bien cher ami,

J’espère que lorsque vous arriverez au Villard les températures se seront rapprochées de ce qu’on appelle les moyennes de saison. Jugez-en. Depuis plusieurs jours la neige fait le ludion autour du Sentier Horizontal1 que nous avons emprunté cet été. Les pluies ont grossi le torrent qui cascade sous le pont du Châtelet ; je n’ai pas eu le courage de le remonter jusqu’aux Oules où l’eau devait tournoyer avec force dans les marmites de géants. Ne nous plaignons pas ; nous avons été épargnés par la catastrophe qui a frappé les hautes vallées des Alpes-Maritimes et nous pensons avec effroi et compassion aux pauvres gens qui y ont perdu leurs vies. J’ai lu dans la presse que votre région avait également été atteinte mais il ne semble pas que les conséquences aient été aussi tragiques. La tentation est grande de mettre cela sur le compte du dérèglement climatique ; nous ne pouvons nier que le climat ait changé mais l’Histoire conserve le souvenir de nombreux récits de catastrophes de cette nature. Je crains que vous ne me trouviez un peu fataliste ; question d’âge, peut-être ; votre génération veut trouver des réponses à tout ; question d’éducation, sans doute.
Me Beraud, chez qui nous sommes allés hier prendre le café, notait qu’en d’autres temps, on aurait vu là l’expression d’une colère divine qu’on aurait tenté d’apaiser, chez les Mayas, par de massives cardiectomies2 ou, plus près de chez nous, s’il faut en croire Voltaire3, en conduisant au bûcher, dans leur san-benito quelques juifs tremblants ; quelques siècles après, on se serait contenté de prières publiques et de processions. « L’Humanité progresse, glissa-t-il en souriant, mais ce qui reste constant est que la réponse qu’elle apporte aux questions qu’elle se pose est toujours malheureusement conditionnée par le niveau de connaissance dont elle dispose. Ce qui est tragique, c’est de croire alors qu’on détient La Vérité. »
Arrivé tout crotté à l’improviste accompagné de Mimiquet, Gastinel était d’humeur maussade car il était trempé et n’avait pas trouvé de chanterelles. Me Beraud l’ayant vite convaincu que sa connaissance du terrain n’était pas en cause et que seul le défaut d’ensoleillement expliquait l’insuccès de sa promenade, la mauvaise humeur de Gastinel s’est alors nourrie de ce que les journaux racontent des mesures que prennent certaines municipalités touchées par la grâce de la viridité4 politique. Me Beraud, décidément en verve, et qui ne porte pas dans son cœur le sectarisme qu’il croit discerner chez les Verts, considéra benoîtement que leurs déclarations et leurs projets venaient à point nommé pour les déconsidérer. « Encore quelque temps, quelques bévues, et les braves gens qui ont fait leur lit en s’abstenant lors des élections municipales, se rendront compte qu’il faut siffler la fin de la récréation. J’aimerais même, ajouta-t-il, que ces expériences soient encore plus radicales pour accélérer la prise de conscience de ce à quoi pourrait aboutir la révolution culturelle qui nous est présentée, avant de nous être imposée. » Ces propos me paraissant un peu excessifs, je n’ai pu m’empêcher de relever qu’en prônant la politique du pire on y parvenait malheureusement souvent.
« Vous êtes de parti pris, mon cher, lui dit Gastinel, il faut accepter de donner un peu de jeu à nos convictions ; vous me connaissez, eh bien, je finis par penser que les faits dont nous sommes les spectateurs nous conduisent à découvrir que l’anarchie n’est pas le rêve dangereux dont quelques utopistes nous vantent les vertus ». – « Vous plaisantez ? fit Beraud. » – « À vous de juger ; ce que nous vivons chez nous en ce moment n’est-il pas la preuve qu’un pays peut fonctionner dans un grand désordre et un respect élastique des règles de droit que seuls les braves gens se sentent tenus de respecter. Lorsqu’on édicte des lois et des règlements en sachant qu’on n’aura pas les moyens de les faire respecter, on montre qu’on renonce par avance au respect du droit. Ne parlons pas des cas où les responsables se contredisent. Entendons-nous ; si vous réduisez l’anarchie au seul désordre qui souvent en découle, nous n’en sommes pas là, mais si vous revenez à l’origine du mot et remarquez que le terme d’anarchie caractérise une société où chacun peut en faire à sa guise, vous admettrez que nous en approchons. C’est tout ce que je voulais dire, mais c’est assez pour nous rendre vigilants. » Beraud lui ayant fait remarquer que son goût pour les paradoxes finirait par lui jouer un mauvais tour, Gastinel reprit en tirant argument de la façon dont avait été gérée la communication officielle dans cette affaire d’épidémie où chacun, quel que soit son niveau de responsabilité, n’a pas hésité à dire tout et son contraire, ce qui a pu donner à penser que nous étions dans un bateau ivre. Je me suis alors permis d’intervenir en insistant sur le fait que, ne sachant que faire face à une épidémie aux évolutions imprévisibles, les personnes à qui on demandait des comptes avaient dû se borner à dire ce qu’elles pensaient pouvoir être entendu pour éviter de provoquer des vagues.
« Cela me fait penser, glissa Me Beraud, à l’aumônier bonhomme et breton d’une institution marseillaise que j’ai fréquentée dans ma jeunesse ; il nous demandait, lorsque nous nous confessions à lui, si nous n’avions pas menti –– il disait « raconté des carabistouilles » – et, ajoutait-il, pour « s’tirer d’affaire », autrement dit, sans malice, sans préméditation, mais pour éviter d’être réprimandés par nos parents. Eh bien, j’ai l’impression que depuis des mois, on nous raconte des carabistouilles, non par volonté de nous abuser, mais « pour s’tirer d’affaire ». Le problème, continua-t-il, est que, maintenant, nous nous demandons si, « pour s’tirer d’affaire », les princes qui nous gouvernent, comme d’ailleurs ceux qui les ont précédés, et qui nous ont peut-être « raconté des carabistouilles » sur les stocks de masques de protection contre l’épidémie, ne nous en racontent pas sur le niveau réel de nos réserves stratégiques de pétrole, d’uranium ou de céréales, et, pourquoi pas, sur l’état de notre défense nationale, le niveau réel d’instruction de nos écoliers ou la réalité de l’assimilation par notre société de personnes venues d’ailleurs. Qui ment pour peu, sans malice, par faiblesse, « pour s’tirer d’affaire », peut aussi mentir pour beaucoup. Vous savez que qui vole un œuf, vole un bœuf ! » « Oui, mais ajouta Mimiquet en pouffant, comme disait Chaval5 « Qui vole un bœuf est vachement musclé ! »
Gastinel a repris le cours de ses pensées en affirmant qu’il n’était finalement pas malheureux d’avancer en âge car il espérait avoir quitté cette « vallée de larmes »6, comme dit l’Écriture, avant d’avoir vu se produire l’effondrement de notre civilisation qu’il redoute. Me Beraud lui ayant suggéré, en plaisantant, de se retirer sur une île déserte, je demandai, par jeu, au colonel ce qu’il emporterait, le cas échéant, sur un caillou entouré d’eau. La Bible, sans doute, répondit-il. Ou L’Illiade et l’Odyssée. Je lui rappelai alors la réponse que fit Jean Yanne à cette question : un bateau !
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais il me semble que, plutôt que de rêver de se retirer sur une île déserte, ne serait-ce parce qu’il n’y a plus assez d’îles désertes, on peut, non fuir, mais essayer de vivre selon ses convictions, et faire comme les taureaux pris dans la tempête qui, dans la nouvelle d’Alphonse Daudet, le Vaccarès7 tournent tous ensemble du côté du vent, « ces larges fronts où la force (…) se condense ». « Vira la bano au giscle », disent les gardians. Tourner la corne au vent. Pour faire face. Ensemble.
J’ignore si ce petit mot vous parviendra avant que vous ayez pris la route du Villard et je ne sais non plus si nous oserons aborder avec vous ces sujets qui, finalement, ne me paraissent pas très éloignés de ceux qu’on pourrait tenir au café du Commerce s’il n’était pas fermé en ce moment, épidémie oblige. Rassurez-vous, en tant que de besoin, le café-restaurant de Mme Arnaud est toujours ouvert et nous aurons pu partager un plat de ravioles aux pommes de terre avec une assiette de fumeton8.
J’attends beaucoup du plaisir de nos échanges.
Croyez en notre constante amitié.

P. Deladret

  1. Sentier tracé à l’altitude moyenne de 2 200 m il y a plus de cent cinquante ans par les Eaux et Forêts pour favoriser le reboisement.
  2. Extraction du cœur lors d’un sacrifice humain.
  3. Voltaire, Candide, Chapitre VI « Comment on fit un bel auto-da-fé pour empêcher les tremblements de terre… »
  4. Viridité : État de ce qui est vert.
  5. Yvan Le Louarn, dit Chaval, 1915-1968, dessinateur humoristique.
  6. « Ce bas monde », Ps 83, 7.
  7. Incluse dans Les lettres de mon Moulin.
  8. Viande séchée de mouton.
2020-12-18T08:52:31+01:00

L’Évangile du mois de novembre 2020

Le 8 novembre, le dimanche qui suit les vacances de Toussaint, nous lirons la parabole des dix jeunes filles…

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu
Voyez ce qui se passera alors dans le Royaume des Cieux. Dix jeunes filles ont pris leurs lampes et sont parties à la rencontre du marié. Cinq d’entre elles sont des étourdies, mais les cinq autres savent prévoir. Les étourdies ont pris leurs lampes, mais n’ont pas emporté d’huile en plus, tandis que les prévoyantes ont pris en même temps que leurs lampes une réserve d’huile. Mais voici que le marié se fait attendre ; toutes les filles tombent de sommeil et bientôt elles s’endorment. Au milieu de la nuit on entend un cri : « Voici le marié, sortez pour le recevoir ! » Toutes aussitôt se réveillent et préparent leurs lampes. Les étourdies disent alors aux prévoyantes : « Donnez-nous de votre huile, car nos lampes sont près de s’éteindre. » Mais les prévoyantes répondent : « Il n’y en aurait sûrement pas assez pour nous et pour vous. Allez trouver ceux qui en vendent et achetez-en pour vous. » Les voilà donc parties pour en acheter, et c’est alors que le marié arrive. Celles qui sont prêtes à le recevoir entrent avec lui pour les noces, et on referme la porte. Plus tard arrivent aussi les autres : « Seigneur, Seigneur, disent-elles, ouvre-nous ! » Mais lui répond :« En vérité, je vous le dis, je ne vous connais pas ! Restez donc éveillés car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

Le contexte
Avant d’achever son Évangile en racontant la Passion et la résurrection de Jésus, Matthieu nous propose trois paraboles que nous entendrons ces trois prochains dimanches. Aujourd’hui, la parabole des dix vierges ou des dix jeunes filles. Attention, pas de contresens, Jésus ne nous dit pas ici qu’il ne faut pas partager, cela serait contradictoire avec d’autres passages. Le sens de la parabole est tout autre. Cherchons un peu…

Les éléments de la parabole.
Des lampes à huile dont quelques-unes sont sans huile. Des protagonistes qui dorment sans qu’on le leur reproche. Un époux qui arrive à l’improviste. Les insensées qui se retrouvent à la porte. Bizarre, bizarre !

Le temps…
Il ya de nombreuses manières de considérer le temps qui passe. Pour un chrétien, cette réalité est positive. Le temps ne nous fait pas tourner en rond, il a une finalité : nous préparer à la venue du Seigneur. Ici, Jésus nous transporte dans cette parabole au terme du voyage de l’humanité, quand le Royaume de Dieu sera pleinement accompli. Ce Royaume est représenté par un soir de noce. On peut déjà en déduire que le but de Jésus en racontant cette histoire n’était pas d’inquiéter son auditoire. Au contraire, Jésus veut les inciter à se préparer à l’irruption du Royaume dans leur vie.

Savoir dire « non »
La première leçon à tirer est que la sagesse consiste parfois à dire « non ». Dire « non » à tout ce qui nous éloigne de notre rendez-vous divin ultime, dire « non » à tout ce qui nous fait dévier de notre chemin de sanctification. La vraie sagesse consiste à courir vers l’époux, les yeux fixés vers ce qui est devant, en délaissant ce qui est derrière nous.

Veiller…
De nombreux passages évangéliques nous invitent à veiller. À Gethsémani, Jésus lui-même invite les disciples à veiller avec lui. Plus tard, Pierre nous invitera à cette même vigilance face à notre Adversaire, celui que l’on appelle aussi Satan. Soyons vigilants, veillons, car Jésus (re)vient.
Veiller c’est vivre chaque jour cette ressemblance avec le Père pour laquelle nous avons été créés. Elle est un don du Père, il suffit de la vouloir vraiment de tout son cœur.
Veiller au fond, c’est être toujours prêt à le recevoir. Cette rencontre avec l’époux ne s’effectuera pas qu’à la fin du temps mais à chaque jour du temps. C’est chaque jour qu’il nous modèle à son image.
Veiller ce n’est pas stagner. Comme Jésus, voyons-y une occasion de prier, de connaître Dieu, et de rechercher sa volonté que nous savons bonne.
Veiller c’est témoigner au monde entier que l’évangile est vrai, que Dieu est vivant, et qu’un jour toute langue confessera que Jésus-Christ est le Seigneur.

Didier Rocca

Le mot du jour : huile

Cette huile évoquée dans cette parabole symbolise le Saint-Esprit qui…
…
est un don de Dieu. Il se reçoit individuellement, il ne se partage pas.
… nous guide dans la prière.                                          … nous rend capable d’aimer de l’amour de Dieu.
… scelle notre identité nouvelle en Christ.                  … nous rend apte au service par le moyen des dons.
… nous communique la joie et la paix de Dieu.          … nous fait grandir spirituellement.

2020-11-01T20:50:08+01:00

Ciné-club > septembre 2020 : Le vent en emporte autant

Rio Pico est une petite ville située au fin fond de la Patagonie. La principale attraction des villageois est le cinema dirigé par Caruso, qui projette des films montés à partir de bouts de bobines échoués là, au terme d’un long circuit d’exploitation. L’ennui c’est que les habitant se comportent comme les films qu’ils regardent, sans véritable cohérence. Quelques adultes décident de créer leur propre bulletin d’information, projeté avant les films les plus populaires, qui ont pour héros Wexley, un acteur français des années soixante.

2020-09-24T23:14:11+02:00

Lettre du Villard – septembre 2020

LETTRE DU VILLARD

Le Villard, le 16 septembre 2020

Bien cher ami,

Je sais que vous n’aimez pas que je vous remercie pour l’attention que vous nous témoignez en poursuivant cette correspondance avec des amis de vacances qui n’oublient pas de vieillir consciencieusement chaque année. Vous n’aimez pas mes remerciements, dites-vous, car, ce faisant, je parais sous-entendre que je suis votre obligé alors que, protestez-vous, le plaisir de notre conversation n’est en rien une obligation. Je ne chercherai pas à savoir si vous êtes poli ou sincère, car vous êtes et l’un et l’autre. Ceci dit, vous avez noté et m’avez fait remarquer le ton un peu morose – de ma dernière lettre ; je le regrette, mais -, que voulez-vous… l’été commençait à montrer des signes d’usure et, surtout, surtout, nous savions que nous n’allions pas vous voir pendant un bon bout de temps.
Nous essaierons d’être plus souriants. Pour lutter contre la morosité qui parfois le gagnait, un de mes amis s’était donné en obligation de trouver chaque jour une bonne nouvelle dans l’actualité ; il parcourait les chiens écrasés, les dépêches diplomatiques, les revues scientifiques, que sais-je, à la recherche d’une nouvelle qui le réjouirait. Il y réussissait, mais non sans mal, me confessa-t-il plus tard, jusqu’au jour où il s’est souvenu d’un texte qu’il avait appris à l’école primaire, dans lequel l’auteur parlait du « Bonheur-de-voir-se-lever-les-étoiles », du « Bonheur-de-la-pluie, qui est couvert d’un manteau de perles », ou du « Bonheur-des-pensées-innocentes »qui est le plus clair d’entre nous. Il s’agit de l’Oiseau bleu, de Maurice Maeterlinck que je me permets de vous conseiller de lire. En contemplant le monde tel qu’il est, il n’a plus eu besoin de s’user les yeux à la lecture des journaux.
Je racontais l’histoire au petit groupe d’amis venus prendre le café sur le balcon en profitant du « bonheur-de-la-douceur-de-l’automne-ensoleillé ». Me Beraud, malgré mes protestations de sincérité, n’a pu s’empêcher de s’exclamer « Se non e vero, e ben trovato »1. Il a cependant ajouté « Votre ami a donc du se réjouir en lisant qu’en 2020, le Jour du dépassement était intervenu trois semaines plus tard qu’en 2019 ». La moue interrogative de Mimiquet l’incita à lui expliquer que ce jour correspondait à la date de l’année où l’humanité est censée avoir dépensé l’ensemble des ressources que la Terre peut régénérer en un an ; cela a été imaginé et est calculé par une O.N.G.2. « Donc, poursuit-il, plus le jour du dépassement s’approche de la fin de l’année, moins notre planète s’épuise ; toute la question est de savoir pourquoi nous avons amélioré le score de trois semaines, autrement dit, si cela a quelque chance d’être durable ». J’ai osé avancer que la réduction mondiale de l’activité économique due à l’épidémie de coronavirus ne devait pas être étrangère à la moindre consommation des énergies et qu’il n’était pas certain que cette bonne nouvelle en soit une. Le colonel Gastinel s’est alors lancé dans une de ses diatribes habituelles contre les O.N.G. qui cachant soigneusement l’origine de leurs financements et donc les intentions de ceux qui les animent n’ont, selon lui, d’autre objectif que d’affaiblir le monde occidental, en prônant la décroissance, sous couvert d’écologie. « On ne me fera pas croire, ronchonna-t-il, qu’en se lançant dans la décroissance, on puisse régler la question des ressources. Voyons, le fait que le jour du dépassement soit intervenu en 2020 à 64 % de l’année montre simplement que notre pauvre terre ne peut subvenir qu’à 64 % de sa population, autrement dit à 4,8 milliards d’habitants, alors que nous sommes 7,5 milliards, dont 2 sur lesquels on fait porter toute la responsabilité de la situation et 5,5 qui, non seulement, sont tellement pauvres qu’ils sont bien en peine de faire des économies sur quoi que ce soit mais encore dont le nombre s’accroît de près de cent millions par an. On veut nous faire croire que le problème est culturel en nous donnant mauvaise conscience d’avoir donné à l’humanité le niveau de développement qui est le sien alors que le problème est démographique. J’aimerais bien savoir pourquoi il est pris par ce bout et qui orchestre la manœuvre ». Me Beraud lui faisant remarquer que, quelles que soient les causes de la situation, il valait mieux contribuer à réduire les besoins que de délirer dans une logique complotiste, Gastinel reprit : « C’est certain mais il faut bien voir que le risque est que nous perdions sur les deux tableaux, c’est-à-dire qu’en acceptant des contraintes économiques nouvelles, nous affaiblissions nos sociétés développées sans que cela enraye l’épuisement des ressources naturelles dont ont un besoin croissant les sociétés les plus défavorisées qui grignotent l’effet des progrès de productivité écologique que nous réalisons ». « Nous aurons au moins essayé », lui dit Beraud.
Vous notez dans votre dernière lettre qu’après la coupure des vacances, vous avez trouvé du changement dans le comportement de ceux que vous côtoyez, notamment une certaine distance dans les rapports humains qui ne vous paraît pas seulement due au respect des fameux gestes barrières3 mais qui vous semble traduire, dans la meilleure des hypothèses, la prise de conscience du recul qu’on peut avoir par rapport à la vie menée jusqu’alors, et dans la pire, une exacerbation de l’individualisme. Entre les deux hypothèses, je ne trancherai pas, mais effectivement, le confinement a produit chez certains un effet semblable à celui d’une retraite spirituelle et les a , en quelque sorte, conduits à tamiser leurs relations, s’interrogeant sur la pertinence de toutes les poursuivre. Vous espérez que cette situation n’est que temporaire et que nos semblables retrouveront bientôt le goût, le besoin… et la possibilité, de la vie en société. Je vous suis parfaitement.
Pour terminer sur une note plus légère, je reviendrai sur ce qui me paraît l’expression d’un lamentable conformisme, celui de la modification, consistant en son raccourcissement, du titre du fameux roman d’Agatha Christie4 qui ne convenait plus aux idées de certains de ce temps. Ceci nous renvoie au temps de la Révolution française où les sans culottes s’étaient mis en tête de modifier les noms des communes qui rappelaient « les souvenirs de la royauté, de la féodalité ou de la superstition »5 ; si St-Éloi fut transformé en Loi, ce qui était un moindre mal, Ste-Croix-du-Verdon devint Peiron-sans-Culotte et Le Désir libre fut le nouveau nom de St-Didier-sous-Écouves. On prétend même qu’il fut question de transformer Saint-Cyr en Cinq chandelles… Alors que nous évoquions l’affaire avec nos amis et que Gastinel considérait qu’il aurait suffi de remplacer le mot désormais insupportable par trois points, Me Beraud lui fit remarquer que le remède aurait été pire que le mal et nous raconta l’anecdote suivante tirée des Propos de table de James de Coquet6. Rendant compte d’une manifestation organisée par le Parti communiste, dont Jacques Duclos était alors le secrétaire général (par intérim) et qui avait été un échec, un rédacteur, faisant référence à Jacques Duclos qui, dans sa jeunesse, avait été apprenti pâtissier, avait terminé son article avec la phrase « le pâtissier Duclos l’a eu dans le baba ! » ; il fut convoqué par le secrétaire de rédaction pour modifier son texte car il n’était pas concevable qu’une expression aussi triviale fut accepté dans ce journal que lisaient encore les douairières7 du quartier St-Germain. Le secrétaire de direction fit sauter le mot « baba », laissant le texte en plan en demandant au rédacteur de revoir sa formule : mais l’heure tournait, il fallut bientôt boucler le journal, plus personne ne pensait aux trois petits points… et le texte partit aux rotatives en l’état, si bien que le lendemain, les douairières lurent avec effroi « le pâtissier Duclos l’a eu dans le… ». Il nous a fallu une bonne minute pour venir à bout de l’hilarité de Mimiquet.
Voilà, vous savez tout de ce qui, sans excès, nous agite. J’ai bien noté que vous viendriez au Villard pour les vacances de Toussaint. Grâce à Mlle Raynaud qui a fait le ménage « en grand » selon son expression, la maison est prête pour vous accueillir. N’oubliez pas de nous téléphoner la veille de votre arrivé pour que nous allumions le chauffage, car il commence à faire frisquet la nuit.
N’oubliez pas, non plus, de venir avec vos remarques et vos questions qui nous sont si précieuses.
Croyez en notre indéfectible amitié.

P. Deladret

  1. « Si ce n’est pas vrai, c’est bien trouvé » attribué à Giordano Bruno, (1548-1600) dominicain, brûlé pour hérésie.
  2. Global Footprint Network, présidée par Mathis Wackernagel.
  3. Gestes barrières : expression créée lors de l’épidémie de 2020 désignant les comportements à adopter pour limiter la diffusion du virus.
  4. Ten little Niggers, 1939.
  5. Décret du 25 vendémiaire, an II.
  6. James de Coquet 1898-1988, grand reporter au Figaro, correspondant de guerre et critique gastronomique. Ses Propos de table ont été publiés dans le Figaro Magazine et chez Albin Michel.
  7. Douairière : Veuve d’un milieu aristocratique.
2020-12-18T08:52:00+01:00

Édito octobre 2020 > Accompagner

On peut résumer la mission de l’Œuvre avec cette formule toute simple : « accompagner les jeunes ». Cette expression recouvre beaucoup de notions et nous pouvons l’expliciter.

Se faire proche
Accompagner, cela signifie marcher à côté, non pas devant comme un guide qui connait et fixe l’itinéraire, pas non plus derrière comme une voiture balai qui ramasse les morceaux et constate les dégâts après que la course est terminée, mais au même pas que l’autre, avec, et non en vis-à-vis. Dans la Bible, il y a une image agricole très significative : il s’agit du joug, une pièce de bois qui unit deux bêtes de somme qui tirent une même charrue. Elles se soutiennent l’une l’autre, et font à deux un meilleur travail que si elles étaient chacune avec leur propre charrue. Le Christ invite ses disciples à prendre sur eux son propre joug, donc à vivre en étant reliés à sa vie, et à comprendre qu’il marche avec eux, qu’il traverse leurs difficultés et leurs joies. C’est ce que l’on découvre tout au long des Évangiles : Dieu se fait homme et partage la vie ordinaire de toute personne, même si sa manière de vivre est extraordinaire. Nous sommes invités à vivre cette qualité de relation à notre tour, en particulier dans l’acte éducatif et dans la mission chrétienne.

Délicatesse et vigilance
Dans le cadre de l’Œuvre, nous avons le souci d’accompagner les jeunes dans leur croissance, en les aidant à être libres – nous avons déjà abordé la notion de liberté dans un précédent édito – tout en leur donnant les repères et les ressources qui leur permettront de traverser l’existence. C’est une attitude qui demande beaucoup de délicatesse, car entre le laisser-faire et le dirigisme, il y a une ligne de crête étroite. Cela demande une grande vigilance, car chaque personne est unique et parce qu’il n’y a pas une recette universelle en matière d’éducation. Pour une même personne, il faut s’adapter selon l’humeur, l’étape dans la croissance ou les événements de la vie.

Bienveillance et exigence
S’il n’y a pas de recette miracle, il y a des principes qui permettent de vivre cette mission. Le principale, c’est la bienveillance. Elle est difficile à quantifier, mais elle est un bon repère : si véritablement je veux du bien à l’autre, alors je saurai être attentif à le faire grandir en liberté, à ne pas le juger tout en lui disant ce que je crois important, à accepter qu’il puisse penser autrement que moi et faire d’authentiques choix. Un autre principe, qui peut paraître paradoxal quand on évoque la bienveillance, c’est l’exigence : la facilité n’est pas bonne conseillère, et il faut savoir donner le goût de l’effort. Cela ne peut se vivre que si l’autre nous voit marcher nous aussi dans cette voie de l’exigence. Il ne s’agit pas d’élitisme, de performance ou de masochisme. Une vie se fonde sur des choix et des engagements, qui sont parfois difficiles mais qui ont du sens car ils ont un objectif. L’accompagnateur se doit d’ouvrir un avenir et une route. C’est plus difficile que de rester dans son canapé ou de tourner en rond, mais c’est le seul moyen de prendre sa vie en main et de ne pas passer à côté de son existence.

Une dynamique commune
La merveille avec la notion d’accompagnement, c’est que tout le monde avance, l’éducateur tout autant que celui qu’il accompagne. Celui qui se fait proche pour accompagner avec délicatesse et vigilance, avec bienveillance et exigence, progresse tout autant que celui qu’il est supposé aider. Chemin faisant les deux se rendent comptent qu’ils sont en réalité dans la même dynamique : il n’y a pas un plus fort qui aide un faible, ils sont dans le partage et avancent ensemble. Ils ont été obligés de sortir de leur confort, de se mettre en marche et de se soutenir, parcourant de ce fait un nouveau chemin, inconnu pour l’un comme pour l’autre : l’un se trouve en capacité d’avancer et ose aller de l’avant, et l’autre parcours un nouveau sentier, qui n’aurait pas emprunté s’il était resté sur sa propre route.

Olivier

2020-09-23T09:21:19+02:00

L’Évangile du mois d’octobre 2020

Nous entendrons cet Évangile le 25 octobre. Ce sera le 30e dimanche du temps ordinaire..

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu
Quand les Pharisiens apprirent que Jésus avait fermé la bouche aux Sadducéens, ils vinrent en groupe, et l’un d’eux voulut mettre Jésus à l’épreuve avec cette question : « Maître, quel est le grand commandement de la Loi ? » Jésus lui dit : « “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Il y en a un deuxième tout à fait pareil : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Toute la Loi et les Prophètes tournent autour de ces deux commandements. »

Le contexte
Nous sommes dans la dernière étape de la vie de Jésus, entre son entrée triomphale à Jérusalem et sa Passion. Les discussions se succèdent entre celui que la foule a reconnu comme Messie et les autorités religieuses qui selon elles, sont les seules à pouvoir dire si Jésus dit vrai ou pas. Après avoir raconté trois paraboles, les sadducéens et les pharisiens répondent en posant trois questions à Jésus. Nous en sommes ici à la 3e et dernière.

Une question banale
La Bible contient 613 commandements en tout. Ce nombre est la somme de 365 (nombre de jours dans une année. 365 représente le temps) et de 248 (nombre d’os dans un corps humain). 248 représente l’humain. Autant dire que la Loi juive concerne toute la vie et tout l’homme. Mais quel est le plus grand ? C’est la question posée par ce légiste. Jésus n’établit pas de hiérarchie entre ces 613 commandements, il ne prend ici aucun risque en reprenant un passage bien connu des juifs dans le livre du Deutéronome.

Le « Notre Père » des juifs
Jésus aurait pu répondre à la question posée en citant un des dix commandements. Au lieu de cela, il préfère citer les premiers mots d’une prière juive équivalente au Notre Père. Elle consiste en une profession de foi au Dieu unique. L’originalité de la citation de Jésus vient du fait qu’elle relie l’amour de Dieu avec celui du prochain. Les deux commandements étaient connus puisque présents dans la Bible mais Jésus considère ces deux préceptes comme n’en formant qu’un seul. Le symbole de la croix peut aider à comprendre ce lien fort entre l’amour de Dieu (c’est l’axe vertical) et l’amour du prochain (c’est l’axe horizontal). À l’intersection des deux axes se trouve Jésus, vrai homme et vrai Dieu.

La Loi et les Prophètes
Que ce soit dans la Loi ou parmi les prophètes, le lien entre amour de Dieu et amour du prochain est central. On peut résumer ainsi leur raisonnement : Si vous voulez être les fils du Dieu qui vous a libérés, soyez à votre tour des libérateurs. Aimer n’est donc pas un sentiment, c’est une conduite concrète. Aimer c’est consoler, relever, accompagner, redonner confiance…

« Comme soi-même »
Le Christ reprenant les Écritures nous invite à aimer son prochain comme soi-même. Sans s’idéaliser bien sûr, cette attitude s’appelle l’humilité. Elle honore Celui qui nous a créés et nous rend capables d’aller vers les autres.

Pour actualiser…
Jésus nous invite à faire deux passages. Pour certains, celui qui consiste à saisir que la foi en Dieu nécessite un amour vrai, sincère de tous ceux qui nous sont proches. Pour d’autres, celui qui consiste à passer d’un humanisme authentique, d’une fraternité vécue à la reconnaissance d’une transcendance, d’un Dieu personnel qui nous aime et qui mendie notre amour.

Didier Rocca

Le mot du jour : Preochain

C’est celui qui est proche : physiquement, celui a côté de qui je suis assis, celui avec qui je travaille. Mais il peut être proche par les liens de famille, tel oncle ou telle grand-mère. Le prochain peut être aussi celui que la vie m’envoie, une personne qui traverse la rue, qui se fait violenter sous mes yeux ou encore ce jeune sans domicile fixe qui me demande de l’aide.

2020-09-23T09:23:39+02:00

Camp d’été 2020 > les Benjamins

Les Benjamins

Voilà, c’est fini…

Votre équipe d’animation espère que vous avez passé un super camp. En tout cas, elle, oui ! Par où commencer ? Le départ peut-être…

Vous partiez sûrement avec un petit peu de peur, car deux semaines ça fait beaucoup, vous ne connaissez pas tout le monde, vous allez vivre autant de temps avec plein de gens. Mais je suis sûre que dès votre arrivée, après avoir fait pour la première fois connaissance avec les autres, vous étiez contents d’être là. À Larche, on a pu aller se baigner (enfin, se tremper les petons) à « La Flaque » ! Heureusement qu’elle était là ! On a fait une marche durant laquelle on a pu observer des marmottes de près, écouter des contes de la région. On a fait un tas de jeux durant lesquels on a rencontré des dizaines de personnages aussi farfelus les uns que les autres. On a aussi fait de l’accrobranche, vous vous êtes encouragés (continuez), vous avez ri (ou pleuré), vous avez aimé affronter les lois de la nature et vous prendre pour Tarzan (ou Jane) pour quelques heures. On a pu aussi se baigner au plan d’eau de Jausiers, faire nos plus beaux plongeons ou nos plus belles bombes à partir du plongeoir ! Plouf ! Et bien sûr, manger nos meilleures glaces.

Les colons sont aussi venus nous voir, mais sont repartis joyeux d’avoir rencontré de super mayas comme vous. C’est ainsi que se terminait c’est année, ayant pour thème les civilisations amérindiennes.

Ensuite, nous sommes allés à Orcières, là où nous attendaient un tas d’autres activités et personnages rigolos. On a pu faire deux autres marches, vous avez pu vous acheter des souvenirs de ce camp, vous avez râlé qu’on marchait trop (ahah) ! Mais on est sûr que vous avez aimé faire les aventuriers, prendre les télécabines, voir des marmottes et un aigle. Le pédalo était rigolo aussi, souvenez-vous, nous n’arrivions pas à avancer ! Et quand Poséïdon et ses quatre filles sont venus nous voir ? Vous vous en souvenez ? Vous vous êtes bien battus pour chacune d’elles !

Nous avons terminé ce beau camp, rempli de rires, de joie, de souvenirs, de pleurs aussi, avec une boum, durant laquelle on a dansé comme des dingues ! Puis est venue la prière du dernier soir, vous savez, celle où la plupart d’entre vous ont pleuré car ils voulaient rester en camp, mais aussi revoir leur famille.

Ce camp vous a fait grandir, vous avez tellement partagé ensemble. Vous êtes bien partis pour former un beau groupe, pour vos années à venir à l’Œuvre. N’oubliez pas tout ce que je vous ai dit le dernier soir… Restez comme vous êtes, faites les efforts qu’il faut faire pour bien vivre en communauté et vous amuser. Profitez de cette expérience unique ! Votre équipe d’animation a été super fière d’être vos animateurs cette année. Vous nous avez bien fait rire. On vous aime.  

Je veux que vous compreniez bien que ce que vous allez vivre pendant vos années à l’Œuvre, c’est exceptionnel. Vous ne retrouverez pas ça ailleurs. Pas une ambiance pareille, pas de tels amis pour longtemps, pas de si bons souvenirs… Tout ce que vous allez vivre sera gravé dans votre p’tite tête.

En attendant, c’en est fini pour moi. Douze ans de bonheur. Je vous donne rendez-vous dans dix ans, quand vous serez peut-être animateurs, et que j’aurai peut-être des enfants, dont vous serez peut-être les animateurs. Prenez soin de vous et de ceux qui vous entourent.

Je vous aime fort,

Lucie

2020-08-27T22:45:46+02:00